L’annonce de leur rupture a fait l’effet d’une bombe pour les fans du trio brésilien. Nervosa après dix années de line-up stable et iconique, a volé en éclats sans prévenir. Prika Amaral, la tête pensante, n’ a pas tardé à annoncer de le groupe entre dans une nouvelle ère. Le trio devenu quatuor se compose donc de Mia Wallace, d’Eleni Nota et de Diva Satanica. C’est avec cette dernière que nous nous sommes entretenus pour parler du nouveau méfait à venir Perpetual Chaos. 

Propos de Diva Satanica (chant) recueillis par Thomas Deffrasnes


Comment se sont passés tes premiers pas chez Nervosa, et l’enregistrement de l’album ? 

Lorsque nous avons annoncé le nouveau line-up en mai, nous travaillions déjà depuis trois mois ensemble sur ce nouvel album. En août, nous avons commencé à enregistrer à Malaga en Espagne. C’était une période très intense, car nous n’avions pas beaucoup de temps, et surtout nous ne nous étions jamais rencontrés toutes ensemble auparavant. C’était donc un peu déstabilisant de travailler avec des musiciennes d’exception, mais pour autant inconnues. Difficile au début, mais nous sommes devenue une famille, soudée et complice. Autant pour la musique que dans nos vies privées. C’était une expérience formidable. 

Il y a d’ailleurs un making-of de l’album sous forme de documentaire sur Youtube en plusieurs épisodes, qui nous montre votre rencontre et la conception de l’album. 

Nous avons pensé que due à la façon particulière dont le groupe s’est formée, il était intéressant de donner au public une idée de qui nous sommes et de comment nous avons établi nos relations et notre travail de musicien ensemble. Ca permet aussi de mieux appréhender cette nouvelle ère du groupe. C’est assez fun finalement, et pour nous, c’est un souvenir extraordinaire. 

C’est vrai que les groupes résultent d’une amitié autour duquel se construit un groupe. Pour vous ça a été le processus inverse. Mais tu connaissais Prika Amaral puisque vous aviez déjà partagé une scène. 

Mon groupe Blood Hunter était chargé de la première partie de Nervosa l’année dernière sur les tournées Espagnole. Nous n’avions pas eu beaucoup de contact. Le rythme soutenu nous imposait d’aller de ville en ville, d’hôtel en hôtel etc… Nous rapports étaient limités à « salut, ça va ? ». C’était très (trop) professionnel. Mais quelques mois, après, j’ai reçu un message de la part de Prika. Quelle fut ma surprise ; en plein confinement. C’était une proposition d’audition, totalement informelle envoyée via Instagram. J’étais loin de m’attendre à ça : « Woah, Prika Amaral m’a envoyé un message ! ». Rien n’était supposé arriver en raison de pandémie. Tout était au point mort ! Rejoindre ce groupe, c’était un rêve pour moi qui suis fan : j’adore le propos autant que la musique. Le groupe à d’ailleurs eu une grande influence dans mon parcours de vocaliste. 

C’était donc une construction d’album à distance, comme l’an 2020 l’exige. Comment le procesus de composition s’est-il déroulé ? 

Prika avait déjà des chansons toutes prêtes. Mais par la suite, elle a commencé a nous envoyer des idées de riffs, et chacun de nous a apporter sa touche. Soit en les complétant, ou en les retravaillant. Concernant les paroles, parfois Prika m’appelait en disant  » hey j’ai regardé tel film, et j’aimerai qu’on discute de ce sujet… ». Ca nous a ouvert des angles de réflexion et donné de l’inspiration pour rédiger les textes. Nous avons chacune travaillé avec notre approche et notre technique, mais le résultat est là ! Je pense que ça contribue à ce ce que l’album soit frais, et non redondant. 

Ainsi, que nous raconte Perpetual Chaos ? 

C’est une sorte de compilation de tout ce que l’humain est et à fait sur cette Terre. On y traite des guerres, la cause animale, du suicide, mais à travers des perspectives encourageante pour entretenir l’espoir et le combat. On sait que c’est le bordel, mais on a un cap et on espère que le meilleur est à venir. 

« Rejoindre ce groupe, c’était un rêve pour moi qui suis fan : j’adore le propos autant que la musique. »

Dans cet album, des titres sortent du lot. Je pense à « Genocidal Command » ou encore « Rebel Soul », sur lesquels apparaissent des guests. 

