Il avait fait grand bruit dans les Hauts-de-France lorsqu’ils avaient foulé les planches du In Theatrum Denonium le 4 mars 2017… Et cette année, Harakiri For The Sky nous présente un nouvel ouvrage intitulé Mære. Le groupe reste fidèle à ses thématiques : suicide, dépression, introspection et constat du monde. Mais cet opus nous réserve quelques surprises. Nous avons donc discuté avec M.S, l’un de ses géniteurs, pour en savoir plus… 

Propos de M.S (guitare, basse, batterie) recueillis par Thomas Deffrasnes 


Que nous raconte ce nouvel opus ? 

Mære est une vieille créature issue du folklore germanique. Il y a une réelle mythologie qui entoure cette bête. Elle fait référence aux cauchemars, et ainsi, nous avons pensé qu’il s’agissait là d’une belle métaphore pour illustrer nos paroles qui, elles, évoquent les mauvais souvenirs et les événements qui nous hantent. 

Tu parles de métaphore, est-ce aussi cela qui justifie les animaux sur chacune de vos pochettes ? 

C’est aussi lié à nos paroles en effet. Ça a commencé par un pur hasard, mais on s’est aperçu de la dimension artistique qui résidait en ces figures animales. Ainsi, le Loup sur cet album démontre qu’importe la masque ou l’attitude que l’on présente, parfois il vaut mieux laisser rugir la bête qui sommeille en nous. Nous sommes en perpétuelle tension, nous n’avons pas garder en plus dans nos entrailles des émotions aussi intenses. Il y a des nombreuses interprétations. À la lecture des paroles, l’auditeur peut croiser les propos et se forger sa propre idée. 

Par ailleurs, cet album semble plus pensé pour le live que ses prédécesseurs. Avec par exemple des introductions moins longues. 

Oui, nous rencontrons des problèmes de timing avec nos setlists, car les morceaux sont introduits par de longues partie éthérée. Par conséquent, il est délicat de proposer tous les morceaux que l’on aimerait jouer. On a pris l’habitude de raccourcir nos introductions sur scène pour se dégager du temps. Alors effectivement, bien que ça soit inconscient, nos nouveaux titres s’affranchissent de longs préludes pour directement attaquer les riffs plus intenses. Ainsi, ce nouvel album est bien plus adapté aux lives.

Il y a aussi des guests de marque sur cet album, Neige d’Alcest ou encore la voix anonyme de Gaerea… 

Alcest était l’une des inspirations principales d’Harakiri For The Sky. Neige (chant, guitare) est un musicien incroyable avec une voix d’exception. On s’est rencontré il y a plusieurs années déjà, loin de toutes collaboration musicale. Mais ce titre « Sing For The Damage We’ve Done » pouvait entrer en parfaite symbiose avec lui. Il a accepté à notre plus grand plaisir. 

« Avec Mære, notre style s’est précisé et nos influences se sont élargies »

Puis, c’est aussi un honneur de recevoir la voix infernale du mec de Gaerea. Et encore une fois, c’est loin d’être une rencontre professionnelle. Ma copine était à l’époque en étude au Portugal. Il s’avère qui Gaerea n’avait pas la notoriété qu’il connaît aujourd’hui. Nous nous sommes rencontrés là-bas, et à présent les mecs ont sorti l’un des albums le plus prodigieux de la décennie. J’adore cette voix, et partager un titre avec un bon pote était une superbe idée. 

Et sans doute cette amitié qui vous a amené à programmer une tournée avec Gaerea et Schammasch, reportée pour 2022 (avec un passage à Courtrai, au Kreun, le jeudi 3 février, ndlr). Peut-on espérer voir ce mysterieux chanteur partager la scène avec Harakiri For The Sky pour ce morceau ? 

C’est un peu tôt pour l’affirmer. L’idée est là effectivement, mais nous profitons d’abord du temps qui nous ait donné pour peaufiner notre setlist. On ne promet rien, mais ce n’est pas exclu…

Vous avez réalisé un clip ambitieux pour la piste « Sing For The Damage We’ve Done ». C’est presque un court-métrage…

Lorsqu’on était au studio pour enregistrer, on commencer à voir notre musique se dessiner, devenir un relief. Et tu sais comment se passe les enregistrements, c’est aussi un moment d’extase artistique. Et j’ai vu dans ce titre une possible histoire. J’en ai parlé à notre superviseur, et il a trouvé l’idée tout à fait intéressante. Alors on a créé une histoire qui complimente notre musique : la dualité dans nos personnalités, de notre inconscient, dans nos choix… Comme nos titres sont longs, nous avons vu les choses en grand ! D’ailleurs bien des scènes ont étaient improvisées sur le tournage. 

En termes de composition, c’est toi qui te charges de tout ! 

J’écris toute la musique et les paroles sont écrites par J.J. (chant, ndlr). En revanche, en studio, c’est Krimh de SepticFlesh. Je lui envoie les parties de batterie, et il sublime notre musique avec son jeu. Puis, c’est moi qui enregistre tous les autres instruments. 

Ainsi, on peut espérer qu’il se joigne à vous sur scène ? 

Je ne pense pas. SepticFlesh est un groupe très demandé et ils ont un emploi du temps très chargé. Je pense que Krimh aurait vite fait son choix entre nous et son groupe. Nous avons un très bon batteur live, un très grand ami : ça nous suffit ! 

Peut-on dire que c’est l’album de la maturité finalement ? 

Je pense qu’avec toute l’expérience acquise et le savoir-faire que l’on a développé, nous pouvons naturellement dire que cet opus est le plus élaboré que nous ayons sorti à ce jour. Avec Mære, notre style s’est précisé et nos influences se sont élargies : Indie Rock, Grunge… Nous aimons essayer les choses nouvelles ! 


Harakiri For The Sky, c’est : 

J.J. : Chant

M.S : Tous les instruments 

Discographie : 

Harakiri for the Sky (2012)   

Aokigahara (2014) 

III: Trauma Full-length (2016) 

Arson (2018) 

Mære (2021)

A propos de l'auteur

Axl

Rédacteur en chef d'Heretik Magazine

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