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Simple petit constat : les tournées spécialement estampillées « Thrash Metal » ne cessent de se multiplier en ce moment, ce qui n’est pas pour nous déplaire ! Que ce soit Testament, Exodus, Death Angel, ou bien Destruction, Legion Of The Damned, tous ont mis à un point d’honneur à défendre les mérites d’un style brut, authentique, à une époque où les autres sous-genres plus « sombres » semblent monopoliser l’espace sonore. Mais pas question pour les vétérans du genre, notamment Destruction, de jeter l’éponge : de passage en Belgique, au Trax de Roulers, en compagnie de Legion Of The Damned, Suicidal Angels et Final Breath le 20 février dernier.

Par Axl Meu

Crédit photos : Moris Delciotto


Première partie peut-être, les plus vieux savent que Final Breath n’est pas née de la dernière pluie. Cependant, elle s’efforce depuis 2018, après une pause de 14 années, à se racheter une réputation en donnant des concerts ici et là, et en acceptant d’ouvrir pour des formations d’envergure comme Destruction. Soirée Thrash oblige, Final Breath présente sa vision à lui du Thrash Metal en piochant dans son répertoire des morceaux phares de sa carrière : « Babylon », « …When Finally Mighty Kings Fall », et même « Agonized, Zombiefied, Necrotized ». Bref, tout se passe bien pour les cinquantenaires : ça joue bien, c’est clair, mais est-ce pour autant qu’il suffit de reprendre à la lettre les gimmicks de son style préféré pour tirer son épingle du jeu ? Pas vraiment, non. 

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Suicidal Angels est incontestablement l’une des formations « Thrash revival » sur laquelle la nouvelle génération mise le plus ! C’est clair, la formation – qui suit une configuration classique pour le style (chant/guitare, guitare, basse, batterie) – n’a certes pas inventé la poudre à canon, mais peut se targuer de s’être entourée des meilleurs pour marquer les esprits, notamment l’illustrateur Ed Repka, principalement reconnu pour son travail avec Megadeth. Ce qui leur a notamment permis d’ouvrir pour Slayer en été dernier chez eux en Grèce. Donc, aguerris dans l’art de saisir les bonnes opportunités, les Anges Suicidaires s’allient avec Destruction pour défendre Years Of Agression, leur nouvel opus. Pas question de renouveler les codes du style cependant et cette nouvelle prestation en atteste : des rythmiques saccadées, galopantes, sur lesquelles sont apposées des vocalises à mi-chemin entre Tom « Angel » Ripper (Sodom) et Tom Araya (Slayer), sur des morceaux bien connus : « Capital Of War », « Frontgate », et le très mélodique « Bloody Ground », précédé d’un solo bienvenu. Bref, un plat bien consistant qui, à défaut d’avoir été parfait, aura plus marqué les esprits que celui de ses prédécesseurs ! 

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Legion Of The Damned n’a fait que décupler l’énergie exposée par Suicidal Angels : qu’on se le dise, jamais la formation néerlandaise ne pose son matériel sur scène pour enfiler les perles. Au contraire ! Avec un nouvel album, Slaves Of Shadow Realm sous la botte, la formation ne parviendra peut-être pas à créer l’émeute dans la foule, mais reproduira avec fougue et conviction les partitions de ses gros morceaux parmi eux « Palace Of Sin », « The Windows Breed », « Feel The Blade », le fédérateurs « Legion Of The Damned », et même « Slaves Of The Southern Cross » – incontestablement, le titre le plus marquant de leur dernier opus – le tout dans un set interrompu par les interventions incompréhensibles, en Hollandais, portées par son leader Maurice Swinkels. Bref, alors que certains pouvaient reprocher à Legion Of The Damned une certaine monotonie, la formation nous a paru bien en forme en ce « presque-week-end ». Et c’est déjà ça de pris ! 

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Le dernier groupe à fouler la scène n’est pas des moindres : Destruction, que l’on compte parmi les 4 grands de la scène Thrash Metal allemande aux côtés de Tankard, Sodom et Kreator. Après une petite remise en question, un retour à la saga Thrash Anthems, Schmier décide de revoir la composition de son « band » revenant alors à une formule à quatre membres (comme à l’époque du Live Without Sens) en débauchant un nouveau jeune talent Damir Eskić, un an après s’être entouré à la force de frappe de Randy Black. Cela débouche alors sur Born To Perish, foncièrement plus convainquant qu’Under Attack. Cela dit, il faudra bien plus d’un titre de Born To Perish pour réveiller le public. En fait, comme un bon vieux motor diesel, la machine destructrice met bien du temps à prendre son envol… Il faudra attendre les classiques « Thrash Till Death » et « Mad Butcher » pour éveiller les ardeurs du pit, deux titres reboostés par le savoir faire de Damir Eskić, lui qui s’amusera à reprendre le thème « Allegro Alla Turca » de Mozart en cours de retour. Car il est évident que la star de la soirée, c’est lui, Schmier, qui mettra le paquet une fois pour toutes en fin de partie avec quelques gros classiques : « Life Without Sens », « Death Trap » et « Bestial Invasion », puis repris par « The Butcher Strikes Back » pour un concert fort convainquant !

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Une belle soirée belge, intimiste, placée sous le blase du Thrash Metal, style qui continuera à perdurer tant qu’il y aura des groupes comme Suicidal Angels pour assurer la relève et assumer l’héritage laissé par des mastodontes comme Destruction. 

A propos de l'auteur

Axl

Rédacteur en chef d'Heretik Magazine

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