Fangs, c’est le nouvel album des Franciliens de Dust Lovers, un groupe de Rock, pas du tout à fait comme les autres ! En effet, en plus de développer des sonorités très sombres, la formation n’en oublie pas son sens de la créativité. À comprendre par là qu’il nous est presque impossible de leur assigner un quelconque style tant la diversité est de mise. Quelques jours après la sortie de l’album, deux de ses pilliers se sont confiés à nous.

Propos de Clément (chant/guitare) et Christophe (batterie, chant) recueillis par Axl Meu


Il me semble que Fangs, votre nouvel album, est le premier que vous sortez sous le nom de Dust Lovers. Avant, le nom du groupe était bien plus long…

Clément (chant/guitare) : En fait, Texas Chainsaw Dust Lovers ne correspondait plus forcément à ce que l’on proposait, ni à l’état d’esprit du groupe. Aussi, pour le coup, Texas Chainsaw Dust Lovers était vraiment un nom à rallonge, qui évoquait les films d’horreur, l’Amérique avec un grand « A »… Aujourd’hui, nous nous sommes un peu éloignés de tout ça. Puis, pour des raisons purement « marketing », il nous fallait également raccourcir le nom. En général, le public français n’y comprenait pas grand-chose, aussi, il avait du mal à le retenir. Par ailleurs, il nous est arrivé, à plusieurs reprises, que l’on écorche notre nom sur des flyers… Et pour nous, il était impossible d’avancer tant que le nom du groupe n’était pas imprimé dans la tête des gens. Donc, c’était Dust Lovers, ou rien ! 

Est-ce vous pouvez me présenter Fangs, votre nouvel album, et me dire aussi comment vous avez travaillé dessus ? 

Christophe (batterie/chant) : Au début, on ne savait pas du tout quelle direction prendre pour ce nouvel album. On était vraiment contents de Film Noir… Et il nous tenait à cœur d’approfondir et d’aller plus loin dans ce côté « cinématographique », tout est alors venu au fur et à mesure… Et c’est surtout lorsque nous avons travaillé sur le titre « Goldie » que la direction artistique s’est affinée. En fait, il faut savoir que Fangs a été composé et enregistré – dans une maison de vacances qui nous sert de studio – en plusieurs sessions d’écriture qui se sont étalées sur une année. Et c’est vraiment lorsque nous avons mis en boîte « Goldie » que nous avons su où nous allions. Et sur les autres morceaux composés par Clément, on retrouvait également cette « vibe » qui nous plaisait bien, qui nous a motivés à continuer de la sorte !

Tout à l’heure, vous me faisiez allusion au côté cinématographique de votre musique. Doit-on cependant concevoir Dust Lovers comme un groupe de Rock cinématographique ? 

Christophe : Personnellement, j’aimerais bien que non… Je préfèrerais que Dust Lovers soit vu comme un groupe de Rock, un peu imagé. Quand nous écoutons notre musique, il y a pas mal d’images qui nous viennent en tête, mais en aucun cas je ne souhaiterais que l’on pense que Fangs est un album de Rock cinématographique. 

Clément : En fait, le côté « ambiant » – que l’on peut rapprocher avec le monde du cinéma – est un peu venu par hasard. Ça n’était pas calculé en avance…

Concernant votre style, il est vrai que vous mêlez plusieurs esthétiques. Il y a un côté à la « Queens Of The Stone Age », mais pas que. Il y a aussi de la New Wave sur la deuxième partie de « Higher Desire »… Il y a aussi du Rock Indie…

Clément : On n’a jamais eu envie de rentrer notre musique dans une et seule case. D’ailleurs, quelqu’un qui écoutera tous nos albums à la suite se rendra compte que nous changeons de style d’un morceau à l’autre. En fait, nous restons au service de nos chansons et développons le maximum d’idées, sans que ce soit prémédité. On ne va jamais se dire : « Cette fois-ci, on va faire un morceau de ‘’New Wave’’ ou bien de ‘’Rock Indie’’ ». À l’inverse, on se demande plutôt que ce qui servira au mieux les morceaux, ainsi, tout vient naturellement, sans que l’on pense à jouer d’un style particulier. 

Christophe : Avec le recul, quand je repense à notre premier album, je trouve qu’une certaine linéarité s’en dégageait… Il faut dire que l’on évoluait dans la scène Stoner de Paris, et que la production de l’album était un peu linaire. Pour Film Noir, on se sentait alors tiraillés entre deux scènes : nous avions à la fois envie de jouer au mieux sur les contrastes et de continuer dans ce que nous faisions. Mais là, pour le coup, nous sommes vraiment partis sur quelque chose d’autre, même si on reconnîit toujours notre A.D.N.. Après, tu as raison quand tu cites les Queens Of The Stone Age, c’est vraiment un groupe qui nous plaît ! Et puisque j’ai vécu en Angleterre, je ne dirais pas que je n’ai jamais été insensible à la scène Rock Indie. D’ailleurs, j’aime beaucoup le dernier album des Arctic Monkeys… Puis, pour la New Wave, il y a également un peu de ça, c’est vrai. En fait, chacun apporte un peu de soi ! 

