Evoluant dans un style de musique à multiples facettes (Thrash/Groove/Hardcore), Swarm nous était revenu en septembre dernier avec son deuxième album, Anathema, l’album de la maturité en quelques sortes. Car à des années-lumières des erreurs commises sur Division & Disharmony, Anathema a su pousser les cinq d’Antibes dans leurs retranchements, les amenant alors à mettre au point une musique réfléchie bourrée de bons moments !

Propos d’Antoine Chapet (guitare) recueillis par Axl Meu


Anathema est dans les bacs depuis le 30 septembre. Et à la surprise générale, ce n’est qu’aujourd’hui que vous le défendez auprès des journalistes à Paris… Pourquoi ?

C’était une question de planning ! Avant de signer chez Replica Promotion, le groupe avait déjà planifié la sortie de l’album pour fin septembre. Et pour le coup, en ce qui concerne la promotion, on s’y était vraiment pris à la dernière minute. On devait l’assurer plus tôt, mais finalement, à cause des aléas, des mouvements de grève, on s’est retrouvés à planifier nos interviews trois mois après la publication de l’album. Entre temps, on a même eu le temps de partir en tournée, c’est dire ! 

Dans le cadre de cette tournée, vous étiez passés au Midland à Lille et vous étiez produit aux côtés des Bomber, formation de Thrash des Hauts-de-France. Quel bilan en tirez-vous ? 

Eh bien, elle nous a permis de rôder nos nouveaux morceaux et notre nouveau jeu de lumières. C’était vraiment le pied. Le but était d’aborder autrement notre musique, donc, à ce niveau, le contrat a été rempli. Lille, c’était bien sympa, ouais. Et pour Bomber, c’était vachement cool pour le coup !

Anathema, c’est donc le nom de votre deuxième album. Votre premier s’intitulait Division & Disharmony. Quelles différences entourent les deux disques ? 

En fait, on avait rencontré un souci majeur pour le premier opus. On s’était entourés d’une personne qui rencontrait pas mal de problèmes dans sa vie personnelle pile au moment où nous travaillions avec lui. À cause de ça, les prises-son du premier album s’étaient vraiment éternisées. On avait même changé de chanteur ! Donc, après moult-péripéties, on s’est retrouvé avec un album incomplet et un paquet de pistes inutilisables. Du coup, on a fait appel à un autre ingénieur-son pour rattraper l’ensemble, Sébastien Camhi. C’est vraiment lui qui a sauvé Division & Disharmony ! Par la suite, on avait envoyé notre album en Allemagne pour le mastering. Plutôt satisfait, on a décidé de remettre le couvert avec la même équipe pour Anathema

J’imagine que le climat était bien plus apaisé lors de la conception d’Anathema. 

Oui. À la différence de Division & Disharmony, Anathema a été composé et enregistré dans un lap de temps beaucoup plus court, avec un nouveau guitariste. Et puisqu’on avait une bonne équipe à nos côtés, ça a rendu la tâche plus facile. On était bien plus rôdés cette fois-ci ! 

Sur Anathema, vous développez une fois encore un gros Metal qui pioche à la fois dans le Hardcore, le Metalcore et le Groove Metal… Quelle en est sa ligne directrice ?

Division & Disharmony faisait office de premier jet, de carte de visite : il devait nous présenter comme un groupe de Groove Metal. Mais ça a été plus difficile que prévu pour finir. Finalement, Division & Disharmony était assez compact, monolithique et un peu répétitif… Donc, pour Anathema, le projet était donc autre. Il nous fallait approfondir l’ensemble de nos compositions, apporter de nouvelles idées, tout en reprenant les bonnes idées du premier album. D’où la ballade, et l’instrumental « Pyroclastic Flow » qui clôt l’album. Nous avons clairement pris plus de risques pour ce nouvel album !

Cette prise de risque, on peut clairement la notifier dès « New Sun », la première piste de l’album qui s’étend sur pas moins de huit minutes !

Ce titre, on l’a vraiment pensé comme un morceau à tiroirs, un peu progressif, un peu Thrash, comme pouvaient le faire des groupes comme Metallica à une certaine époque. Mêler des parties plus progressives à un ensemble Thrash… Puis, la première partie de « New Sun » fait clairement office d’introduction, ce qui n’était initialement pas prévu. On doit cependant avouer qu’on a hésité avant de le placer en ouverture. Cela dit, on l’a quand même fait, car Anathema respecte une certaine logique. Nous pouvons retrouver le motif de l’introduction à la fin de l’album, arrangé différemment !

