Loudblast est enfin venu à bout de son huitième album. Et pourtant, la partie était loin d’être gagnée d’avance : un tas de problèmes internes au groupe, un changement de line-up de taille, un batteur amoché, la crise de la COVID-19 en prime… Le résultat s’intitule Manifesto, et comme son nom l’indique, il concentre tout ce que le gang lillois nous a proposé ces dernières années, à savoir du Death Metal mangé à la sauce Black Metal ! Nous nous sommes entretenus avec Stéphane Buriez à l’occasion de sa sortie.

Propos de Stéphane Buriez (chant, guitare) recueillis par Axl Meu


Loudblast nous revient enfin avec son nouvel album, Manifesto… Le premier en six ans ! Comment expliques-tu que les fans ont dû attendre si longtemps ? 

Il faut dire ce qui est. Si l’attente a été longue, c’est tout simplement parce que j’ai dû régler tout un tas de problèmes, aussi bien dans le groupe que dans ma vie personnelle. Donc, pour nous, il n’était pas question de mettre la charrue avant les bœufs. Et pour rassurer tous ceux qui nous suivent, non, Loudblast n’attendra pas six ans avant de sortir un nouvel opus ! Pour tout vous dire, j’ai déjà composé huit nouveaux morceaux qui figureront sur le prochain ! 

Loudblast a été très productif ces derniers mois. Mais comment as-tu choisi les morceaux qui allaient figurer sur Manifesto ? 

La première partie de Manifesto contient les sept premiers morceaux que j’ai composés pour l’album il y a trois ans : « Solace In Hell », « Erasing Reality », « Todestried », « The Promethean Fire », « Invoking To Justifie  », « Preaching Spiritual Infirmity » et « Infamy Be To You ». Entre temps, comme je t’ai dit, j’ai dû résoudre tout un tas de problèmes dans ma vie. Donc, pour être honnête, je n’avais clairement pas la tête à faire de la musique. Par la suite, Jérôme (Point-Canovas, guitare, ndlr) est arrivé avec deux morceaux assez « Thrash Metal » dans l’âme : « Relentless Horror », et « Festering Pire ». Au départ, l’idée était de proposer un album assez court, mais quand on a commencé à travailler sur les maquettes en septembre de l’année dernière, nous nous sommes retrouvés avec quatre morceaux en plus, puis trois autres sont arrivés. Ils se sont tous retrouvés en bonus.

Cette fois-ci, changement de line-up oblige, on y retrouve l’apport de Jérôme Point-Canovas à la guitare et de Fred Leclercq à la basse, Fred avec qui tu évolues également au sein de Sinsaenum. L’aventure Sinsaenum a-t-elle « impacté » l’identité de Loudblast ? 

Jérôme et Fred sont vraiment des amis de longue date. À l’époque, j’avais été missioné pour produire l’unique album que Jérôme avait sorti avec Sonny Red, Extent Of Soul. Puis, ensuite, nous nous étions revus quand il jouait au sein de No Return… Bon, comme pour chaque album de Loudblast, j’ai composé la majorité des morceaux, mais chacun a apporté sa touche personnelle : Jérôme a enregistré quelques solos et parties rythmiques, Fred a également apporté sa basse. J’ai adoré travaillé avec Alex (Lenormand, basse, ndlr) et Drakhian (guitare, ndlr), c’était un superbe line-up, mais je crois que Loudblast a trouvé sa nouvelle dream-team. Entre HK du Vamacara Studio, Eliran Kantor pour la pochette, et ce nouveau line-up, je ne pouvais pas rêver mieux !

Quant à Sinsaenum, je ne pense pas que ça se ressente tant que ça quand on écoute les nouvelles compositions de Loudblast, surtout que certaines ont été composées il y a plus de trois ans. En tout cas, je tiens toujours à faire la part des choses entre Loudblast et Sinsaenum. C’est vraiment une autre expérience, bien différente par rapport à Loudblast : nous sommes partis en tournée pendant deux mois en mode « non-stop »… C’était vraiment quelque chose !

