Déjà implantée dans le paysage des musiques extrêmes en France, la jeune et enthousiaste formation de Heavy Metal francilienne Furies met fin à trois années d’attente en sortant – enfin – son premier album, Fortune’s Gate, revigorant – comme il se doit – un style, pourtant trop sujet à la redondance. Nous nous sommes entretenus avec ses quatre têtes à l’occasion.

Propos du groupe recueillis par Axl Meu


La formation de Furies est assez récente, le groupe ayant vu le jour en 2013… Vous avez réalisé un EP, une démo, mais ce n’est que cette année que vous sortez votre premier album, Fortune’s Gate…

Zaza Bathory : La chronologie n’est pas forcément exacte. En fait, le line-up actuel n’existe que depuis 2016… La première mouture du groupe n’était composée que de filles… Et pour tout te dire, nous n’avons gardé aucune des compositions que nous jouions à l’époque. Donc, en 2016, quand nous avons monté ce nouveau line-up, c’est un peu comme si nous étions repartis de zéro. Il a fallu faire des essais, recruter des nouveaux membres… Autant dire qu’entre l’EP que le groupe a sorti en 2015 et cet album il y a vraiment un fossé !

Lynda Siewicz : Oui, c’est exact. Il ne reste plus grand monde du line-up original. Moi, en ce qui me concerne, je suis arrivée en 2015… Et puisque ça a vite « matché » entre Zaza et moi, on s’est mises à la recherche de nouveaux guitaristes. Une fois trouvés, nous étions fin prêts pour composer, et c’est à ce moment-là que nous avons sorti la K7 « démo », en 2017. 

Zaza Bathory : Le but de cette démo était vraiment d’asseoir le nouveau line-up, le faire connaître…

Votre premier album, Fortune’s Gate met en exergue un Heavy Metal très classique, dont la structure des morceaux n’est pas sans rappeler un certain Sortilège. J’imagine que votre intention de base était de renouer avec les racines de ce style… Pourquoi ce style plus qu’un autre ? 

Sam Flash : Je ne pense pas que cet album ait été pensé ainsi. Oui, après, il est vrai que Lynda est proche des membres de Sortilège. Mais disons que nous avons préféré mixer toutes nos influences plutôt que de ne se limiter qu’à une seule source d’inspiration. En ce qui me concerne, je viens du Thrash Metal, et ça s’entend dans ma manière de jouer, même si mon style a pas mal évolué. Après, je suis convaincu que notre musique peut toucher beaucoup de monde, aussi bien les fans de Heavy Metal, de Thrash Metal, que les guitaristes en herbe qui aiment le shred et le côté virtuose de la musique. Aussi les fans de Prog ! Billy Lazer, notre deuxième guitariste, a inclu quelques idées de ce style qui se fondent particulièrement bien au reste.

Zaza Bathory : On n’a pas vraiment choisi d’évoluer dans tel ou tel style. Tout vient naturellement chez nous ! Chacun a apporté sa pierre à l’édifice… Guillaume (aka, Billy Lazer) a amené beaucoup d’idées, aussi bien Lynda, qui évolue plus dans le Hard Rock, à la Black Sabbath… Parfois, nous ne sommes pas toujours d’accord moi, je suis très Thrash Metal et j’adore le Death Metal « Old School » aussi. Mais finalement, nous trouvons toujours un terrain d’entente. Il faut dire que c’est le Heavy Metal qui nous réunit tous au sein du groupe. Et finalement, quand nous composons ensemble, c’est un peu comme si c’était magique, ça vient vraiment naturellement. En tout cas, ça veut tout dire sur les rapports que nous entretenons au sein du groupe ! 

Quelle est la ligne directrice de Fortune’s Gate ? 

Sam Flash : Il n’y a pas vraiment de concept à proprement parler. Chaque morceau développe une thématique qui lui est propre ! Parfois, les paroles parlent de nous, parfois, non. « Unleash The Fury » évoque le fait de voir la lumière au bout du tunnel. « You and I » évoque la vie de Furies, des membres du groupe, et « Voodoo Chains » la dépendance aux jeux et les addictions. « Desolusions of Daylight » traite de la liberté et « Prince of The Middle East », de la tentation… Enfin, « Antidote » évoque l’idée de trouver son propre antidote pour aller mieux dans la vie. 

Zaza Bathory : Les morceaux de l’album vont pas mal par paires ! Aussi, si tu écoutes attentivement les paroles du morceau « Unleash The Fury », tu te rendras compte qu’elle soulève l’image d’une formation qui a vraiment envie de sortir de l’anonymat…

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« Notre musique peut toucher beaucoup de monde, aussi bien les fans de Heavy Metal, de Thrash Metal, que les guitaristes en herbe qui aiment le shred et le côté virtuose de la musique »

Sam, comment as-tu travaillé avec Billy sur le plan des harmonies ?

