Bobby « Blitz », Mike Portnoy, Mark Menghi, Phil Demmel : quatre têtes déjà bien connues de la scène des musiques extrêmes. Quatre têtes pour quatre lettres pour une nouvelle formation, BPMD, n’ayant à priori que pour seule vocation de rendre hommage à la scène Rock américaine ! Résultat, un premier opus de reprises bien sympathique… L’occasion pour nous (et pour vous) de redécouvrir quelques classiques du Rock’n’Roll, ici mis à la sauce « Thrash » dans ce American Made ! 

Propos de Mark Menghi (basse) et Phil Demmel (guitare) recueillis par Axl Meu


Comment vivez-vous cette quarantaine ? Est-ce que ce virus va avoir un impact sur BPMD ? 

Mark Menghi : Pas seulement notre projet, mais tous les groupes, tous les musiciens, tous les clubs, tous les promoteurs. Tout le monde sera touché… 

Est-ce que tu peux revenir sur ce projet, BPMD ? Qui a eu cette idée ? 

Eh bien, je suis arrivé avec cette idée l’été dernier. Je m’amusais, j’étais en train de boire une bonne bière en écoutant du Lynyrd Skynyrd, et mon fils m’a alors proposé de reprendre cette musique, « Saturday Night Special ». Je l’ai fait, puis j’en ai parlé à quelques-uns de mes potes, notamment Bobby (Blitz, ndlr). Il a écouté ma version, il a adoré, puis il a contacté d’autres potes, Mike (Portnoy, batterie, ndlr), Phil (Demmel, guitare, ndlr). Quelques semaines après, on s’est enfermé chez Mike et nous avons mis en boîte cet album, American Made

Le projet ne se consacre-t-il qu’à la reprise ou allez-vous commencer à écrire des morceaux par la suite ? 

Phil Demmel : Pour le moment, nous reprenons des morceaux que nous aimons. Il faut dire que nous avons d’autres projets où là nous pouvons composer… Puis, sur le plan géographique, nous sommes quand même assez éloignés les uns des autres. En ce qui me concerne, j’habite sur la côte Ouest, donc ce n’est pas évident pour se voir… ! Cela dit, je ne peux pas trop m’avancer : c’est une histoire d’amitié et je suis ouvert à toutes propositions. Donc, ça reste à voir ! 

Mark : Nous sommes, en effet, impliqués dans d’autres projets. Et pour ce qui est de BPMD, on compte publier d’autres albums de reprises. Enfin, si on est amené à se revoir, oui ou non. Et c’est pas gagné avec ce fichu confinement ! (Rires) Cela dit, oui, nous avons déjà été amenés à composer par le passé, avec Bobby, Phil, qui sont déjà apparus sur Metal Allegiance, projet que je tiens avec Mike. On se connaît déjà bien ! 

Sur American Made, vous avez décidé de reprendre un paquet de standards du Rock’n’Roll américain…

En fait, quand nous avons commencé à plancher sur le sujet, nous nous sommes dit qu’il serait bien de sélectionner chacun deux morceaux : ses préférés… Ensuite, on s’est finalement accordé sur deux derniers titres pour un total de dix reprises. Donc, nous avions déjà, plus ou moins, une idée précise de ce que nous voulions faire : un accordage particulier, différentes tonalité. Personnellement, j’ai sélectionné le titre de Lynyrd Skynyrd et celui de ZZ Top

N’était-ce pas trop difficile de ne pas trahir les originaux ? 

Non, je ne dirais pas que c’était difficile… On a essayé d’y apporter nos touches personnelles en fonction de nos influences. Par exemple, Phil a choisi « Tattoo Vampire » des Blue Öyster Cult. Personnellement, je n’avais jamais écouté ce titre avant. Et finalement, Phil a proposé ses propres arrangements. Ça a quand même pris du temps, car il nous a fallu ré-imaginer tout ce répertoire. 

Mark, toi-même, tu nous avoues avoir découvert certaines chansons. Penses-tu que cet album de reprises amènera certaines personnes à découvrir, même à redécouvrir, ces classiques ? 

Oui ! Je pense ! Il y a certaines pistes qui sortent de l’ordinaire, des chansons qu’on avait pas vraiment l’habitude d’entendre, notamment « Evil » de Cactus. Et oui, tous ceux qui nous ont découverts par le biais de nos projets respectifs, Metal Allegiance, Vio-Lence, tous ceux qui écoutent du Thrash Metal, vont certainement découvrir un tas de nouveaux groupes. Personnellement, j’ai été surpris d’apprendre que les Européens ne connaissaient pas The James Gang alors que c’est l’une des formations dans laquelle a évolué John Walsh, surtout connu pour son implication au sein des Eagles

Avez-vous déjà pensé aux titres que vous allez reprendre pour le prochain albums ? Comptez-vous vous resteindre à un répertoire strictement américain ? 

