Une métaphore bien symbolique pour une formation qui n’a jamais démérité ! En effet, alors que beaucoup auraient jeté l’éponge à leur place, 7Weeks continue, à l’instar de Sisyphe, de faire rouler son rocher en publiant des albums toujours plus aboutis au gré de ses mésaventures. D’ailleurs, Sisyphus, dernier du nom, est un condensé de mélodies Rock/Stoner franchement bien pensées et cohérentes en tout point ! Qui sait ? Peut-être que ce quatrième du nom enfoncera le clou et qu’il offrira à ces quatre rockers un beau paquet d’opportunités !

Propos de Jérémy Cantin-Gaucher (batterie) recueillis par Axl Meu


C’est la première fois que 7Weeks prend autant de temps pour sortir un nouvel opus ! Comment expliques-tu cela ? 

C’est simple. La tournée visant à promouvoir A Farewell To Dawn, que l’on pouvait traduire par « Un Adieu à l’Aube » s’était achevée fin 2017. Et à l’époque, Julien (Bernard, basse/chant) et moi, les deux membres historiques du groupe, l’avions composé dans son intégralité ! Pour ce qui était de l’enregistrement, on s’était entouré de Gérald Gimenez à la guitare et PH pour la partie clavier, guitare et arrangements. Finalement, PH a souhaité rester au sein du groupe, et Gérald est retourné vaquer à ses occupations, et nous avons recruté un de nos vieux potes, Fred Mariolle pour la suite de l’aventure.

Aussi, nous avons été amenés à nous poser un certain nombre de questions existentielles. Tu sais, quand tu évolues dans une formation comme celle-ci, il t’arrive de remettre en question les raisons pour lesquelles tu fais de la musique. En dépit des petites galères internes par lesquelles une formation est obligée de passer, comme les changements de line-up, les changements de label, il faut garder à l’esprit que, ce qui nous motive reste la musique, et rien d’autre ! Du coup, on est retourné au local de répétition, et après plusieurs mois de composition, nous publions aujourd’hui cet album, Sisyphus.

Tu me faisais allusion à ces galères de label. Ce qui fut votre cas dernièrement avec la disparition soudaine de votre label, Overpowered Records. Comment avez-vous réagi face à ce problème ? 

Pour nous, c’était sans doute plus simple que pour d’autres ! C’est sans doute lié au fait que 7Weeks était déjà bien structuré avant que Overpowered Records ne dût mettre les clefs sous la porte. Par le passé, nous avions déjà travaillé avec d’autres labels, notamment Klonosphere. Certes, ça demande du travail, mais finalement, ce n’est pas si compliqué que ça, même si ça peut paraître déstabilisant ! 

Les passionnés de Littérature et les autres savent qu’il y a toute une symbolique derrière le titre du nouvel album. Vous faites bien sûr référence au mythe de Sisyphe qui implique l’idée d’une tâche qu’il faut recommencer encore et encore

C’est simple, pendant le processus de composition de l’album, Julien a relu un essai de Camus portant sur ce fameux mythe (Le Mythe De Sisyphe, ndlr). Après sa lecture, il m’a tout simplement conseillé de le lire moi aussi, car on peut mettre en relation son texte avec notre condition de musicien. Cet essai, en plus de nous avoir permis de mettre nos idées en place, nous a fait comprendre que toutes les petites galères que l’on rencontrait au quotidien nourrissaient notre créativité. Finalement, on a intégré l’idée que c’était dans l’effort de création que tu prenais le plus de plaisir à créer. Et ce fameux rocher que fait rouler Sisyphe, on peut très bien l’assimiler à notre projet. Un album demande du temps, des mois de travail avant qu’il nous permette de donner des concerts. Une fois les concerts et la tournée arrivés à leur terme, il faut tout reprendre depuis le début, un peu comme Sisyphe et son rocher qu’elle ne cesse de faire rouler sans discontinuer.

Sisyphus est un disque assez compact : 9 morceaux pour un total de 36 minutes. Le format est assez court, mais la marque de fabrique de 7Weeks reste la même : tempos évolutifs, une basse prédominante, un côté Rock U.S….

Le fond de 7Weeks a toujours été plus ou moins la même, puisque Julien et moi-même restons à l’initiative des compositions. Julien travaille sur les harmoniques de basse, et on choisit par la suite une ligne directrice pour l’album. Souvent, elle apparait comme mélancolique, un peu sombre, comme c’est le cas sur Sisyphus. Elle est là la marque de fabrique de Sisyphus. Sur cet album néanmoins, il y avait vraiment une volonté de faire varier le  »groove », d’un morceau à l’autre, en fonction des intentions de chant de Julien. Puis, 7Weeks a également eu comme intention d’aérer son propos et de rendre sa musique plus organique, parce qu’il ne faut pas oublier que nos sources d’inspiration restent très ancrées dans tout ce qui se faisait dans les années 70 avec des groupes comme Led Zeppelin… 

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« Puisqu’on accorde trop peu d’importance à notre style en France, ça rend la tâche vraiment compliquée »

C’est vrai que « Gone » annonce clairement la couleur de l’album. On ressent vraiment pas mal de mélancolie, et ce, dès le début ! Pourquoi ouvrir l’album ainsi ? 

