Oscillant entre Punk, Rock Garage et Metal, la formation parisienne Pogo Car Crash Control nous sort en cette rentrée particulière 2020 son nouveau bébé, Tête Blème. Plus violent et sombre que son prédécesseur, il saura à coup sûr parler aux keupons des années 80, aux rebelles fans de Grunge et aussi aux fans de musique Metal de tout âge… Bref, un album qui devrait atterrir dans pas mal de discothèques et dont Olivier Pernot va nous parler plus en profondeur.

Propos d’Olivier Pernot (chant, guitare) recueillis par Baldric Auvray


Vous vous êtes produits dans le cadre de la sortie de votre album, le 16 septembre dernier. C’était votre premier concert depuis pas mal de temps…

Oui ! Nous nous sommes produits au Trabendo. C’est une salle de concert parisienne hyper-active, dont les concerts sont la plupart du temps en accès libre… Et c’est vraiment un super espace ! Après le confinement, malgré la pandémie, elle a trouvé le moyen d’organiser des concerts en faisant jouer les groupes sur la terrasse… En habitués des lieux, l’équipe nous a proposés d’y assurer notre release-party, ce qui nous a permis de remonter – enfin ! – sur scène. C’était notre première date en un an presque, depuis notre show au Zenith… ! Donc autant te dire qu’on a pris énormément de plaisir à jouer, la terrasse étant archi-complète ! En plus, nous avions vachement la pression, car c’était la première fois que nous interprétions les nouveaux morceaux sur scène, mais tout s’est bien passé, la sauce a bien pris !

« Tête Blème », le morceau éponyme de l’album, a été dévoilé sous forme d’un clip, six mois avant la sortie officielle de l’album…

C’est un morceau qui dénote, et c’est aussi un morceau plus simple d’accès par rapport aux autres morceaux de notre catalogue, à la manière de « Comment Lui En Vouloir », extrait de notre premier album. Pour la petite anecdote, si vous écoutez « Tête Blème » et « Smell Like Teen Spirit », vous pourrez y apercevoir quelques similitudes au niveau de la structure. « Tête Blème » est un peu notre « Smell Like Teen Spirit » à nous. Pour ce qui est du clip, c’est le groupe de musique électronique, Contrefaçon, qui s’en est occupé ! Nous sommes du même label, et on a très vite sympathisé. Ils nous ont proposé un pitch d’un monde Post-Apocalyptique type « destruction du monde » par un virus, et c’était bien avant qu’on soit au courant de tout ce qui allait se passer avec la COVID-19. C’est au moment du tournage que le virus a commencé à être quelque chose de vraiment important : on a tourné le clip en février, en mars on était tous confinés. Alors, sans le vouloir, on s’est retrouvés à surfer sur la vague, à avoir un clip en adéquation avec l’actualité…

Sur lequel intervient le Youtuber Gaël Mectoob…

Oui ! Nous l’avons invité parce qu’il aime bien notre groupe et que nous avons grandis en quelque sorte avec Bapt&Gael (sa chaîne Youtube). Il a vraiment un humour qui nous correspond…

« Nous avons toujours le même objectif, celui de réconcilier le Rock Indé et le Metal »

Votre façon de voir la musique a-t-elle évolué depuis votre premier EP éponyme ?

Oui, tout s’est élargi pour nous, même si nous avons toujours le même objectif, celui de réconcilier le Rock Indé et le Metal, le tout en chantant en français. Tout ça était déjà présent dans notre premier EP, même si le côté « Punk Garage » était bien plus présent, on avait enregistré ça « en live » avec avec du vieux matériel… Puis, pour le premier album, on a gardé cette recette, mais en y incorporant des touches Rock Vintage. Pour ce nouveau disque, après avoir écouté les maquettes, on s’est rendu compte que les morceaux étaient bien plus techniques et qu’ils nous approchaient encore un peu plus du Metal. Et, du coup, on a voulu n’apposer aucun filtre sur les musiques, aucun effet « à la manière de » pour le mixage… Car on est vraiment du genre à penser que chaque morceau mérite d’être écouté pour ce qu’il est. Les chansons se devaient d’être très directes et très puissantes. Le côté « Garage » se retrouvant déjà dans les structures et arrangements on a donc voulu un mix très metal. Et il faut le dire, ça a été un sacré kiffe pour nous aussi.    

Quels messages vouliez-vous faire passer par le biais de ce nouvel opus ?

Nous voulions prendre deux directions avec cet album. Alors, déjà comme dit précédemment, il nous tenait à cœur que nos musiques soient plus efficaces, mieux construites et plus violentes. Et, pour la partie « texte », on aspirait à quelque chose de plus fantastique, qui porte au rêve, à l’imaginaire. J’ai beaucoup lu H.P. Lovecraft ou encore Edgar Allan Poe ce qui m’a permis d’avoir les mots et le champ lexical nécessaires pour écrire de tels textes, plus fantasmés. L’idée, c’était vraiment de confronter nos textes assez bas du front et cet imaginaire plus fantastique. On avait envie qu’il y ait une part de rêve et d’évasion sur cet album. Les sujets trop terre-à-terre, ceux qui parlent du quotidien, me paraissent trop utilisés dans la musique aujourd’hui.

Avez-vous des envies pour le reste de l’année ? En quoi votre technique de com’ consiste-t-elle actuellement ?

Ce qu’on a prévu pour la suite… Alors, déjà, nous prévoyons d’occuper l’espace jusqu’à ce que les tournées reprennent… Nos pensées vont directement aux tourneurs et bookeurs pour qui la situation est vraiment préoccupante… Ce serait vraiment dramatique de les voir passer à autre chose, et qu’on ne puisse plus programmer de tournées à l’avenir ! Donc, il va falloir que l’on trouve une manière de rester sur le devant de la scène, autrement, j’ai envie de dire.

Pour ce qui est de la musique, d’autres projets sont sur les rails… Avec Simon (Pénichot, ndlr), nous avons ce nouveau projet qui s’appelle Suicide Collectif, qui nous permet de nous éclater… Moi, à titre personnel, j’ai travaillé sur un remix des titres de Pogo Car Crash Control en Electro et Drum & Bass. Je travaille encore dessus, mais ça devrait sortir incessamment sous peu. Et enfin, il y a Lola (Frichet, ndlr) qui vient de sortir un EP (Nothing Belongs to Anything, ndlr) avec son deuxième groupe, Cosse… Donc, eux aussi vont essayer de le défendre comme ils le peuvent. Et il y a aussi Simon qui écrit un peu de Rap… Il a fait une petite intervention chez sur le nouveau morceau d’un rappeur, Eden Dillinger. Pareil, ça devrait sortir bientôt, vous pourrez écouter ça !


Pogo Car Crash Control, c’est :

Olivier Pernot : Chant, guitare

Lola Frichet : Basse, choeurs

Simon Péchinot : Guitare, choeurs

Louis Péchinot : Batterie

Discographie :

Déprime Hostile (2018)

Tête Blême (2020)

A propos de l'auteur

Axl

Rédacteur en chef d'Heretik Magazine

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