Deep Purple est un pilier du Hard Rock. Et il semblerait que malgré les spéculations au sujet d’une éventuelle retraite, Ian Gillan et sa bande ne comptent pas raccrocher les guitares de sitôt. C’est du moins ce que laisse penser l’annonce de nouvelles dates (dont un Zénith de Lille reprogrammée au 16 octobre 2021) et la sortie d’un nouvel album, le 21e, Whoosh!. Un opus sur lequel nous sommes revenus longuement avec l’une des voix les plus emblématiques du genre, à savoir, Ian Gillan himself !

Par Axl Meu / Photo Ben Wolf


Que se cache-t-il derrière ce patronyme assez curieux, Whoosh! ?   

« Whoosh! » fonctionne un peu à la manière d’une onomatopée, elle décrit une situation. Ici, comme si tout à coup, tout était allé très vite, du début jusqu’à la fin : Whoosh! Après, il fait aussi référence à notre carrière : le temps passe tellement vite que j’ai l’impression que 1969 c’était hier…

Encore une fois, vous ne vous êtes fixé aucune limite. On retrouve dans cet album du Rock, du Progressif, mais aussi des parties très classiques.

Nous sommes le produit de nos influences. À nos débuts, nous étions particulièrement influencés par des mouvements comme le Jazz, la musique orchestrale, le Blues, le Rock’n’Roll, mais aussi la Soul et le Reggae. On a toujours mis ces styles dans un shaker afin de créer une musique unique. Et quand nous travaillons sur un album, nous n’écrivons jamais rien, nous préférons nous rencontrer dans le cadre d’une session. D’ailleurs, c’était le mot d’ordre de Bob Ezrin, notre producteur avec qui nous nous sommes associés pour la troisième fois d’affilée. Il ne voulait pas de chansons, juste de la musique. Donc, nous avons laissé nos instincts parler. Nous jouions une partie de la journée, puis au fur et à mesure, tout finissait par se préciser. Donc, non, rien n’est jamais planifié à l’avance, ce qui fait que tous les albums de Deep Purple sont différents.

Sur cet album, certaines chansons ont l’air bien plus pessimistes que d’autres, notamment « Man Alive »…

(Rires) Tu trouves que le morceau « Man Alive » est pessimiste ? Je dirais plutôt qu’il est optimiste malgré tout. Après, tout dépend de là où tu te situes, si tu penses que l’humanité est sur le point de décliner ou non… Mais on ne va pas se le cacher, on sait tous que la Terre est surpeuplée. Quand je suis né, c’est-à-dire il n’y a pas si longtemps, la Terre ne comptait que 2.5 milliards d’humains. Et depuis la population mondiale a été multipliée par trois ! Et comme on ne va pas demander aux gens de mettre fin à leur jour… D’ailleurs, il y a un tas de scientifiques, notamment David Attenborough, qui nous avait mis en garde, mais il faut croire qu’il s’agissait d’un sujet tabou pour les institutions…

Sur l’album, on retrouve une auto-reprise de l’instrumental « Address To The World », morceau qui figure sur votre tout premier opus, sorti alors que tu n’étais pas encore dans le groupe !

Oh, oui, ce n’est pas très important, c’est vraiment une piste que nous avons ajoutée juste pour le plaisir. En fait, dans chacun de nos albums, il nous arrive d’ajouter une piste qui n’a strictement rien à voir avec le reste de l’album. On a pensé qu’il serait amusant de reprendre ce morceau, nous l’avons joué, Bob l’a enregistré et nous l’avons mis sur l’album.

« Nous continuons de nous entraîner six heures par jour pour être au top le jour où il faut partir en tournée ! »

Quel est le message que porte le morceau « We’re All The Same In The Dark » ?

Nous évoluons dans un monde où la société est tiraillée par de nombreux conflits, souvent causés par les différences de religion, de couleurs de peau. D’ailleurs, le tout premier gros conflit allant dans ce sens que j’ai connu de mon vivant opposait les catholiques et les protestants d’Irlande du Nord. Je ne comprenais pas trop d’où venait le problème ! On peut passer des heures à s’interroger sur la nature de ce conflit, mais je suis persuadé que ces personnes sont capables de se côtoyer s’ils mettent leurs différends de côté. Néanmoins, ça risque de prendre du temps, tellement la source du conflit est lointaine. Cela dit, que se passerait-il si l’on réunissait tout un tas d’inconnus dans une salle plongée dans le noir ? Leurs différences disparaîtraient, et chacun serait amené à côtoyer l’autre ! Comme tu peux le voir, le concept est particulièrement abstrait !

La musique de Deep Purple est intemporelle. Vous continuez d’attirer l’attention des plus jeunes tout en maintenant celle des fans de la première heure…

À nos débuts, inconsciemment, nous avons décidé de ne pas nous soucier des modes, des magazines, des labels, des stations de radio, ni même de l’avis des fans. Tout simplement, car, par définition, tout ce qui est à la mode une saison ne le sera plus l’année suivante. Donc, nous donnions le meilleur de nous-mêmes et espérions que le public, nos fans, adopterait notre musique. Aussi, c’est peut-être parce que nous n’avons jamais fait de la musique « commerciale », voilà tout. Et puis, nous continuons de nous entraîner six heures par jour pour être au top le jour où il faut partir en tournée. Il faut savoir que 25% d’un de nos concerts reposent sur de la pure improvisation, donc il en ressort une certaine fraîcheur ! Je vais te donner une petite anecdote : il y a une vingtaine d’années, il m’arrivait de me produire aux côtés de Luciano Pavarotti. Il m’avait avoué être jaloux de moi, car il m’avait entendu chanter « Smoke On The Water » à six reprises, et chacune des versions était différente de l’originale… Nous devons nous entraîner très régulièrement pour rester performants !

Toutes vos prochaines dates, notamment celle au Zénith de Lille, ont été repoussées à 2021…

Oui, je pense que ce serait stupide de se précipiter. Avec toutes ces restrictions, nous allons avoir du mal à rassembler à nouveau le public et faire en sorte qu’il se comporte naturellement… Il faudra attendre, mais vraiment, j’ai hâte de retrouver la scène, car ça fait un moment – et ce n’est pas fini – que je chante seul chez moi ! Il faut prendre notre mal en patience, surtout nous, musiciens…


DEEP PURPLE

ORIGINE : Royaume-Uni

LINE-UP : Ian Gillan (chant), Roger Glover (basse), Ian Paice (batterie), Steve Morse (guitare), Don Airey (clavier)

MERCH : deeppurple.com

FACEBOOK : officialdeeppurple

A propos de l'auteur

Axl

Rédacteur en chef d'Heretik Magazine

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