L’actualité est chargée pour Frédéric Leclercq qui doit à la fois assurer la promotion du nouvel album de Loudblast et celle du premier album d’Amahiru, le projet qu’il a monté avec son amie, Saki, guitariste virtuose, bien connue pour son implication au sein de Mary’s Blood. Concrétisation de sa passion pour le Pays du Soleil-Levant, l’ex-bassiste de DragonForce nous a présenté son nouveau bijou.

Propos de Frédéric Leclercq (guitare, basse) recueillis par Axl Meu


En ce moment, tu es en plein rush ! Comment vis-tu la sortie de ces deux albums ? 

Je la vis bien ! La sortie d’un album n’a vraiment rien d’anodin, car c’est vraiment à ce moment-là que les gens peuvent prendre conscience du travail que fournit un musicien au quotidien. En tout cas, je ne ressens pas forcément de pression, je veux dire, les deux albums sont finis depuis un moment maintenant. En tout cas, on essaie toujours de relativiser histoire de ne pas trop être stressés le jour de la sortir de l’album.

En quelle année as-tu décidé de lancer ce projet avec Saki ? En 2015 ? En 2016 ? 

Non, non. Ma première rencontre avec Saki remonte à 2015. On s’est vite liés d’amitié, et puisque que je me rends régulièrement au Japon, on a pu se voir régulièrement. Et c’est vraiment en 2018 qu’on s’est dit qu’il serait bien d’associer nos deux noms et de monter un projet. Et tout de suite, avant même que l’on compose quoi que ce soit, la machine s’est emballée autour de nous, l’équipe de management que l’on avait en commun – qui s’occupait à la fois de DragonForce et de Mary’s Blood – a eu vent du projet et nous a vite proposé des plans de carrière.

On connait Saki pour son implication au sein de Mary’s Blood, on te connait toi pour ton implication au sein de Loudblast, Sinsaenum, et maintenant Kreator. Quelle était la ligne directrice pour ce nouveau projet ?

Pour ce qui est du style, il faut savoir que Mary’s Blood évolue dans un style très « Power Metal » et que la formation avait ouvert pour DragonForce, dans lequel j’officiais encore en 2015, quand nous nous sommes rencontrés. Et, à l’époque où nous avions évoqué l’idée de nous associer, on ne voulait pas faire du Power Metal, puisqu’on avait déjà nos groupes respectifs. Donc, l’idée – le but du jeu – c’était vraiment de créer une musique dans laquelle on y retrouverait de la mélodie, mais aussi de l’agressivité. Tout ça sans avoir un cahier des charge strict à respecter, contrairement à DragonForce.

Pour former ce groupe, il vous a donc fallu vous entourer de musiciens, un chanteur, un batteur, un clavier. Et vous n’avez pas choisi n’importe qui ! Archie Wilson vous a rejoints pour le chant, Coen Janssen (Epica) vous a rejoints aux claviers, et Mike Heller (Fear Factory) à la batterie… Comment avez-vous travaillé ensemble ? 

On a commencé à travailler sur nos morceaux chacun de notre côté avec Saki. Malgré nos emplois du temps chargés, on a essayé de se voir le plus possible pour mettre au point nos morceaux. Pour ce faire, je suis allé rejoindre Saki au Japon trois semaines pour consolider la base des morceaux. Donc, oui, je dirais qu’on a composé 80% des morceaux ensemble…

Après, c’est sûr que, si tu t’entoures avec des gens comme Coen aux claviers et Mark à la batterie, tu te dois également de leur laisser carte-blanche, tout en leur donnant une marche à suivre. Par exemple, Coen a apporté des idées d’arrangements comme sur l’introduction de « Ninija No Tamashii ». Quant à Archi, lui, il ne s’est pas vraiment occupé des mélodies de chant, car en général, c’est moi qui m’en suis occupé, même s’il m’a aidé pour les paroles.

« Ce n’est pas parce que notre musique comporte des éléments traditionnels que cela nous enferme dans une certaine culture »

Tout à l’heure, tu faisais allusion à la fameuse couleur locale présente dans l’album, on la doit notamment à la participation de Kifu – Mitsuhashi… Cet album est-il destiné à un public japonais, à un public fan de culture asiatique ? 