Manifesto a tout de même un côté « Black Metal ». Je dirais même qu’il est plus « Black Metal » que « Thrash Metal », ses atmosphères sont très pesantes… 

En fait, le délire ne s’est pas imposé de lui-même. On ne s’est pas dit : « On va faire un Burial Ground 2.0. ». Après, il est clair qu’il y a des similitudes, des réminiscences par rapport à Burial Ground, mais voilà, quand on a fait les maquettes de l’album, on n’était vraiment pas « super » dans nos vies respectives. C’est sans doute pour cette raison qu’une certaine lourdeur se dégage de l’album, notamment sur « Infamy Be To You », qui donne l’impression de ne jamais démarrer.

Loudblast a toujours su adapter son identité sonore aux mouvements du moment. Par exemple, Fragments avait un côté Paradise Lost… 

Manifesto correspond bien à ce qu’est Loudblast aujourd’hui. Il condense la somme des influences de ses quatre membres. Pour obtenir Manifesto, c’est comme si on avait mis Disincarnate, Sublime Dementia et Burial Ground dans un shaker, et qu’on avait mélangé le tout ! C’est un peu comme s’il y avait un peu de tous ces albums dans Manifesto. Après, je ne dirais pas que c’est un album de Metal moderne, mais plutôt un album de Loudblast 100% pur jus ! Dans les retours que j’ai eus, beaucoup m’ont dit que ce nouvel album allait plaire aux anciens, mais aussi aux nouveaux, car il est en phase avec son temps. 

HARD FORCE > LOUDBLAST • Les premiers détails de "Manifesto" le nouvel album

« Loudblast a trouvé sa nouvelle dream-team. Entre HK du Vamacara Studio, Eliran Kantor pour la pochette, et ce nouveau line-up, je ne pouvais pas rêver mieux ! »

Peux-tu me présenter la piste introductive de l’album, « Todestrieb » ?

« Todestrieb » a pour objet l’instinct de vie, l’instinct de mort… Pour ses paroles, j’ai travaillé avec un de mes amis londoniens, Nathanael Underwood, avec qui j’avais déjà travaillé sur Frozen Moments Between Life and Death pour les paroles. Bon, on a dû tout faire par distance, mais finalement, nous avons été productifs. Il est lui-même arrivé avec des thématiques comme celle du « Todestrieb » en lien avec la fin du monde. En fait, sans le savoir, ni même le vouloir, on a composé un album en phase avec l’actualité morbide du moment. 

Tout à l’heure, tu m’expliquais que Manifesto était la somme des influences des quatre membres du groupe, mais RV ne joue pas l’album, car blessé. Du coup, c’est Kevin Foley qui a assuré l’intérim…

En fait, c’est simple. Quand RV a réalisé qu’il ne pourrait pas jouer sur l’album, on a commencé à penser à plusieurs batteurs comme Boris (Le Gal, ndlr) de Betraying The Martyrs… Puis, ensuite, le nom de Kevin Foley (ex-Benighted, ex-Abbath, ndlr), un ami de longue date, s’est imposé de lui-même. Donc, pour RV, c’était plus facile d’avaler la pilule. Néanmoins, s’il ne joue pas sur l’album, RV a bien composé et programmé toutes ses parties de batterie, que l’on a ensuite envoyées à Kevin. Et personnellement, quand j’écoute Manifesto, je n’ai pas l’impression d’écouter un autre batteur qu’RV !

Est-ce que tu peux revenir sur ta collaboration avec HK du Vamacara Studio ? Comment vous-êtes vous concertés pour le son, toi-même qui es aussi producteur à tes heures perdues ? 

