Mercyless, l’un des fers de lance du Death hexagonal, a sorti chez Xenokorp (et après 30 ans de carrière) son septième album, The Mother Of All Plagues. Toujours aussi rageur, encore plus sombre, celui-ci marque une page spéciale dans la discographie du groupe. Max Otero, guitariste, chanteur et leader, s’entretient avec la rédaction à son sujet.

Par Fred 


Peux-tu nous éclairer sur les contenu et concept de ce 7e album ?

The Mother Of All Plagues, c’est le nom vulgaire pour définir la pandémie de peste qui a sévi en Europe en 1347 et qui a décimé un tiers de la population. On l’appelait aussi « Black Death » ! Cet album n’est pas un concept, c’est un constat, voire une comparaison entre notre société moderne et le Moyen-Âge. J’y évoque le poids et la domination de l’Église pour qui les péchés de l’homme étaient à l’origine de cette pandémie. Il ne faut pas trop réfléchir pour s’apercevoir de la similitude avec la stupidité de notre monde moderne. Hélas !

Abject Offerings et Pathetic Divinity étaient vos albums les plus sombres, mais il semble que vous repoussez encore les limites de l’obscur et du malsain…

C’est vrai, et c’est voulu. Le temps nous donne raison quant à ce besoin de cracher cette bile noire qui réside dans nos corps et nos esprits ! Quelque part, c’est une suite à Abject Offerings en plus sombre et irréligieux. Les années ne nous ont pas calmés, au contraire notre haine de ce monde ne fait qu’empirer et je ne suis pas certain que cela se calmera !

Le son des guitares est énorme, contemporain sans être ultra moderne et sans âme, puissant et d’une clarté qui leur donne un impact total…

Tu traduis exactement ce que l’on cherche à rendre : garder un impact très direct et sans compromis sur les guitares, et même si le numérique a ôté cette chaleur des enregistrements, on se doit de garder une certaine puissance sans aller dans la facilité à produire des albums avec un son identique. Ce n’est pas simple et nous n’avons pas fini notre quête dans ce sens !

L’artwork de l’album est tout simplement magnifique, peux-tu nous éclairer sur sa conception ?

Je voulais un artwork qui colle à ce côté très sombre des atmosphères. J’ai cherché un moment et je suis tombé sur les dessins d’un Mexicain, un certain Nestor Avalos, et j’ai tout de suite compris que c’était lui ! Des dessins très sombres avec peu de couleurs, très précis dans le trait, à la fois moderne et old school ! Bingo ! Je lui ai envoyé les textes et mes idées. Un vrai travail pro et rapide, et comme tu dis avec un vrai talent !

Sur votre nouveau T-Shirt, on voit Jésus avec le titre de la chanson « Bring Me His Head » en slogan. La religion et sa nocivité sont le moteur de vos lyrics ?

On a toujours utilisé les symboles religieux et la religion en général comme façon de nous exprimer sur ce monde soumis aux dogmes en tous genres ! La religion, comme la politique d’ailleurs, est un cancer qui gangrène notre société et il faut retrouver notre vraie raison de penser et arrêter de se soumettre aux biens pensants… Alors oui, mes lyrics ne sont que le reflet de cette violence qui germe au fond de moi.


MERCYLESS

ORIGINE : Mulhouse (68)

LINE-UP : Max Otero (chant, guitare), Laurent Michalak (batterie), Yann Tligui (basse), Gautier Merklen (guitare)

FACEBOOK : mercylesscult

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