Quatre nanas qui font du Rock’n’Roll et qui le font plutôt bien. C’est clair, on parle ici des Suédoises de Thundermother. Ça tombe bien, elles seront de retour très prochainement dans les bacs avec leur quatrième opus, Heat Wave, le deuxième album avec Guernica Mancini au micro, pour un style bien plus affirmé que leurs précédentes progénitures. En attendant la prestation du combo au Raismes Fest, la rédaction s’est rencardée avec sa frontwoman, Guernica Mancini !

Propos de Guernica Mancini (chant) recueillis par Axl Meu


Avant d’évoquer l’album, j’aimerais que tu nous donnes de tes nouvelles concernant ta santé… J’ai appris que tu t’étais fait opérer d’une tumeur dernièrement. Ça va mieux ?

Merci ! Oui, et je vais bien mieux aujourd’hui, l’opération s’est bien déroulée. Néanmoins, je dois continuer à consulter pour vérifier si tout est en ordre. Et aujourd’hui, tout sembler aller pour le mieux, même si l’humanité doit faire face à une époque bien singulière de son Histoire…

Thundermother revient avec son quatrième album, Heat Wave, et c’est le deuxième sur lequel tu officies.

Oui, désormais, le line-up actuel est plus solide que jamais, même si nous avons changé de bassiste dernièrement. EmleeFilippa et moi-même avons pris un très bon rythme de travail depuis mon intégration en 2017… Et je pense que ça s’entend sur notre album. Heat Wave n’est pas le fruit d’une seule personne, mais bien de quatre membres ! Bien sûr, on y retrouvera toutes influences qui nous font vibrer, ce côté « à la AC/DC« , mais pas que, car nous tenons à évoluer comme n’importe quel groupe.

Thundermother, le premier album sur lequel tu apparais, était lui aussi très important pour le groupe. 

Oui, vraiment, avec cet album, nous voulions montrer au monde entier que Thundermother était fait pour durer. Sortir cet album, c’était l’occasion de montrer que le groupe – quand bien même il a connu quelques gros changements de line-up – continuerait quoi qu’il arrive ! 

Tout le monde a contribué à l’écriture de l’album. Toi, personnellement, qu’as-tu apporté ? 

J’ai dû y apporter un côté « Southern Blues » et mon sens des vocalises. En fait, pour moi, il est important d’y mêler à la fois des lignes vocales « catchy » et des paroles qui fassent sens. C’est pour cette raison que je me suis mise à écrire des paroles dans lesquelles je me reconnaissais vraiment, même si elles semblent innocentes à première vue. Cela dit, le côté décadent est quand même au rendez-vous, car il ne faut pas oublier que le Rock’n’Roll, c’est la fête avant tout ! C’est vraiment cet aspect-là que nous avons voulu développer sur cet album, à quatre. 

Pour ce qui est de la composition, il arrivait qu’une de nous arrive avec une ébauche de morceau que nous retapions ensemble par la suite. Et je dois dire que chaque morceau a fait l’objet d’un traitement spécial et qu’on a procédé différemment. Par exemple, pour le morceau « Purple Sky », j’ai tout simplement évoqué mes origines, de là où je viens… Ce titre a une portée autobiographique, car il fait plus ou moins référence à l’époque où j’étais encore à la FAC. J’y ai étudié la musique, mais il m’est arrivé d’être la risée, car je ne suivais pas un cursus classique pour devenir avocat ou je ne sais quoi. Bref, tout ça pour dire que chaque morceau développe des idées bien différentes, mais le plus important est que nous continuons à écrire sur des sujets qui nous semblent « vrais » et qui nous sont chers.

Comment faites-vous pour composer des chansons qui restent en tête ? 

Comment nous procédons ? Eh bien, je dirais que Filippa est vraiment la meilleure pour ce qui de l’écriture des riffs. Et sincèrement, je pense que nous sommes vraiment chanceuses d’avoir une guitariste comme elle au sein du groupe. C’est un peu comme si cette faculté d’écrire des riffs « catchy » était innée, en elle. Après, tout nous vient naturellement. Par exemple, l’idée de la mélodie principale de « Heat Wave » nous est venue l’année dernière alors que nous étions en tournée, sur la route direction Munich. Il faisait tellement chaud, et là, j’ai eu l’idée de composer une chanson portant le nom de « Heat Wave ». Et par la suite, Filippa a trouvé une ligne vraiment cool qui collait parfaitement. Après, je n’ai pas de réponse spécifique à t’apporter, pas de recette miracle ou je ne sais quoi ! 

