Novelists est selon toute vraisemblance la formation hexagonale « dernier cri » qui s’exporte le mieux ! En effet, il lui aura fallu moins de cinq ans pour qu’elle s’impose un peu partout en Europe. Sa recette ? une communication efficace, des ingrédients archi-modernes qui, en plus de rafraîchir le Metalcore, sont empreints d’une morosité contaminante. C’est du moins sur cette note que nous a laissés C’est la Vie, le troisième opus des Parisiens, qui verra le jour le 24 janvier prochain via SharpTone Records et Arising Empire. 

Propos de Nicolas Delestrade (basse) recueillis par Axl Meu


Novelists renvoie l’image de la formation française qui a rencontré un succès  fulgurant en Europe en un temps record ! Comment expliquez-vous cela ! 

Je ne sais pas ! Mais je dirais que c’est parce que nous ne nous sommes jamais considéré comme une formation « locale » que nous avons réussi à percer ! Dans nos têtes, il était inconcevable de se limiter à Paris… On ne voulait en rien se résumer au groupe qui passe sa vie à faire la tournée des bars. Si tu veux, on a dû donner deux concerts à Paris dans notre carrière, rien de plus ! Peu après notre formation, nous sommes partis sur les routes de France et par la suite, nous avons embrayé sur une tournée Européenne. Certes, ce n’était pas la tournée des stades, mais les objectifs du groupe étaient clairs dès le départ. On vise à tout prix l’international, et d’ailleurs, ce n’est pas pour rien si toute la communication autour du groupe se fait en anglais ! On a vite compris que distribuer des flyers ou des EPs à la sortie des concerts ne nous amènerait nulle part. 

Le 24 janvier prochain, vous allez publier votre troisième album via SharpTone Records et Arising Empire. C’est C’est La Vie. Est-ce que tu peux me le présenter ? 

Je ne vais pas pouvoir t’apporter une réponse très développée. Car mon implication dans cet album a été minime, succincte… La seule chose que j’ai faite a été de guider Flo dans telle ou telle ambiance. Après, là où j’ai vraiment apporté ma touche, c’était surtout au niveau des backing-vocals. Mais ça n’a pas été plus loin. Tout simplement, car la majorité des titres a été composé par Flo et Nicolas. D’ailleurs, je ne considère pas comme un excellent bassiste… Mon rôle, aussi simple soit-il, est d’apposer des lignes de basse sur les morceaux du groupe.  

Sur C’est La Vie, on y retrouve comme dans Noir, une musique très moderne, à la frontière entre le Deathcore et le Djent. La musique de Novelists expérimente beaucoup… 

Je ne saurais trop te dire pourquoi, mais c’était beaucoup plus facile de répondre à cette question pour Noir qui était marqué par une ligne directrice plus forte, puisque c’est un concept-album. Il était conseillé d’écouter Noir dans sa globalité, d’une traite, alors que l’on peut considérer C’est La Vie comme un recueil de morceaux à proprement parler, que l’on peut écouter séparément. Néanmoins, l’album gravite sur une idée précise, sur la représentation que l’on se fait de l’expression « C’est La Vie », celle qui nous engage à accepter la réalité avec ses désillusions et ses illusions… Cela dit, chacun des morceaux abordent une thématique différente, notamment « Somebody Else » qui parle de notre génération déconnectée du monde à cause des réseaux sociaux. Sur l’album, il y a également ce morceau « Lily » qui parle de la grand-mère de Matt… 

Les thématiques abordées en plus d’être modernes restent très pessimistes… « Modern Slave », « Human Condition », « Rain »… Pourquoi toutes ces thématiques systématiquement axées sur l’introspection ? 

Tout simplement parce que ces thématiques me touchent plus… Personnellement, j’écoute beaucoup de Pop/Punk, Amael aussi… C’est vraiment le type de musique qu’on aime écouter, qui nous fait vibrer. Mais pour ce qui de celle qu’on aime faire, c’est différent : elle sera systématiquement triste… Et j’ai beau adorer le style précité, rien ne me fera plus d’effets qu’une musique triste. À la fin, on se retrouve avec trois albums courts qui dégagent une atmosphère dépressive… Mais, rassure-toi, les membres de Novelists sont loin d’être au bord du suicide, mais c’est vraiment dans cette tonalité qu’on aime évoluer. En composant et jouant cette musique, on ressent tout simplement plus de sensations ! Si on évoluait dans une formation de Pop/Punk, il est clair que les sujets abordés seraient plus légers, plus joyeux. Mais ce n’est pas le cas. 

« Head Rush » a fait l’objet d’un premier clip. Pourquoi ? 

C’est un de nos préférés. Ce titre, il me rappelle particulièrement « Twenty Years », un de nos tout premiers morceaux, qui figure sur la toute première démo… Là, « Head Rush » dispose d’une structure très simple, d’un bon refrain… C’était un bon morceau pour briser la glace d’où l’idée d’en faire un clip ! 

