DeathAwaits est incontestablement l’une des formations ‘underground’ de la région Rhône-Alpes qui s’exporte le mieux… Presque 20 ans de carrière à son compteur, mais des revendications et une motivation toujours intactes pour ce band de Death/Thrash qui avait (déjà) publié son quatrième album, Rapture Smites, en octobre dernier… En 2020, DeathAwaits ne compte pas s’asseoir sur ses principes et nous a donné rendez-vous à Paris pour causer « musique » et « esprit d’équipe » ! 

Propos d’Olivier Dupont (guitare) recueillis par Axl Meu


L’album qui précède Rapture Smites, Solve Coagula, marquait un tournant significatif dans la carrière du groupe. Pourquoi cet album était-il plus important qu’un autre ? 

Olivier : J’étais pas dans le groupe à l’époque, mais c’est vrai que le groupe avait mis les moyens pour Solve Coagula. DeathAwaits s’était plus ou moins remis en question et avait, à l’issue de ses réflexions, décidé d’intensifier ses tournées, d’aller plus loin encore. Je pense que c’est que c’est ça qui a pas mal évolué dans la marche qu’a suivie le groupe. 

Oui, d’ailleurs, il y a eu un gros changement de personnels entre les deux albums…

Oui. Il faut dire ce n’est vraiment pas simple de trouver un batteur à la fois stable et efficace… Puis, nous avons également été amené à changer de bassiste. En fait, ton commentaire est lié à ce que je te disais tout à l’heure. Depuis que nos perspectives se sont élargies, les membres doivent s’impliquer davantage de sorte à faire avancer le groupe convenablement. Donc, il faut à la fois savoir se rendre disponible et savoir donner du temps, ce qui n’est pas facile avec le travail et la vie de famille. 

Ces fameux changements de line-up ont-il mis à mal l’identité de DeathAwaits aussi bien sur le plan du visuel que de la musique ? 

Non, je ne pense pas que l’identité du DeathAwaits ait trop évolué. Notre chanteur, Florian Garrigue, est là depuis toujours, et sa personnalité fait qu’il en est plus ou moins l’essence. Jordan (guitare) est également là depuis un moment déjà. Puis, le fait qu’on ait une fan-base vraiment stable joue pour beaucoup également. Car elle participe également la construction de notre identité. Leurs avis comptent plus que quiconque. C’est un peu comme s’ils faisaient partie de notre famille ! 

Est-ce que tu peux me parler de Rapture Smites, l’album que vous avez sorti en octobre dernier ?

Eh bien… Sur Rapture Smites, on reste dans le registre « Death/Thrash » qui peut parfois être marqué par quelques tournures « Hardcore » et « Grind ». Donc, en ce sens, on peut dire Deathawaits continue d’évoluer, tout en gardant un pied dans le passé. Après, je ne dirais pas que que le groupe essaie de s’aligner sur ce qui se fait actuellement dans les musiques extrêmes, mais il est vrai que plus les années passent, plus la musique de DeathAwaits tend vers un registre plus « technique », plus « mélodique ». Ce qui n’est pas pour me déplaire en tout cas ! 

C’est Kevin Paradis qui tient les baguettes sur l’album. 

Exact. Il n’est pas membre du groupe, mais nous avons fait appel à ses services pour l’album. Je veux dire, qui ne l’aurait pas fait ? C’est un monstre. Aujourd’hui, à côté de Benighted et Mithridatic dans lesquels il assure la batterie à temps plein, il assure l’intérim pour quelques groupes. Après, c’était une évidence de faire appel à lui, on savait d’avance qu’il allait apporter une texture supplémentaire à l’album… Après, il faut savoir que c’est un ami d’enfance de Jordan (guitare), et qu’ils ont déjà formé quelques groupes ensemble, puisqu’ils vivaient dans le même patelin. Cela dit, les rapports n’ont pas été qu’amicaux, aussi professionnels pour le coup.

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Crédit Photo : E.L.P-Photo (Elie Lahoud-Pinot Photography)

« Il est vrai que plus les années passent, plus la musique de DeathAwaits tend vers un registre plus « technique »« 

L’agencement des morceaux sur Rapture Smites a été bien réfléchi. C’est d’ailleurs les trois parties de « Trumpeting Butchery » qui m’ont mis la puce à l’oreille. Pourquoi l’avoir scindé ? 

