Fers de lance du Folk Metal depuis des lustres et sacrés fêtards quand ils s’y mettent, les membres de Korpiklaani n’en restent pas moins des musiciens aguerris et inspirés. En effet, alors que la crise sanitaire aurait pu mettre à mal son enthousiasme et sa joie de vivre, la formation finlandaise a préféré peaufiner les derniers détails de son nouvel album, Jylhä. À l’occasion de sa sortie, nous nous sommes entretenu avec Jarkko Aaltonen, le bassiste de la formation.

Propos de Jarkko Aaltonen (basse) recueillis par Axl Meu


Comment te portes-tu malgré la crise sanitaire ? Penses-tu qu’il y aura des concerts cette année ?

Je ne sais pas. Qui sait s’il y aura des concerts cette année ? On a tellement été pris par surprise l’année dernière qu’il est difficile de se projeter aujourd’hui. Nous avions planifié un tas de concerts et je dois dire que j’ai eu du mal à réaliser que tout était annulé pour finir… 

Korpiklaani nous revient avec un nouvel album, Jylhä. Quand l’avez-vous enregistré ? 

En 2020, entre avril et mai. Ça fait un moment maintenant, mais à l’époque, nous n’avions rien d’autre à faire, à part enregistrer. Il fallait quand même tirer profit de la situation. La pandémie a fait que nous avons eu plus de temps pour travailler sur les morceaux, et les perfectionner.  

Peux-tu me présenter Jylhä ? Pourquoi pouvons-nous dire qu’il est sensiblement différent par rapport à Kulkija ?

Je pense que Jylhä surpasse Kulkija. C’est ce que je m’efforce à dire quand je passe des interviews. Enfin, beaucoup de musiciens disent ça pour défendre leur nouvelle sortie, mais moi, je le pense vraiment. Je pars du principe que, lorsqu’un musicien travaille sur un nouvel album, il gagne en expérience, et c’est le cas pour moi. Kulkija était quand même différent par rapport à le nouvel album. Il était plus léger et contenait des éléments plus « Pop ». Jylhä est bien plus « Heavy » dans son genre ! 

Oui, je me souviens, Kulkija proposait une sorte de voyage épique. Toutes ses pistes avaient le goût du voyage. Quel était le projet pour ce nouvel album ? Créer des morceaux « catchy » ? Dansants ? Que vouliez-vous exprimer sur ce nouvel album ? 

Pour les paroles, je dirais que les thématiques abordées sur ce nouvel album sont bien plus directes. Comme tu dis, Kulkija évoquait le voyage, le dépaysement, mais Jylhä parle d’affaires criminelles qui n’ont pas été élucidées à hauteur de six morceaux. En fait, c’est assez amusant, car, même si certaines mélodies peuvent paraître très joviales à leur écoute, les thématiques abordées ne le sont pas vraiment. 

À quelles chansons fais-tu allusion ? 

« Niemi », par exemple, parle des meurtres du lac Bodom… D’ailleurs, c’est assez particulier, car, comme je te disais à l’instant, quand les gens découvrent la chanson, ils ne croiraient pas que son sujet est sérieux vu ses tonalités. C’est pareil pour « Leväluhta » qui fait allusion à un endroit qui existe vraiment où a été enterré une centaine de personnes sans trop savoir pourquoi. On danse sur ces chansons, mais le sujet n’est pas très réjouissant quand on s’y attarde. 

Il peut être difficile de se renouveler quand on sort des albums très régulièrement comme vous le faites. Mais à chacun de vos albums comprend son petit lot de surprises. J’ai particulièrement aimé « Leväluhta » et son côté « musique gitane »… 

Je ne sais pas si la culture gitane a eu un impact sur notre musique. Nous reprenons les gimmicks de la musique Folk traditionnelle de chez nous. En fait, ce sont également les mêmes éléments que tu peux retrouver en Écosse, en Irlande, en Norvège, en Suède, et même en Islande. Après, chez nous, en Scandinavie, il y a eu des minorités gitanes, donc, il se peut que cela nous ait influencés inconsciemment. Musicalement parlant, on utilise les gimmicks de la musique Folk bien plus que la musique gitane. 

