La rédaction d’Heretik Magazine garde d’excellents souvenirs des derniers passages par Jamey Jasta et de sa bande sur le territoire français. D’ailleurs, comment oublier leur performance dans le cadre du Motocultor en 2019 ? Bref, il ne nous en fallait pas plus pour nous pousser à aller prendre des nouvelles de Wayne Lozinak, guitariste de la formation, à l’occasion de la sortie de Weight of the False Self… 

Propos de Wayne Lozinak (guitare) recueillis par Axl Meu


Salut ! Comment te portes-nous malgré la conjoncture actuelle, malgré la crise actuelle ? Malgré le vote, on ne sait pas encore qui sera le prochain président des États-Unis ! (Interview passée quelques jours après le suffrage américain, ndlr)

Oui, en ce moment, c’est assez tendu, on ne sait toujours pas qui sera le prochain président des États-Unis. En fait, il y a quelques quelques états clefs qui ne se sont pas encore prononcés, donc, il est encore assez difficile de savoir qui sera élu Président des États-Unis. 

Hatebreed s’apprête à sortir un nouvel opus, il s’intitule Weight of the False Self. Que devons-nous comprendre derrière un tel patronyme ?

Je dirais qu’il exprime une certaine dualité, entre le fait de faire ce qui te semble bon pour toi, pour toi-même, et le fait de s’aligner sur une position déjà établie. En gros, comme toujours, nous encourageons nos fans à ne pas suivre ce que l’on te dit de faire. Quand tu rencontres des problèmes, il faut que tu trouves la solution par toi-même, et ne pas forcément attendre que les gens te disent quoi faire, et comment. Je dirais que c’est ça qui nous a motivés à nommer notre album ainsi. 

C’est aussi la mentalité d’Hatebreed : faire ce que vous voulez en premier lieux. Et d’ailleurs, ça se ressent sur ce nouvel opus. Hatebreed n’a pas mis à jour sa recette. Une nouvelle fois, c’est du Hardcore qui fait mal ! Avez-vous changé quelque chose dans votre manière de composer depuis The Concrete Confessional ? 

Je pense que nous essayons toujours d’y mettre les mêmes formes, d’y inclure les mêmes bases à notre musique. C’est toujours la même formule, c’est vrai. Et il n’est pas dans notre intérêt de nous éloigner de ce que nous faisons depuis toujours ! Cela dit, je dirais que, cette fois-ci, Hatebreed s’est un peu plus concentré sur les guitares, dans le sens où il y a certaines parties qui sont un peu plus technique par rapport à d’habitude ! Par exemple, il y a ce morceau « Cling To Life » qui inclut un petit solo de guitare. Ce que nous n’avions pas l’habitude de faire sur nos albums précédents. Donc, nous proposons la même formule, mais nous la mettons à jour également ! 

Comment Hatebreed procède-t-il pour composer ses morceaux ? Comment avez-vous travaillé ensemble pour mettre au point les morceaux qui figurent sur Weight of the False Self ? Est-ce que vous composez en salle de répétition ou derrière vos ordinateurs ? 

Chris (Beattie, basse, ndlr) et Jamey (Jasta, chant, ndlr) sont les principaux compositeurs du groupe. Jamey écrit toutes les paroles, et il s’associe à Chris pour écrire la majorité des riffs. Par la suite, on nous présente les maquettes, et chacun propose ses arrangements et ses idées. Puis, nous les écoutons et essayons d’assembler le tout. Nous essayons également tout un tas de programmes de batterie, du moins rapide au plus rapide, pour voir celle qui correspondrait le mieux au morceau. En gros, ça n’a rien à voir avec la vieille époque où nous nous réunissions en salle de répétition pour essayer tout un tas d’idées… Mais aujourd’hui, les avancées technologies nous amènent à enregistrer nos morceaux plus facilement, pour mieux les modifier !

Bien que la recette reste sensiblement la même album après album, sais-tu déjà à l’avance comment un album sonnera ? 

