Mauvais « timing » pour Tribulation. Quelques jours après avoir révélé le contenu de son nouvel album, Where the Gloom Becomes Sound, Tribulation nous annonce le départ de Jonathan Hultén, l’un de ses principaux compositeurs. Un départ dont on se serait bien passé, d’autant plus que les Suédois ont accouché de l’une de leurs œuvres les plus abouties à ce jour… Nous avons fait le point avec Johannes Andersson, son chanteur/bassiste.

Propos de Johannes Andersson (chant, basse) recueillis par Axl Meu


Where The Gloom Becomes Sound arrive trois ans après Down Below… Que retenez-vous de l’ère « Down Below » ? 

Difficile à dire… Je dirais que Down Below nous a permis de consolider l’identité sonore de Tribulation. En tout cas, j’ai adoré le défendre sur scène, et sa campagne de promotion s’est très bien déroulée ! Néanmoins, je dois avouer que j’aurais préféré tourner davantage pour le défendre, au moins un an en plus. Mais le groupe a décidé de travailler sur un nouvel album, chose à laquelle je n’étais pas opposé.

Tribulation a quand même saisi de très belles opportunités ces dernières années en ouvrant notamment pour Ghost.

Oui ! C’est carrément le type de tournée à laquelle nous ne pouvons pas dire « non » ! Je veux dire, c’était comme une tournée des arènes, les salles étaient très imposantes, ce que nous n’avions pas encore fait par le passé ! Après, étant originaire du même pays que Ghost, je dois dire que nous les connaissons bien, enfin, que nous le connaissons bien ! (Sourire téléphonique)

Ce n’était pas la première fois que nous partions en tournée avec Ghost. Nous l’avions déjà fait l’année d’avant, mais cette nouvelle tournée était bien plus importante, bien plus imposante, bien plus longue ! Et je n’en garde que des bons souvenirs ! Tu sais, c’est pour cette raison que j’aime tourner. Je profite de chaque instant et ça me répond de répandre au maximum la bonne parole de Tribulation. Et c’est ce que nous avons fait dans le cadre de notre dernière tournée avec Ghost. Car il est clair que nos tournées en « headliner » ne sont en rien comparables !

Dernièrement, nous avons appris le départ-surprise de Jonathan Hultén, votre guitariste. Comment expliques-tu ce départ si soudain alors que le groupe s’apprête à sortir l’album ? Niveau-timing, on pouvait faire mieux…

Il n’y a jamais de bon « timing » pour annoncer le départ d’un ami, d’un proche, d’un frère. Là, en ce moment, je dois te dire que je ne me suis pas encore remis de son départ, mais c’est ainsi. Nous devons faire avec, nous devons assurer la campagne de promotion du nouvel album quoi qu’il en coûte, faire les photos promo’, clipper les morceaux, passer des interviews… En tout cas, je lui souhaite vraiment le meilleur pour les années à venir. Il n’y a aucune animosité entre nous ! Heureusement pOur nous, Tribulation a déjà retrouvé un nouveau guitariste, Joseph Tholl… Ça a été très vite, mais il nous faudra quand même du temps pour nous adapter.

Jonathan faisait-il transparaître une certaine lassitude à l’égard du groupe ? 

Oui, plus ou moins. Son départ ne m’a pas plus surpris que ça pour finir. Ces dernières années, il était assez distant et ça s’est particulièrement ressenti lors de nos dernières tournées. Il travaillait beaucoup dans son coin, sur son ordinateur. C’était peut-être un signe. Donc, quand j’ai senti la chose venir, je lui ai proposé de discuter à deux à ce sujet. Je lui ai tout simplement demandé pourquoi il était si distant. Je savais que son départ était imminent, mais bon. Si quitter Tribulation l’a soulagé d’un poid, c’est parfait. Ça n’aurait pas été cool pour les deux parties qu’il reste dans le groupe, car nous préférons que chaque membre soit impliqué à 100% dans le groupe. Donc, c’était la meilleure solution à prendre, et puis c’est tout ! 

Est-ce que tu peux me présenter Where The Gloom Becomes Sound ? Ses sonorités ? Ses différents aspects ? D’ailleurs, que devons-nous comprendre derrière ce patronyme si énigmatique ? 

Nous avons tiré le titre de l’album des paroles d’une des chansons du groupe de Dark Wave allemand, Sopor Aeternus & the Ensemble of Shadow (« Hades « Pluton’’ », ndlr). Ça faisait déjà un moment que cette idée me trottait dans la tête. D’ailleurs, j’aurais bien voulu le dernier album s’intitule ainsi, mais on avait opté pour « Down Below » à la place. Donc, j’ai attendu, et ce n’est que lorsque nous avons travaillé sur ce nouvel album que je suis revenu avec cette idée, car ça correspondait également, si ce n’est plus, à ce que les morceaux dégageaient.

