Vous attendiez des nouvelles de BullRun ? En voici ! La formation de Stoner Rock francilienne a profité de ces trois dernières années pour accoucher de son nouvel EP, Wilderness, un six-titres bien prometteur, plein de verve et de hargne ! En attendant que le trio ne se penche sur son album, Heretik Magazine s’est entretenu avec Gaël Berton, son guitariste.

Propos de Gaël Berton (guitare) recueillis par Axl Meu


Que s’est-il passé pour vous entre la sortie de Dark Amber et Wilderness ?  

Trois ans, ça a l’air de faire beaucoup, mais finalement, quand tu regardes de plus près, pas tant que ça ! Quand Dark Amber est sorti, nous avons décidé de donner un maximum de concerts et de composer quand nous le pouvions… Finalement, au fil des semaines, nous nous sommes rendus compte que nous étions en train de composr des morceaux relativement différents, et donc, pas mal d’idées sont partis à la poubelle. Par la suite, le groupe s’est fait « coacher » par l’équipe de l’Empreinte de Savigny-Le-Temple.

En février 2019, tous les idées étaient là, et il nous fallait tout simplement les mettre en place et les coucher en pré-prod. À la fin de l’année, le groupe commençait déjà à enregistrer des morceaux pour les sortir cette année (propos recueillis en décembre 2020, ndlr). Disons que nous avons pris le temps de nous trouver.

Comment en êtes-vous arrivés à ne conserver que six morceaux alors que vous aviez plein d’autres compositions ?

Ces six morceaux-là nous ont permis de trouver le juste-milieu entre ce que nous ferons à l’avenir et ce qui faisait déjà partie de l’essence du groupe, à l’époque de Dark Ambers. L’EP est, certes, plus « Metal », mais on retrouve quand même certains « lead » qui font penser au « sudiste » de nos débuts. Mais au départ, nous sommes partis sur quelque chose de beaucoup plus « metal ». Et avec le recul, je dirais que Wilderness est beaucoup plus abouti que Dark Ambers.

Le groupe s’est posé beaucoup plus questions et a recueilli des avis un peu partout pour aboutir au meilleur EP. En fait, notre producteur, Symheris, nous force souvent à repenser nos idées, à les voir autrement. En fait, on nous compare toujours à Metallica au niveau du son, et à ce niveau, je dirais clairement que Symheris, notre producteur, est un peu notre Bob Rock à nous. En plus de nous enregistrer, ils nous « coache » énormément. Donc, oui, nous prenons le temps de poser nos idées, surtout que je pense que l’on y gagne en qualité !

Je dois avouer que la ressemblance avec Metallica est palpable. J’imagine que ce n’est pas voulu, et que c’est venu naturellement...

C’est vraiment ce groupe-là qui nous a poussé à nous mettre à la musique quand on avait 12/13 ans… Personnellement, j’ai commencé à écouter Metallica avec Master Of Puppets, et je dois dire que j’ai pris une claque à l’époque ! Et pour ce qui est du côté « Metallica » auquel tu fais allusion, disons que nos influences finissent par nous rattraper et que l’on ne peut pas y échapper ! Après, c’est ce que nous aimons, c’est tout !

Quelles sont les thématiques abordées sur ce nouvel EP ?

La solitude, le repli sur soi, ce fameux confort qui nous aveugle… Et je dois dire que les thématiques abordées sont bien plus élaborées cette fois-ci. Ça se voit notamment sur la pochette. Celle de Dark Amber était beaucoup plus simple, alors que celle de Wilderness est bien plus élaborée, riche, construite sur plusieurs échelles de plan…

C’est Remy (Gohard, chant, basse, ndlr) qui s’occupe intégralement des paroles. On a des références culturelles similaires, notamment le cinéma, la littérature. Il est très « littérature », ce qui n’est pas forcément mon cas à moi. Il s’inspire également de sa propre vie, de son rapport aux autres, de ce qu’il observe. En général, quand il nous propose ses paroles, nous, on ne les retouche pas. Si c’est le cas, c’est seulement au niveau de la rythmique.

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« On nous compare toujours à Metallica au niveau du son, et à ce niveau, je dirais que Symheris, notre producteur, est un peu notre Bob Rock à nous »

Tout à l’heure, tu faisais allusion à la pochette de Wilderness. Avez-vous fait appel au même dessinateur ? 

Oui, c’est exactement le même dessinateur. C’est juste que nous lui avons fourni différentes pistes. Pour le premier EP, nous lui avions demandé de faire simple et épuré. Puis, pour celui-ci, nous lui avons exprimé notre désir de proposer quelque chose de plus grave. Un ton bleu comme la nuit… Nous lui avons donné deux/trois pistes, et il nous a sorti ça.

C’est un artiste, donc nous avons estimé qu’il serait bon de lui laisser voir les choses à sa manière, d’amener ses propres idées. Par exemple, le côté « bleu-néon » est de lui. De toute manière, nous ne travaillons qu’avec des gens en qui nous faisons confiance, et c’est le cas avec cet artiste ! 

Quid de l’album désormais ? Il faudra attendre trois ans pour qu’il sorte ? 

Six ans puisqu’il s’agit d’un album ! (Rires) Là, ce qui est cool avec Wilderness, c’est ce que nous nous sommes retrouvés dans ces sonorités. Désormais, j’ai même envie de dire que nous aimerions bien nous lancer dans un concept-album. Ce qui est déjà un peu le cas avec l’EP. Car, on s’est rendu compte que les morceaux parlaient de la même chose, mais différemment. Peut-être serait-il bien d’aller plus loin la prochaine fois. De toute manière, pour la suite, le groupe ne pourra pas faire autre chose qu’un album !

Étant donné que l’EP est sorti pendant le confinement, en attendant que les choses reviennent à la normale, quel est le plan de communication le groupe a-t-il adopté ? 

En ce moment, on nous demande souvent ce que l’on pense du live-stream. Nous n’aimons pas ça. Je ne trouve pas ça trop esthétique… Certains le font, mais ça ne nous correspond pas. Sortir un live-stream capté à la « va-vite » chez soi, dans sa chambre, avec son instrument, avec une lumière pas top… Vraiment, ça ne nous inspire pas du tout ! Après, nous ne voulons pas dénigrer les groupes qui le font. Tant que le public aime, tant mieux, mais ça ne nous correspond pas ! 

Dernier mot pour la fin : peux-tu me parler du clip que vous avez sorti dernièrement ?

Ce clip a été réalisé par Julien Metternich (Trepalium, Bukowski, Ultra Vomit, Alice Cooper). Nous avions un peu de budget, donc nous avons décidé de faire appel à ses services. Il a tout de suite flashé sur « Fire and Hate »… Il a vu en ce morceau une dispute de couple, image censée exprimer la frontière qu’il y a entre la haine et l’amour. Après, je n’ai pas trop envie d’en parler, j’invite tout le monde à voir le clip !


BullRun, c’est : 

Rémy Gohard : Chant, Basse

Marc Dezafit : Batterie

Gaël Berton : Guitare 

Discographie :

BullRun (2014)

Dark Amber (EP-2017)

Wilderness (EP-2020)

A propos de l'auteur

Axl

Rédacteur en chef d'Heretik Magazine

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