Petit retour sur l’actualité de Visions Of Atlantis qui, en fin d’année 2020, nous était revenu avec son premier DVD live : A Symphonic Journey to Remember, résultat d’une superbe collaboration entre la formation et le Bohemian Symphony de Prague. À l’occasion de sa sortie, nous avions contacté Clémentine Delauney, sa chanteuse.

Propos de Clémentine Delauney (chant) recueillis par Axl Meu


Visions Of Atlantis nous revient avec un nouvel album « live », A Symphonic Journey To Remember. Est-ce que tu peux revenir sur le pourquoi du comment de ce « live » ?

En fait, nous avons décidé d’immortaliser notre dernière performance dans le cadre du Bang Your Head!, car c’était le premier concert que l’on donnait avec un vrai orchestre symphonique. C’était une formalité pour nous. Il fallait qu’on l’enregistre et en faire un DVD, contrairement à The Deep & the Dark Live @ Symphonic Metal Nights qui était seulement un « live » audio. 

La nouveauté, c’est bien l’apport de l’orchestre de Prague. Comment cette collaboration entre vous et l’orchestre s’est-elle amorcée ? J’imagine, qu’en passionnés de musique que vous êtes, c’est une consécration ! 

Oui, c’est un projet qui nous tenait à cœur depuis très longtemps, étant donné que les arrangements du groupe sont prévus pour. Se produire à ses côtés, c’était vraiment comme un rêve qui devenait réalité. Je ne saurais trop te dire comment le groupe a eu le contact de l’orchestre, mais je sais qu’il a l’habitude de travailler avec des groupes de Metal. Donc, du coup, c’était assez simple, nous leur avons envoyé nos partitions que les musiciens ont par la suite adaptées à sa sauce, puis nous avons répété deux jours ensemble histoire de réajuster certaines parties. Tout s’est fait très simplement pour finir ! 

Le concert immortalisé a donc eu lieu le 11 juillet 2019. Peux-tu me parler de ce concert, et de ce que tu ressentais sur scène au moment où tu te produisais ? 

Nous étions tous très angoissés, bien que nous avions essayé de prendre du recul, mais là, c’était tout simplement impossible. Non seulement, c’était la première fois que nous nous produisions avec un orchestre, mais pour couronner le tout, c’était aussi la première fois que nous filmions l’une de nos performances, que nous travaillions avec l’ingénieur « live » de Kamelot, et que nous interprétions des extraits de Wanderers… Donc, oui, il y avait beaucoup de « premières fois » pour ce concert ! Et d’habitude, nous aimons prendre le temps de répéter, mais cette fois-ci, tout est allé extrêmement vite ! Et finalement, ça a pris. C’était vraiment génial, et la pyrotechnie, c’était vraiment puissant. Ça a impressionné beaucoup de monde, et les retours étaient vraiment extraordinaires. 

Oui, Wanderers, si je ne m’abuse, n’était pas encore dans les bacs. Comment aviez-vous construit votre setlist pour cette performance ? 

On a vraiment fait en sorte de créer une belle transition entre The Deep and The Dark, et Wanderers, album qu’on, comme tu dis, s’apprêtait à sortir ! C’est pour cette raison que nous avions décidé de scinder le set en deux parties distinctes : une partie consacrée aux anciens morceaux et à l’album The Deep and The Dark, et une autre partie entièrement consacrée à l’univers de Wanderers. C’était aussi une façon pour nous de mettre en avant un nouvel univers. On poursuit notre route, tout en évoluant. 

Comment Michele Guaitoli et toi-même travaillez-vous sur vos interactions vocales sur scène ?

Ce qui est amusant, c’est que, à l’époque du concert, ça faisait pile-poil un an que Michele était arrivé, et pourtant, nous avions tous les deux l’impression de nous connaître depuis toujours ! On ne cale jamais rien et nos interactions se font ensemble, de manière organique. Lui me laisse beaucoup d’espace, et moi de même. Et au fil des concerts que nous donnons ensemble, nos points de repère s’affinent, ce qui ne veut pas forcément dire que nous donnons la même performance tous les soirs. Ça peut parfois paraître rigide, mais rien n’est calculé en amont. Notre complicité est tout à fait naturelle ! 

