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Pour se changer les idées d’une actualité morose il n’y a rien de mieux qu’un festival. Organisé au cœur de la région parisienne le Cernunnos Pagan Fest est idéal pour sortir du quotidien et voyager en terre païenne. Bien installé Noisiel depuis 2017 dans le cadre de la ferme du Buisson le festival a trouvé son rythme de croisière avec des concerts mais aussi avec toute une partie culturelle et festive. En ce samedi 22 Février le rendez-vous est prit dès le début de l’après midi.

Ce qui caractérise ce festival c’est sa partie libre ouverte à toutes et à tous. La ferme dispose de nombreux bâtiments et d’un jardin central. Tout cela est bien utilisé pour accueillir les stands musicaux et les artisanats mais aussi des ateliers, des combats et des activités pour petits et grands. Le bâtiment central accueille le merchandising et la médiathèque de la ferme est également ouverte. Le cœur du festival se déroule dans le grand bâtiment qui accueille les scènes, l’Abreuvoir et la Halle dans lesquelles les concerts vont s’enchainer. La programmation est centrée autour du pagan et du Folk Metal avec une première journée éclectique mettant le folk à l’honneur.

Par Franck Lasselle

Photos : Maurice Delciotto


Tout débute dans la petite salle, L’Abreuvoir sur le coup de 13h avec Unnamed Season. Confortable et chaleureuse la salle a une capacité intéressante et propose une bonne vue quelque soit l’endroit. Le groupe est formé de Fanny, mezzo-soprano interprète de Jazz, et Amduscias qui joue dans Temple Of Baal. Pour l’occasion ils sont accompagnés de deux musiciens pour proposer un voyage musical Folk et baroque autour de la nature et des hommes. Cela va donner un concert envoutant et magique. Le public ne va pas s’y tromper et la salle va afficher largement complet. Au détour de titres comme « The Birth » ou « The Circle », le groupe nous entraine dans un univers éthéré porté par la voix pur et puissante de Fanny. La musique celtique et Folk est de toute beauté avec des passages électriques en phase avec les moments acoustiques. Quand la voix masculine se mêle à celle de Fanny le voyage se teinte de world et l’esprit d’un Dead Can Dance plane. Une grande force d’âme se dégage et plane sur cette belle prestation. Très attentif le public a bien apprécié un concert habité. Très onirique et plein de charme porté par ces chants d’une rare pureté, le concert lance le festival de la meilleure des manières. Unnamed Season nous a entrainés au loin dans des terres où la nature demeure mystérieuse et envoutante. 

La suite se fait dans la Halle. La salle est deux fois plus grande que sa complice et dispose d’une large scène. Elle est idéale pour accueillir des formations en devenir et des formations confirmées. Le début se fait avec Prima Nocta. Originaire de Belgique le groupe œuvre en tenues médiévales dans un Folk celtique et médiéval avec tambours, cornemuse et bouzouki. Il propose surtout des concerts de rues dans une ambiance familiale avec un côté festif d’un certain mystère issu des légendes médiévales. Dans un cadre concert, le groupe va montrer une grande envie, de la générosité et de l’humour. La salle est remplie et chacun s’apprête à faire la fête. D’emblée, Edwin met l’ambiance avec humour et n’aura cesse de mettre l’ambiance avec sympathie et gentillesse. L’ensemble est entrainant et embarque le public dans une fête médiévale. Une âme ressort avec « Heart, Mind and Skin » et « Eternal ». Les instrumentas traditionnels font leur effet avec un côté gigue endiablée. L’accueil est excellent avec public assez familial. Sur « Germania », le bouzouki est de sortie et la fête est encore plus belle. Le groupe se présente comme une fanfare espagnole et enchaîne avec un « Stones And Metal » énergique. Rapide le titre met le feu au public ravit de ce moment Folk. Après un délire autour de la bière, « Baudica » puis « Prima Nocta » et « Edward II » font un carton. La cornemuse et le violon sont de sortie et tout cela met le feu. La suite va être toute aussi délicieuse. Après un délire sur Rammstein le groupe enchaine avec « Aitak » et la communion continue dans un esprit fraternel. « Flag Of The Greenman » est dans le même esprit. Edwin fait mettre le public à genoux pour mieux le faire exploser et le concert devient fou dans cet esprit pagan. Les titres vont s’enchainer dans cette dernière partie avec parfois un côté plus métallique mis en avant. « Elf », « Ötzi » ou « Brotherhood » et « Moosh Moosh » vont ravir le public. Prima Nocta a donné un superbe concert en forme de leçon folk. Le groupe est frais et sympathique et sait ravir son public avec une culture de musiciens de rues ayant su restés proches des gens. 

