Difficile d’en placer une quand Michael Schenker se met à parler ! En effet, l’entretien que nous lui avons fait passer dans le cadre de la parution de son nouvel effort, Immortal (pour lequel il a réactivé le fameux MSG, formation culte des 80’s) s’est vite transformé en un long monologue désordonné au cours duquel il nous a tout expliqué en « one-shot »… Pour vous, nous avons synthétisé et mis en forme toutes les idées et revendications de ce forgeron des temps modernes… 

Propos de Michael Schenker (guitare) recueillis par Axl Meu


Salut Michael ! Comment te portes-tu malgré la crise sanitaire ? Comment fais-tu pour passer ton temps en ce moment, toi qui ne peux plus partir en tournée ? 

Quelle histoire ! En ce moment, je ne peux presque plus bouger de chez moi. À chaque fois que je reviens en Allemagne, on me met en quinzaine, et je ne peux même pas sortir de chez moi. C’est arrivé à trois reprises pour un total de 42 jours. Mais bon, c’est comme ça ! Autant en tirer les avantages de la situation, j’ai pu passer du temps avec ma compagne et profiter de mon superbe jardin et de ma superbe maison. 

En 2021, tu as un nouvel album à défendre. C’est Immortal ! J’ai cru comprendre que c’était un album hyper important à tes yeux étant donné qu’il a pour vocation de célébrer tes 50 ans de carrière, ce qui n’est pas rien ! 

Oui, voilà. Ça faisait un moment que ce projet d’album « anniversaire » me trottait dans la tête, mais j’ai failli l’abandonner parce que je n’avais plus une minute à moi au moment où l’idée avait été posée sur la table. Finalement, ce n’est que lorsque l’un de mes proches m’a rappelé que mon premier album en tant que pro’ était sorti en 1972 (Scorpions, Lonesome Crow, NDLR) et non pas 1970, que j’ai commencé à reconsidérer ce projet. Ensuite, le virus est arrivé avec son lot d’annulations me permettant alors d’avoir tout le temps nécessaire pour composer.

Pourquoi as-tu décidé de faire appel à tous ces guests pour cet album ? 

Au départ, il ne devait y avoir qu’un seul chanteur, Ronnie Romero qui, d’ailleurs, était venu chanter sur « We Are The Voice » (Michael Schenker Fest, Revelation, 2019, NDLR), mais, finalement, les choses ont fait qu’il était impossible pour lui de venir en Europe… À chaque fois que je prenais de ses nouvelles, il m’assurait qu’il ne pouvait pas, car cela l’aurait forcé à s’auto-confiner à son arrivée, ce qui n’était pas envisageable. J’ai donc consulté mon producteur, Michael Voss, et il m’a proposé de faire appel à Joe Lynn Turner. Un de mes chanteurs préférés ! Donc, nous avons composé deux chansons qui pourraient lui aller… Puis, par la suite, ma petite amie a, elle, pensé à Ralf Scheepers, le chanteur de Primal Fear. Je ne le connaissais pas, donc j’en ai parlé à Michael. Lui aussi était directement partant à l’idée de le contacter… Finalement, tout s’est fait naturellement. 

Je me suis également entouré de plusieurs batteurs, notamment de Brian Tichy, connu pour avoir travaillé avec Whitesnake et Ozzy Osbourne ! Et le plus dingue dans l’histoire, c’est qu’il m’a proposé ses services gratuitement, tout simplement parce que, pour lui, c’était un honneur de travailler avec moi. Je ne le remercierai jamais assez ! 

Ensuite, il nous fallait des claviers… Par exemple, je voulais mettre en place une sorte de jeu de question/réponse entre le clavier et ma guitare sur le morceau « Drilled To Kill », un peu comme Deep Purple faisait à l’époque. Pour ce morceau, j’ai donc fait confiance à Derek Sherinian (Black Country Communion, Sons Of Apollo, ndlr)… Aujourd’hui, je m’estime vraiment chanceux d’avoir pu travailler avec tous ces talentueux musiciens qui, par chance, peuvent tous enregistrer depuis chez eux.

