Les fans de Serenity ne pourront que s’accorder sur le fait que la constance dont fait preuve la formation ces dernières années est tout bonnement appréciable. En effet, depuis qu’elle peut profiter du sens de la mélodie Cristian Hermsdörfer, elle nous accouche d’albums toujours plus audacieux les uns que les autres, Codex Atlanticus en 2016, Lionheart en 2017, et cette année, The Last Knight… Un opus qui, selon toute vraisemblance, devrait plaire à tous les mordus d’histoire, celui avec un grand « H ». 

Propos de Cristian Hermsdörfer (guitare, chant) recueillis par Axl Meu 


Est-ce que tu peux me présenter le nouvel album de Serenity, The Last Knight. Pourquoi s’intitule-t-il ainsi. 

The Last Knight est un album qui s’inspire de la vie de Maximilien 1er, empereur d’Autriche qui, lui-même se surnommait « the last knight »… C’est écrit ainsi dans les livres d’Histoire… Et nous avions pensé que ça ferait un très bon titre pour l’album, très fort, très évocateur. Du coup, quand il nous a fallu nous pencher sur l’écriture des paroles, nous avons mis en scène sa vie et son histoire. Clairement, The Last Knight est, à l’image du contenu-même de l’album. C’est un titre très épique qui sied parfaitement à l’univers de Serenity

Ce n’est pas la première fois que vous traitez d’une figure historique imposante. Lionheart était directement lié à la vie de Richard Cœur de Lion, roi d’Angleterre. Pourquoi la vie de ces gouverneurs vous fascine-t-elle à un tel point que vous décidez de la mettre en musique ? 

Eh bien, nous n’avons pas toujours évoqué la vie des gouverneurs… Par exemple, sur l’album qui avait précédé Lionheart, Codex Atlanticus, nous y parlions de créateurs, d’ingénieurs en tout genre… Après, pour ce qui est de Richard Cœur de Lion, on a décidé d’en parler, car il est sans conteste l’un des rois les plus importants du Moyen-âge. On peut facilement le placer à côté d’autres figures, telle que Napoléon ou même Alexandre le Grand. Concernant Maximilien 1er, il est, certes, moins connu en France, mais il reste indéniablement l’un des souverains les plus respectés que l’Autriche ait connus. Et il se trouve que l’année dernière, nous avons fêté les 500 ans de sa disparition, on en a beaucoup parlé. Bref, il nous fallait en faire le sujet principal de notre nouvel album. C’était plus ou moins une façon de lui rendre hommage.

Est-il possible à l’avenir que vous parliez d’une figure incontournable française, comme Louis XIV ou bien François 1er ? 

Pourquoi pas ! Car, comme tu le sais sans doute, notre chanteur, Georg Neuhauser, notre chanteur, a un doctorat en Histoire et enseigne à l’université. C’est vraiment quelqu’un de très calé dans le domaine ! Et tant qu’il sera au chant, les albums de Serenity seront toujours plus ou moins imprégnés de cette ‘’vibe’’ « historique » à laquelle il tient tant ! Pour le moment, nous avons à notre compteur un roi anglais, un empereur autrichien… Qui sait ce que l’avenir nous réserve cependant ? Une fois que nous nous pencherons sur la suite, dès que nous aurons suffisamment défendu The Last Knight, nous verrons bien. Pour le moment, il n’y a rien de prévu, mais c’est une bonne idée, oui ! 

Ce n’est pas un secret pour personne si je dis que Serenity fait dans le Power Symphonique classique, très épique… On peut notamment noter une évolution dans votre approche. Sur The Last Knight, vous semblez avoir totalement délaissé le chant féminin. 

Oui, c’est un choix totalement délibéré, depuis Lionheart d’ailleurs. Déjà à l’époque, nous avions déjà songé à ne plus inclure de chant féminin, mais finalement, nous avons invité une de nos amis, Frederica Lanna, pour la dernière piste de Lionheart, « The Final Crusade ». On l’adore ! Mais déjà à l’époque, les idées de Lionheart ne se prêtaient pas forcément aux chants féminins, car elles étaient déjà un cran plus brutes…

En fait, grâce à notre producteur, Sascha (Paeth, ndlr), nous sommes parvenus à faire un bon usage de ma voix, ce qui fait que l’on peut désormais jouer avec les octaves. Je ne dis pas que l’on n’invitera plus de chanteuses à l’avenir, mais disons-nous qu’il est parfois assez compliqué de trouver LA voix, LE coffre qui collera parfaitement à ta composition. Et pour ce qui est de The Last Knight, il n’y avait clairement pas la place pour une quelconque voix féminine.

Les sujets que vous traitez sur l’album sont cruellement épiques : la guerre, la mort… mais finalement, vos musiques restent quand même très « catchy », très « enthousiastes »… Comment expliquez-vous cela ?

Eh bien, je pense que c’est lié à l’état d’âme du groupe… On est plus positifs que jamais, et ça se ressent vraiment sur nos dernières sorties. Serenity a connu quelques changements de line-up, mais finalement, je pense que toutes ces épreuves ont renforcé le groupe. Depuis Codex Atlanticus, Serenity est clairement sur une pente ascendante. Le groupe existe depuis presque vingt ans, et ce n’est jamais facile de se renouveler et surtout de garder la flamme. Mais le climat actuel est si serein que ça nous aide à écrire cette musique épique qui nous plait et tient à cœur! 