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« Swarm met tout en œuvre pour proposer les shows les plus aboutis possible »

De quoi parle le morceau « Intifada » ? 

Je ne saurais trop te répondre à ta question, car je n’écris pas les paroles. Tout ce que je peux te dire néanmoins, c’est que la contradiction sous toutes ses formes est au centre d’Anathema. C’est une idée que l’on peut retrouver aussi bien dans les textes que sur la pochette, qui est réversible ! Tu peux la manipuler de deux façons différentes : tu as une face blanche avec l’homme qui domine la femme, et une autre, noire, qui représente la femme en train de dominer l’homme.

Tout à l’heure, tu faisais allusion à un nouveau guitariste, c’est Matthieu. Quel fut son apport sur ce nouvel album ? 

Eh bien, il s’occupe des parties rythmiques, mais également de toutes les parties ‘’criées’’ et ‘’growlées’’. D’ailleurs, sa contribution sur le plan de la composition est assez remarquable. Par moments, on se retrouvait à deux pour retravailler certaines de ses compositions, notamment « Five », qu’on a mis au point à partir d’une base que lui avait composée. Au niveau des guitares, c’est un peu pareil, certains riffs sont de lui, d’autres de moi… Et on s’est amusés à jouer sur la nuance en y intégrant des « questions/réponses ». Matt un très bon guitariste ! 

Certains passages de ce nouvel album font clairement penser à Pantera. J’imagine que c’est totalement assumé. 

Oui ! Nous sommes très friands de ces groupes de Groove Metal, comme Lamb Of God, Pantera et Machine Head. On est partis de ces inspirations de base pour le fond, puis on a tout remis à notre sauce ! 

Vous avez publié un clip en avril dernier pour « Frontiers » où l’on vous voit en train de « chiller »…

En fait, c’est plus subtil que c’en a l’air, même si l’idée est là. Il fallait que l’on se retrouve dans le thème de l’opposition et que l’on souligne le coté clivant de nos personnalités. Loin de nous de renvoyer l’image du metalleux de base, celui qui secoue la tête dès la première occasion venue, avec ce clip, on a voulu s’inspirer des Beastie Boys en y calant des plans qui font très « Rap ». 

Cette video a été partagée par la page Hardcore Worldwide. Une véritable institution. Comment procéder pour travailler avec eux ? 

Eh bien, c’est simple. Tu leur envoies un lien, ton clip… Et tu vois avec eux s’ils sont intéressés, oui ou non. Pour le coup, ce n’était pas la première fois que l’on travaillait avec eux. Et comme tu dis, c’est vraiment une association très respectée dans le domaine du Metal/Punk/Hardcore. On est tous fans de cette mentalité au sein du groupe, et étant donné que notre répertoire dégage quand même une ambiance assez « Hardcore », on ne s’est pas privé pour les contacter ! 

En début d’interview, tu as évoqué votre envie de vous professionnaliser. Ce n’est pas trop dur quand on est Français ? 

Quand je parlais de ‘’professionnalisation’’, je ne faisais pas allusion au côté financier de la chose. On est tous au courant de la situation actuelle, et on sait ô combien il est difficile de gagner sa vie en faisant de la musique, surtout quand on appartient au domaine des musiques extrêmes. En parlant de ‘’professionnalisation’’, je voulais dire par là que Swarm met tout en œuvre pour proposer les shows les plus aboutis possibles et qu’elle aspire à faire tout aussi bien que d’autres formations qui, elles, sont pro’ !

Quels sont vos projets pour 2020 ? 

Swarm compte publier un deuxième clip très prochainement pour « Death Blind Silence ». Puis, par la suite, le groupe donnera quelques concerts, notamment au Rock’n’Eat à Lyon le 1er février prochain. Une autre date à Nice est également dans les papiers, ainsi qu’une nouvelle tournée hexagonale pour fin mai.


Swarm, c’est : 

Rémy Pauck : Chant 

Antoine Chapet : Guitare Lead

Matt Bankowski : Guitare/Chant 

Mikael Gentili : Basse/Chant

Anthony Trillaud : Batterie

Discographie :

Division & Disharmony (2017)

Anathema (2019)

A propos de l'auteur

Axl

Rédacteur en chef d'Heretik Magazine

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