« Au cours de ma carrière, je n’ai fait qu’apprendre de mes erreurs, et c’est ce qui m’encourage à aller de l’avant, mais aussi à expérimenter. »

La grosse surprise de l’album, c’est cette auto-reprise du morceau de Scorpions « In Search Of The Peace Of Mind »… Tu peux m’en dire plus ? 

Je me devais d’y inclure une nouvelle version de ce morceau. C’est ma toute première composition, et je l’avais écrite dans la cuisine de ma mère alors que je n’avais que 15 ans ! Et bizarrement, pour des raisons que j’ignore encore, les Scorpions m’avaient crédité pour les paroles, alors que je ne pigeais rien à l’anglais. La blague ! Ils m’ont tout simplement roulé dans la farine… En tout cas, quand j’y repense, le solo que j’avais proposé à l’époque était totalement dingue. Et dire que je n’avais que 15 ans ! 

En tout cas, pour la nouvelle version, je ne voulais en aucun cas reproduire l’originale… Quitte à reprendre ce morceau, autant proposer quelque chose d’innovant et d’original. Pour ce faire, j’ai fait appel à des amis à moi pour retravailler l’ensemble. Par exemple, je savais que Garry Barden serait parfait pour la première partie de la chanson, et Ronnie Romero pour celle d’après, puis McAuley, puis Doogie White… L’idée était en fait d’engager une sorte de conversation entre tous les chanteurs qui ont participé de loin ou de près à l’élaboration de cet opus, et je dois dire que je suis particulièrement satisfait du rendu !

Quand on écoute tes albums, il est difficile de se tromper. Au fil des années, tu as forgé ton propre style… Comment fais-tu, tout simplement, pour ne pas te répéter ? 

En fait, la vie est un peu comme une spirale, et parfois, quand tu revisites tes idées, tu vois les choses différemment, tu les abordes autrement. En fait, je peux donner l’impression de me répéter de temps à autre, mais non, ce n’est pas le cas, car, quelle que soit l’idée que je développe, je l’aborde d’une manière autre. Au cours de ma carrière, je n’ai fait qu’apprendre de mes erreurs, et c’est ce qui m’encourage à aller de l’avant, mais aussi à expérimenter. Avec l’expérience, je suis désormais apte à comprendre mes lacunes et à compléter certaines de mes idées. 

En 2020, tu étais également censé partir au Japon pour y assurer quelques shows très spéciaux dans le cadre du 40ème anniversaire de la sortie du premier opus du Michael Schenker Group… Ces concerts auront-ils finalement lieu ou pas ? 

Non, je ne pense pas. Et ne m’en parle pas… Je suis assez triste, car ces concerts se devaient être hors-normes… Nous avions tellement travaillé pour monter ces concerts, et ça me fend le cœur de savoir qu’ils n’auront finalement pas lieu. Désormais, je me focalise sur mes 50 ans de carrière. Mais bon, qui sait ce qu’il adviendra par la suite ? Pourrons-nous encore faire des concerts ? Il est tellement difficile de se projeter aujourd’hui… Peut-être que nous serons à nouveau confinés dans quelques semaines, donc je ne préfère pas m’avancer.

Et la suite ? De quoi est-elle faite pour Michael Schenker ? Comptes-tu sortir un nouvel album avec MSG, avec le Michael Schenker Fest ou bien avec le Michael Schenker’s Temple Of Rock ? 

Toutes les options sont permis ! Tout dépend ce que les gens veulent et de ce que les programmateurs pourront se permettre, du moins, pour la partie « concert ». 


MSG, c’est : 

Michael Schenker : Guitare 

+ différents musiciens et chanteurs selon les morceaux. 

Discographie sélective :

Avec Scorpions : Lonesome Crow (1972), Lovedrive (1978)

Avec UFO : Phenomenon (1974), Force It (1975), Lights Out (1977), Strangers In The Night (Live, 1979)

Avec MSG : Michael Schenker Group (1980), MSG (1981), Assault Attack (1982), Immortal (2021)

Avec Michael Schenker’s Temple Of Rock : Spirit on a Mission (2016)

Avec Michael Schenker Fest : Resurrection (2018), Revelation (2019)

A propos de l'auteur

Rédacteur en chef d'Heretik Magazine

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