Insidious Disease n’est peut-être pas la formation prioritaire des musiciens qui la composent, mais elle a tout de même le mérite d’exister ! En effet, elle nous permet de voir ses membres – notamment Silenoz (Dimmu Borgir) et Shane Embury (Napalm Death…) – évoluer dans un tout autre registre, ici, plus classique. Une entreprise intéressante qui nous a donné envie d’en savoir plus. À l’occasion de la sortie d’After Death, son deuxième album, nous sommes donc allés nous entretenir avec Silenoz !

Propos de Silenoz (guitare) recueillis par Axl Meu


After Death est donc le deuxième album d’Insidious Disease ! C’est aussi votre premier en dix ans… Est-ce que tu peux revenir sur ce projet, et par la même occasion, m’expliquer la raison pour laquelle il y a un tel écart entre les deux albums ?

En fait, s’il a fallu attendre dix ans pour ce nouvel album, c’est tout simplement parce que nous devons tous nous occuper de nos formations respectives à côté. Insidious Disease étant notre « side-project », nous préférons prendre notre temps, ne pas nous précipiter. Certes, After Death sort cette année, mais il faut savoir que j’ai commencé à travailler dessus en 2012 ! L’album était enregistré, mixé et masterisé depuis un moment, et je dois dire que c’est cool d’avoir enfin le produit final entre nos mains !

Insidious Disease est un « super-band ». On t’y retrouve avec Shane Embury, Marc Grewe et bien d’autres… Comment as-tu rassemblé tous ces musiciens sous la bannière d’Insidious Disease en 2004 ? 

En fait, au tout début, il y avait moi, et Tony Laureano (batterie, ndlr)… Puis, par la suite, j’ai tout simplement demandé à mon vieux pote Shane Embury de tenir la basse ! Puis, nous nous sommes mis en quête ensemble d’un chanteur qui puisse développer des vocalises à la Pestilence, Death et Possessed… Nous avons donc pensé à Marc Grewe (aka Groo), l’ex-chanteur de Morgoth. On s’est mis en relation avec lui, et ça l’a fait ! En 2011, nous connaissons un changement de line-up avec le départ de Jardar, et l’intégration de Cyrus à la guitare, musicien que les fans de Dimmu Borgir connaissent puisqu’il a assuré le poste de bassiste-live au sein de Dimmu Borgir il y a quelques années. 

Cette année, vous revenez avec After Death, votre deuxième album… Vous aviez présenté « Enforcers Of The Plague » en premier pour en faire la promotion… Est-ce en lien avec le virus ? 

(Rires) Non, c’est un peu le fruit du hasard, car toutes les chansons de l’album ont été composées bien avant que la pandémie ne pourisse cette année. Et d’ailleurs, nous avions déjà présenté un nouveau morceau bien avant… L’année dernière, on pouvait déjà retrouver notre morceau « Soul Excavation » sur la nouvelle compilation de Nuclear Blast, Death Is Just The Beginning… Après pour ce qui est du morceau auquel tu fais allusion, « Enforcers Of The Plague », nous avons pensé qu’il serait le meilleur à dévoiler, car il résume bien ce qui se joue sur l’album. 

Avec Insidious Disease, tu renoues avec les origines classiques du Death Metal… Beaucoup connaissent cependant ton travail au sein de Dimmu Borgir. Comment fais-tu pour dissocier le style de ces deux groupes ? 

Avec Insidious Disease, nous sommes accordés en A Standard, ce qui est particulièrement bas. Et rien que ça, ça fait la différence par rapport à Dimmu Borgir ! Aussi, avec Dimmu Borgir, nous n’écrivons pas nos morceaux de la même manière… C’est bien plus complexe. Avec Insidious Disease, tout est plus facile, car tout est plus instinctif ! En général, je m’occupe des idées principales, et j’inclus les idées des autres, notamment celles de Marc, qui m’aide pour les paroles et les lignes de chant.

Tout le monde a donc apporté à sa propre touche, mais comment procédez-vous pour travailler ensemble, vous qui vivez loin les uns des autres ? Malgré la distance, fonctionnez-vous comme un groupe normal ?

Oui, plus ou moins, même si, comme tu dis, nous vivons loin les uns des autres… En fait, avant d’enregistrer l’album, nous avons répété ensemble tous dans la même pièce… C’est tout pareil quand nous devons donner une série de dates : nous nous rencardons et nous revoyons les morceaux ensemble. En tout cas, oui, nous faisons tout pour nous comporter comme un groupe normal. D’ailleurs, tu soulignes une chose importante ici. Aujourd’hui, il est tellement facile de former un groupe sans avoir répété la moindre fois ! Nous, c’est carrément différent. Malgré la distance, nous essayons de nous voir le plus souvent possible, de jammer ensemble et de maintenir cet esprit « live » qui nous tient tant à cœur.