Le retour dans l’Abreuvoir se fait avec Vermilia. Originaire de Finlande et formé en 2017, le groupe est le projet solo de la chanteuse Vermilia. Kätkyt son premier album, paru en 2018, a fait l’effet d’une bombe auprès des amateurs de Pagan teinté de Black Metal dans l’esprit d’un Myrkur ou de Winterfylleth. Elle a récemment réuni un groupe pour partager son amour de la nature. Celui-ci ne s’est d’ailleurs pas trompé, Il remplit la salle conscient de l’opportunité offerte par le festival. Pleine d’emphase l’introduction entraine au cœur de la nature. Avec « Äiti Maa », le voyage débute. Vermilia semble fragile mais montre une force certaine habitée ses paroles. Sa voix pure et puissante charme le public puis avec un growl costaud elle en impressionne plus d’un pas forcément habitués à une telle charge, avec des percussions qui font leur effet.  Avec des passages aériens le titre est parfait pour lancer le concert. L’accueil est excellent et la chanteuse apprécie ce retour. Avec « Vedestä Vieraantunut », le côté glacial s’accentue, le chant black est redoutable et le rythme costaud mettant en avant la face occulte. Quand le chant se fait plus clair l’effet est très fort dans un esprit Pagan atmosphérique. La demoiselle impressionne et le voyage prend aux tripes avec une grande force épique. La suite avec « Poissa » et « Maisema » est toute aussi bonne. Les ambiances se mixent à merveille. Le spectateur plonge dans cet univers et savoure autant la puissance que la mélancolie à fleur de peau. « Saattaja » a le même impact. Le chant Black de Vermilia est toujours aussi intense et en parallèle son chant clair très pur emmène le titre au plus profond des terres nordiques. Le final avec « Mustan Taivaan Morsian » et « Täälä Pohjantähden Alla » est magique avec une profondeur d’âme que chaque spectateur a ressentie. Vermilia est une artiste remarquable qui a choisi de partager un projet personnel et intimiste pour notre plus grand plaisir. Elle a les armes pour se faire un nom et on ne peut qu’être ravi d’avoir pu l’admirer dans un cadre si intimiste.

