En ce dimanche tempétueux, il n’était pas question de rester cloitrer quand on sait que Diabolical est en Belgique le 9 févérier dernier, pour une étape de sa tournée. Rendez-vous donc à Fontaine l’Evêque dans un MCP Apache récemment rafraichi pour une soirée placée sous le signe du death et du Black Metal avec outre le héros du jour trois formations. Alors que nous pouvions avoir des craintes sur l’affluence, celles-ci sont vite balayées avec un public au rendez-vous. 

Texte : Franck Lasselle

Photos : Maurice Delciotto


Pour débuter, nous retrouvons Frantic Amber. Originaire de Stockholm, le groupe évolue dans un Death Melodique dans la lignée d’un Arch Enemy. D’amblée, la salle affiche quasi complet, le groupe a ses fans et ceux-ci sont massés devant la scène pour ne pas perdre une miette de la prestation. On notera que celle-ci  a été agrandie pour le plus grand confort des groupes.  Frantic Amber ne dispose certes qu’une demi-heure mais ne va pas perdre de temps et envoyer la sauce avec « Wrath Of Judgement ». Certes, le son n’est pas optimal, mais la bonne volonté du groupe fait oublier ce détail tout comme la hargne d’une Elizabeth déchainée derrière son micro. Avec « Lagertha » tout s’améliore nettement et on apprécie une belle charge de Death Melodique avec un côté plus sombre et mélancolique. Le public est au taquet et apprécie la prestation, le groupe apprécie l’accueil et se lâche encore plus avec » Joshitai ». Pur titre de Death Melodique à l’ancienne, il est d’une sacrée efficacité rappelant le meilleur d’In Flames. La suite avec « Entwined » est tout aussi efficace. Ce titre du premier album se montrant particulièrement accrocheur. Le temps du final est déjà arrivé. Avec « Crimson Seas », on retrouve un esprit plus Death, mais toujours avec le souci de la mélodie. « Scorched Earth » achève le concert idéalement avec un début sombre intéressant par des samples. Puis, il colle une raclée avec un chant hargneux maitrisé et d’excellents riffs et soli rapides et mélodiques. Frantic Amber n’a rien inventé, mais il manie la poudre Death mélodique avec une belle efficacité. La formation suédoise a de jolis atouts et semble avoir les moyens de se faire un nom.

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Après ce bon début à le temps de dire « ouf » que Souldrainer déboule sur scène en avance, mais pour la bonne cause vu qu’il va jouer plus longtemps. Le groupe est originaire de Suède, d’Ostersund, et œuvre depuis 1999 dans un Death Mélodique proche d’Hypocrisy. D’entrée, avec « Biological Experiments », il lance les hostilités avec conviction. Rapide, le titre fait office de tarte en pleine tronche avec un growl abrasif ! On y apprécie un bon riff rapide, mais aussi un break plus calme hypnotique. Cela se confirme avec « God Delusion ». Dans le même esprit, le titre fait son effet en mixant puissance et mélodie avec une certaine emphase proche de Pain. Il y a un côté aérien qui se dégage. Cela se confirme avec « Architect ». À fleur de peau, le titre est une claque de Death Mélodique avec un côté hypnotique très fort. Ensuite, le groupe propose un nouveau titre avec « Where Angels Die », annonçant un nouvel album attendu. Le résultat est efficace avec ce mix parfait entre violence brute et mélodie. La suite va être toute aussi convaincante et séduire un public calme et attentif qui savoure l’instant. L’enchainement entre « Hung On The Wall », « Behind The Face » et « They All Die » fait son effet. Il y a la puissance au travers de riffs costaud et d’un chant à la fois puissant et hargneux. Mais il y a aussi ce soin mélodique avec des samples savamment distillés. Pour le dernier titre, le groupe reçoit un invité sur scène et cela donne un « Revolt 666 » énorme. Cette reprise de Kent dans sa version suédoise est une belle tarte qui fait son effet avec un bon mixe entre force et mélodie accrocheuse ! Souldrainer a proposé une solide prestation. Le groupe suédois a montré qu’il était un client sérieux en matière de death mélodique à ambiances et son nouvel opus sera scruté avec curiosité.