Ça serait mentir pour moi que de dire que nous avons travaillé d’égal à égal, Billy ayant amené une grosse partie des idées de guitare. Aussi, on peut même dire qu’il m’a amené à concevoir la guitare autrement ! Quand je l’ai rencontré, j’ai découvert dans son jeu tout un univers que je ne connaissais pas ! Donc, naturellement, en élève, il m’a fait travailler de nouvelles techniques, dont j’ai toujours pensé qu’elles me seraient inaccessibles… Donc, il a apporté le gros des idées, et au fur et à mesure, j’ajoutais mes propres touches. En tout cas, aujourd’hui, j’ai vraiment comme objectif de dépasser le maître ! (Rires)…

Est-ce que vous pouvez revenir sur l’aspect purement technique de l’album ? Le lieu de l’enregistrement, ainsi que la production ? J’imagine que vous souhaitiez à la fois sonner de manière « moderne » et « Old School »

Zaza Bathory : C’est amusant, car c’est tout-à-fait ce que nous souhaitions ! Pour l’enregistrement, nous sommes allés au Labomatic Studio, un studio d’enregistrement assez mythique, connu pour avoir enregistré des pointures du monde de la variété. Quand nous sommes arrivés sur place, le studio était encore aménagé pour Véronique Sanson, c’est dire ! Pour l’enregistrement, et les prises de chant, basse, batterie, nous nous sommes entourés d’Igor Moreno, et il savait vraiment ce que nous voulions en termes de son… Les guitares ont été, quant à elles, enregistrées chez nous.  

Billy Laser (qui nous a rejoints en cours d’interview) : Oui, et avec Sam, on avait flashé sur le nouvel album de Michael Romeo, le guitariste de Symphony X, produit par Simone Milanori. Et j’adore vraiment sa vision du Heavy, donc c’est tout naturellement que nous avons fait appel à ses services pour la production. Heavy, moderne… Ça a très bien marché, et d’un seul coup !

Zaza Bathory : On a eu beaucoup de chance sur ce coup, car on a été suivis par des personnes très compétentes ! Nous, on était vraiment des novices dans le domaine de l’enregistrement, et finalement, ça nous a vraiment rassurés de savoir que l’on pouvait faire confiance à ces gens qu’on ne connaissait ni d’Eve, ni d’Adam ! 

Sur « Antidote », il y a vraiment un côté « Sortilège », surtout pour son côté « French Touch’ ». Pourquoi chanter en français sur celui-ci, et non pas sur l’ensemble de votre répertoire ? 

Lynda Siewicz : Tout simplement, car l’anglais est une langue bien plus accessible, plus internationale… Cela dit, nous tenions quand même à garder une petite trace de français, d’où cette chanson. On s’est dit que ça pourrait aussi toucher un autre public. Après, il faut savoir que, bien que nous maitrisions le français, écrire un morceau dans cette langue demande un peu plus de temps. Il faut faire attention que ça sonne bien et que ça ne soit pas « kitsch » !

Lynda, nous ne sommes pas sans savoir que tu as participé à la reformation de Sortilège… 

Oui. Au début, ça a commencé par le groupe hommage à Sortilège dans lequel je partageais le chant avec le chanteur d’Hürlement (Alexis the Warnabot, ndlr)… Et quand Zouille est revenu, il m’a intégrée dans Sortilège, car selon lui j’étais devenue une membre à part entière du groupe. Mais bon, moi, personnellement, je ne voulais pas prendre sa place, c’est juste qu’il n’avait plus trop confiance de lui au début. Finalement, suite à cela, nous sommes devenus très complices ! Une vraie consacration pour moi, surtout que Sortilège a toujours été l’une de mes formations cultes ! Bon, malheureusement, aujourd’hui, le groupe s’est séparé en deux entités distinctes…  

Billy Laser : … mais par chance, avant qu’ils ne se séparent, Zouille (chant) et Didier (Demajean, guitare), ainsi que des potes à nous qui font du Djent, avaient accepté d’assurer les chœurs sur notre album. C’était assez symbolique pour moi de voir des gars issus de la scène Heavy des années 80 et d’autres de la scène Djent collaborer ! (rires)


Furies, c’est : 

Zaza Bathory : Batterie

Lynda Basstarde : Basse/Chant 

Billy Laser : Lead Guitar

Sam Flash : Guitare

Discographie : 

Furies (EP – 2015)

Unleash The Furies (demo – 2017)

Fortune’s Gate (2020)

A propos de l'auteur

Axl

Rédacteur en chef d'Heretik Magazine

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