Dans la halle, le public est fourni pour accueillir Black Messiah. Depuis 30 ans, les Allemands sont un nom qui compte en matière de Folk Viking Metal. Dans l’esprit d’Equilibrium ou de Skälmöld, ils mettent leur art au service de la mythologie germanique et savent embraser le public avec un côté festif. L’intro épique donne le ton et le public réserve un bel accueil à la formation. Puis, avec « Windloni », elle envoie méchamment la sauce. C’est une déflagration à laquelle est soumis le public avec un rythme intense. La face Black est mise en avant avec le chant d’outre tombe d’un Zagan charismatique. Après cette claque, le ton se fait plus folk avec « Der Ring Mit Dem Kreuz ». Le titre est entrainant et fait son effet avec un excellent chant clair en Allemand pour un parfait mixe musical entre Pagan et Folk. « Söldnerschwein » est dans la mouvance et ravit le public avec la même emphase. Toute une âme guerrière se dégage avec un mixe entre puissance de feu et mélodies symphoniques au violon et au clavier. « Irminsul » est droit dans ce ton Pagan/Black avec la voix éraillée et un bon rythme. De nouveau le violon amène une touche qui atténue la violence. L’accueil est excellent, chacun apprécie ce parfait mélange des styles. « Mimir’s Head » se fait plus brutale avec un début abrasif avant de proposer une belle face épique. Après un « Lindisfarne » en forme de tarte Black, le concert touche à sa fin avec « Jötunheim » et « Sauflied ». Elles confirment la force du groupe pour ce mixe entre Folk et Pagan/Black avec un bel air de violon très entrainant. Le final Folk avec les chœurs du public restera un moment fort. Black Messiah a proposé une prestation puissante, vivante et accrocheuse. Il a rencontré un grand succès et s’est fait sans doute de nombreux nouveaux adeptes.

L’Abreuvoir repart dans le Folk avec les italiens d’In Vino Veritas. Les troubadours sont attendus et la salle affiche presque complet avant le début. Chacun attend de retrouver les mystères médiévaux et païens avec un groupe en tenue d’époque et masqués avec un côté italien baroque. La fête va être totale dès le début sur « Beltans ». Le public est à fond avec un joli patchwork avec des métalleux, des familles avec enfants et amateurs de Folk. On ressent l’esprit d’une époque et cela fait son effet avec notamment la vielle à roue mise en avant. L’accueil est chaleureux, le public est totalement dedans et fait un triomphe aux musiciens. La suite est aussi fiévreuse, « Serpens Mundi » est aussi profonde en âme. Les musiciens s’en donnent à cœur joie avec la flute, le bouzouki, guitare et clavier. Le plongeon en plein moyen-âge est total. On apprécie un chant médiéval parfait pour un résultat hypnotique. Ce joli succès fait chaud au cœur et la suite avec « Danzo Dell Troll » est magique en forme de voyage au cœur des vieilles légendes médiévales. La suite va être aussi intense et teintée d’un message fraternel et universelle avec un titre porté par une mélodie très agréable avec un côté attachant. La vielle à roue est au centre du propos et le résultat est parfait avec un côté noble très fort. « Gargoyle » est dans le même ton et dégage la même intensité qui transforme le concert en transe endiablée. Dans la suite « Benandanti », « Mabinogi » ou « Tempus » font le même effet sur un public ravi en communion avec les troubadours. In Vino Veritas a donné un concert chaud et sympathique. Ils ont emporté le public dans leur univers avec un enthousiasme contagieux au milieu d’une fête dont pas mal se souviendront. 

Avec Saor, nous partons vers des horizons plus noirs mais toujours ancrés au cœur de la mythologie. Nous sommes en Ecosse avec Andy Marshall qui porte son groupe depuis 2013. Il a réuni un groupe pour les concerts et mettre en vie un folk celtique atmosphérique teinté de Black Metal. On retrouve l’esprit de Winterfylleth, de Agalloch ou Primordial pour cette volonté de transmettre l’héritage des anciens. Le public est bien présent, il y a toujours la même variété loin des classiques concerts métal. Le groupe est très attendu, sa réputation est passée par là avec cette capacité à faire voyager par des longues chansons en forme de billets pour un voyage très fort. Après une introduction mystique idéale pour mettre dans l’ambiance il débute avec « Aura ». Sur un quart d’heure, chacun est entrainé dans un tourbillon incroyable. On retrouve un parfait Pagan/Folk avec des airs de violon envoutants et glaciaux, un chant plaintif venu des ténèbres et des mélodies fortes. Il s’y ajoute une puissance brute impressionnante et cela donne un résultat doté d’une âme droit venue des traditions bretonnes. La suite avec « The Awakening » se situe dans le même esprit celtique avec la facette Black en avant au travers d’un chant sombre génial. Toute une atmosphère est recréée et la suite avec chant clair, passages épiques et violon est formidable en parfait contrepoids de la puissance métallique. En deux titres Saor a montré qu’il était un maitre subtil pour mixer brutalité et mélancolie et toucher les gens. La suite avec « Monadh », puis « Forgottten Paths » va enfoncer le clou avec force. On retrouve les ingrédients qui font le charme du Pagan/Folk avec une grande majesté et des passages plus calmes mélancoliques. Le succès est au rendez vous et on ressent dans la salle un recueillement en forme de méditation. Le final avec « Tears Of A Nation » est aussi prenant avec une parfaite combinaison musicale avec ce violon beau et triste. Saor a fait fort avec un concert d’une incroyable pureté d’âme. Il a transporté son public et confirmé toute sa classe en matière de Pagan/Black atmosphérique.

