Les apparences sont parfois trompeuses… En effet, derrière ce patronyme assez « cliché » – Vampire – se cache une formation de Black/Thrash, dont l’objectif principal est de renouer avec la forme la plus pure du Metal : celle qui ne jure que par le riff, l’authentique, le vrai, pas loin des sentiers amorcés par Mercyful Fate… À quelques jours de la sortie de son troisième album, Rex, son guitariste et alchimiste, Black String, s’est confié à nous.

Propos de Black String (guitare) recueillis Axl Meu


Est-ce que tu peux me présenter le groupe et revenir par la même occasion sur les surnoms que vous vous êtes tous attribués. 

Tout a commencé en 2011 quand le chanteur – qui à l’époque officiait aussi à la batterie – et moi-même avons décidé de nous lancer dans un nouveau projet plutôt typé « Black/Thrash Metal ». Et puisque que nous ne voulions en aucun cas que les gens fassent le rapprochement entre ces vieux projets et Vampire, nous avons décidé de nous attribuer des surnoms un peu débiles, comme « Hand Of Doom » parce qu’il était le batteur du groupe à l’époque et Black String pour moi, puisque je suis le guitariste. 

Comme tu me disais plus tôt, Vampire a pour vocation de renouer avec la forme la plus pure du Black/Thrash. Pourquoi une telle entreprise ? 

Eh bien, je dois dire que c’est sans doute le style de musique que j’apprécie le plus. Je l’écoute depuis que je suis adolescent… Par la suite, elle a pris un coup de vieux et c’est à partir de ce moment-là qu’elle a été qualifiée d’« old-school ». Puis, d’autres groupes sont arrivés avec une vision plus moderne du Black Metal. Néanmoins, je n’ai jamais trop prêté attention à ces nouveaux groupes, car je voulais – et je veux – sonner comme dans les années 90. Peut-être est-ce par nostalgie ? 

Abordons à présent le sujet de votre troisième opus : il s’intitule Rex. Qu’apporte-t-il de nouveau par rapport aux deux albums qui le précèdent, à savoir Vampire et With Primeval Force ? 

Je dirais que Rex est la fusion de nos deux premiers albums. Quand Vampire était plutôt direct avec des morceaux aux structures plutôt typées « Pop », notre deuxième album, lui, proposait des idées plus atmosphériques… Et je pense sincèrement que Rex, en plus d’être une bonne synthèse de nos deux premiers albums, est une bonne porte d’entrée au groupe. 

À l’instar de Vampire et de With Primeval Force, Rex jouit d’une production très crue. Comment avez-vous procédé pour l’enregistrement ? Avez-vous utilisé des supports analogiques pour arriver à vos fins ? 

Non, non, nous avons utilisé des procédés technologiques actuels… Tout simplement, car ce n’est facile d’enregistrer à partir de simples bandes analogiques de nos jours. Cela dit, notre matériel reste assez « old-school », je devrais dire. Nous utilisons de vieux amplis Marshall, de vieux pédaliers de marque Ibanez… Après, tout dépend de la manière dont tu traites ta musique par la suite. Quand on fait bien attention, on y retrouve quelques petits défauts dans nos enregistrements, notamment pour ce qui est de la batterie, que l’on croirait enregistrée « live ». 

Tout à l’heure, tu faisais allusion à tes goûts en matière de Black Metal. Quelles sont les principales formations que tu écoutes ? 

Nous pouvons rapprocher Vampire avec beaucoup de groupes des années 80, notamment Bathory, Mercyful Fate, Celtic Frost, mais aussi Morbid Angel et Slayer… Pour ce qui est des années 90, je dois t’avouer que je puise mon inspiration de Dissection. Je me reconnais aussi dans Darkthrone, mais c’est surtout parce que ce groupe sonne parfois comme Bathory. Finalement, tout le monde s’inspire de tout le monde. 

Tu as été impliqué dans le groupe Portrait, connu pour son Heavy Metal « old-school ». Je sais que le deuxième guitariste de Vampire est également membre du groupe… Cela a-t-il eu une incidence sur la manière de sonner de Vampire ? 

C’est une bonne question… Mais Robin, le deuxième guitariste auquel tu fais allusion, ne fait plus partie du groupe. Ça doit faire deux ans, mais le site Metal Archives n’a pas encore fait la mise à jour. Cela dit, je connais très bien les gars de Portrait, ses anciens membres font partie de mon entourage. On se connaissait déjà quand ils n’avaient pas encore enregistré leur première démo…. Et je dois dire qu’on a beaucoup de goûts en commun. On écoutait déjà beaucoup Mercyful Fate à l’époque. Tout ça pour dire que les membres de Portrait et nous avons le même background musical. Mais je pense qu’on aurait retrouvé ce côté « Heavy Metal » d’une manière ou d’une autre et que mon implication au sein de Portrait n’a en rien affecté le son de Vampire.

