Junon. C’est sous ce nom que nous retrouvons après quelques années d’absence et pour notre plus grand plaisir, les six gars de feu-General Lee. Ils reviennent avec un EP 4 titres nommé The Shadows Lenghten prévue pour début 2021, et dores et déjà avec un clip du titre « Carcosa » histoire de nous plonger dans ce nouvel univers à la fois Post Pock, électrique et Core, différent de ce qu’ils nous ont déjà proposé, mais qui nous promet un projet très intense ! C’est à l’occasion de ce retour, dans le contexte que nous connaissons, que nous nous sommes entretenus avec Arnaud Palmowski, chanteur de Junon !

Propos d’Arnaud Palmowski (chant) recueillis par Céline De Beer-Wozniczka et Élise Formanczak 


Salut Arnaud ! Quatre ans d’absence… La scène vous a terriblement manqué ? 

En effet… Et, au risque de passer pour un oiseau de mauvais augure, je crains que la scène va continuer à nous manquer encore un bon bout de temps… Nous gardons un souvenir ému de notre dernière date à l’Aéronef de Lille, en juin 2016 mais je pense qu’une pause à durée indéterminée était nécessaire. Nous sortions du dernier album, Knives Out Everybody ! avec un goût amer dans la bouche. Nous avons mis énormément d’énergie dans cet album, bien différent de ce que les gens qui nous suivent attendaient de nous : un album Punk, Noisy, un grand défouloir, loin des ambiances plus léchées à la Hannibal ad Portas ou Roads. Les retours ont été très partagés et nous l’avons vécu difficilement, car nous n’avions jamais autant bossé sur un album. On en reste très fiers, les prises en studio étaient sauvages et sa pochette est mortelle.

Vous avez choisi comme nouveau nom de groupe Junon, une référence au titre d’ouverture de votre tout premier album « The Sinister Menace », titre phare avec General Lee que vous aviez retravaillé en studio, pourquoi ce choix ? 

Quand vous êtes six dans un groupe avec de fortes têtes, le choix d’un nouveau nom peut vite devenir un casse-tête incroyable ! À force de tergiverser, nous avons jeté un coup d’œil dans le rétro et c’est le titre « Junon » qui est apparu : un nouveau départ en forme d’hommage à nos premières années.

Après General Lee, à quoi devons-nous nous attendre avec Junon? 

À un nouvel EP qui s’intitule The Shadows Lengthen, enregistré, mixé et masterisé  par les bons soins de Clément Decrock du Boss Hog Studio. Il a enchaîné les journées de 15 heures comme à la bonne époque pour tout mettre en boite dans les temps. « Junon » est le 1er titre qu’il a réalisé en totalité en 2002 et notre premier EP sera certainement la dernière production qu’il aura produit de A à Z. La boucle est bouclée. Nous sommes extrêmement reconnaissants pour la masse de travail abattue durant toutes ces années au service du Hard, le tout avec le sourire et son humour légendaire.

La sortie est prévue le 9 février prochain uniquement en version digitale pour le moment. Nous sommes activement à la recherche d’un ou plusieurs labels pour une sortie en édition vinyle, mais nous sommes dans une période extrêmement compliquée pour trouver un label, surtout pour sortir un EP, donc on croise les doigts. 

C’est toujours un exercice difficile de parler de sa propre musique, mais je pense que cet EP condense en 4 titres les différentes facettes du groupe : Entre explosions Hardcore, envolées post-rock et toujours cette bonne dose de mélodies salvatrices et déchirantes, le tout soutenu par une palette de chants plus variés et aux textes inspirés par la littérature fantastique (Poe, Lovecraft…) et par le combat perpétuel de la planète face aux attaques répétées de ses hôtes.

Il faut savoir que sans les copains de The Lumberjack Feedback, on aurait certainement mis bien plus de temps à se remettre à composer. Ils nous ont mis à disposition leur salle de répétition et du matos pour répéter, enregistrer et pour les résidences donc un grand merci à eux !

