Superband de nature, One Life All-In n’a rien d’une formation de Hardcore ordinaire. En effet, composée de vétérans de la scène lyonnaise, d’un Américain et du batteur de renom, Kevin Foley, tout laisse à croire qu’elle n’aura pas trop de mal à s’implanter dans le décor. Il faut dire que, en plus d’avoir le bagage pour, la formation nous est revenue avec un deuxième EP, Letter Of Forgiveness, bien sympathique…

Propos de Clem (guitare) recueillis par Axl Meu


Je pense qu’une petite présentation s’impose d’elle-même. 

Je suis Clément, membre fondateur de One Life All-In avec Franco (bassiste, ndlr). Le groupe a vu le jour courant 2015/2016 à l’époque où nous venions de mettre en boite le dernier opus de Seekers Of The Truth, formation de Hardcore Old-School. Franco avait déjà composé d’autres morceaux que je croyais réservés pour Seekers Of The Truth. Finalement, non. Il était déjà dans l’optique de monter un nouveau projet. On avait donc déjà deux morceaux. Par la suite, on a été amenés à parler plus en profondeur du projet, et c’est à ce moment-là que nous avons commencé à évoquer la question du chant et de la batterie. Et puisque nous connaissions déjà Don de The Spudmonsters pour avoir partagé l’affiche avec son groupe, que nous écoutons depuis notre adolescence, nous lui avons demandé s’il était intéressé par l’idée de poser sa voix sur les morceaux. Il a accepté ! Puis, par la suite, nous avons contacté Kevin Foley, connu pour avoir été le batteur de Benighted et avoir assuré l’intérim pour Sepultura, Abbath… Il évolue dans le même milieu que le nôtre, et il se trouve que le projet l’a branché ! 

Le fait que Don Foose réside aux États-Unis ne vous empêchera-t-il pas de fouler la scène ? 

Pour ce qui est des répétitions, il est vrai que ce n’est pas évident. Donc, on travaille tous de notre côté par échanges de mails. Pour la composition, c’est pareil, on s’envoie principalement des fichiers depuis chez nous. Puis, une fois que Don a posé sa voix par-dessus nos compositions, on envoie l’ensemble à Kevin pour qu’il enregistre sa batterie. Quant aux concerts, Don travaille depuis chez lui et répète même dans sa voiture avec les MP3 qu’on lui a envoyés. Pour nous autres, c’est plus facile puisque l’on vit sur Lyon. On répète ensemble, et une fois qu’on estime être prêts, on appelle Kevin.

J’imagine que vous êtes appelés à sélectionner vos dates pour être le plus efficaces, vous qui vous êtes déjà produit aux côtés de Sick Of It All. Jouez-vous toutefois dans des bars-concerts ? 

Il est clair que l’on aimerait beaucoup se produire régulièrement aux côtés de pointures comme Sick Of It All. Néanmoins, on ne renie aucune scène. Grandes, petites, tout nous convient. Pour être le plus efficaces, nous essayons de centraliser toutes nos dates pour une période définie, car ce serait trop désavantageux de ne faire venir Don que pour une seule date. Il faut que l’on parvienne à faire rentabiliser son billet d’avion ! Néanmoins, on reste ouverts à toutes propositions. On est loin d’être sélectifs.

On va revenir sur votre deuxième EP, Letter Of Forgiveness. Pourquoi pouvons-nous dire qu’il constitue une nouvelle étape pour One Life All-In ? 

Car nous avons changé notre manière de procéder, notamment pour ce qui est des compositions. Franco avait déjà tout préparé pour le premier EP, The A7 Session, il était plus rigide dans ses idées. Désormais, on est appelé à composer ensemble, car nous sommes partis de rien pour ce deuxième EP. Finalement, il y avait plus de place pour tout le monde sur ce nouvel opus, notamment pour moi, au niveau des guitares. J’ai pu y proposer des idées plus mélodiques, et d’autres arrangements. Voilà la principale évolution pour le groupe. Au début, One Life All-In était plus le projet de Franco. Désormais, c’est un vraiment groupe à part entière dans le sens où chacun a pu apporter sa patte. 

« On ne renie aucune scène. Grandes, petites, tout nous convient »

Sur ce nouvel EP, on retrouvera un côté plus mélodique dans les guitares.