« Quelqu’un qui écoutera tous nos albums à la suite se rendra compte que nous changeons de style d’un morceau à l’autre »

Cela dit, on retrouve toujours un petit côté sombre dans votre musique. Pourquoi ? 

Christophe : En fait, pour tout te dire, on a du mal à faire des morceaux « feel-good », c’est un peu comme si on ressentait le besoin d’y incorporer un côté plus étouffant dans nos musiques. 

Clément : Oui, en fait, pour ma part, j’ai dû mal à me sentir légitime à créer de la musique super-positive. J’ai l’impression d’être « nian-nian » lorsque je compose de la musique joyeuse… mais il est vrai que j’ai toujours aimé la musique dynamique, mais toujours celle avec une part de noirceur en elle ! 

Il y a quelques semaines, vous avez réalisé un clip pour « Goldie », un des tout premiers morceaux que vous avez écrit pour cet album… Quid du clip ? Est-ce que vous pouvez m’en parler ? 

Clément : C’est moi qui l’ai réalisé. Et ça s’est décidé assez rapidement. On ne savait pas quel morceau clipper au départ, mais pour celui, j’avais envie de créer une video en lien avec l’univers des vampires, avec une esthétique digne des films muets des années 30. C’est vraiment un plaisir personnel que je me suis permis ! En tout cas, on s’est donné les moyens de le faire… On a une superbe équipe sur laquelle nous pouvons faire confiance, avec qui nous avons déjà réalisé d’autres clips par le passé. Cette fois-ci, on avait deux fois plus de moyens… 

Est-ce que vous comptez réaliser d’autres clips à l’avenir ? 

Oui, mais en « low-cost » (rires). Cela dit, nous ne sommes pas en manque d’idées, et des morceaux à clipper, il y en a pas mal sur l’album ! 

On retrouve certaines de vos musiques en mode « bande-originale » dans les séries T.A.N.K. diffusée sur Canal + et Marianne diffusée sur Netflix. Comment avez-vous saisi de telles opportunités ? 

Clément : On aimerait bien savoir ! (Rires) En temps normal, c’est l’éditeur du groupe qui se charge de placer la musique du groupe à droite, à gauche. Mais, nous, on a vraiment eu du bol. En fait, à l’époque, après avoir abandonné ma carrière dans le cinéma, j’ai tenu un bar à Pigalle (Paris), le Rock’N’Roll Circus, et il se trouve que je me suis lié d’amitié avec un habitué des lieux, Samuel Godin, un réalisateur de talent, qui travaille sur des longs et courts-métrages. Et puisqu’il fonctionne – en général – avec ses amis, proches, il nous a proposé de mettre nos musiques dans ses productions, notamment Marianne, ce qui nous a permis de toucher un nouveau public.

Peu de gens font la démarche de rechercher quels artistes ils ont entendu sur telle ou telle série. Ça arrive, mais il faut que la chanson leur plaise vraiment ! 

Christophe : Eh bien, à moi, il m’est arrivé de le faire ! Il y a même des sites qui répertorient les morceaux que l’on peut retrouver dans telle ou telle série, dans tels films, dans telles publicités… En l’occurrence, pour nous, beaucoup de personnes nous ont laissé des commentaire pour nous dire qu’il avait découvert notre musique grâce à la série Marianne

Clément : Oui, oui ! Par moments, des gens allaient même jusqu’à nous réclamer des traductions de nos morceaux en espagnol ou/et portugais. En fait, ceux que l’on retrouve sur Marianne sont les plus streamés aujourd’hui. À partir du moment où la série a été diffusée, on a constaté – partir des statistiques – que nous étions passés de 50 écoutes quotidiennes à plus de 5000. Pour ce qui est du clip de « Film Noir », il est passé de 3000 à 40 000 vues. C’est clair, ça fait un sacré coup de pub ! 

Pour ce qui des concerts, que comptez-vous faire cette année ? Espérer vous produire ou attendre l’année prochaine ? 

Clément : Comme beaucoup, on aimerait beaucoup ne pas attendre, mais pour le moment, plus beaucoup de monde ne nous répond… On avait deux release-party prévues pour le 1 et 2 octobre prochain, à Nantes et à Paris, mais on ne sait toujours pas si ça sera maintenu… Et pour le reste des dates, difficile de relancer tous les organisateurs… Pour être raisonnable, je pense que tout se fera à partir de 2021… 


Dust Lovers :

Clément Collot : Chant, Guitare Rythmique 

Nagui Mehany : Lead Guitar/ chant 

Christophe Hogommat : Batterie / Chant 

Etienne Collot : Basse

Discographie : 

Born Bad (EP – 2012)

The Wolf Is Rising (EP – 2014)

Me And The Devil (2016)

Film Noir (2018)

Fangs (2020)

A propos de l'auteur

Axl

Rédacteur en chef d'Heretik Magazine

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.