La scène Thrash Metal hexagonale peut désormais compter une formation prometteuse. Celle-ci nous vient peut-être de Tours, mais c’est bien à la bonne sauce Crossover/Hardcore américaine qu’elle a été mangée. Cette formation, c’est Verbal Razors ! Entre nouvelle parution, évolution de line-up, écologie et Warzone, Heretik Magazine s’est entretenue avec la formation… 

Propos de Simon (chant) et de Mathieu (guitare, backing-vocals) recueillis par Thomas Deffrasnes


Je pense qu’une petite présentation ne sera pas de tout refus ! 

Simon : Salut ! Nous sommes un groupe de Thrash/Crossover originaire de Tours. Le groupe s’est formé en 2009 autour de Pierrot (ex-batterie) et Mathieu (guitare) qui se connaissent depuis très longtemps. Rapidement, j’intègre le groupe, ainsi que Marc (ex-basse). Nous avions tous en goûts en commun comme Suicidal Tendencies, Nuclear Assault, S.O.D., D.R.I…. Nous avons très vite publié un premier EP, Settling Of Scores, puis donné des concerts en France et en Italie dans la foulée. C’était un peu l’idée de base, ne pas rester enfermés dans un local de répète, mais donner un maximum de concerts. Suite à ça, nous avons marqué une « pause » lorsque j’ai décidé de rejoindre à nouveau mon ancien groupe, Nine Eleven. Mais, on a relancé le groupe de manière plus intense à partir de 2013 et enregistré notre premier album Verbal Razors en 2014. 

Le nom du groupe est emprunté à un titre d’Exodus, tiré de l’album Fabulous Disaster… C’est Exodus, qui vous a poussés à monter Verbal Razors ?

Simon : Exodus fait évidemment partie des grosses influences du groupe, après, de là à dire qu’il n’y a que ce groupe qui nous a poussés à monter le groupe serait réducteur… Nous avons des influences diverses tout en ayant plein de goûts en commun. Après, pour ce qui est de la formation du groupe, il n’y a pas que les côtés musical et esthétique qui sont rentrés en jeu. C’est surtout que nous sommes de super-potes qui ont envie de jouer ensemble, de partager des choses ensemble et avec d’autres gens, activistes ou non. 

Mathieu : Oui, l’humain est le facteur #1 quand tu te lances dans ce genre d’aventure. Si tu peux pas supporter le comportement des autres membres de ton groupe, ça devient vite compliqué de partir trois semaines en tournée. Et pour revenir à Exodus, je ne vais pas te cacher d’être fan du jeu de Gary Holt et Rick Hunolt. Il y a, je trouve, quelque chose qu’on ne retrouve que chez eux dans la manière de riffer, une approche très Rock’n’Roll du Thrash. Et leur grande force, c’est qu’après un super riff, il y a encore un super riff ! J’avoue que c’est comme ça que j’essaie de composer… 

… On vous rapproche également souvent à « Municipal Waste ».

Simon : Oui, effectivement la remarque nous est faite régulièrement. Ce qui n’est pas déplaisant, mais assez marrant, car Mathieu (guitare) a découvert Municipal Waste bien après le début de Verbal Razors. Le chant « scandé » sur des riffs de « Thrash » forcément ça fait penser à Municipal Waste. Je pense que c’est parce que Municipal Waste et nous sommes à peu près de la même génération. Mais D.R.I., S.O.D., Attitude Adjustment faisaient déjà ça dans les années 80. Mathieu et Vincent sont de gros fan de Black Sabbath, de Heavy Metal, Hard Rock, Thrash. Antoine et moi venons plus du Punk, Hardcore, en tout cas dans la manière de jouer. Après, on écoute aussi du Metal, mais en cachette (rires). 

Peut-on dire que Misleading Innocence, votre deuxième album, vous a ouvert des portes ? 

Simon : Nous avons pas mal tourné pour le défendre. Nous sommes allés en France, Italie, Allemagne, Belgique, Luxembourg, République-Tchèque. Je ne sais pas si cet album nous a ouvert plus de portes que le premier. Peut-être qu’il est mieux produit que le premier, je ne sais pas. Les groupes, de manière générale, ont peut-être plus de crédibilité avec un son plus « actuel ». 

Mathieu : C’est vrai que suite à la sortie de ce disque nous avons fait plusieurs gros festivals : Hellfest, Motocultor pour les plus connus de la scène Metal… Considérons ça comme des portes si on veut ! Mais globalement, on fait toujours les choses de la même façon dans le groupe, avec un réseau toujours aussi indépendant. Plus le temps passe et moins nous peinons pour aller jouer un peu partout. Les années à tourner finissent par payer ! C’est surtout les concerts, les tournées qu’on met en place et l’énergie que l’on déploie à défendre nos disques chaque soir qui font la notoriété du groupe. 

Vous vous apprêtez à sortir By Thunder and Lightning… Il sortira via Deadlight Entertainment. Comment avez-vous rencontré Alex, son label manager ? 

Simon : Sur les réseaux sociaux via Yoann le Nevé, le programmateur du Hellfest. Le connaissant depuis un moment, il nous a donné un bon coup de main et donné des idées de labels, donc Deadlight Entertainment. On lui a envoyé l’album, il a répondu 35 minutes après « juste le temps d’écouter l’album » (rires), et nous a dit qu’il était partant. La signature la plus rapide de l’histoire du Thrash ! 

Cet album sonne très « live ». Comment l’expliquer ? 

Simon : Tu veux dire par là qu’il y a des pains ? (Rires) Ce rendu et ce sentiment de « live » sont sûrement dûes au fait qu’on ne joue pas au clic, que l’on a décidé de garder un son Rock’n’Roll, et assez brut de manière générale, que ce soit dans la batterie, guitare, basse ou même voix. 