Phil : Eh bien, nous en avons déjà parlé ensemble. Et il se pourrait que l’on reprenne des classiques issus du Rock britannique par la suite. Ça ferait clairement sens : Queen, Deep Purple, Black Sabbath… Il y en a tellement ! Il y a vraiment de quoi faire ! (Rires) 

(Crédit photo : Scott Diussa)

« Il n’y a personne de plus américain que Ted Nugent ! »

Sur American Made, vous rendez donc hommage à vos origines, à la scène américaine. Selon vous, parmi les groupes que vous avez repris, quel musicien américain incarne le mieux l’idéal « Rock’n’Roll » ?

Phil : Pour ce qui est du Rock’n’Roll, je dirais plutôt Ted Nugent. D’ailleurs, il n’y a personne de plus américain que Ted Nugent ! (Rires)

Mark : Pour ma part, je dirais ZZ Top. « Beer Drinkers & Hell Raisers » fait partie de mes titres préférés. J’adore aussi Aerosmith… Je veux dire : le type de groupes qui s’est forgé tout seul, et à mes yeux, l’une des formations les plus Rock’n’Roll qui soit ! 

Phil, dirais-tu que, toi-même, tu t’es inspiré par Ted Nugent pour ta manière de jouer ? Je veux dire, vos styles de jeu sont sensiblement différents, mais, écoutais-tu déjà Ted Nugent quand tu t’es mis à la guitare ? 

Phil : Oui ! J’écoutais souvent Ted Nugent à la fin des années 70 et au début des années 80. Je ne sais pas s’il a eu un quelconque impact sur ma manière de jouer, mais il a été important dans mon éducation musicale. Par la suite, Metallica et Slayer sont arrivés, et c’est à ce moment-là que je me suis mis au Thrash Metal. Après, notre jeu est totalement différent, celui de Ted Nugent est super clean… Et je peux te dire que le mien était loin d’être propre à l’époque ! (Rires) Ce n’était vraiment pas facile pour moi de me rapprocher du talent de Ted Nugent. Joe Perry, c’était différent, lui, il avait un jeu très dégueulasse ! 

Phil, tu es revenu sur le devant de la scène avec Vio-Lence ces derniers mois. Peux-tu me dire si prévoyez de sortir un nouvel opus ? 

C’est dans les papiers, oui ! Nous sommes actuellement en train de plancher sur la structure des morceaux, et vraiment, nous sommes impatients que ça voie le jour ! Sean (Killian, chant, ndlr) me pousse vraiment pour que je donne le meilleur de moi-même. Certes, ça sortira quand ça sortira, mais on essaie toujours de se voir au moins une fois par semaine, enfin, on essayait… 

Mark, même question pour Metal Allegiance. Prévoyez-vous de sortir un nouvel opus ? 

Mark : Oui, j’ai commencé à écrire quelques morceau chez moi, et j’ai prévu de me rencarder avec Alex (Skolnick, guitare, Testament, ndlr) pour faire le point de sorte à voir où tout cela va nous conduire. En tout cas, je compose les structures, les paroles. Je m’assoie avec ma basse, et je vois. En tout cas, oui, il y aura bel et bien un troisième opus appelé à voir le jour avec Metal Alliegiance

Puisque BPMD est une formation uniquement constituée de têtes connues déjà impliquées dans d’autres projets, ne sera-t-il pas trop difficile de prendre la route pour défendre American Made ? 

Non… De toutes manières, il n’est pas prévu que nous partions en tournée avec BPMD. Seulement de donner quelques dates ici et là dans le cadre de festivals, ici aux States ou en Europe. Nous avions quelques plans pour cette année, mais puisque nous sommes tous paralysés à cause de ce satané virus, il est possible que tout soit reconduit à l’année prochaine. Une fois cette galère derrière nous, on pourra à nouveau vaquer à nos occupations scéniques ! 

Cette semaine, le nouveau documentaire portant sur la scène Thrash, Murder In The Front Row, sera enfin disponible en streaming. L’avez-vous vu ? 

Oui ! D’ailleurs, hier, ça faisait un an, jour pour jour, que la ‘’première’’ était diffusée. J’y étais, et je suis toujours en contact avec Adam Dubin, le réalisateur du film. Et vraiment, je lui en suis très reconnaissant pour tout ce qu’il a fait pour la scène. J’adore tous les groupes de la Bay-Area : Vio-lence, Exodus, Testament, Metallica… Et même si j’habite à des kilomètres de la baie de San Francisco, j’ai l’impression de faire partie de la même famille !

Dernière question : que diriez-vous à un type souhaitant écouter le premier album de BPMD dans les meilleures conditions possibles ? 

De se faire un griller une clope, de décapsuler une bière et de prendre du bon temps. (Rires) D’ailleurs, c’est de là qu’est venu le projet. Prendre du bon temps, c’est tout. Et vu la conjoncture actuelle, je pense que c’est plutôt bienvenu ! En tout cas, ceux qui écouteront American Made se rendront compte que nous avons pris beaucoup de plaisir à le mettre en boite ! Il dégage vraiment une bonne « vibe » !


BPMD, c’est : 

Bobby « Blitz » : Chant

Mike Portnoy : Batterie

Mark Menghi : Basse

Phil Demmel : Guitare

Discographie : 

American Made (2020)

A propos de l'auteur

Axl

Rédacteur en chef d'Heretik Magazine

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