Après cette tempête, le ton va s’adoucir dans l’Abreuvoir avec Rastaban. La formation belge œuvre depuis 2012 dans un Folk s’ouvrant à pas mal de cultures, du celtique au médiéval en passant par les airs traditionnels d’Europe de l’Est. Le public est encore bien massé et la salle va afficher complet. D’entrée, avec  « Rod », le ton est frais, entrainant et dansant. Tout cela fait taper du pied et la voix angélique de Marine fait merveille. Une âme s’exprime et chacun est plongé dans un autre temps, une autre dimension. « L’Aube des Dieux » est dans le même esprit avec un côté celtique délicieux, un travail mélodique remarquable et le chant en français envoutant. Avec « Mezi Horami », le groupe reprend un chant traditionnel tchèque pour un résultat habité avec une âme Folk intense. L’ambiance est excellente dans un esprit fête et la suite va amplifier la communion. « Rusalka » est un moment parfait avec un riff acoustique et un ton oriental de toute beauté. « Anadolka » est aussi belle avec un chant d’une rare pureté et une mélodie médiévale splendide. Le concert approche de son terme et le voyage va se faire encore plus fort. « Seven Seas » est un moment de dépaysement qui fait partir au-delà des mers. Il y a des mélodies fines portées par les instruments anciens avec un air de violon envoutant. « Arise » est une petite pépite avec un côté Folk intimiste mis en avant au travers de la vielle à roue. « Zora » est idéale pour achever le concert avec un côté entrainant qui ravit le public. Rastaban a donné un concert chaud et prenant. La formation a montré une grande force et une classe énorme pour réchauffer les cœurs et les âmes.

La venue de Heidevolk est un évènement, les anciens se souviennent de la venue du groupe au festival en 2007, et attendaient ce retour. La formation néerlandaise a des allures de tête d’affiche et les fans sont au rendez-vous dans une Halle qui va se remplir. En matière de Pagan/Metal teinté de Folk, le groupe est une référence  dans la lignée de Tyr, Falkenbach ou Ensiferum. Dans sa langue natale, il partage la culture de ses ancêtres à la rencontre des légendes germaniques. L’intro médiévale donne le ton et est parfaite pour instaurer une ambiance. Puis, c’est l’explosion avec « Ontwaakt ». Cet extrait du dernier album est parfait pour lancer le concert. Les deux chanteurs vont déjà chercher un public qui répond bien. Les deux sont complémentaires en alternant chant clair et Folk caverneux. Le ton Folk enjoué fait son effet et le titre fait un carton. Les hostilités sont lancées à merveille et la fête va battre son plein. Avec « Ostara », le groupe assène une autre claque. La symbiose est parfaite entre les chanteurs notamment sur un refrain parfait. Le rythme est intense et au détour d’un solo le groupe nous rappelle qu’il sait aussi faire parler la poudre heavy. Le public est au taquet et la présentation du groupe fait un carton. « Wolf In My Heart » est très plaisante avec un bon dynamisme et un côté accrocheur par un refrain épique. Quelques slams se lancent dans une salle bouillante. Après un discours en français très apprécié « Einde Der Zege » est toute aussi sympathique avec le même dynamisme et le côté Pagan/Folk entrainant. Le folk est en avant ensuite avec « Yngwaz’ Zonen ». Les chœurs sont parfaits, le public suit à fond et le passage à capella donne le frisson. Plus Heavy « Britannia » a un impact fort et met le feu avec une mélodie entrainante. Le groupe est ravi d’être là et le succès total. Tout cela est très sympathique et la deuxième partie va être aussi forte.