C’est vrai que j’ai un faible pour les mélodies. C’est vraiment quelque chose auquel je suis plus réceptif… J’écoute vraiment beaucoup de musique dans la vie de tous les jours, Grindcore, Death, Hardcore, et beaucoup de Punk, du moins, j’en ai beaucoup écouté quand j’étais jeune. Je pense que ça vient de là ! Après, il y a des groupes de Hardcore modernes qui ajoutent des parties très mélodiques à leur musique. 

Sur cet EP, on y retrouve une reprise de The Cult : « 83rd Dream ».

C’est une demande de Don. Il aime beaucoup ce titre. Personnellement, j’avoue que je ne le connaissais pas. En tout cas, reprendre des morceaux, c’est vraiment une activité à laquelle nous sommes habitués au sein du groupe. On en enregistre beaucoup, ça nous permet de nous entraîner et de rester en contact. Don a proposé ce morceau, on l’a enregistré, on l’a aimé, on l’a gardé ! Et confinement oblige, on a été amenés à faire beaucoup de reprises, des reprises qu’on n’utilisera certainement jamais d’ailleurs ! On l’a vraiment fait pour nous, on a repris du Anthrax, du Green Day, du Faith No More… 

L’imagerie de One Life All-In est américaine. Ça se voit notamment sur vos logos et vos pochettes. Est-ce parce que Don est américain ? 

Pour le coup, ce n’est pas volontaire… C’est peut-être à cause de nos influences. Je ne sais pas, peut-être que ça vient de là ! En tout cas, la pochette de Letter Of Forgiveness a été réalisée par Dave Quiggle, tatoueur américain, qui a notamment travaillé avec les Foo Fighters et les Comeback Kids !

Vous avez déjà sorti quatre clips ! Est-ce que c’est un format que vous allez développer davantage par la suite ? 

Oui, vraiment. Aujourd’hui, une formation est appelée à réaliser le maximum de clips. Tout simplement, car il est tellement difficile de sortir du lot de nos jours ! Si une formation n’a pas de clips, il est possible qu’elle passe inaperçue. En tout cas, c’est un exercice que nous aimons bien mettre en application : ça nous permet de nous retrouver, tous ensemble, surtout que l’on a des emplois du temps pas toujours compatibles. D’ailleurs, aujourd’hui, on va sortir un nouveau clip pour la sortie de l’EP : il illustrera le morceau « Hey Man ! ». 

J’imagine que la prochaine étape sera celle de l’album ! Avez-vous déjà des idées ? 

Oui, oui ! On avait prévu d’enregistrer l’album à la fin de l’année, mais la situation actuelle a fait que tous les groupes qui devaient enregistrer en ce moment ont dû repousser leur passage en studio. Du coup, il est impossible de savoir pour le moment quand les créneaux se libéreront. Pour le moment, nous avons déjà sept morceaux de prêts. Et on fait en sorte de ne garder que le meilleur de nos idées !

Comment la scène lyonnaise se porte-t-elle en ce moment ? 

Eh bien, il y a toujours de groupes de Hardcore, moins qu’à une certaine époque, mais il y en a encore. Beaucoup de concerts se tenaient encore en début d’année, et on a la chance d’avoir une association particulièrement active dans le milieu Hardcore à Lyon, « Lyon Hardcore ». Normalement, Get The Shot devait passer dans le coin, mais ça a été annulé. Puis, d’autres organismes plus généralistes se démènent pour faire vivre la scène, je pense surtout à Sounds Like Hell Productions qui fait un travail remarquable. Dans le coin, on a aussi le Sylak Open Air qui, malheureusement, a dû repousser le lancement de ses hostilités d’un an à cause du COVID-19…

Grâce à Kevin Foley, vous avez la chance d’être accompagnés par des marques, comme Hyraw Clothing. 

Pour le coup, oui, c’est surtout Kevin qui apporte tout ça. Ce n’est pas trop mon truc. Et c’est claire que ça nous fait gagner en visibilité ! 

Quel est le projet de One Life All-In à long terme ? 

Continuer, consolider notre présence sur scène, sortir le premier album… Pour le moment, on essaie de reporter nos dates actuelles pour novembre, mais c’est plutôt mal parti pour le moment. Tout semble déjà saturé… Donc, on va essayer de se produire au printemps prochain et nous concentrer sur l’album ! 


One Life All-In, c’est : 

Don Foose : chant 

Clem : guitares 

Franco : basse 

Kevin Foley : batterie 

Discographie : 

The A7 Session (EP – 2017)

Letter Of Forgiveness (EP – 2020)

A propos de l'auteur

Rédacteur en chef d'Heretik Magazine

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