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La suite du programme nous entraine en Pologne avec la venue de Devilish Impressions. Le groupe propose depuis le début des années 2000 un Black Death symphonique à la croisée d’un Behemoth et de Fleshgod Apocalypse. Dernier membre présent des débuts, Quazarre tient bon la barre avec une équipe totalement renouvelée. Il règne un côté occulte sur ce concert avec des musiciens maquillés et un décor sombre. L’introduction, avec les musiciens tournés vers la batterie, est  idéale pour instaurer une ambiance noire avec un côté symphonique. Puis avec « T.H.O.R.N.S. », le concert se lance sur les chapeaux de roues. Quazarre s’arrache les cordes vocales avec hargne tandis que le ton occulte Death Black fait son effet. Le public apprécie la charge et celle-ci va être redoutable avec The Dove And The Serpent. La brutalité est au rendez-vous, mais avec une certaine emphase avec les aspects symphoniques et un chant plus grave au sein d’un break glacial. Avec « The I », le groupe ne fait pas semblant de faire mal. La charge est intense et colle au mur avec un chant d’une rare férocité. « Eosphoros » impressionne avec un ton Death/Black intense et avec une majesté certaine qui s’exprime. Précédé d’un sample glacial, « Advents Regis » est un superbe tourbillon émotionnel avec de une grosse force de frappe avec un passage épique très pur et intense dans un esprit Black. « The Last Farewell » suit la même lignée. Il concentre violence et force épique symphonique avec classe et se fait même accrocheur. « I Am The Son Of God » est une apothéose. Il est une claque en pleine tronche et confirme la force du groupe pour des mélodies à fleur de peau prenantes. Devilish Impressions a ravi le public avec une prestation brulante et prenante. Il confirme qu’il compte parmi les meilleures formations dans le genre et qu’il faudra continuer à suivre son parcours de très près.

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Le héros du jour c’est Diabolical, depuis la sortie d’Eclipse, le groupe parcours les routes sans relâche. Il faut dire que depuis plus de 20 ans le groupe suédois excelle dans un black teinté de death dans la lignée de Behemoth. Il lui manque une part de reconnaissance, et il reste un secret bien gardé entre fans. Cette tournée pourrait changer la donne et permettre à Widda de récolter les fruits d’un travail acharné. Le groupe a soigné la mise en scène et après une intro épique se montre cagoulé pour un effet réussi. Le public est bien présent prêt à déguster une dose de son. Le début sur « We Are Diabolical » est énorme. La voix d’outre tombe de Widda impressionne tandis que le rythme est intense. La mélodie est présente au détour d’un break remarquable tout en nuances. Après cet excellent début et sous la fumée le groupe confirme avec « Requiem ». Porté par un début épique avec chœurs, il est un sacrée claque avec un chant grave, un peu de chant clair et un final alternant puissance et douce mélodie. « Failure » propose le même impact. Il y a la force de frappe mais avec un côté envoutant pas loin d’un Paradise Lost pour cette capacité mélodique. Le public apprécie la charge et réserve un bel accueil au groupe. Celui-ci apprécie et au détour d’un speech sympa, Widda se le met dans la poche. Puis avec « Inception », le groupe enfonce le clou. Le titre est une claque taillée dans le meilleur d’un Black Death plein d’emphase avec un côté majestueux et un refrain intense. « Hunter » a le même impact avec toujours une furie contrebalancée par une grande force mélodique. Le break symphonique fait son effet de même qu’une partie instrumentale de haute volée. Après un dernier speech, le final s’engage avec « The Fire Within ». Le titre est fort avec la même charge épique de l’intensité confirmant la force du groupe pour une musique grandiloquente. « Metamorphosis » fait ensuite mal avec une brutalité remarquable. Le groupe envoie la sauce avec juste de petits moments de calmes pour atténuer la baffe. Dans le même esprit, « Children of the Mushroom Cloud » fait son effet et ravit un public qui apprécie la charge. « Black Sun » achève le concert avec une belle force mélodique toute en nuances se mariant bien au chant caverneux de Widda. Diabolical a donné une belle prestation puissante et prenante, et confirmé qu’il était un expert pour manier les ambiances.

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Ceci achève une belle soirée, l’art noir a été mis en valeur de la meilleure des manières pour le plus grand bonheur d’un public de fidèles. Nous remercions les équipes du MCP Apache pour leur travail sans relâche au service de la musique et pour nous avoir permis d’assister à une date de cette superbe tournée.

A propos de l'auteur

Axl

Rédacteur en chef d'Heretik Magazine

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