Heidevolk joue sur du velours avec ses fans comme s’il jouait pour des amis et cela se ressent. Les tubes vont s’enchainer. « Het Geldersch Volkslied » est un excellent moment dans cet esprit Pagan/Folk qui fait voyager loin. « Het Bier Zai Weer Vloeien » est présenté comme une chanson à boire et entre côté festif et mélancolie à fleur de peau elle fait son effet. Avec « Winter Woede », la guerre est déclarée dans la fosse. Le coté épique fait un malheur avec un chant clair pur teinté de pop. Les slameurs s’en donnent à cœur joie et cela jusqu’au fond de la salle. Très martiale, « Tiwaz » fait le même carton avec un bon côté épique, une mélodie reprise en chœur par le public et un passage folk entêtant. Le final approche et il va être une apothéose. « Sakseland » est un grand moment avec un ton viking qui met du vent dans les cheveux. « Vulgaris Magistralis » est le grand moment attendu des fans. Avec son début à cappella et ses chœurs repris avec force, il fait un énorme carton en forme de communion totale. Avec « Nehalennia », le concert se termine parfaitement. Entre son début heavy, son côté pagan à fleur de peau et un refrain épique, il est un dernier grand moment qui achève le public. Heidevolk a proposé un concert fort en âme, un de ceux qui font voyager loin et dont on se souvient longtemps. Il a clairement été un des très grands moments de ce week-end pour un public qui a tout donné.

Dans l’Abreuvoir, le final de la journée est aussi très attendu avec Anomalie. Fondée à l’initiative de Marrok membre d’Harakiri For The Sky, la formation autrichienne œuvre depuis 2011 dans un Post/Black fort en âme et en spiritualité. Ce côté méditation s’inscrit en plein dans la philosophie d’un festival qui aime faire travailler les esprits. L’ambiance est recueillie. L’odeur de l’encens se fait forte et l’absence de lumière amène une ambiance un peu glaciale mais attirante. Cela va donner un concert d’une rare intensité, un de ceux qui vous attrapent aux tripes, fort, entier et prenant. Avec « Towards The Sun » le ton est donné. Il est d’une rare intensité avec le côté Black qui ne fait pas de quartiers. La voix hypnotique de Marrok amène le côté Post, et chacun est entrainé dans les ténèbres. L’accueil est excellent et la suite avec « Temples » est toute aussi forte. Niveau chant on apprécie outre le côté nerveux un chant clair profond. La brutalité Black est là, et la claque fait mal. Tout cela est fort en âme, quelque chose de mystique se dégage dans une salle plongée hors du temps. Avec « Rebirth », le plongeon est encore plus fort. Le début calme et lancinant du titre est effrayant et attirant dans un pur esprit Post/Black. Puis, le démarrage fait mal avec une force brute énorme et un chant d’une hargne rare. Le final avec un chant clair très occulte, chœurs et piano achevant un titre très fort. La deuxième partie ne va pas baisser en intensité. « Illumination » est toute aussi lugubre en forme de cri venant droit de l’âme et de l’esprit d’un Marrok habité par son art. Derrière l’enchainement entre « Aurora » et « The Wanderer » est impressionnant avec ce mélange de force brute et de passages à fleur de peau glaçants. « Deliverance » s’invite pour finir le concert de la meilleure des manières avec un début aérien, une montée en puissance redoutable et ces moments d’émotions intenses. Anomalie a donné une prestation d’une rare force. Marrok et ses compagnons de jeu ont été à la hauteur d’un genre exigeant. Ils ont confirmé que le groupe était un des grands d’un genre où notre pays fait figure de leader.