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« Quand on s’attarde sur le sens de nos paroles, on comprend vite que les problématiques posées sont bien plus profondes qu’elles n’y paraissent ! »

Ce nouvel album, After Death, est très lourd… Mais ce n’est pas qu’un simple album de Death Metal… Vos morceaux contiennent également des éléments de Crust, Doom, et j’en passe…

Oui, et c’est cool que tu en parles, car oui, tu as réussi à trouver toutes les nuances de notre style, en particulier sur cet album. En fait, je dirais qu’After Death est la suite logique de notre premier opus, Shadowcast. Nous évoluions comme un groupe normal, mais pour ce nouvel album, nous avons fait en sorte que le contenu soit bien plus varié par rapport au premier, même si la base commune reste la même. Nous aimons beaucoup tout ce qui est authentique, et pas que dans le domaine de Death Metal. Quoi qu’il en soit, nous faisons en sorte de ne pas trop analyser nos morceaux, dès que nous estimons qu’un de nos morceaux a assez de « groove », nous ne cherchons pas à comprendre, nous le gardons !

Quels sont les sujets abordés sur ce nouvel album ? De quoi les textes parlent-ils ? De la Vie après la Mort ? Des pandémies ? De la maladie ? 

À vrai, nous essayons toujours de ne pas trop en dire à ce sujet. Nous préférons que nos fans se fassent leur propre interprétation de l’objet. Néanmoins, les sujets que nous abordons ne sont jamais gratuits. En général, quand on s’attarde sur le sens de nos paroles, on comprend vite que les problématiques posées sont bien plus profondes qu’elles n’y paraissent ! Que se passe-t-il après la Mort ? Est-ce le néant ? La Mort n’est-elle qu’un état de transition vers une autre dimension ?

D’ailleurs, pour la pochette, nous avons donné, et les titres des morceaux et les paroles de ces derniers à Dan Seagrave, notre illustrateur, pour que celui-ci se fasse sa propre idée de la chose. Et finalement, il est arrivé avec cette pochette où l’on voit cette personne qui décide de tout abandonner, de mettre ses peurs de côté, de faire un pas en avant vers la lumière… En bref, chacun peut apporter sa propre interprétation… Insidious Disease n’est pas le genre de groupe à dire à ses fans comment interpréter les choses, à lui comment écouter l’album ! 

Concernant la production de ce nouvel album, elle va vraiment l’essentiel… De qui vous-êtes vous entourés pour la production de l’album ? 

Eh bien, tout a été enregistré par nos soins, chez moi : guitare, basse, chant… Nous avons utilisé du matériel « old-school » pour arriver à nos fins. Pour ce qui est des pistes de batterie, nous les avons enregistrées dans notre local de répétition… Mais bon, nous ne nous sommes pas des techniciens du son, donc nous avons eu besoin d’une personne extérieure au groupe. Ce pourquoi nous avons fait appel à Russ Russell, ingénieur du son bien connu du milieu. Nous lui avons donc envoyé nos chansons, chez lui, en Angleterre, et comme tu dis, il a réussi à faire en sorte que le rendu final ne soit pas surfait, que la batterie ne sonne pas « triggé »… Bref, nous avons procédé « à l’ancienne », et pour finir, nous sommes parvenus à obtenir le rendu final auquel nous aspirions tous sur ce nouvel album ! 

Comme tu m’as dit tout à l’heure, Insidious Disease est un groupe « live », mais là, pour le moment, il est un peu difficile de se produire compte-tenu de la crise sanitaire. Qu’allez-vous faire en attendant ? 

De mon côté, je reste actif ! Avec Dimmu Borgir, on a commencé à se pencher sur le nouvel album. Désormais, vu que nous avons beaucoup plus de temps pour nous, je pense que nous allons prendre le temps qu’il faut pour qu’il soit parfait ! En tout cas, la situation est vraiment incertaine… Et même aujourd’hui, même après six mois de pandémie, personne ne sait de quoi demain sera fait… En tout cas, nous essayons d’être réalistes, mais qui sait de quoi l’avenir est fait ? Je veux dire, tous les domaines sont sévèrement mis à mal, donc… Espérons la situation se rétablisse au plus vite ! 


Insidious Disease, c’est : 

Groo : Chant 

Tony Laureano : Batterie 

Silenoz : Guitare

Shane Embury : Basse 

Cyrus : Guitare 

Discographie : 

Shadowcast (2010)

After Death (2020)

A propos de l'auteur

Axl

Rédacteur en chef d'Heretik Magazine

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