Mathieu : Oui, et de toutes façons, on ne sait pas jouer au clic… Mais c’est un vrai choix de faire comme ça en studio, que l’enregistrement sonne le plus live possible. Le studio sert à figer les choses à un instant-T après des semaines de répétitions. Mais on doit surtout être capable de refaire tout ça en live. D’où le choix de ne pas se compliquer les tâches en studio . Il faut trouver le bon compromis entre le soin apporté à la production pour proposer un disque agréable à écouter et la capacité de chacun à rejouer tout ça en live. 

« C’est surtout les concerts, les tournées qu’on met en place et l’énergie que l’on déploie à défendre nos disques chaque soir qui font la notoriété du groupe. « 

By Thunder and Lightning a pour vocation de retourner le pit. Rien qu’à l’écoute de l’album, ça sent le « mosh » à plein nez ! Selon vous, quels titres se présentent déjà comme des incontournables de votre prochaine setlist ? 

Simon : La setlist des concerts à venir tournera en grande partie autour de By Thunder and Lightning. Comme beaucoup de groupes, on peut se lasser des anciens titres. On a fait beaucoup de concerts avec les deux premiers albums… Mais surtout, By Thunder and Lightning est le premier album avec Antoine à la batterie ! On a bossé ce dernier album ensemble, il sera enfin en mesure de jouer sur scène ce qu’on a composé ensemble. Pour l’instant, on l’a peu joué, la tournée et les release ont été annulées pour les raisons qu’on connaît tous… Mais, on a hâte d’aller le défendre et d’observer les réactions des gens. Réponse complète bientôt, donc ! 

Est-ce que tu peux revenir sur l’intégration d’Antoine à la batterie ? 

Mathieu : On cherchait donc un nouveau batteur, et Antoine que l’on connaissait un peu nous a envoyé un message pour essayer. C’était bouclé en 2 titres cette « audition » ! On a adoré tout de suite son style. Très différent de l’ancien batteur au jeu plus Heavy, certes, mais on ne cherchait pas un clone. On cherchait quelqu’un avec un quelque chose, une personnalité dans le jeu. Et plus, il était dispo pour aller jouer partout, partir en tournée etc. Il joue déjà dans Heavy Heart, groupe de Pop Punk de Nantes, eux-aussi tournent beaucoup, donc la vie d’un groupe, il connaît. 

Simon : Antoine a aussi beaucoup apporté dans la composition, dans tout ce qui est mise en place et rythmique. Il a également beaucoup apporté dans le « son » – le réglage des amplis entre autres… Il a aussi masterisé ce dernier album. 

L’artwork semble une fois encore sort des sentiers battus des pochettes Thrash…

Mathieu : D’abord, un énorme merci à Jérôme Brizard qui a réalisé cette illustration, on ne peut que vous conseiller d’aller voir son travail ! Les textes de l’album abordent plusieurs thèmes, mais l’écologie, le triste constat de l’état de la planète, la surconsommation et tout ce qui s’ensuit apparaissent à plusieurs reprises. Ces thèmes se sont donc imposés naturellement quand on a réfléchi à l’artwork. Plus précisément, cette pochette illustre les titres « Trash » et « Laser ». Elle raconte l’histoire d’un éboueur qui, chaque jour, voit nos déchets s’accumuler, et lui a cette perspective que ça finira par nous péter à la gueule, et ça le fait bien marrer. Il se transforme donc en une sorte de Dr. Frankenstein dans sa décharge, et donne naissance à ce monstre que nous construisons en fait avec lui chaque jour. 

Tout à l’heure, vous m’aviez évoqué ce passage au Hellfest en 2017. Est-ce que vous vous pouvez développer sur cette expérience ? 

Mathieu : C’est vraiment impressionnant, car on est habitués à des cafés-concerts, des clubs avec 200/300 personnes, et là ils sont des milliers ! Tu t’installes sur cette scène immense, tu réalises que les autres sont hyper loin de toi par rapport à d’habitude, que des dizaines de techniciens sont là pour toi. Tu stresses, tu joues, ça passe à une vitesse folle, tu sors de scène et t’as envie de revenir. Mais, tu t’aperçois aussi que ça ne s’improvise pas de telles scènes ! Que pour y être, il faut bosser et s’y préparer. Quand tu es habitué à une proximité directe avec le public, et que là les gens sont très loin de toi, ce n’est pas simple d’aller les chercher. Évidemment quand ton groupe est déjà connu, les gens sont là pour toi. Le public est déjà conquis et connaît tes chansons. Pour nous, il faut y aller, quoi ! Malgré le très bon moment passé ce jour-là, ça reste un exercice très difficile. 

Simon : Et, on peut aussi dire que nous avons eu la palme du groupe avec le camion le plus petit et pourri ! (Rires) C’était assez fou et impressionnant de jouer devant autant de monde et d’avoir nos tronches sur écrans géants. 

Contenu de la situation actuelle, votre tournée est remise en question et votre date du 2 Avril à la Brat Cave (Lille) annulée…

Simon : Alors, pour ma part, le 2 Avril je serai en train de regarder « Rick et Morty » sur Netflix. (Rires)

Mathieu : Ben oui, la tournée a été annulée comme on disait plus haut, mais on va recaler tout ça dès qu’on peut !


 Verbal Razors, c’est :

Mathieu Degreff : Guitare

Simon : Chant

Vincent : Basse

Antoine : Batterie 

Discographie : 

Settling Of Scores (EP-2009)

Verbal Razors (2014)

Misleading Innocence (2016)

By Thunder And Lightning (2020)

A propos de l'auteur

Axl

Rédacteur en chef d'Heretik Magazine

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