Au départ, ce n’était qu’un seul et même morceau qui avait été composé, écrit, et enregistré qu’une seule traite. Finalement, on a choisi de les séparer en trois parties distinctes, car le final était bien trop long. Finalement, ça faisait vraiment sens, car chacune se distinguait vraiment de l’ensemble. 

Vous jouez beaucoup sur les nuances de guitare acoustique, de guitare saturée…

La composition de l’album s’est déroulée on ne peut plus simplement. Des morceaux se sont imposés, des ambiances également se sont imposées… À la fin des session de composition, c’étaient les mêmes questions qui revenaient : « Avions-nous composé du DeathAwaits ou non ? ». Après, il fallait qu’on l’on pèse le pour et le contre, et finalement, pour ce qui est des parties de guitare acoustique, ça nous semblait pertinent de les intégrer à l’album, parce que ça faisait sens et que ça s’intégrait plutôt bien à l’entité globale de l’album. 

Vous vous êtes entourés de HK du Vacamara Studio. A-t-il endossé la casquette du producteur pour l’album ? 

En fait, on a juste fait les prises de chant chez lui, à Clisson. Quand on est arrivé chez lui, il avait déjà reçu les pistes « instrumentales ». Finalement, il a mixé l’ensemble de sorte que l’on puisse intégrer les pistes de chant. Puis, il a masterisé l’album. Cela dit, nous avons quand même été à retravailler certaines tournures et ligne de chant avec lui. Il nous a également donné son avis sur telle ou telle chansons. Après, il n’était pas « producteur » à proprement parler. 

Quid du partenariat avec le label M & O music ? 

Nous n’avons signé qu’un contrat de distribution avec Alex de chez M & O Music. Ce n’est pas notre label, mais c’est lui qui gère la diffusion de nos albums dans les Fnac et autres disquaires, ainsi que dans les plateformes de streaming. Vous savez dorénavant où écouter notre musiques ! 

En début d’interview, nous avions évoqué le fait que le line-up du groupe était encore fragile. Dernièrement, sur les réseaux sociaux, vous avez annoncé être à la recherche d’un bassiste. 

DeathAwaits n’est peut-être pas le groupe qui tourne le plus, mais il exige un investissement certain de la part de ses membres. Le but est de répéter régulièrement, de donner régulièrement des dates le week-end, de s’occuper à la fois de la communication sur les réseaux sociaux et du merch’. En fait, nous sommes un groupe de l’entre-deux – semi-pro – qui aspire à tourner régulièrement, mais qui doit encore s’occuper de tout ce qui ne rentre pas forcément dans le domaine musical à proprement parler. Et sans le vivre, sans l’avoir vécu, il est parfois impossible de comprendre tout l’investissement qu’un groupe représente. Et il est hors de question de ménager nos efforts si on l’on souhaite que ça marche. Après, on ne se met un poing d’honneur à n’engager que des membres qui savent ce qu’est la vie de groupe : on n’est pas simplement là pour se produire, mais aussi passer du temps ensemble, comme un vrai groupe, comme de vrais amis.

Depuis le temps que DeathAwaits enchaîne les dates, le groupe s’est construit une réputation très fiable dans sa région, Rhône-Alpe. Vous aviez d’ailleurs organisé votre propre festival, au Rock’n’Eat à Lyon. J’imagine que vous allez réitérer l’expérience à l’avenir. 

Oui, c’était une très bonne expérience, même si éprouvante. Le résultat escompté était au rendez-vous, le public était présent en masse, l’affiche nous a plus… Et pour te dire, oui, nous comptons faire renouveler les expériences tous les ans, au même endroit, durant la période « septembre/octobre » !


DeathAwaits, c’est : 

Flo : Chant

Olivier : Guitare

Jordan : Guitare

Tommy : Batterie

Thomas : Basse

Discographie : 

Out Of Adversity (2011)

The Abominate (2014)

Solve Coagula (2017)

Rapture Smites (2019)

A propos de l'auteur

Axl

Rédacteur en chef d'Heretik Magazine

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