La régularité d’Accept, on la doit à Wolf Hoffmann, désormais seul rescapé de line-up original du groupe depuis l’abandon de Peter Baltes en 2018… Il faut dire que – on ne peut plus optimiste quand il s’agit de parler « carrière » – le guitariste a toujours su mettre au goût au jour sa recette pour nous pondre des albums de Heavy Metal pertinents, et Too Mean To Die, dont la sortie est prévue pour le 29 janvier, est l’un d’entre eux !

Propos de Wolf Hoffmann (guitare) recueillis par Axl Meu


Tout d’abord, j’aimerais savoir comment tu te portes en ce moment malgré la conjoncture actuelle…

On fait comme on peut ! On a bien sûr enregistré le nouvel album, à défaut de partir en tournée comme il était prévu. Comme beaucoup, nous sommes restés chez nous à attendre que la situation évolue. Ça craint vraiment. 

Malgré tout, vous allez sortir votre album, Too Mean To Die, un album loin d’être anecdotique pour Accept vu son nouveau line-up. Accept compte désormais un troisième guitariste et un nouveau bassiste ! Tout d’abord, j’aimerais savoir pourquoi Peter Baltes a décidé de quitter le groupe, lui qui en faisait partie depuis ses débuts. 

Je ne sais pas ce qui a conduit Peter à quitter les rangs si soudainement. Et oui… Désormais, je suis le seul membre fondateur encore présent dans le groupe. C’est quand même fou quand on y pense. Après, Accept est clairement à l’aube d’une nouvelle ère. Notre nouveau line-up est vraiment bon et nous avons – comme tu dis – engagé un nouveau guitariste l’année dernière. C’est Philip Souse, musicien qui avait déjà participé à la série de concerts orchestraux que nous avions donnés l’année dernière. Et c’est vraiment pendant cette tournée que nous nous sommes rendus compte à quel point il est talentueux. Nous avons aussi recruté un nouveau bassiste, Martin Motnik qui, bien qu’il faisait ses débuts au sein du groupe, a participé activement à l’écriture de Too Mean To Die. Bref, nous avons réussi à tirer profit de tous ces changements.

Aujourd’hui, Mark Tornillo sort son cinquième album avec Accept, preuve qu’il a réussi à faire mouche au sein du groupe et des fans…

Oui, clairement. Nos liens sont désormais très solides ! Cinq albums en dix ans, les fans l’ont clairement adopté, et le futur s’annonce toujours plus prometteur pour nous ! 

Too Mean To Die délivre du Accept 100% pur jus ! C’est du Heavy Metal classique très « catchy », je pense néanmoins à « Overnight Sensation », un titre qui fera rage sur scène. Comment procèdes-tu pour composer de tels hits ? 

Je ne sais pas… Rien n’arrive seul en se tournant les pouces. Cependant, tout arrive de la même manière, tu t’assoies avec ta guitare, et tu attends qu’une idée pointe le bout de son nez… En général, je ne saurais te dire d’où elle vient. En général, aucune idée n’est écarté, car on sait pertinemment qu’il y aura toujours du bon à prendre. Souvent, nous revenons dessus, on la remodèle encore et encore. Sa forme ne cesse de changer jusqu’à la version finale. Je veux dire, d’une idée de base jusqu’à la phase finale, il y a tellement d’étapes. Ça requiert à la fois énormément de travail et de la patience, beaucoup de patience ! 

« En tant qu’artiste, il faut toujours s’obstiner à donner le meilleur de soi-même, à se surpasser »

Est-ce que les autres guitaristes t’aident à organiser tes idées ? 

Oui, vraiment. Surtout Phil ! C’est un superbe guitariste ! D’ailleurs, nous lui avons laissé beaucoup d’espace sur ce nouvel album, il a pu enregistrer des parties de « lead », des solos… En fait, il y a vraiment un peu de chaque membre sur Too Mean To Die ! Cet album est vraiment le fruit d’un effort de groupe. 

Quand Accept s’est-il pensé sur l’écriture de Too Mean To Die ? 

(Il réfléchit…) J’ai commencé à mettre au point quelques idées ces quatre dernières années, mais ce n’est qu’au début de l’an 2019 que nous avons commencé à assembler nos idées pour construire ces morceaux… 

Ce n’est pas la première fois que vous travaillez avec lui. Est-ce qu’il t’a donné des conseils ? 

Nous travaillons toujours de la même façon. C’est vraiment un chouette type, et c’est pour cette raison que nous bossons avec lui, tout le temps. Et ça marche bien. Puis, avec le temps, c’est vraiment devenu un très bon ami à nous. Clairement, vu le respect mutuel qu’il y a entre les deux parties, c’est comme s’il faisait partie de notre famille. 

En temps de confinement, avez-vous réussi à vous réunir pour enregistrer l’album ensemble ? 

Oui, oui. Tout le monde était là à Nashville. Enfin, tout le monde sauf notre producteur, Andy Sneap… Donc, pour avoir ses conseils, nous avons dû procéder par Zoom ou bien par Skype. C’était un peu particulier, mais il n’y a que comme ça que nous avons pu arriver à nos fins. C’était assez cool pour finir ! 