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« Within Temptation, pour moi, ce n’est pas du Metal, c’est… autre chose « 

Une partie des titres des chansons sont écrites en latin. Y a-t-il une raison particulière à cela ? 

En fait, je n’y avais jamais trop pensé, mais Rex a un côté « Pan-Européen », comme s’il condensait en lui une partie de l’Europe, autrefois dominée par les idéologies latines. Qu’on le veuille ou non, le latin est la langue commune à toute la civilisation européenne, elle était la langue du savoir. C’est une des raisons qui nous a poussés à attribuer une place importante à cette langue, aujourd’hui, morte. 

Vampire appartient à cette catégorie de groupes que ne jurent que par l’underground. En portant de telles revendications, y a-t-il une volonté de ne pas vous mélanger à des groupes qui, selon vous, ne respecteraient pas la tradition du « vrai » metal ? 

Je ne dirais pas ça, non. Mais il est vrai que l’on appartient à cette frange du Metal qui a le respect de la tradition, qui respecte les codes, notamment celui de porter une ceinture à balles, ou je ne sais quoi… Par exemple, Within Temptation, pour moi, ce n’est pas du Metal, c’est… autre chose. Vampire aspire tout simplement à suivre une lignée et à s’inscrire dans une certaine continuité par rapport à tout ce qui se faisait dans les années 80 et 90. 

Pour la troisième fois d’affilée, c’est Century Media qui s’occupera de la sortie de votre album. Bien que respecté, ce label n’est pas « underground » contrairement à vos idéaux. Est-ce que ça vous pose un problème ? 

Peut-être que certaines personnes esquiveront le groupe du fait de notre signature chez Century Media. Peut-être sommes-nous trop gros pour ces gens-là ? Je ne sais pas… Je dois t’avouer que je ne comprends pas trop ce genre de raisonnement. Quel groupe ne souhaiterait pas figurer dans le catalogue d’un gros label ? Sur le plan historique, les gros groupes que l’on connaît aujourd’hui sont tous partis de rien, et ce n’est que par la suite qu’ils ont été signés par de gros labels. C’est aussi grâce à ça qu’on les connaît aujourd’hui. Je ne vois pas où ça nous conduirait de s’efforcer de rester à tout prix dans l’« underground ». Ça n’aurait strictement aucun sens. Si la musique que tu crées peut toucher le maximum de monde, c’est mieux ainsi. 

Vous continuez toutefois à vous produire dans des petites salles, mais vous gardez des apparitions notables, comme celle dans le cadre du Fall Of Summer en 2014. Êtes-vous revenus en France depuis ? 

Oui, un an après le Fall Of Summer, nous sommes revenus en France dans le cadre de notre tournée avec Tribulation et Grave Pleasure. Nous étions alors passés par Paris et Colmar… Il me semble que nous sommes venus en France à quatre reprises aujourd’hui. 

Aimes-tu Tribulation ? 

À l’époque, j’aimais beaucoup, oui. Mais par la suite, j’ai un peu lâché l’affaire. C’est peut-être dû au fait que je suis lassé à force de les voir se produire tous les soirs quand nous sommes partis en tournée avec eux… Je n’ai pas jeté une oreille sur leurs derniers albums, mais je sais qu’ils sont très bons dans leur domaine. Je m’y intéresserai à nouveau à l’avenir… Je sais qu’ils sont en train d’enregistrer leur nouvel album en ce moment.

Vampire est de Göteborg, connu principalement pour avoir été le berceau du mouvement Death Metal en Europe…

Je ne suis pas né à Göteborg, je suis plutôt d’originaire de la région proche de Stockhölm, mais je dois dire que la scène de Göteborg a toujours eu un côté plus « exotique » en comparaison de celle de Stockhölm. Sur Göteborg, il y avait des groupes comme Dissection, et ceux de Stockhölm n’étaient pas aussi bons à mes yeux… 

Aujourd’hui, étant donné que tous les concerts sont annulés, comment faites-vous pour vous occuper ?

En Suède, le peuple n’est pas confiné contrairement aux autres pays d’Europe. Ici, tout le monde continue de se rendre au travail. Donc, personnellement, je n’y vois pas trop de différences. Après, il est vrai que tous les gros rassemblements ont été annulés, et que je devais aller voir Iron Maiden, Judas Priest en concert… Heureusement pour nous, Vampire ne sera pas directement touché par la crise, tout simplement parce que nous n’avions aucune date de bookée…


Vampire, c’est : 

Hand of Doom : Chants

Black String : Guitares

Sepulchral Condor : Guitare

Command : Basse

Abysmal Condor : Batterie

Discographie : 

Vampire (2014)

With Primeval Force (2017)

Rex (2020)

A propos de l'auteur

Axl

Rédacteur en chef d'Heretik Magazine

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