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est PromoAccessory_241721.jpg.

« Quand tu es artiste, tu te dois de suivre ton instinct, si tu veux toucher le public. »

Quelle fut ta part de contribution sur l’album ? De quelle piste es-tu le plus fier ? 

J’ai composé The Last Knight dans son intégralité, et ce n’est jamais évident, même avec le recul, de dire quel ou quel morceau on préfère. Mais à choisir, je dirais que c’est « Souls and Sins », j’y suis vraiment attaché… D’ailleurs, je suis fier d’avoir réussi à décliner la chanson en deux versions, une version normale et une autre, en acoustique. On se devait de le faire, car cette chanson est si spéciale. C’est clairement une innovation dans ce sens, car c’est la première fois que nous incluons deux fois le même morceaux, mais arrangés différemment dans le même album.

Sinon, pour revenir à la composition-même de l’album, je tiens à revenir sur le fait, que si j’ai composé les morceaux, j’ai toutefois été appuyé par les autres membres du groupe, notamment Georg (Neuhauser, chant) avec qui je me suis concerté pour les mélodies et les paroles. Et par la suite, Sascha (Paeth, ndlr), notre producteur, nous guidait pour le reste de la production. 

Le Power Symphonique est un style qui a tendance à se répéter au fil des sorties. Partages-tu ce point de vue ? Est-il si difficile de le renouveler ? 

Je ne sais pas si c’est vraiment un problème en soi… J’officie également au sein de Beyond The Black, un autre groupe de Power Symphonique, mais personnellement, je n’éprouve pas spécialement le besoin de renouveler quoique ce soit. Je pense que, quand tu es artiste, tu te dois de suivre ton instinct, tes idées, de prendre ce qui te semble le plus intéressant, si tu veux toucher le public. Après, il ne faut pas s’enfermer dans des cases, non plus. Ce n’est pas parce que tu officies au sein d’un groupe de Power Symphonique que tu ne peux pas intégrer des idées plus dans la vaine « Pop », voire « Prog’ ».

N’est-ce pas difficile de couper la poire en deux entre Serenity et Beyond The Black ?

Ce n’est pas simple oui… Et pour être honnête, c’était un peu délicat ces six derniers mois… J’étais overbooké ! Car je devais à la fois travailler sur l’album de Serenity et celui de Beyond The Black. Puis, les tournées se sont enchainées… Et là, ça peut être difficile de jongler. Mais par chance, quand je suis trop occupé avec Beyond The Black, je sais que je peux faire confiance à l’un de mes proches pour assurer l’intérim pour les live. Je lui ai appris les morceaux, et il semblerait qu’il s’entende plutôt bien avec les autres membres du groupe… Après, je m’occuperai toujours de l’enregistrement des albums quoi qu’il arrive, mais c’est toujours bien d’avoir quelqu’un sous le coude quand tu ne peux pas te libérer. Comme ça, Serenity ne sentira plus obligé d’annuler un concert à l’avenir. Plus besoin de chercher un remplaçant, je sais qu’il est là ! 

Tu faisais partie de Visions Of Atlantis à l’époque…

Oui. Ça fait un moment déjà que j’ai quitté le groupe d’ailleurs. En fait, c’était assez délicat, et le groupe était au point mort quand j’ai décidé de le quitter. Ça tournait au ralenti, et puisque j’occupais déjà le poste de guitariste-session pour Serenity, j’ai décidé de le rejoindre à temps-plein en 2015. Cela dit, il semblerait que Visions Of Atlantis soit rené de ses cendres ces dernières années depuis qu’il a changé de line-up. Et ça me fait vraiment plaisir de voir que Clémentine (Delauney, chant, ndlr) ait trouvé sa voie au sein du groupe, elle qui faisait partie de Serenity à l’époque. 

Plusieurs tournées sont organisés pour défendre The Last Knight. Vous passerez certes à Colmar le 9 février prochain en compagnie de Rage, Savage Messiah et Vanish, mais votre prochaine tournée avec Dynazty, Victorius et Ad Infinitum esquivera la France. Comment expliquez-vous un tel manque de dates en France ? 

On ne sait pas… On aimerait se produire plus en France, mais le problème reste le même. Il faut trouver des endroits dignes de ce nom où se produire. Puis, la France est un gros pays, ce n’est pas comme la Suisse ou l’Autriche que tu peux traverser facilement. Ça joue énormément sur notre « routing ». Par exemple, si un promoteur de Marseille nous contacte pour un booker un concert, il nous sera impossible de nous y rendre le jour-j si la veille nous étions à Praque. Il faut que ça soit à la fois viable et pour le groupe et notre booker. C’est pour cette raison que nous devons, à regret, nous limiter aux grosses villes, comme Paris, ou bien aux villes frontalières. On est clairement désolés, mais nous espérons que nous pourrons honorer nos fans français, car ils nous réclament ! 


Serenity, c’est : 

Georg Neuhauser : Chant 

Fabio D’Amore : Basse, chant 

Andreas Schipflinger : Batterie, chant

Cris Hermsdörfer : Guitare, chant

Discographie :

Words Untold and Dreams Unlived (2007)

Fallen Sanctuary (2008)

Death and Legacy (2011)

War of Ages (2013)

Codex Atlanticus (2016)

Lionheart (2017)

The Last Knight (2020)

A propos de l'auteur

Axl

Rédacteur en chef d'Heretik Magazine

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.