Il semblerait que les Belges aient une petite longueur d’avance sur nous en matière d’organisation et d’adaptation. En effet, pour s’en rendre compte, il suffisait de se rendre à Courtrai le 10 octobre dernier où se déroulait la première édition du Sound Of Noise Festival, rassemblement organisé par l’équipe de l’Alcatraz Festival au « Depart XXL » (structure couverte aux contours délimités par des conteneurs). L’occasion pour la municipalité au maire bien généreux de mettre en avant trois formations belges qui fédèrent, à savoir Evil Invaders, Spoil Engine et Dyscordia. Une soirée concert « 100% conoraproof » au règlement strict, le port du masque étant obligatoire et les déplacements (presque) interdits. 

Report : Axl Meu // Crédit photos : Moris Delciotto 


Nous sommes donc amenés à notre emplacement. Et très vite, nous comprenons que ne sont installés ni stand de merch’ et ni buvette. À la place, des alternatives ingénieuses ont été pensées. Pour se restaurer, il suffisait tout simplement de scanner le code-bar affiché sur sa chaise pour commander sa propre consommation remise par la suite par l’un des bénévoles… Et quant au merch’, une remise nous est distribué à l’entrée au cas où nous serions intéressés par l’idée de passer commande sur le store d’Evil Invaders (20% de réduction, ça se prend, non ?). Le principe reste le même. Il s’agit ici d’éviter que le public ne se croise bien qu’il soit au rendez-vous, et en masse.

Et aussi surprenant que celui puisse paraître, la structure qui peut accueillir jusqu’à 1200 personnes aura presque fait le plein ! Il faut dire que la scène belge fédère, et ce n’est Dyscordia qui va nous faire mentir. À la tête de leur propre armée, les locaux ont pu compter sur leur fan-base pour mettre de l’ambiance – et même assis – ce qu’il leur a permis de promouvoir leur nouvel album, Delete / Rewrite, dans les meilleures conditions possibles. Leur Heavy Metal à tendance prog’, agencée par trois guitares et une structure basse/batterie solide, reste assez classique, mais elle n’en demeure pas moins captivante ! Aucune fioriture, c’est carré, chacune des sections est exécutée à la perfection. Bref, le concert passe comme une lettre à la poste ! Bravo ! 

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Après des balances qui s’éternisent, Spoil Engine investit la scène avec l’envie de frapper un bon coup. Il faut dire qu’il y a également un nouvel album à défendre, l’excellent Renaissance Noire publié en 2019 via Arising Empire, le deuxième avec Iris Goessens au chant ! Excellente dans son domaine, et alternant régulièrement entre chants clairs et criés, elle n’hésite pas à porter son public, assis, mais animé, dans ce flot ininterrompu de musiques ‘’groovy’’, au style qui se place à mi-chemin entre Metal mélodiques et Hardcore. Certes, la recette et la structure des morceaux n’évolue pas d’une chanson à l’autre, mais reste clairement efficace, et se prêterait sans doute à de nombreuses animations dans la fosse, debout, même si, malheureusement, ce n’est pas encore d’actualité… Mais il n’en fait aucun doute, Spoil Engine gagnerait tellement à gagner en popularité, surtout ici, en France !

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Gros morceau pour finir : Evil Invaders. Respectée par ses pairs, la formation belge est sans doute aujourd’hui celle qui a su au mieux dépoussiérer ce vieux style qu’est le Speed Metal : preuve à l’appui avec leur dernier album, Feed Me Violence ! Aujourd’hui, il n’y a pas vraiment d’enjeu, il s’agissait juste de reprendre la scène et surtout faire plaisir à des fans qui, pour certains, venaient de très loin ce soir ! Donc, que du plaisir, la bonne ambiance et la volonté d’en découdre sont au rendez-vous ! Les Belges défilent leurs standards (« Mental Penitentiary », « Feed Me Violence », « Stairway To Insanity ») au style reconnaissable alliant la frénésie du Thrash à la mélodie du Heavy Metal ! Certes, aucune nouveauté n’est au menu, bien que le groupe soit actuellement sur le maquettage de son prochain album, mais le public n’est pas à plaindre. Néanmoins, c’est qu’il commence sérieusement à faire froid et que notre condition ne nous permet pas de nous réchauffer. Conséquence, beaucoup s’en vont et manquent le final de ce concert finalement écourté (en raison des réglementations mises en place et du retard accumulé) et conclu à la hâte avec la reprise du classique de Venom « Witching Hour », traditionnellement exécutées par Max Mayhem (guitare).

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Une très bonne soirée donc ! Malgré l’affluence et les règles sanitaires imposées, la première édition de ce festival « 100% Coronaproof » fut un succès à tous les niveaux, quand bien même nous aurions pu croire que l’ambiance serait assez morose à une époque où les libertés individuelles sont clairement mises à mal. 

A propos de l'auteur

Axl

Rédacteur en chef d'Heretik Magazine

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