C’est naturellement au Bistrot de St-So de Lille que l’association Riffeater a décidé de souffler sa cinquième bougie en bonne et due forme dans le cadre d’une cérémonie amplement méritée : entre l’émission de radio animée tous les mercredis et les concerts régulièrement organisés dans la métropole lilloise, à nous d’avouer que ses trois têtes pensantes Max, Marie et Doug n’ont pas volé leur réputation. Nornes, Mortal Scepter, Putrid Offal et Sublime Cadaveric Decomposition ont été conviés à la sauterie, et nous, on y était. 

Par Axl Meu


Nornes ouvre le bal avec une performance aux multiples enjeux : les Valenciennois ont pour objectif, non seulement de convaincre avec une musique lourde – pas forcément la bienvenue en début de soirée du fait de ses schémas dépressifs -, mais aussi de défendre les qualités de leur nouvel EP, Threads, deuxième partie d’un triptyque, principalement mise en avant ce soir. En effet, à l’occasion de cette « release party », les fils illégitimes de Katatonia et de My Dying Bride ont revu un set qu’ils ont sectionné en plusieurs mouvements tout en consolidant certains aspects – notamment l’alternance entre chant clair et growls éthérés – et en limitant les prises de parole, sans doute pour ne pas mettre à mal les atmosphères brumeuses installées par leurs psalmodies. Une performance rassurante pour les Valenciennois qui, selon toute vraisemblance, devraient s’imposer durablement dans le paysage des musiques lourdes, et plus vite que prévu. 

Changement de contexte, et d’ambiance, avec le Thrash Old School de Mortal Scepter, style décidément réservé à un public de niche et tous ceux qui vouent un culte à la scène Thrash allemande de la deuxième moitié des 80’s, dominée par Destruction, Kreator et Sodom. Donc, à l’instar de ces trois mastodontes, les Dunkerquois présentent un style cru, incisif – parfois démonstratif – répertorié sur Where Light Suffocates, leur premier opus, ainsi que sur As Time Sharpens The Sentence, leur premier EP. Cela débouche sur une performance marquée par quelques irrégularités (de son, surtout) pour les Mortal Scepter, mais digne de ce nom, car elle aura une fois encore fait transparaître les qualités de compositeur (« Violent Revenge », futur classique du genre ? À voir !) et de performer d’un combo, dégoulinant de hargne et haine, comme à la bonne vieille époque du Thrash Metal. Un concert authentique.

Changement de running-order, c’est Sublime Cadaveric Decomposition qui prend la main pour un concert aussi gras que les cheveux de la vendeuse de frites du coin, mené avec brio par les hurlements bien significatifs de Seb. À noter un petit changement depuis la dernière performance du groupe à laquelle nous avions assisté (dans le cadre du Mass Deathtruction) : Dragulard a cédé sa place Mat (Balance Of Terror, Darkall Slaves) pour un « blast » aussi percutant que son prédécesseur. Alors, on adhère, on déteste : la marque de fabrique « groovy » du groupe fait mouche, même s’il est vrai que la nuance est loin d’être de mise. Cela dit, ça n’empêche pas le public lillois (et même une des organisatrices) de se prendre au jeu et de se faire porter par le public. La passion du Death Metal, le vrai, quoi !

À Putrid Offal de conclure la soirée avec un concert qui tâche, comme pour tâter le terrain avant la sortie de son nouvel album : Sicknesses Obsessions (à paraître le 22 mai prochain via Xenokorp). Il semblerait que la formation des Hauts-de-France n’ait pas perdu la main : les quatre blouses enslanglantées activent leur rouleau compresseur, et les titres extrêmes de Mature Mecrosy et d’Anatomy se confondent dans un ensemble estampillé  »Death/Grind », celui qui évoque les premiers méfaits d’Autopsy, de Carcass – joué sur un rythme effréné – poussant ainsi l’assemblée à lancer une farandole. Nouvel album oblige, « Dura Mater » est présenté « live », et la bande apelle même un invité surprise, Stephane Buriez (Loudblast, Sinsaenum) à les rejoindre sur scène pour les trois derniers morceaux, notamment leur classique reprise de S.O.D., « Freddy Krueger », titre qui aura également occasioné une apparition scénique supplémentaire en mode « free-style », celle de Fred, de Noise Emission Control. Bref, une performance plus qu’honorable pour Putrid Offal qui peut se targuer de s’être produit devant une salle comble en toute fin de soirée ! 

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Une belle réussite et une bien bonne soirée au Bistrot de St-So qui était « the place to be » le temps d’un soir pour tous ceux qui prétendre soutenir la scène locale et ses acteurs, de loin ou de près. Qui sait ? Peut-être que Riffeater Asso sera amené à investir la salle plus régulièrement dans le cadre de ses futurs rendez-vous ? Croisons les doigts !  

A propos de l'auteur

Axl

Rédacteur en chef d'Heretik Magazine

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