Au moment-même où nous achevons la retranscription de notre interview, nous apprenons le départ de Deen Castronovo, le batteur de The Dead Daisies, pour des raisons qui n’engagent que lui… Et c’est bien dommage, car la nouvelle mouture du super-band américain (avec Glenn Hughes au chant et à la basse, s’il vous plaît !) vient tout juste d’accoucher du superbe Holy Ground, le type même d’album capable de réconcilier n’importe quels fans de Hard Rock ! À l’occasion de sa sortie, la rédaction d’Heretik Magazine a saisi l’opportunité de rentrer dans les détails avec Doug Aldrich, le guitariste de la formation. 

Propos de Doug Aldrich (guitare) recueillis par Axl Meu


Quel bilan tires-tu de 2020 ? Comment as-tu vécu la crise sanitaire de ton côté ? 

C’était difficile, vraiment. Ma femme a été atteinte de la COVID-19, mais par chance, je ne l’ai pas eu, ni moi, ni mes enfants. Vraiment, 2020 n’a en rien été une année comme les autres. Quand je repense à tout ce que l’on a vécu, la fermeture des écoles, des commerces, des restaurants, des salles de concert… C’était vraiment difficile. En ce qui me concerne, quand ma femme était couchée, j’ai dû accumuler plusieurs casquettes, et clairement, ça n’avait rien d’une partie de plaisir. Et personnellement, à un moment, je m’étais dit : « Mais que vais-je faire si je l’attrape, moi ? Comment vais-je faire ? »…

Oui, 2020 a été une année terrible pour tout le monde, surtout pour les gens qui bossent dans le secteur de l’événementiel, les musiciens et les autres. Beaucoup ont oublié à quel point la musique était importante pour la santé mentale. Mais bon, pour que tout revienne à la normale, il nous faut collaborer tous ensemble, ne pas être égoïstes, le cas inverse, la situation ne fera que s’empirer jour après jour. Aujourd’hui, tous nos espoirs reposent sur les vaccins qui seront développés… Et une fois que nous aurons développé une immunité collective, nous pourrons repartir en tournée. 

La bonne nouvelle, c’est que The Dead Daisies est sur le point de sortir un nouvel album, c’est Holy Ground. Ce n’est pas n’importe quel album, puisque Glenn Hughes chante et joue de la basse dessus ! D’ailleurs, il remplace Marco Mendoza et John Corabi… Pourquoi ces deux membres emblématiques s’en sont-ils allés ? 

John Corabi était arrivé dans le groupe un peu avant moi, pour l’album Revolución (2015, ndlr), moi, je suis arrivé pour Make Some Noise (2016, ndlr), puis nous avons enchaîné les tournées encore et encore. Puis Burn It Down est paru dans le bacs, ce qui nous a amenés à reprendre la route une nouvelle fois… Pour John, ça commençait vraiment à faire beaucoup. Je pense qu’il avait besoin de faire un « break », surtout qu’à côté, sa carrière solo lui prenait beaucoup de son temps également. D’ailleurs, il devait également s’occuper de la promotion de son nouvel album « live », Live 94 (One Night in Nashville) où est à l’honneur le répertoire qu’il a écrit avec Mötley Crüe. C’est un gars très impliqué, mais je pense qu’il voulait pleinement se consacrer à sa carrière-solo… 

C’est la même chose pour Marco, sa carrière-solo lui prenait aussi un temps fou. Quand il ne tournait pas avec nous, il était sur la route avec son groupe. C’est la raison pour laquelle nous avons commencé à évoquer certaines options, notamment celle d’engager Glenn Hughes pour qu’il assure à la fois la basse et le chant. Il a accepté. Et pour nous, c’est un peu comme si The Dead Daisies fonctionnait à la manière de Deep Purple. Dès qu’un ou plusieurs membres du groupe s’en allaient, le groupe changeait d’ère. Après, jamais nous ne renierons l’apport de Marco et de John… Ils seront toujours les bienvenus dans le groupe ! On ne sait pas de quoi l’avenir sera fait. En tout cas, pour le moment, depuis que Glenn est avec nous, je dirais que The Dead Daisies a pris du galon ! 

Étant donné que Glenn Hughes a sa personnalité bien à lui, ainsi qu’une identité vocale bien établie, comment avez-vous fait pour que Holy Ground ne sonne pas comme un de ses énièmes efforts solo ?

Je vois ce que tu veux dire… La voix de Glenn est reconnaissable entre mille, pareil pour sa façon de jouer de la basse ! Mais quand tu écoutes Holy Ground, tu retrouves les « gimmicks » de base des Dead Daisies, celles que le groupe avait établies quand Darry Jones était à la basse en 2013… Mais il est vrai que depuis que Glenn est à la basse et au chant, le groupe peut aborder de nouvelles sonorités. C’est tout naturellement que je me suis à la quête d’idées de riff qui lui plairait, que j’ai par la suite présentées à David (Lowy, guitare rythmique, ndlr). Après, Glenn est un sacré songwriters… Je connais énormément son talent, que ce soit en solo, ou bien avec Black Country Communion, il apporte toujours quelque chose qui fera la différence dans le morceau.

C’est la même chose en ce qui concerne les textes qu’il écrit, ils sont libres ! Il invite tout simplement celui qui écoute le morceau à construire sa propre interprétation de la chose. À l’inverse de te dire, « ce morceau parle de ça », lui, il préférera utiliser des expressions aux sens multiples, comme Holy Ground, qui – à sa première lecture – pourrait évoquer la Terre Sainte. Mais non, pour lui, ça peut évoquer tout un tas d’autres choses, comme le fait de se sentir bien avec son instrument, ou je ne sais quoi ! 

