Fais gaffe à tes arrières ! Dusk Of Delusion revient avec son deuxième opus, concept album qui développe des thématiques chères en lien avec la Première Guerre Mondiale, Watch Your 6. Un opus bien sympathique, catchy à souhait, qu’a bien voulu nous présenter son bassiste et principal compositeur, Julien.

Propos de Julien (basse/backing-vocals) recueillis par Axl Meu


Dusk Of Delusion revient avec un nouvel album, Watch Your 6, sensiblement différent par rapport à (F)unfair. Quel bilan tirez-vous de cet album ? 

Pour le premier opus, on était un peu partis à l’aveuglette, car on se découvrait encore les uns des autres. Forcément, aujourd’hui, on est tous un peu confiants, car on sait désormais ce dont on est capables ! Déjà, on tire un très bon bilan du premier album dans le sens où nous avons donné un bon nombre de concerts, et que nos morceaux ont été, à chaque fois, très bien accueillis. Pour une première, c’est plutôt pas mal ! Alors, on était reboostés, ce qui nous a poussés à plancher sur quelque chose de différent, de pousser la barre un peu plus haut pour le deuxième opus. 

Le line-up a changé entre temps.  

Oui ! On a engagé un nouveau batteur : Nathan, qu’on a recruté l’année dernière, en février 2019. 

Watch Your 6 est un concept-album qui évoque la Première Guerre Mondiale… 

Oui, voilà, l’expression « Watch Your 6 » était utilisée par les soldats de la Première Guerre Mondiale, qui renvoie à l’usage que l’on faisait du cadran horaire. Quand l’ennemi est à 6 heures, ça veut tout simplement dire qu’il est derrière toi : attention à toi ! C’est une expression que l’on a pensée intéressante, car il collait bien au sujet que l’on voulait aborder : celui du premier conflit mondial, mais pas que. On voulait également se servir de cet événement pour évoquer et faire parler les gens qui l’ont connu par le biais de plusieurs sentiments : amour, dégoût, tristesse, de la haine. Tous les sentiments par lesquels sont passés les acteurs de la Première Guerre Mondiale. 

Comment êtes-vous parvenus à synthétiser avec ces dix titres tous ces sentiments auxquels vous faites allusion ? 

C’est assez simple pour finir. Il n’y a pas tant que ça, donc c’était assez facile à lister et à les mettre en musique. Après, Benoit, notre chanteur, est professeur d’histoire, passionné par la Première Guerre Mondiale, donc il a pu faire des recherches, mettre en avant dans ses textes des personnes qui ont, selon toute vraisemblance, existé, pour gagner en réalisme et transmettre toutes ces émotions-là. Après, en contexte de guerre, il est assez facile de se retrouver dans ces sentiments. 

Sur ce nouvel opus, l’identité de Dusk Of Delusion reste prégnante : c’est un Metal moderne caractérisé par des refrains « catchy »… Qui est-ce qui compose ces morceaux ? Matthieu Morand ? Toi ? 

Je compose la majorité des morceaux pour le groupe. J’ai dû écrire les 3/4 du premier album, et les 2/3 pour celui-ci. Pour ce qui est de (F)unfair, on voulait qu’il sorte assez vite, et étant que j’étais plus ou moins à l’initiative du projet, j’avais déjà un paquet d’idées à exploiter quand Matthieu m’a rejoint. C’est un peu comme ça qu’est né le premier opus ! Pour le deuxième, c’était un peu plus différent : on a composé plus largement. J’en ai composé que cinq, Claude, un seul, Matthieu, trois, et nous avons mis en place la longue piste « Verdun » ensemble.

L’image contient peut-être : 5 personnes, personnes souriantes, personnes debout, arbre et plein air

« Quand on travaille sur un album comme celui-ci, on est amène de mieux comprendre la guerre »

Est-ce que tu peux me le présenter ce morceau, « Verdun » ? Comment avez-vous travaillé sur ce titre et sa progression ? 