Pour ce qui est de ce nouvel album, je dirais qu’il est plus « théatral », plus « poétique » que les autres ! Nous avons également gagné en attaque… Il faut dire que le travail qui a été mené en amont sur cet album a été fantastique sous tous les angles, car les personnes qui nous ont entourés ont vite compris quelle était l’identité sonore de Tribulation

« Au fil des années, Tribulation a réussi à mettre au point sa propre formule, en alliant des sonorités issues de la scène Gothique et d’autres issues du Rock classique. »

En écoutant cet album attentivement, je me suis rendu compte que les guitares avaient plus d’importances. C’est du moins ce que j’ai retenu du morceau « Hour Of The Wolf »…

Chaque morceau a sa propre personnalité ! Pour ce qui est de « Hour Of The Wolf », nous voulions tout simplement incorporer un petit côté « années 70’s »… Et je pense que nous sommes arrivés à nos fins. Mais oui, les guitares sont bien présentes sur ce morceau, et nous avons essayé d’élargir le champ des possibles avec cet album. Personnellement, j’ai une préférence sur les solos de guitares de Where The Gloom Becomes Sound par rapport à Down Below, mais cela n’engage que moi !

Étant donné que votre style ne cesse d’évoluer album après album, j’imagine qu’il est de même de vos sources d’inspiration… Vous inspirez-vous ouvertement de groupes comme The Sisters Of Mercy, Bauhaus, The Damned, Fields Of The Nephilim. 

Nos sources d’inspiration sont larges. Nous n’écoutons pas que de la musique « Goth »… Au fil des années, Tribulation a réussi à mettre au point sa propre formule, en alliant des sonorités issues de la scène Gothique et d’autres issues du Rock classique. Bien sûr, nous écoutons – et avons beaucoup écouté – les groupes que tu as cités… À côté, nous sommes également friands de l’architecture gothique, son design ! Enfin, tout cela enrichit notre imaginaire… C’est pareil pour les films que nous regardons, « Dracula » et ainsi de suite. Plus années passent, plus l’esthétique du groupe s’affine, et c’est très bien ainsi ! 

Tu lis également des livres en lien avec cette culture ? 

Adam (Zaars, guitare, ndlr) lit beaucoup de livres portant sur la Religion. D’ailleurs, il a étudié tous ces cultes… Jonathan, lui, se renseigne beaucoup également, mais lui, il s’intéresse surtout à la magie et à son univers et aux contes merveilleux…

Quid de la partie production de ce nouvel album ? Qui vous a épaulés pour l’enregistrement, le mixage, puis le mastering ? 

Comme je t’ai dit tout à l’heure, nous ne savons pas à quoi l’album ressemblera avant d’entrer en studio. Tout vient naturellement au fil des essais de pédales, d’amplis. Aussi, nous avons porté beaucoup d’attention à la batterie et à sa manière de sonner ! Par exemple, nous avons essayé pas moins de cinq caisses claires différentes avant de trouver celle qu’il nous fallait. Donc, je dois dire que, oui, nous sommes quand même assez pointilleux quand il s’agit de faire sonner nos instruments, mais bien sûr, c’est toujours le producteur qui arrange les choses à sa manière ! 

Pour la production, nous avons fait appel à un de nos amis, le très talentueux Jamie Elton du Studio Ryssviken. Lui, par exemple, il nous a donné tout un tas d’astuces pour embellir nos morceaux. Puis, nous avons confié l’ensemble Tom Delgety, que nous avions rencontré dans le cadre de notre tournée en ouverture de Ghost, pour le mixage. Malheureusement, puisqu’il vit en Angleterre, COVID-19 oblige, nous n’avons pas pu assister au mixage… Mais bon, tout s’est bien déroulé pour finir ! Ensuite, pour la partie « mastering », nous avons fait confiance à Magnus Lindberg… La cerise sur le gâteau ! 

Quid de la tournée prévue en compagnie de Mollasses et de Bölzer ? 

Pour le moment, il est vraiment difficile de positionner. Tout est à l’arrêt, et notre tournée européenne a été repoussée. Nous étions censés partir en tournée pour les mois de janvier/février, mais tout a été repoussé à septembre/octobre 2021… Mais à côté, nous n’avons rien de prévu. Bien sûr, nous pourrions prendre des initiatives par nous-mêmes pour essayer de nous produire, mais pour le moment, il est encore trop tôt pour organiser quoi que ce soit. On ne sait pas ce qu’il adviendra, et c’est assez difficile de positionner. Pour les festivals d’été, c’est pareil, la programmation est déjà prête depuis l’année dernière, et je croise les doigts pour qu’ils aient lieu, mais ce n’est vraiment pas gagné. On verra ! Tout dépendra du vaccin… 


Tribulation, c’est : 

Johannes Andersson : Chant, Basse 

Adam Zaars : Guitare

Oscar Leander : Batterie 

Joseph Tholl : Guitare

Discographie : 

Putrid Rebirth (EP-2006) 

The Horror (2009) 

The Formulas of Death (2013) 

The Children of the Night (2015) 

Down Below (2018)

Alive & Dead at Södra Teatern (Live-2019)  

Where the Gloom Becomes Sound (2021)

A propos de l'auteur

Axl

Rédacteur en chef d'Heretik Magazine

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