Vautours est un de ces groupes à la pâte bien marquée, dont les sonorités sont reconnaissables au premier coup d’oreille. Grâce à sa production léchée, ses interventions électroniques « noisy » et ses riffs foutrement efficaces, il est fort possible que le nouvel EP du combo lillois, The Queen, marque la scène Hardcore et nationale sur le long terme.

Propos du groupe recueillis par Baldric Auvray


Vous venez de sortir votre nouvel EP The Queen. Il arrive un an après Hail… Que s’est-il passé entre la sortie de ces deux EP ? 

En réalité, pas mal de choses… Au-delà de la création pure de l’EP, il y a eu une poignée de concerts plus ou moins clandestins, une signature chez Dead Pig Enertainment, une résidence au Centre Arc-en-Ciel, de Liévin un clip « live » aux 4Écluses de Dunkerque, et la création de notre propre label. On n’a pas chômé.

The Queen développe de nouvelles idées, de nouvelles sonorités, même si l’on retrouve toujours le côté dissonant propre à votre musique. Doit-on dire que vous vous recherchez toujours ? Doit-on imaginer que l’identité sonore de Vautours va encore évoluer ? 

Ouais, c’est totalement l’idée ! Vautours est au milieu de sa petite trilogie d’EPs ayant pour vocation d’explorer les différents sous-genres de son identité. Ensuite, nous nous attarderons sur un « vrai » premier LP éponyme. The Queen est aussi mieux écrit, mieux produit, plus abouti. Tout simplement parce qu’on a aussi pris plus de temps. Le concept est donc de façonner notre son avec ces trois « mini-albums » qui formeront une phrase et seront les témoins de notre expérimentation en tant que groupe.

The Queen a un concept bien particulier. Si la rédaction s’en abuse, elle évoque la question de la femme ? Quel est le message véhiculé ? Et pourquoi une musique aussi obscure pour le moins assez névrosée ? 

Ravi que tu poses la question. On laissera l’auditeur se faire sa propre interprétation de la Reine boudeuse et brûlée au troisième degré qui figure sur la pochette, mais tout ce qu’on peut dire c’est que The Queen est une sorte de manifeste sur la douleur qu’engendrent les rapports sentimentaux homme / femme. On met en lumière toute la soumission et l’assujettissement à la souffrance que le rapport amoureux peut créer. Comme des bouffons envers leur « Reine ». L’EP est donc dédié à nos Reines et aux vôtres : passées, présentes comme futures.

Peut être une image de 1 personne, jouer d’un instrument de musique, position debout et guitare

« The Queen est une sorte de manifeste sur la douleur qu’engendrent les rapports sentimentaux homme / femme  ».

Vous avez décidé d’accompagner la sortie de l’EP avec un lyrics-clip du morceau « Haut et court ». Pourquoi ce morceau en particulier, qui est notons le, le plus court de l’EP puisque durant moins d’une minute. Avec qui avez-vous travaillé pour sa mise en œuvre? 

« Haut et Court » est inédit chez Vautours : plus frontal, plus « noisy » et très « catchy ». Un morceau qui laisse deviner le pont tracé entre The Queen et son prédécesseur. C’est une belle surprise pour l’auditeur qui nous suit depuis Hail, et son format court en fait un parfait teaser : tu dévoiles 1 min de musique sur 18, et pour autant il s’agit bien d’un morceau à part entière, le premier de la face B. Comme d’habitude, tout est fait maison et la petite lyric-video est réalisée par Rémy, le chanteur.

Où l’album a été enregistré ?  Comment vous-êtes organisés ?

En pleine crise sanitaire, on a dû jongler entre deux studios pour deux sessions d’enregistrement distinctes, à Paris et Montreuil, le tout géré par Antoine, notre ingé son et ce, sur six mois de temps. Pour le mastering, on a confié le travail à Will Killingsworth (Dead Air Studios), une ponte du Punk Hardcore/Noise, qui nous avait scotché avec son travail sur le dernier Exhalants.

En été dernier, Vautours a signé une contrat chez Dead Pig Entertainment. Pierre Gautiez est désormais votre imprésario… Comment cette collab’ s’est-elle amorcée ? 

Pierre était présent à chacun de nos concerts, il n’en a pas loupé un. Il est séduit par la démarche et croit en nous. Ça tombe bien, car on croit aussi en lui et c’est une sacrée fierté de figurer sur son prestigieux roster. Ça promet des putain de lives quand tout ça sera de nouveau possible. Comptez sur nous !

Dernièrement, le groupe a lancé la structure Merci Satan !, situé quelque part entre Paris et Lille. Quels en sont ses tenants et ses aboutissants ?

Merci Satan ! est une nouvelle entité qui agit principalement comme label, mais aussi comme une agence artistique dédiée à l’ « underground ». Au sein du groupe, certains font du cinéma et de la photo, d’autres sont spécialisés dans la production ou apprennent à « sérigraphier »… L’idée était donc de rassembler nos compétences sous une bannière qui défendra la culture « underground » française et internationale en réalisant pochettes, clips, du merch’, des photos le tout en aidant à la fabrication d’objets physiques pour les groupes qu’on signera. Le but est vraiment de les accompagner dans leur parcours tout en créant un réel esprit de famille. D’ailleurs, on arrive bientôt avec des news concernant nos futurs poulains. On a hâte.


Vautours, c’est : 

Rémy Barbe : Chant 

Mathieu Vienne : Guitare 

Adrien Olivesi : Basse 

Guillaume Berdon : Batterie

Discographie

Hail (EP-2020)

The Queen (EP-2021)

A propos de l'auteur

Axl

Rédacteur en chef d'Heretik Magazine

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