Fer de lance de la scène Metal hexagonale « nouvelle-génération », précurseur de l’Autruchcore (et oui !), Psykup a toujours su marquer les esprits par le biais d’albums expérimentaux, bourrés en adrénaline. D’ailleurs, les retours dans les Hauts-de-France sont assez unanimes à ce sujet. Qui ne se souvient pas avec nostalgie de la branlée monumentale que les Toulousains nous ont mise dans le cadre du BetiZFest en 2018 ? Bref, vous l’aurez compris, nous ne nous sommes pas faits attendre quand il a fallu interroger Brice Sansonetto, le batteur de la formation, à l’occasion de la sortie de HELLO KARMA!, son cinquième album ! 

Propos de Brice Sansonetto (batterie) recueillis par Baldric Auvray


Vous revenez avec un nouvel album Hello Karma!. C’est votre deuxième album depuis votre reformation en 2016. Pourquoi, à ce moment-là de votre carrière, aviez-vous décidé de remettre la machine en marche ? 

En fait, tout est parti de l’anniversaire de notre agence de production. Elle fêtait ses dix ans à ce moment-là, ce qui nous a poussés à rejouer ensemble après six ans d’absence. C’est aussi à ce moment qu’on a décidé de rééditer notre premier album Le Temps De La Réflexion, qui est en quelque sorte l’album phare du groupe… Le ressortir, ça nous a tout naturellement donné envie de remettre le couvert sur la durée. On a sorti un album en 2017  Ctrl+Alt+Fuck. Et désormais, on s’apprête à sortir notre cinquième album.

En parlant « réédition », comptez-vous rééditer l’Ogre et la Proie et We Love You All ?

On aimerait bien oui, en vinyle. Mais le problème c’est l’argent, pour l’instant nous n’avons pas les moyens et c’est pour ça que nous nous sommes focalisés sur notre premier album, celui qui a le plus marqué les gens. Donc peut être à l’avenir, mais pour le moment le plus l’important, c’est d’avancer, de proposer de nouvelles choses.

Vous voilà donc avec votre nouvel opus, votre 5ème, c’est Hello Karma!. Doit-on le concevoir comme une suite logique à Ctrl+Alt+Fuck?

Alors oui, complètement. En fait, pour l’album We Love You All, on était partis très loin, trop loin, dans les expérimentations. Et avec le recul, on s’est rendu compte que ça rendait l’album un peu indigeste. Donc, quand on a recommencé à jouer ensemble, on s’est mis d’accord sur l’idée qu’il fallait composer une musique plus épurée, plus efficace. Mais je vous rassure, l’ensemble est loin d’être « radio-friendly » (rires). Tout ça, on s’en fiche un peu… On n’est pas concernés par ça. Quand tu fais du Metal en France, tu n’intéresses pas les médias classiques.

Avec Ctrl+Alt+Fuck, l’idée était d’avoir quelque chose de plus digeste, qu’on prendrait tout simplement plaisir à écouter… on est restés dans cette même optique pour Hello Karma!. Nous n’avons pas oublié les côtés « bourrin » et mélodique que nous avions développés sur les autres albums. Par exemple, on y retrouve toujours ce travail sur les harmonies vocales et ce « groove » qu’on nous connaît.

Vous avez sorti le single « Nice To The Bone » avec Julien Truchan (Benighted). Comment cette collab’ s’est-elle goupillée ? 

Déjà, il faut savoir que notre « Juju » à nous (Julien Cassarino, Guitare, ndlr), notre guitariste et compositeur principal est très copain avec Julien, le chanteur de Benighted. Il lui a simplement demandé de chanter sur ce morceau. Bien sûr, on lui a demandé de chanter sur le moment de la chanson qui correspond plus à son style, tu sais, le moment qui trace bien. (Rires) Mais voilà, en fin de compte, ça s’est simplement fait par affinité. On l’a invité parce qu’on l’aime beaucoup. C’est tout ! 