La journée a été bien remplie, mais il reste un dernier gros morceau. Unleashed œuvre depuis plus de 30 ans aux côtés de Dismember, Grave ou Entombed dans un Death purement suédois avec une hargne et une rage jamais démenties. Certes, le lien avec le Pagan est léger, juste les thèmes nordiques du groupe pouvant le rattacher au genre. Et, il n’aura pas l’affluence de ses compères de la journée. La fatigue a fait son œuvre et seuls restent au rendez-vous les fans d’un son indémodable. Les résistants ont eu raison de rester tant le groupe va balancer une de ces prestations dont on se souvient avec une énergie de jeune homme. Après l’intro épique et grandiloquente typique et qui chauffe les premiers rangs le groupe lance les hostilités avec l’énorme « Dead Forever ». Trente ans après sa création le titre demeure un monument de death à la suédoise avec une brutalité délicieuse, un chant guttural parfait et le petit groove typique. Après ce superbe début, Johnny Heldund, en leader charismatique, demande au public s’il est prêt et après une réponse rageuse on retrouve un énorme « Don’t Want To Be Born ». Porté par un son énorme, le titre est une tarte en pleine gueule dans lequel on savoure des mélodies très fortes. « Lead Us Into War » est toute aussi sauvage, le groupe est en pleine forme et balance la sauce avec maitrise. La visite de sa riche carrière continue avec « Longships Are Coming ». Dotée du même « groove » typique, elle fait toute aussi mal et rencontre un accueil chaleureux. Après un speech sympa, le groupe enfonce le clou avec « Black Horizon » et confirme qu’il reste un des patrons du genre avec cette tartine très bien beurrée. 

Unleashed donne la leçon et celle-ci va continuer de plus belle avec « They Came To Die ». Porté par un rythme de dingue il est une claque de plus avec toujours ces mélodies typiquement suédoises qui font la différence. La présentation des musiciens est  faite dans une belle ambiance. Puis avec « Stand Your Ground », puis « Hammer Battalion », le groupe écrase son public avec une envie énorme d’en découdre. « Midvinterbolt » est toute aussi efficace puis Johnny évoque les 30 ans du groupe avant de revenir sur les débuts glorieux avec « The Dark One ». Pur concentré de violence le titre fait des ravages sur un public déterminé à en découdre. Derrière « Exectute Them All » porte parfaitement son nom avant que ‘The Hunt For White Christ’ ne prouve la forme actuelle du groupe. Ce titre du dernier album en date étant une claque portée par un refrain énorme. Le final se fait sur ‘Into Glory Ride’, ce classique met le feu à la fosse de manière énorme. Le groupe est ravi de l’accueil et alors que le concert semblait devoir se terminer trois rappels vont achever cette prestation en forme de joli cadeaux faits aux fans.  Le groupe balance de sacrés classique avec d’abord ‘Death Metal Victory’, hymne parfait qui fait un carton. ‘The Immortals’ est tout aussi bien accueillie puis ‘Before The Creation Of Time’ revient une dernière fois sur le très culte premier album du groupe. Toute aussi puissante la chanson est parfaite pour finir le concert. Les absents ont eu bien tort de ne pas rester pour assister à la cérémonie death métal proposée par Unleashed. Le groupe suédois a prouvé qu’il demeurait un maître du genre sur lequel les années n’ont aucune prise. Il finit en beauté une sacrée belle première journée, le public repartant assez fourbu mais impatient de remettre ça avec une deuxième journée s’annonçant encore plus brulante.

A propos de l'auteur

Axl

Rédacteur en chef d'Heretik Magazine

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