« Désormais, la chose à laquelle j’aspire le plus, c’est de partir en tournée pour défendre Holy Ground sur scène »

D’ailleurs, le côté « Flower Power » assigné à la pochette est-il de lui ? 

Non, non. Je pense que c’est une idée de notre management qui nous a conseillés d’avoir un nouveau logo… C’est simple, il a engagé un graphiste pour l’imagerie… Et nous avons tout simplement adoré son travail, la raison pour laquelle nous l’avons utilisé ! C’est aussi simple que ça ! 

Revenons à la composition. Tout à l’heure, tu m’as dit que tu réfléchissais en fonction du timbre vocal du chanteur. Est-ce que tu peux m’en dire plus ? 

C’est simple. Quand je travaille pour un chanteur, je dois composer pour lui, je m’adapte. Par exemple, pour David Coverdale et Whitesnake, je me suis beaucoup inspiré de ses travaux précédents comme « Fool For Your Loving » (Nous sommes en visio. Il prend sa guitare et exécute quelques riffs du morceau cité, ndlr) et suis arrivé avec des morceaux comme « Good To Be Bad », avec ce type de riffs qui donnent envie de bouger ! Quand je pense à Glenn, c’est peu différent. Je sais que mes riffs sonneront d’une manière un peu plus « groovy », un peu plus « funky ». En tout cas, c’était inspirant de l’avoir à mes côtés pour composer. Nous avons passé beaucoup de temps à échanger sur les riffs, et à chaque fois, il arrivait à interpréter mes idées de telle sorte que ça sonne mieux ! 

Holy Ground propose une reprise bien sympathique du classique de Humble Pie, « 30 Days in the Hole ». Quelle était l’idée derrière cette reprise ? 

En général, notre management nous propose de reprendre quelques morceaux… Mais cette fois-ci, je ne sais plus trop qui est arrivé avec cette idée de reprise. Nous avons donc retravaillé ce morceau de sorte à nous l’approprier, en dispatchant les paroles entre Glenn et Dee (Castronovo, batterie, ndlr) et en accordant ma guitare en « Open C Tuning ». Au départ, je n’étais pas tellement sûr du résultat final, mais finalement, je trouve que nous avons à la fois fait honneur à Humble Pie et au style de The Dead Daisies

Était-ce difficile pour vous d’enregistrer l’album pendant la crise sanitaire ? 

Holy Ground a été mis en boite avant le début de la crise. Nous l’avons enregistré dans le sud de la France, à Marseille, au studio de La Fabrique, puis nous sommes rentrés aux États-Unis, pour le faire mixer à Los Angeles au mois de février.  

Avec quelles guitares as-tu enregistré ce nouvel album ? 

J’ai principalement utilisé ma Gibson Les Paul Gold Top 57’… J’ai embarqué beaucoup de guitares avec moi à Marseille, notamment une des Stratocaster que j’utilisais beaucoup avec Ronnie James Dio et que j’utilise encore avec Glenn Hughes. J’ai aussi pris une Telecaster, car elle fait le job quand je dois opter pour certaines sonorités « Fuzz ». Mais comme je te disais à l’instant, j’ai surtout utilisé ma Gibson Les Paul Gold Top. Pour ce qui est des pédales d’effets, j’ai pris ma Majic Box Rocket Fuel… Elle est vraiment très cool ! 

De ta carrière, on se souviendra surtout de ta collaboration avec Whitesnake et Dio, entre autres ! Désormais, quels sont tes plans à court et à long terme ? 

Personnellement, désormais, la chose à laquelle j’aspire le plus, c’est de partir en tournée pour défendre Holy Ground sur scène. C’est vraiment mon objectif pour l’année à venir. Reprendre les concerts comme avant… En tout cas, nous avons adoré le mettre en boite. Je pense que, plus les fans l’écouteront, plus ils se rendront compte du travail nous avons fourni. Nous avons eu la chance de nous rassembler et de répéter pendant dix jours ces derniers temps, et vraiment, quand les morceaux sont interprétés « live », ils sonnent encore mieux ! Donc, tu t’imagines à quel point nous avons hâte de présenter ce line-up ! Nous n’en pouvons plus de rester à la maison à attendre que les choses se passent ! 

Ma dernière question portera sur ta participation sur le deuxième volume d’United Guitars, le projet lancé par Ludovic Egraz. Comment avez-vous été amenés à travailler ensemble ? 

C’était vraiment intéressant ! Et clairement, ça a été un honneur pour moi que de jouer sur cet album. C’est simple. On m’a tout simplement envoyé la piste sur laquelle je devais jouer, puis enregistrer mon solo en « one shot ». Ça m’a vraiment donné du fil à retordre, car, en plus de devoir assurer le solo et de filmer ma performance, j’ai dû adapter mon style sur des idées typées Jazz/Fusion, ce que je n’avais jamais fait par le passé !


The Dead Daisies, c’est : 

Glenn Hughes : Chant, basse 

Tommy Clufetos : Batterie 

David Lowy : Guitare 

Doug Aldrich : Guitare 

Discographie : 

The Dead Daisies (2013)

Revolución (2015)

Make Some Noise (2016)

Burn It Down (2018)

Locked and Loaded : The Covers (2019)

Holy Ground (2021)

A propos de l'auteur

Axl

Rédacteur en chef d'Heretik Magazine

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