« Nous ne savons pas si nos morceaux deviendront des chansons, ni même quand nous pourrons répéter ou enregistrer. »

Beaucoup de vos chansons sont taillés pour la scène, mais savez-vous à l’avance quels nouveaux morceaux deviendra un hit par la suite ? 

Nous ne savons pas si nos morceaux deviendront des chansons, ni même quand nous pourrons répéter ou enregistrer. Par moments, il nous est arrivé de nous tromper pour certaines chansons. On pensait créer un hit, mais finalement, non. Après, il nous arrive également d’être surpris par le retour scénique d’un morceau de dix minutes, de jouer ce fameux morceau sur scène et d’avoir de très bons retours. Donc, non, on ne sait jamais si ça va marcher sur scène. 

Comment vous y prenez-vous lorsque vous travaillez sur un morceau ? Toi, tu en as composé pour ce nouvel album ? 

Non, non. Nous n’écrivons pas ensemble. Étant donné que nous vivons assez loin les uns des autres, nous ne nous voyons que pour répéter et enregistrer. Donc, quand nous travaillons sur un album, tout le monde enregistre ses idées, s’envoie des liens, et ainsi de suite. 

Vous avez un nouveau batteur, c’est Samuli Mikkonen. Que s’est-il passé avec Matson ?

En fait, pour faire simple, nous l’avons tout simplement viré. Pendant plusieurs années, il ne se montait plus très volontaire et n’arrivait pas à jouer les parties qu’on lui donnait en studio. Puis, il n’arrivait plus à se mettre à jour étant donné que le niveau du groupe se complexifiait au fil des sorties d’album. Bref, ça ne suivait plus. Donc, au bout d’un moment, nous avons commencé à en avoir assez et décidé de nous séparer de lui. Et que dire si ce n’est que nous avons gagné au change en recrutant Samuli, un superbe batteur, très pro’. Clairement, depuis qu’il est arrivé, Korpiklaani a gagné en qualité. 

Korpiklaani est sans l’ombre d’un doute l’une des formations de Folk Metal les plus emblématiques. Vous représentez une époque à vous seuls ! Que pensez-vous avoir apporté à la scène musicale en général ? 

C’est simple. Je pense que nous avons prouvé à la Terre entière que le Metal et la musique Folklorique pouvaient faire bon ménage. Nous avons une approche très traditionnelle. Mais beaucoup de groupes ont commencé à évoluer dans ce style de musique grâce à nous, et dans un certain sens, je pense que nous avons remis la scène « Folk » au goût du jour. 

Aujourd’hui, vos morceaux les plus connus sont en lien avec l’alcool. Je pense à « Vodka », « Tequila » et autres. Pourquoi ces chansons marchent-ils mieux que les autres sur scène ? 

Tout simplement parce qu’elles sont simples. On peut retenir leurs paroles facilement, ainsi que leurs mélodies. Aussi, il faut écrire sur des sujets que tu maîtrises. Personnellement, je n’y connais rien aux femmes, au Rock’n’Roll, aux bolides, donc, quand tu fais le point, il ne reste plus qu’un seul sujet, celui-là ! (Sourire téléphonique) 

En général, votre rythme de tournée est vraiment intense. Vous pouvez vous produire tous les soirs, sans interruption… Mais, ce n’est pas trop difficile ?

Non. Je veux dire, quand nous sommes en tournée, nous aimons avoir l’opportunité de nous produire tous les soirs. Quand nous avons une journée-off, le groupe en profite pour faire la fête, donc les lendemains de soirée peuvent s’avérer particulièrement difficiles. Donc, en ayant un concert à donner par jour, nous restons frais ! 


Korpiklaani, c’est :

Cane : Chant, backing-vocals

Jonne Järvelä : Chant, Guitare acoustique

Jarkko Aaltonen : Basse 

Tuomas Rounakari : Violon 

Sami Perttula : Accordéon

Samuli Mikkonen : Batterie, Percussion 

Discographie :

Spirit of the Forest (2003) 

Voice of Wilderness (2005) 

Tales Along This Road (2006)

Tervaskanto (2007) 

Korven kuningas (2008) 

Karkelo (2009)

Ukon Wacka (2011)

Manala (2012) 

Noita (2015) 

Kulkija (2018)  

Jylhä (2021)

A propos de l'auteur

Axl

Rédacteur en chef d'Heretik Magazine

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