« C’était la première fois que je voyais mon groupe dans un tel état de stress »

En ce qui concerne les prises-son, vous l’avez directement travaillé depuis la console ? Comment avez-vous procédé ? 

Oui, nous avons tout récupéré depuis la console, et c’est Michele, dans son studio en Italie, qui a mixé le DVD. Forcément, on avait notre ingénieur-son pour le live, mais par la suite, il a fallu tout remixer par-derrière. 

Comment êtes-vous parvenus à retranscrire l’énergie-live que vous dégagiez sur scène ? 

On n’a pas voulu tomber dans le piège de surproduire le live. Ce n’est pas un album-studio, donc nous avons fait en sorte de garder des sons d’ambiance, des sons de micros. Album live oblige, on a voulu garder ce côté direct, brut, « live », naturel… Par contre, nous avons eu du mal à donner assez de place à l’orchestre, sans qu’il déborde sur le groupe. Mais finalement, je pense qu’on a trouvé le bon équilibre. Peut-être que certains nous reprocherons de ne pas l’avoir assez mis en avant, mais finalement, je trouve que l’ensemble rend bien hommage à tout le travail qui a été fourni par les deux parties. 

La sortie de ce « live » tombe pile au bon moment. Pour nous, c’est un peu notre lot de consolation en cette année 2020 tristement pauvre en concerts… Comment perçois-tu cette sortie ? D’ailleurs, il me semble que vous avez donné votre tout dernier concert dans le cadre du festival Heaven Or Hell au Mexique. Si je ne m’abuse, l’ambiance était assez particulière, puisque les groupes annulaient les uns après les autres…

On était en pleine tournée américaine. Et on suivait un peu la situation de loin, vu que Michele est italien, et que son pays a été l’un des premiers pays durement touché par la pandémie. Et plus on s’informait, plus on s’inquiétait… L’Italie commençait à fermer ses restaurants, et tout ce qui s’en suit… ce qui n’était pas encore le cas en France. Finalement, l’inévitable arrive, donc, il nous a fallu prendre les bonnes décisions au bon moment, trouver les billets pour rentrer chez nous. C’était vraiment surréaliste comme situation ! 

Pour ce qui est du concert en lui-même, c’est pareil. Il était assez surréaliste dans le sens où une partie des groupes européens avaient déclaré forfait. Finalement, nous nous sommes produits juste avant Manowar, parce qu’il n’y avait plus aucun groupe après ! On ne comprenait pas trop ce qui se passait… On était vraiment dans un autre état d’esprit, et les gens étaient conscients que c’était la dernière fois qu’il voyait des groupes se produire devant un public sans masque. Aujourd’hui, c’est une réalité qui nous paraît extrêmement lointaine… 

Pour finir, saurais-tu me donner des indications au sujet du successeur de Wanderers ? 

Le prochain album s’inscrira dans la continuité de Wanderers. On sera toujours dans cette idée de voyage, mais cette fois-ci, nous ferons notre « shadow-work » et irons à la rencontre de nos facettes les plus sombres, celles qui nous font souffrir. Ainsi, je dirais que le prochain album sera plus lourd, plus symphonique, mais également plus riche nos choix d’harmonie. D’ailleurs, c’est la première fois que Michele et moi-même travaillons ensemble sur les morceaux, du début jusqu’à la fin… Pour Wanderers, il était arrivé à la toute fin du processus d’écriture, mais, cette fois-ci, il peut collaborer pleinement et participer à cette nouvelle symbiose musicale qui nous unit au sein de Visions Of Atlantis


Visions Of Atlantis, c’est : 

Thomas Caser : Batterie 

Clémentine Delauney : Chant 

Herbert Glos : Basse 

Christian Douscha : Guitare 

Michele Guaitoli : Chant 

Discographie : 

Eternal Endless Infinity (2002)

Cast Away (2004) 

Trinity (2007)

Delta (2011)  

Maria Magdalena (EP-2011) 

Ethera (2013) 

Old Routes – New Waters (EP-2016)  

The Deep & the Dark (2018) 

The Deep & the Dark Live @ Symphonic Metal Nights (Live-2019)   

Wanderers (2019) 

A Symphonic Journey to Remember (Live-2020)   

A propos de l'auteur

Axl

Rédacteur en chef d'Heretik Magazine

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