« En aucun cas je ne souhaite que le virus fasse de nous des larves !« 

Sur ce nouvel album, vous continuez d’évoluer dans un style Hard Rock à l’australienne, proche des sonorités d’Airbourne et d’AC/DC… À force, ces réflexions ne t’agacent-elles pas ? Sur la page Facebook du groupe, j’ai lu que vous étiez aussi fans de Janis Joplin… 

Je vais tout d’abord répondre à la première partie de ta question. Je me moque assez des rapprochements que l’on peut établir et des remarques qu’on peut nous faire. Et pour te dire, non, je ne me lasserai jamais de telles remarques… Je veux dire, nous comparer à AC/DC, ça reste un très beau compliment, non ? D’ailleurs, si Angus Young était amené à écouter notre musique, il serait sans doute content de voir qu’il y a des groupes qui ont repris le flambeau du Rock’n’Roll. Après, on ne peut pas vraiment dire que je chante comme Brian Johnson ou même Bon Scott, donc la comparaison n’est pas totale, notre approche vocale étant totalement différente. Pour ce qui est de Janis Joplin, il est vrai que je l’adore, car elle fait partie des artistes qui croient vraiment en ce qu’elles racontent. Elle est tellement authentique… Sincèrement, j’espère être capable de faire aussi bien qu’elle un jour ! 

T’es-tu inspirée de son mode de vie, aussi décadent fût-il ?

Non, pas vraiment, seulement de sa musique. Je veux dire, je n’ai aucun trouble mental, je ne me drogue pas. Cependant, ça n’enlève rien au fait qu’elle ait été une artiste majeure, chacun de ses concerts étant vraiment intenses. Donc, oui, c’est vraiment sa musique, la manière dont elle l’appréhendait, qui me fait vibrer. Mais mentalement parlant, j’ai toujours été très stable. D’ailleurs, quand j’ai rencontré mes problèmes de santé, j’ai toujours su garder mon sang-froid. J’aurais pu péter les plombs, mais non ! (sourire téléphonique) 

Au milieu de l’album, on y retrouve « Sleep », une belle ballade. Pourquoi l’avoir placée pile au milieu de l’album ? 

Oh, tu parles du placement des morceaux sur l’album ? Pour être honnête, je ne prête pas trop d’attention à ce genre de détails. (rires) Pour moi, c’était une bonne place, c’est tout ! Après quelques morceaux qui vont très vite, il peut être bien de calmer le jeu avant de repartir de plus bel.

Vous avez travaillé avec Søren Andersen pour ce nouvel album. Qu’a-t-il apporté concrètement à votre son ? 

Tout d’abord, il faut savoir que c’est un musicien très talentueux, et surtout, l’une des personnes les plus humbles qui soit. En fait, pour commencer, nous avons écrit quelques morceaux ensemble, et le courant passait tellement bien entre lui et nous qu’on a voulu s’offrir ses services de producteur. Et j’ai comme l’impression qu’il est parvenu à tirer le meilleur de nous-mêmes. Et en ce qui me concerne, jamais je n’avais aussi bien chanté auparavant. Par exemple, sur le morceau « Sleep », je ne suis pas très loin du style de Steve Tyler, et sincèrement, je n’aurais pas chanté ainsi s’il n’avait pas été à mes côtés pour m’encourager. 

COVID-19 oblige, vous ne partirez pas en tournée cet été. Parvenez-vous toutefois à garder un bon rythme de vie ? 

Oui, quand même. En aucun cas je ne souhaite que le virus fasse de nous des larves ! Après cette fichue période, je veux être capable de sauter partout et de proposer des concerts aussi bons qu’avant. Donc, on se maintient, on fait du sport… ce qui est très bon pour la santé mentale ! 

Vous avez toutefois une tournée en préparation, une très grosse tournée. Vous allez même passer par Raismes dans le cadre du Raismes Fest en septembre prochain. D’ailleurs, c’est la seule date en France. L’autre grosse partie se passera en Allemagne… Doit-on comprendre par là que le Rock’n’Roll est exclusivement réservé aux Allemands ? 

Non (rires). En fait, c’est principalement dû aux faits que notre agence de « booking », notre maison de disque et notre management sont situés en Allemagne… Et je pense que notre agence de booking a oublié qu’on ne pouvait pas résumer l’Europe à un seul pays ! (Rires) En tout cas, nous savons que – aujourd’hui – la majorité de nos fans se trouve là-bas, donc, c’est pour cette raison que nous nous y produisons régulièrement… Néanmoins, je sais aussi que nous voulons nous produire partout et toucher le plus de monde possible. En tout cas – à l’avenir – j’espère que nous serons capables de donner plus de concerts en France. 

Le rythme de cette tournée est si dense que l’on peut se demander si vous serez en mesure de donner le meilleur de vous-mêmes tous les soirs…

Ce n’est pas évident, c’est clair. Cela dit, être sur scène, c’est vraiment ce que je préfère… Et, puisque nos conditions de jeu sont appelées à s’améliorer, nous pouvons désormais proposer de meilleures performances. Après, il m’est toujours impossible de donner trois concerts d’affilée, trois jours de suite, car je dois laisser reposer ma voix !


Thundermother, c’est : 

Filippa Nässil : Guitare

Sara Pettersson : Basse

Guernica Mancini : Chant

Emlee Johansson : Batterie 

Discographie : 

Rock’n Roll Disaster (2014)

Road Fever (2015)

Thundermother (2018)

Heat Wave (2020)

A propos de l'auteur

Axl

Rédacteur en chef d'Heretik Magazine

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