En fait, on ne s’est pas trop posé la question de la longueur… Matthieu et moi-même jouons au sein d’Elvaron, donc, le Prog’, ça nous connaît… On n’a pas trop peur de composer des pistes longues. En tout cas, Matthieu voulait d’un morceau plus long, de plus prog’, de plus épique. Puis, on a évoqué ensemble la bataille de Verdun, de sa durée, de ce sentiment « on doit aller au front pour protéger notre Patrie »…

Le morceau « Letters To See » va faire l’objet d’un clip qui sortira le 6 mars prochain. Il me semble que vous avez travaillé avec des historiens que ce projet arrive à ton terme. 

Oui, voilà. Benoit, notre chanteur, nous a mis en contact avec des associations de passionnés d’histoire qui font des reconstitutions de bataille, avec les uniformes d’époque qui vont avec, avec la reconstitutions des tranchées, telles qu’elles étaient à l’époque, à l’identique. Il fallait que l’on choisisse un morceau, et ne pas partir sur une chanson atypique, comme « Verdun », mais plutôt sur quelque chose d’assez « catchy ». « Letters To See » était la chanson, car elle est à la fois dynamique et porteuse d’une vraie symbolique, celle des poilus qui mourraient au front avec la lettre que leur compagne leur avait envoyée. Et pour ce qui est de la vidéo en elle-même, l’association nous a proposé de tourner tout ça dans une fausse tranchée, ainsi qu’un autre lieu pour l’arrière-plan.

Sabaton avait déjà sorti un album qui parlait de la Première Guerre Mondiale l’année dernière. J’imagine que c’est une coïncidence… 

Il n’y a vraiment rien de calculé ! On avait déjà pensé à sortir un album sur ce thème juste après la publication de (F)unfair. J’avais déjà composé quatre titres qui ont fini sur Watch Your 6. On avait déjà de la matière pour réfléchir et approfondir le concept. En fait, c’est sans doute lié à tout ce battage qu’il y a eu autour du centenaire de la Première Guerre Mondiale. Le film 1917 était sorti à la même époque ! 

Derrière tout ça, il y a quand même un message important que vous délivrez : celle de la mémoire collective. 

Oui, voilà. Et franchement, quand on travaille sur un album comme celui-ci, on est amène de mieux comprendre la guerre, et tout le traumatisme qu’elle a causé par la suite. Certes, quand on a tourné le clip, on a trouvé l’endroit très sympathique, mais quand tu dois vivre la guerre de ton plein gré, ce n’est pas pareil.

Une fois encore, votre album sortira via Fantaizic, votre propre label. Ça doit être confortable de sortir son album par ses propres moyens, non ? 

C’est le label de Matthieu en fait. C’est énormément de travail ! Il a passé beaucoup de temps à monter ce label, à placer des produits… Pour nous, c’est vrai, c’est un véritable gain de temps, car nous n’avons pas à convaincre un quelconque label pour sortir le disque. Cela dit, on a quand même des conditions à respecter, il n’est pas si commode que ça, Matthieu ! (Rires)

Qu’avez-vous prévu de faire pour les prochaines dates ? Y aura-t-il une scénographie particulière ? 

Non, pas tant que ça… On est plutôt du genre à tout miser sur l’énergie, et vu la réaction du public, il semblerait que ça marche plutôt pas mal. Après, on a toutefois commencé à travailler sur structures en acier pour un côté plus « Metal » pour la scène, et sur une espèce d’introduction ayant pour vocation de poser l’ambiance. On ne produira pas déguisés sur scène, mais on respectera quand même un certain « dress-code », rappelant ce conflit mondial. 


Dusk Of Delusion, c’est :

Benoît : Chant

Matthieu : Guitares

Claude : Guitars / Backing vocals

Julien : Basse / Backing-vocals

Natan : Batterie

Discographie :

(F)unfair (2018)

Watch Your 6 (2020)

A propos de l'auteur

Axl

Rédacteur en chef d'Heretik Magazine

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