Pourquoi « Gone » tout simplement ? On a vraiment mis les morceaux les morceaux les plus calmes en ouverture d’album. Une nouveauté ! Car en général, on a surtout l’habitude de commencer un album avec des morceaux qui pètent, avec du Rock’n’Roll bien nerveux ! Mais cette fois, on a décidé de placer « Gone » et « Idols » en ouverture, car on n’avait jamais écrit de morceaux comme ceux-ci dans notre carrière. En plus, ils nous conduisent progressivement et convenablement vers la fin de l’album, jusqu’au titre « 667-Off », assez long par sa durée, qui conclut l’album sur une très belle note !

Quel est la signification de ce titre, « 667-Off » ? 

Ce morceau joue sur le cliché « 666 », mais là, on y a mis le  »7 » de 7Weeks à la place de « 6 ». D’ailleurs, on s’est entouré de pas mal d’Anglo-Saxons pour la composition des paroles, car Julien tenait à être irréprochable sur sa prononciation et sur le sens même des paroles, notamment pour ce qui est des tournures purement britanniques. Quand nous leur avons évoqué l’idée d’intituler un morceau « 667-Off », ces Britanniques nous ont avoué n’y comprendre trop rien, mais que ça sonnait plutôt pas mal ! En outre, le fameux « 667-Off » tient en lui des significations bien plus fines. Les fans remarqueront qu’il est composé de trois parties distinctes. L’introduction est assez rentre-dedans, et est censée dégager l’énergie que dégageait le groupe à ses débuts… Plus on avance dans le morceau, plus la tonalité évolue également, à l’instar du groupe qui a évolué au gré de ses rencontres, des galères traversées, des concerts qu’il a donnés…

Globalement, la guitare reste très « crusty », mais très cohérente avec votre univers. Comment avez-vous travaillé sur la partie « son » de l’album ? 

Pour ce qui est de la partie purement technique, on a remis le couvert avec Pascal Mondaz avec qui on a enregistré l’album au Improve Tone Studio. On le connait bien, surtout qu’on avait déjà travaillé avec lui par le passé pour notre EP, Carnivora. À la différence des autres albums de 7Weeks, Sisyphus a été enregistré en « live ». L’objectif fixé était d’obtenir une production plus organique, plus « vivante », contrairement à celle de Francis Caste qui était, à l’inverse, très froide, très metal sur A Farewell To Dawn. Cette fois-ci, on a enregistré l’album ensemble, sans métronome, dans un studio assez grand pour nous quatre !

Tout ça exige au groupe d’être au point. Combien y a-t-il eu de prises pour chaque morceau ? 

Pas beaucoup ! En général, c’était vraiment dans les premières prises que ça s’est joué, car il y a encore la fraicheur. En vrai, ça dépendait vraiment des titres, mais en général, on devait assurer cinq prises pour chaque morceau en moyenne. 

Quel était le projet de « Solar Ride », votre dernier clip ? 

Il y a un projet audiovisuel bien concret autour de ce clip, l’idée étant de nous représenter nous quatre évoluant vers le soleil, tout en laissant derrière nous toutes ces zones de confort auxquelles nous sommes habitués. Pierrick Aubouin nous a conceptualisé ce sorte de vaisseau qui avance au fur et à mesure que le morceau évolue. D’ailleurs, on compte réaliser un nouveau clip très prochainement, et ce sera le titre « Sisyphus » qui sera à l’honneur cette fois-ci ! 

Une tournée française a été annoncée. Néanmoins, vous semblez avoir oublié les Hauts-de-France… 

On travaille dessus ! C’est vrai qu’il manque le Nord sur le poster, mais ça ne devrait plus trop tarder. On est en relation avec Arnaud Palmowski du Poche de Béthune, mais pour le moment, il n’a pas de créneau libre pour nous. Cela dit, nous comptons vraiment produire dans le Nord, car on sait que nous comptons des fans dans le Nord ! 

Aujourd’hui, que manque-t-il à 7Weeks pour percer ? 

De l’argent ! Beaucoup d’argent ! On évolue dans un style très « américain », d’obédience américaine et puisqu’on accorde trop peu d’importance à notre style en France, ça rend la tâche vraiment compliquée. Et nous sommes loin d’être le seul groupe concerné en France ! 


7Weeks, c’est : 

Julien Bernard : Chant, guitare, basse

Jérémy Cantin-Gaucher : Batterie

PH Marin : Clavier, guitare

Fred Mariolle : Guitare

Discographie : 

All Channels Off (2009)

 7 Weeks Plays Dead Of Night (Live – 2011)

 Carnivora (EP – 2013)

 Bends (2014)

 A Farewell To Dawn (2016)

 Sisyphus (2020)

A propos de l'auteur

Axl

Rédacteur en chef d'Heretik Magazine

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