Notre collaboration remonte au III Decades Live Ceremony, le concert « anniversaire » que nous avions donné à l’Aéronef de Lille en 2015… En fait, j’avais déjà travaillé avec lui pour d’autres projets comme Sinsaenum, donc j’ai décidé de faire appel à lui pour Loudblast. J’ai adoré le travail de Francis Caste sur Burial Ground, mais pour moi, c’était le moment de passer à autre chose. On était tous très chauds ! Tout le monde était très investi dans sa tâche. Pour ce qui est de l’enregistrement, nous avons juste enregistré les parties de batterie chez lui… À cause du confinement, nous avons dû retourner chez nous et assurer nos prises à domicile. Il n’y a que pour le chant que j’ai attendu. 

Le but était vraiment d’obtenir un ensemble organique, puissant et identifiable. Et je peux te dire qu’on est vraiment allés dans les détails, et que nous avons passé un temps fou pour le mixage. Jusqu’au dimanche avant l’envoi de l’album au label, nous étions encore là à nous envoyer des mails pour revoir tels ou tels détails. Et personnellement, je dois dire que je suis super satisfait du résultat.

Est-ce que tu peux revenir sur ce partenariat avec Hate couture ? Quelle est sa nature ? Un sponsorat ? Un endorsement ?

On endorse peu de marques de vêtements. Les premiers, ça a été Hyraw Clothing, ça l’est toujours aujourd’hui d’ailleurs. Après, on n’est pas des mannequins, même si on estime qu’il est important de bien s’entourer. Ça nous fait clairement gagner en visibilité. Pour ce qui est d’Hate Couture, je dois dire que je connais Alex (Martinez, ndlr) depuis un moment maintenant. J’adorais son style hautement décalé. On a donc tout simplement commencé à bosser ensemble, à associer nos deux noms pour sortir un nouveau t-shirt en série limitée pour la sortie du clip de « The Promethean Fire »… Puis, Alex, c’est un excellent pote… J’aime bien bosser avec des gens avec qui je m’entends bien en amitié. En fait, c’est plus un partenariat entre potes !

Loudblast est désormais très bien connu en France, mais il manque encore un petit « quelque chose » pour percer à l’international. Y a-t-il un plan pour rayonner à l’étranger, en plus des tournées que vous pouvez faire ? 

Là, le problème, c’est qu’on avait une énorme tournée de prévue pour défendre Manifesto, mais à cause de la COVID-19, c’est impossible. Tout ce que je sais, c’est que certaines plateformes vont essayer de pousser l’album au maximum. Donc, voilà, tout passe par Deezer, Spotify et autres. On va essayer d’upgrader notre manière de travailler, car Loudblast est essentiellement un groupe de scène. En tout cas, pour le moment, on se refuse de jouer devant un public assis. 

Pendant la conception de l’album, Frederic a rejoint Kreator. Son emploi du temps sera donc bien plus chargé quand les concerts reviendront. J’imagine que vous allez faire appel à Jacou de Black Bomb A pour qu’il assure la basse sur scène…  

De toute manière, le cinquième homme, c’est Jacou, c’est clair et net. Donc, oui, Fred a rejoint Kreator, et actuellement, ils sont en train de travailler sur le nouvel album. Il est clair que si Fred doit partir en tournée avec Kreator, et que Loudblast a quelques dates à assurer, nous allons faire appel à son remplaçant, qui n’est pas la cinquième roue de carrosse : c’est Jacou de Black Bomb A. Il sera libre, puisqu’RV sera techniquement avec Loudblast. La solution est déjà toute trouvée. Ça fait déjà un moment que nous faisons appel à ses services.


Loudblast, c’est : 

Stéphane Buriez : Chant, guitare

Jérôme Point-Canovas : Guitare

RV Coquerel : Batterie 

Frédéric Leclercq : Basse 

Discographie : 

Licensed To Thrash (Split – 1988)

Sensorial Treatment (1989)

Disincarnate (1991)

Sublime Dementia (1993)

Cross The Threshold (MCD-1993)

Fragments (1998)

Planet Pandemonium (2004)

Frozen Moments Between Life and Death (2011)

Burial Ground (2014)

Manifesto (2020)

A propos de l'auteur

Axl

Rédacteur en chef d'Heretik Magazine

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