Pour ce qui est de Kifu – Mitsuhashi, c’est Saki qui est entré en contact avec lui… Il ne joue que sur un seul morceau, « Ninja No Tamashii ». Pour le reste, tout a été agencé par Coen. Il a crée des simplers typés culture asiat’… C’est juste que, pour « Ninja No Tamashii », on voulait vraiment que quelqu’un puisse jouer de la vraie flûte japonaise. Ce fameux Kifu – Mitsuhashi est vraiment une institution en Asie. Certes, il n’est pas de notre génération, ni en lien avec la culture « Metal », mais il est très connu au Japon. 

Concernant les cibles de l’album, je dirais qu’elles ne sont pas forcément japonaises… Je vais prendre l’exemple de ma femme. Elle aime le Japon, sans être forcément à fond dans cette culture, mais elle a aimé l’album. Ce n’est pas parce que notre musique comporte des éléments traditionnels que ça nous enferme dans une certaine culture. Après, si l’album amène les gens à s’intéresser à la culture asiatique, pourquoi pas, mais clairement, ce n’est pas forcément son rôle premier !

Il y a une guest sur l’album, c’est Elize Ryd d’Amaranthe. Comment s’est-elle retrouvée à chanter sur le morceau « Lucky Star » ? 

Alors, le morceau était déjà composé avant qu’on ne pense à elle. C’est une amie à moi, ça fait des années que nous nous connaissons… Saki, elle, si elle ne la connaissait, a toujours aimé ce qu’elle faisait avec Amaranthe. Donc, quand Elize était de passage avec son groupe au Download au Japon, je suis directement allé la voir pour lui proposer de chanter dessus. Ce qu’elle a accepté. L’idée était de la faire chanter sur le refrain et le deuxième couplet, des parties qu’elle a assurées depuis chez elle en Finlande. Et clairement, nous avons été bluffés par sa performance. 

À la fin de l’album figure une version alternative de « Bringing Me Down » sur lequel joue le regretté Sean Reinart (Death, Cynic)…

En fait, il était prévu que Sean assue la batterie sur tout l’album au départ. On avait tourné ensemble en 2007, et nous étions restés en très bons termes à la suite. On avait même pour projet de faire de la musique ensemble, de monter un projet de Jazz/Fusion… On s’envoyait des messages pour prendre des nouvelles et quand la machine Amahiru a été mise en marche, j’ai tout de suite pensé à Sean, car je pense que ça aurait été amusant de le voir dans un autre registre que celui auquel il est associé.

Il était vraiment partant au début, donc, nous lui avions envoyé ce premier morceau, « Bringing Me Down ». Ça a été assez vite, mais finalement, les aléas de la vie ont fait que son emploi du temps n’était plus trop compatible au nôtre. Au moment où on devait rentrer au studio, il devait impérativement déménager, démonter, puis remonter son propre studio d’enregistrement. Donc, oui, à l’époque, il n’avait eu le temps d’enregistrer que ce morceau-là… Donc, nous l’avons gardé. Malheureusement, il nous a quittés en début d’année, et plutôt que de l’inclure en bonus, nous avons préféré le mettre dans l’album et d’y proposer une version alternative, différente par rapport à celle où Mike figure. 

Du coup, j’imagine que votre projet à long terme est de donner des concerts…

Au départ, s’il n’y avait pas eu ce fichu virus, nous aurions dû partir en tournée il y a deux semaines. On était censé donner des concerts au Japon. C’était ce que l’on s’était dit en février, mais là, clairement, on a du mal à se projeter, et je ne saurais te dire quand nous donnerons un concert avec Amahiru… Car après le virus, je pense que j’aurais beaucoup de mal à m’organiser, entre Kreator qui va repartir sur la route, Loudblast qui a aussi son nouvel album à défendre, clairement, je ne saurai pas vraiment sur quel pied danser. Néanmoins, ce n’est pas parce qu’Amahiru ne donnera pas de concerts tout de suite que le groupe sera inactif. 


Amahiru, c’est : 

Frédéric Leclercq : Guitare, Basse 

Mike Heller : Batterie

Saki : Guitare

Coen Janssen : Claviers

Archie Wilson : Chant 

Discographie : 

Amahiru (2020)

A propos de l'auteur

Axl

Rédacteur en chef d'Heretik Magazine

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