L’image contient peut-être : 6 personnes, personnes debout, texte qui dit ’JUNON’

« Cet EP condense en 4 titres les différentes facettes du groupe : Entre explosions Hardcore, envolées Post-Rock et toujours cette bonne dose de mélodies salvatrices et déchirantes »

Vous avez eu l’occasion d’effectuer une résidence artistique au mois de Novembre à Lievin (62), comment cela s’est-il passé ? 

Chanceux que nous sommes, nous avons même eu droit à deux résidences dans la région puisqu’avant celle de Liévin, nous avons passé trois jours aux 4 Ecluses début septembre, fraichement sortis du Boss Hog Studio, afin de travailler les nouveaux titres pour la scène !

En novembre, nous avons donc remis le couvert au centre Arc-en-ciel de Liévin. Pour l’occasion, on a même réussi à sortir de sa région notre copain aux manettes Mathias Sawicz ! Le projet était de proposer un showcase en fin de résidence, notre premier concert depuis la date d’adieu en juin 2016 à l’Aéronef. Malheureusement les conditions sanitaires et le Covid ont gagné mais ce n’est que partie remise. 

Toujours en lien avec notre terre régionale, vous avez réalisé votre nouveau clip,  pour le titre « Carcosa », à Dunkerque (59). Peux-tu nous en dire un mot ?

Suite à une idée lumineuse de nos copains des 4Ecluses, l’équipe du FRAC (Fonds Régionaux d’Art Contemporain, ndlr) de Dunkerque nous a offert l’opportunité de tourner le clip de « Carcosa » dans le Belvédère, audernier étage du bâtiment. Le texte de « Carcosa » est tiré de la nouvelle The King in Yellow de Robert W. Chambers, publiée en 1895, dont on peut retrouver de nombreuses références dans la première et excellente saison de la série True Detective. Carcosa serait une cité maudite située dans un autre espace-temps et considérée comme un lieu de culte dans lequel des rituels macabres et des sacrifices rituaux ont été exécutés. 

Nous avons joué avec les nuances et les extrêmes en termes de lumières afin de représenter les différentes phases mentales d’une personne embrigadée dans une secte. Le processus psychologique de conversion est progressif et la superposition des images bleu et jaune représente cette dualité psychologique et ce passage d’un extrême à l’autre, du monde réel à celui de Carcosa.

Le belvédère du FRAC nous a permis de profiter de toutes ces nuances de lumières et de couleurs avec sa verrière donnant sur la mer et sa vue magnifique du coucher de soleil. Nous remercions encore chaleureusement notre ami de longue date Eloi Casellas ainsi que Eric Motjer à la production, sans oublier Loïc Leclercq aux lumières qui ont fait un boulot fantastique !

Le clip est en ligne depuis le 8 décembre et les retours nous font vraiment plaisir ! On a la chance d’avoir un gros coup de main de la part d’Elodie (Sawicz, ndlr) et Romain (Richez, ndlr) de l’Agence Singularités à ce niveau. Le choix de « Carcosa » comme premier single n’était pas le plus évident mais nous tenions à marquer une évolution par rapport à General Lee avec ce refrain en voix claire et ce rythme plus martial.

Vous revenez dans un contexte particulier, êtes-vous inquiets pour vous et pour le milieu artistique en général ? 

Nous ne sommes pas inquiets pour nous, car nous faisons de la musique en amateurs et car nous avons tous des boulots à côté. Le seul sentiment que l’on puisse avoir, c’est une impatience grandissante de remonter sur scène. Par contre, on a un paquet de copains et copines qui bossent dans la musique en tant que programmateurs, bookers, techniciens, intermittents qui se sont retrouvés depuis mars dans une situation bien compliquée. On est de tout cœur avec eux en attendant des jours meilleurs.

Si le contexte sanitaire s’améliore, pouvons-nous espérer une tournée française en 2021 ?

On attend que ça, nos sacs de couchage sont dans l’entrée !


Junon, c’est :

Arnaud Palmowski : Chant

Fabien Zwerneman : Guitare, backing-vocals

Alexis Renaux : Guitare

Martin Catoire : Guitare

Florian Urbaniak : Batterie

Vincent Perdicaro : Basse

Discographie :

The Shadows Lenghten (EP-2021)

A propos de l'auteur

Axl

Rédacteur en chef d'Heretik Magazine

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