Nous avons invité Schmier de Destruction, qui est un très bon ami de Prika. C’était intéressant de travailler avec une figure de la scène metal qui a déjà de l’expérience et une réputation. C’est plus qu’une collaboration. C’est une vraie chance, mais aussi un rêve puisque Destruction a été une inspiration capitale pour chacune d’entre nous. Sur « Rebel Soul » c’est Erik A.K de Flotsam and Jetsam qui prête son chant. C’est une voix beaucoup plus Rock avec une touche un peu plus classique pour un rendu plus mélodique. C’est sympa d’avoir différentes approches sur les chansons, pour donner du relief aux titres et surtout proposer quelque chose de nouveau. 

Avant Nervosa était un groupe exclusivement brésilien. Désormais, c’est un mix de nationalités. Les inspirations, ne viendrons plus que d’Amérique Latine, mais aussi d’autres parties du globe… 

Nervosa a effectivement parlé dans ces textes précédents des situations politiques difficiles au Brésil et plus largement en Amérique Latine. Mais aussi des sujets sociaux comme le viol avec « Cultura Do Estupro ». Mais nos origines permettent d’élargir le spectre et dans mon cas d’évoquer aussi la situation critique en Espagne. Mon pays est très corrompu, et nous rencontrons beaucoup de situations politiques, sociales et économiques difficiles. Je pense qu’ainsi, nous avons toute un sujet à dénoncer. Il n’est pas difficile d’observer certaines similarités entre l’Europe du Sud et l’Amérique du Sud. 

Cette question est celle qui doit faire grincer des dents, mais elle est capitale à ce stade de noter échange. Qu’est-ce qui a poussé l’ancien line-up de Nervosa à la rupture ? 

Je ne les connais pas personnellement, mais selon les explications de Prika, après dix années ensemble, les relations en tournée se sont dégradées, et les ambitions n’étaient plus les mêmes. Fatiguées par ses problèmes, elles ont décidé de se séparer. 

Tu es nouvelle sur la scène internationale du Metal. Ca n’enlève rien à toute l’expérience que tu as accumulé avec ton précédent groupe Blood Hunter. En revanche, Fernanda Lira était une frontman charismatique, et prendre sa place n’est pas une simple affaire… 

Chaque fois que nous nous imaginons jouer ensemble sur scène nous sommes folles (rires). Les répétitions on d’ailleurs permis d’affranchir le jeu de scène et je pense me sentir assez à l’aise. C’est vrai qu’il me manque l’énergie de la foule, qui est un point important pour lâcher prise et être totalement transcendée de la musique qu’on joue. Mais je peux déjà ressentir à travers les chansons qu’on joue, une effervescence contagieuse. J’espère sincèrement qu’on pourra se produire prochainement. 

Tu es très investie dans la musique par ailleurs, à travers divers projets et expérience… 

Oui, un peu comme vous, j’écris pour un magazine qui s’appelle La Heavy, et qui a bonne réputation ici en Espagne. J’avais envie de pouvoir parler d’un sujet qui me passionne et qui m’anime chaque jour. Je suis loin d’être une journaliste, mais j’aime m’essayer à cet exercice, que ce soit a travers des interviews ou donner mon ressenti sur un album. Ca permet aussi de se tenir aux faits, car l’actualité musicale est très abondante. J’apprécie vraiment ce job, que je continue même si Nervosa demande beaucoup de temps. 

Et en 2017, tu as participé à La Voz, la version espagnole de The Voice. 

C’était impressionnant, mais aussi une chance de proposer un chant qui n’est pas forcément très représenté dans ce genre d’émission. Les gens ont été étonnement très réceptifs et m’ont porté loin dans cette aventure. Ça a aussi été un tremplin pour mon groupe Blood Hunter


Nervosa, c’est :

Prika Amaral : Guitare 

Mia Wallace : Basse 

Eleni Nota : Batterie 

Diva Satanica : Chant 

Discographie : 

Victim Of Yourself (2014)

Agony (2016)

Downfall of Mankind (2018)

Perpetual Chaos (2021)

A propos de l'auteur

Axl

Rédacteur en chef d'Heretik Magazine

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.