Tout à l’heure, tu m’as expliqué que tu ne te considérais pas comme un bassiste d’exception. Pourtant, la musique de Novelists reste pleine de rebondissements. Vous jouez énormément sur les nuances de tempo…

Oui, oui, il est vrai que les parties de guitare peuvent te donner l’impression que mes parties sont complexes, mais non. Je t’assure, mes parties de basse sont… très simples ! (Rires) C’est amusant, car je dois me battre à chaque fois avec les journalistes pour leur faire comprendre que mon implication dans la composition des morceaux de Novelists est presque nulle ! Je ne dis pas que je suis mauvais, je fais tout simplement en sorte de ne pas tirer le groupe vers le basse. Je me contente de faire ce qu’il me demande de faire ! D’ailleurs, les choses étaient déjà actées ainsi quand on a commencé à faire de la musique ensemble. D’ailleurs, mon rôle est ailleurs… Je m’occupe de la programmation des concerts, j’ai réalisé un des derniers clips du groupe, « Head Rush », mais j’adore me produire sur scène avec le groupe, mais ça s’arrête là. D’ailleurs, ça serait plus problématique si Flo n’était pas un bon guitariste ! (Rires)

« j’ai beau adorer la Pop/Punk, rien ne me fera plus d’effets qu’une musique triste »

Novelists a la particularité de chanter en anglais sur des titres nommés en français. Comment expliques-tu cela ? 

Le français est une très belle langue, non ? Les Français, aussi chauvins soient-ils, semblent répugner leur propre langue, et pourtant, le français est sans doute une des plus belles langues qui existe, du moins pour les étrangers. Le Français a ce côté ‘design’ que n’ont pas forcément les autres idiomes. Cela dit, pour le moment, nous ne nous sentons pas encore capables d’intégrer des parties de chant en langue française dans nos chansons. Peut-être que ça viendra par la suite… D’ailleurs, beaucoup ont cru que notre pochette faisait allusion à notre drapeau, mais ce n’est pas le cas ! (Rires)

Du coup, si ce n’est pas le drapeau tricolore, que représente-elle ? 

On ne voulait pas s’entourer d’un quelconque graphiste pour la pochette. Cette pochette est le fruit d’un travail collectif… Nous sommes tout simplement allés chercher quelques pots de peinture et un paquet de toiles… On s’est posé dans notre salon et avons dispersé de la couleur un peu partout sur ces toiles, et voilà le résultat. On a tout simplement gardé la toile qui nous avait plus marqués ! La pochette n’a peut-être pas de sens, mais la démarche, elle, restait forte.

Le groupe et ses guitaristes sont également réputés pour leurs fameux « play-through » qui invitent les fans à apprendre ses morceaux… Quel est le plan de communication derrière ces vidéos ? 

Au départ, on n’avait pas trop réfléchi avant de se lancer dans la réalisation de ces videos. Il n’y avait aucune idées pressenties, rien. Quand nous avons commencé  à tourner ces vidéos, c’était juste pour suivre une mode qui avait été lancé sur les réseaux sociaux… Ces clips mettent en avant la complexité de nos morceaux, et facilement. En d’autres termes, leur but est de souligner le talent de nos musiciens, rien de plus. Mais en ce moment, elles rencontrent moins de succès depuis des musiciens malintentionnés ont décrédibilisé cette idée en faisant semblant de reproduire leurs partitions. Du coup, tout le monde n’y croit plus. Peut-être pensent-ils que Flo n’est pas honnête ? Ça expliquerait le fait que notre dernier « play-through » pour « Eyes Wide Shut » n’a pas rencontré le succès escompté par rapport à « Under Different Welkins » et « Head The Wound », vidéos qui, à elles-deux, cumulent un million de vues sur Youtube ! 

Tu me disais tout à l’heure avoir réalisé et monté le clip pour « Head Rush ». Te considères-tu comme le vidéaste de Novelists ? 

Non. Pas du tout ! Quand nous devons réalisé des clips « plus professionnelles », nous faisons appel à un Lituanien, Pavel Trebukhin. Il est bien meilleur que moi ! J’ai toujours eu un penchant pour la vidéo, mais je me considère plus comme un amateur. « Head Rush » est la première vidéo que j’ai réalisée pour le groupe ! On l’a réalisé pour zéro euros, dans mon salon… Et quand on doit réaliser un « vrai » clip, on fait appel à un réalisateur. C’est quand même assez pratique de gérer la réalisation d’une video par soi-même, en D.I.Y.. 


Novelists, c’est : 

Matt Gelsomino : chant

Florestan Durand : guitare

Amael Durand : batterie

Nicolas Delestrade : basse

Discographie : 

Souvenirs (2015)

Noir (2017)

C’est la Vie (2020)

A propos de l'auteur

Axl

Rédacteur en chef d'Heretik Magazine

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