Non, pas vraiment. Il y a toujours un peu de mystère. Il faut tout simplement attendre que les pièces du puzzle soient assemblées pour savoir à la fin à quoi le morceau ressemblera. D’ailleurs, tant que le morceau n’est pas finalisé, rien n’est joué…

« Nos messages sont toujours optimistes et invitent toujours nos auditeurs à aller de l’avant et à repousser leurs propres limites »

La musique d’Hatebreed délivre un condensé d’énergie brute. Comment faites-vous pour composer des morceaux aussi puissants ? D’ailleurs, je dois avouer que je ne connais pas un morceau d’Hatebreed qui soit moins puissant qu’un autre…

À chaque fois que nous travaillons sur un album, nous nous efforçons de repousser nos limites, de mettre la barre toujours plus haut ! Et c’est pour cette raison que nous ne sortons jamais exactement le même album. Nous essayons toujours d’inclure du nouveau à ce que nous faisons, et clairement, le cas inverse, nous nous ennuierons… Il y a des gens qui disent que nous faisons la même chose depuis notre premier album… Certains vont même jusqu’à dire que nous n’avons pas composé un bon morceau après la sortie de notre premier opus… Je ne sais pas quoi répondre à ça ! Il y a toujours des gens pour se plaindre. Mais à côté, il y a également des gens qui aiment nos nouveaux morceaux. Aujourd’hui, nous continuons à faire la musique que nous aimons, sans trop remettre en cause ses gimmicks. Car le style d’Hatebreed est unique !

Quel est le message transmis par Jamey Jasta sur ce nouvel opus ? 

En général, les idées restent les mêmes : Jamey délivre un message positif. D’ailleurs, en général, les gens qui ne connaissent pas Hatebreed pensent en lisant le nom du groupe que nous sommes des sales types, mais non. En fait, quand tu fais plus attention aux paroles du groupe, tu te rendras compte que nos messages sont toujours optimistes et invitent toujours nos auditeurs à aller de l’avant et à repousser leurs propres limites. 

Malgré son succès, Hatebreed est toujours resté proche de la scène « underground ». Bien que vous soyez souvent amenés à investir les plus grandes scènes, vous continuez à vous produire dans des clubs… 

Je pense que Hatebreed est l’une des rares formations de musique extrême qui peut se targuer de se produire un jour sur une très grande scène, et le lendemain, d’enchaîner sur un petit club ne pouvant accueillir que 500 personnes. Nous avons toujours été comme ça, et nous prenons le même plaisir à nous produire dans chacune de ces configurations. Ce qui est génial, c’est que nous sommes toujours parvenus à tirer le meilleur de ces deux univers ! 

Est-ce que tu continues d’assister aux concerts de jeunes formations « underground » ? Sont-elles une source d’inspiration pour toi ? 

Je dois dire que je n’ai pas trop le temps de m’intéresser à la scène « underground », car nous n’avons pas une seconde à nous ! Nous sommes sans arrêt sur la route ! Donc, quand nous sommes en tournée, nous préférons prendre connaissance de la musique des groupes que nous accompagnons… Et aussi, parce que je passe mon temps à écouter de la musique forte, j’aime me poser et revenir aux bases en écoutant des standards de Rock classique.  

Weight of the False Self paraît dans un contexte assez particulier… Aujourd’hui, vous ne pouvez même pas vous produire pour le défendre… D’ailleurs, la COVID-19 a-t-elle eu un impact sur l’enregistrement de l’album ?

L’album était déjà dans la boîte bien avant le début de la pandémie. Nous étions venus à bout en janvier 2020… Le projet était donc le suivant : partir en tournée en mars, puis sortir l’album en mai… Mais à cause du virus, nous avons dû revoir tous nos plans, annuler la tournée, repousser la sortie de l’album. En tout cas, pour le moment, on ne sait pas du tout ce que l’avenir nous réserve.


Hatebreed, c’est : 

Jamey Jasta : Chant 

Chris Beattie : Basse 

Wayne Lozinak : Guitare 

Matt Byrne : Batterie 

Frank Novinec : Guitare 

Discographie :

Satisfaction Is The Death Of Desire (1997) 

Under The Knife (2000) 

Perseverance (2002)

The Rise of Brutality (2003) 

Supremacy (2006) 

For The Lions (2009)

Hatebreed (2009) 

The Divinity Of Purpose (2013) 

The Concrete Confessional (2016)

Weight of the False Self (2020)

A propos de l'auteur

Axl

Rédacteur en chef d'Heretik Magazine

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