« Avec « Ctrl+Alt+Fuck », l’idée était d’avoir quelque chose de plus digeste, qu’on prendrait tout simplement plaisir à écouter… on est restés dans cette même optique pour Hello Karma! »

L’album a été enregistré au studio La Vache et au Tillas studios, deux studios situés à Toulouse, votre ville d’origine. J’imagine que cela vous tenait à cœur d’enregistrer à domicile ! 

Tout d’abord, il y a un aspect financier… Tu es sur place, donc ça coûte forcément moins cher. On avait déjà assuré les prises de batterie au Studio La Vache pour Ctrl+Alt+Fuck. Beaucoup de groupes font ça de nos jours, ils enregistrent les parties chez eux, à domicile, et puis ils envoient ça à un gars pour qu’il te les mixe. Tu le choisis par affinité, c’est toujours pareil, il faut que son travail te plaise, mais aussi qu’il soit accessible financièrement. 

Pour cet album, nous avons confié le travail à Fred Duquesne (Mass Hysteria, ex-Bukowski, ex-Watcha) qui travaille sur Paris. Pour ce qui est des guitares, elles ont été enregistrées dans la chambre de Victor (Minois, guitare) en vue de « ré-amper » tout ça dans un vrai studio, ce qu’il nous a été impossible de faire à cause du confinement. Et ça, c’est vraiment terrible ! (rires).

Pour les voix, c’est pareil, on est allés au studio La Vache une nouvelle fois, parce qu’on s’y sent bien et qu’on s’entend particulièrement bien avec son staff. Mais, le confinement est arrivé en plein milieu de l’enregistrement des voix… Donc, on a dû écourter notre séjour. Nous n’y sommes restés que trois jours sur huit prévus. C’était assez « short », mais il fallait que l’on finisse l’album coûte que coûte, mais je trouve qu’on s’en est plutôt bien sortis.

La rédaction se souvient avec nostalgie des concerts que vous avez donnés dans notre région, dans le cadre du BetiZFest à Cambrai, au Poche de Béthune… Aimez-vous vous produire dans les Hauts-de-France ? 

On se rend régulièrement dans le Nord, souvent, c’est du côté de Valenciennes. La région des Hauts-de-France est bien plus « Metal » qu’ici chez nous, dans le Sud-Est, ce qui fait du nord un passage obligatoire quand nous partons en tournée. Et comme il y a une demande beaucoup plus forte, on ne se pose pas trop de questions, on signe !

Quels sont vos projets pour 2021 ?

Comme tout le monde, on aimerait que les concerts reprennent… On va commencer notre tournée avec le protocole actuel : distanciation, port du masque… Et comme tu peux le concevoir, dans ces conditions-là, c’est un peu compliqué, ce n’est pas toujours très encourageant… Mais bon, au bout d’un moment, on s’est fait à l’idée qu’il fallait essayer de s’y remettre. L’inverse, il faudra attendre encore un an. On parle d’octobre minimum pour une reprise normale, et ça sous-entend : se déplacer librement, aller choper ta bière quand tu le souhaites. Pour le moment, on a une vingtaine de dates de prévues, dont quelques festivals en période estivale… Donc, j’espère que ça va pas se casser la gueule une nouvelle fois, mais bon entre le couvre-feu et les variantes du virus, on est loin d’être sortis d’affaire ! 


Psykup, c’est :

Julien Cassarino : Chant, guitare    

Matthieu Miegeville : Chant    

Brice Sansonetto : Batterie, samples

Julian Gretz : Basse  

Victor Minois : Guitare

Discographie : 

   Sors La Tête (EP – 2001)

   Le Temps De La Réflexion (2002)

   Acoustiques & Remixes (EP – 2004)

   L’Ombre Et La Proie (2005)

   We Love You All (2008)

   Ctrl+Alt+Fuck (2017)

   Live In Bikini (Live – 2018)

   Hello Karma! (2021)

A propos de l'auteur

Axl

Rédacteur en chef d'Heretik Magazine

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