Comme je te disais, Accept, sur Too Mean To Die, reste fidèle à ses sources d’inspiration de base. On y retrouve, entre autres, une référence à la 5ème symphonie de Beethoven. J’aimerais savoir comment tu as été amené à inclure ces références à l’identité d’Accept au fil des années…

J’ai toujours été passionné par la musique classique… La voir, la jouer, depuis que je suis gamin ! Et depuis mes débuts à la guitare, j’aspirais toujours à combiner ces deux univers qui, à première vue, semblaient totalement incompatibles. C’est une des raisons pour laquelle j’ai toujours essayé d’inclure des références ici et là dans ma musique. D’ailleurs, tout dernièrement, j’ai publié un album solo, Headbangers Symphony, album sur lequel je rends hommage à la musique classique. En tout cas, oui, j’ai toujours été passionné par cette musique, et je suis fier d’avoir pu inclure certaines de mes idées. Après, il faut rester lucide, ne pas s’obstiner à la faire coûte que coûte. Il faut que cela ait du sens et ne pas se forcer à le faire. Si ce n’est pas le cas, il faut lâcher l’affaire ! 

À part Beethoven, est-ce que tu aurais d’autres musiciens classiques à nous faire écouter ? 

J’en écoute beaucoup, mais l’univers de la musique classique est si vaste ! Je retiens surtout les compositeurs de génie que sont Mozart, Tchaïkovski. Ce sont des compositeurs géniaux… Après, comme je te disais, c’est un univers tellement vaste, bien plus vaste qu’on ne le croie… 

D’ailleurs, c’est ta passion pour la musique classique qui a poussé Accept à donner ce superbe concert en 2017 au Wacken Open Air, concert pour lequel vous vous étiez entourés d’un orchestre symphonique. Que ressentais-tu le soir de cette performance ? 

Oh mon dieu, c’était une expérience incroyable ! Nous avions même enregistré ce concert là pour en faire profiter tous nos fans. C’était vraiment l’épreuve du feu : ça passe ou ça casse ! Nous aurions aimé plus répéter, mais finalement, c’est passé comme une lettre à la poste ! D’ailleurs, ça avait si bien marché qu’on avait décidé de donner une série de dates supplémentaires ! Après, ce n’était pas simple du tout, car sur le plan logistique, il fallait caser tout le monde, mais à la fin, ça l’a fait.

« Quand tu as une identité, une marque de fabrique comme celle d’Accept, tu n’as pas besoin d’aller voir ce qui se passe ailleurs »

Tout à l’heure, tu m’as dit que tous les membres d’Accept avaient apporté leur pierre à l’édifice… Que Mark Tornillo a-t-il composé sur ce nouvel album ? Sur quoi chante-t-il ? Parle-t-il de lui sur la chanson « The Best Is Yet To Come » ? 

J’espère ! J’ai toujours adoré cette chanson, car elle représente plus ou moins ma manière de voir les choses ! En fait, j’y ai composé la mélodie, et y même proposé le titre pour ce morceau, puis Mark est venu interpréter l’ensemble… Je ne sais pas si ce titre correspond à sa philosophie de vie, mais en ce qui me concerne, je suis plutôt de nature optimiste dans la vie. C’est pareil sur le plan professionnel. Je pense qu’Accept n’a pas encore sorti son meilleur album, ni même donné son meilleur concert !

Tu penses cela, même après avoir proposé des albums aussi mémorables que Restless and Wild, Balls To The Wall, et Metal Heart ?

Oui, oui. Je suis plutôt du genre à penser qu’en tant qu’artiste, il faut toujours s’obstiner à donner le meilleur de soi-même, à se surpasser. Et si tu n’es pas capable de penser ainsi, ce n’est pas la peine de continuer. Il faut toujours se lancer des défis. 

Oui, se lancer des défis, tout en respectant les attentes des fans. Comment expliques-tu une telle constance dans ton style ? 

Quand tu as une identité, une marque de fabrique comme celle d’Accept, tu n’as pas besoin d’aller voir ce qui se passe ailleurs. J’écris des chansons comme bon me semble. Je n’y pense pas trop en fait… Je me fie tout simplement à mon instinct, et il n’est pas mon intérêt de suivre les modes. La musique reflète tout simplement ce que nous sommes, et d’ailleurs, je fais attention à ne pas trop réfléchir à ce que j’écris. Après, tu peux expérimenter, mais c’est assez risqué, car tes fans n’en voudront pas spécialement. Donc, quand je compose, le défi est double : à la fois, il faut sonner vrai, moderne, tout en faisant attention de ne pas décevoir les fans.

Le répertoire d’Accept comporte un tas de hits sur lesquels vous ne pouvez pas faire l’impasse sur scène. Je pense bien sûr à « Metal Heart », « Princess of the Dawn », « Breaker »… À force, ça ne t’ennuie pas trop de jouer tous ces morceaux ? 

Non, pas du tout ! Mais je comprends ce que tu veux dire… On a joué les morceaux auxquels tu fais allusion des milliers de fois, et on pourrait que ça nous ennuie au fur et à mesure. Mais non ! Je veux dire, j’adore voir les fans perdre la tête quand nous les jouons ! Même s’ils ne sont pas si difficiles à jouer, il y a vraiment quelque chose qui se passe sur scène ! 


Accept, c’est : 

Wolf Hoffmann : Guitare 

Mark Tornillo : Chant 

Christopher Williams : Batterie  

Uwe Lulis : Guitare  

Martin Motnik : Basse   

Philip Shouse : Guitare  

Discographie : 

Accept (1979)

 I’m a Rebel (1980) 

Breaker (1981) 

Restless and Wild (1982)

 Balls to the Wall (1984) 

Metal Heart (1985) 

Russian Roulette (1986)

Eat the Heat (1989) 

Objection Overruled (1993)

Death Row (1994)

Predator (1996)

Blood of the Nations (2010)

Stalingrad (2012)

Blind Rage (2014)

The Rise of Chaos (2017)

Too Mean to Die (2021)

A propos de l'auteur

Axl

Rédacteur en chef d'Heretik Magazine

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