Après un premier album éponyme bien accueilli – hélas publié en début de pandémie – le duo monté par les époux « Wegrich », Blóð, nous est dernièrement revenu un deuxième opus, Serpent, renfermant une fois encore son petit lot de mélodies hypnotisantes et occultes. À l’occasion de sa sortie, la rédaction d’Heretik Magazine est montée au front histoire de récolter quelques informations à son sujet.

Propos d’Ulrich Wegrich (tous les instruments) recueillis par Axl Meu


Vous aviez pris tout le monde par surprise l’année dernière avec votre premier opus éponyme. Est-ce vous pourriez revenir sur la formation de Blóð ? 

Anna (Wegrich, chant, basse) et moi-même avions nos groupes respectifs à l’époque, Lynn pour Anna, Volker, Otargos pour moi… Et en tant que mari et femme dans la vie de tous les jours, l’envie de monter un projet ensemble s’est présentée naturellement. J’ai toujours eu une attirance pour le registre Doom/Sludge… Et c’est d’ailleurs la raison pour laquelle j’avais rejoint Regarde Les Hommes Tomber en 2011, groupe que j’avais fini par quitter lorsqu’il a décidé d’évoluer dans un registre plus « Black Metal ». Bref.  

Puis j’ai entendu Anna avec Lynn pour la première fois… Et je dois dire que son registre et sa prestance m’ont mis sur le cul. Donc, naturellement, nous avons commencé à évoquer l’idée de former un projet ensemble ! C’est ainsi que j’ai commencé à composer quelques titres sur lesquels Anna a posé son chant… Blód était alors né !

Blóð, votre album éponyme, vous a permis de poser les bases d’une musique Doom, lourde et moderne… 

On ne s’est pas trop posé de questions quand on a lancé Blóð. On a juste suivi nos idées, sans chercher à copier un groupe en particulier. Le coté « moderne » auquel tu fais allusion vient certainement du fait que l’on vient de scènes différentes. Le mélange donne un résultat moins traditionnel que d’autres formations.

Peut-on dire que Serpent, votre deuxième opus, est la suite logique de votre premier album ?

Oui, tout-à-fait. On a continué à suivre cette même inspiration qui avait engendré ce premier album, tout en y incorporant de nouveaux éléments, bien entendu… Le but n’étant pas de refaire le même album non plus ! 

Que devons-nous comprendre derrière la thématique et la symbolique du serpent ? 

On s’est servi de la métaphore du serpent pour évoquer les sorcières, créature omniprésente sur l’album. À l’image du serpent, elles sont sensuelles, venimeuses, hypnotiques et mythiques…

Peut être une image en noir et blanc de 2 personnes, barbe et vêtements d’extérieur

« On s’est servi de la métaphore du serpent pour évoquer les sorcières, créature omniprésente sur l’album. À l’image du serpent, elles sont sensuelles, venimeuses, hypnotiques et mythiques… »

Comment Anna et toi travaillez-vous sur ces morceaux ? Quel en est le point de départ ? Une ambiance ? Un sentiment ? Une émotion ? 

Généralement, une ambiance qui se dégage lorsque je travaille sur la guitare. Dès qu’une ébauche de morceau ou un riff m’obsède, je le présente à Anna qui – par la suite – me donne son ressenti, et ainsi de suite. Je me concentre ensuite sur cette réflexion pour diriger mon inspiration. Une fois le morceau terminé, Anna pose ses idées de chant, sa thématique pour le texte. On se complète parfaitement tous les deux… Autant dire que les conflits sont très rares ! 

Comment avez-vous enregistré l’album ? Chez vous ? 

Tout-à-fait. On aime être autonomes et, surtout, indépendants. Moins il y a d’acteurs, d’intervenants et d’intermédiaires, plus les choses sont claires et avancent de manière efficace. Et puisque nous vivons ensemble, nous pouvons bosser sans contrainte de temps ou de logistique. En plus, ayant la chance d’avoir le matériel nécessaire à domicile pour enregistrer, nous avons pu profiter du temps dégagé par le premier confinement pour travailler un maximum.

Vous inspirez-vous de la scène « Doom » actuelle pour mettre au point vos morceaux ? 

Pas vraiment. À vrai dire, c’est plutôt une fois que l’album est dans les bacs que des rapprochements se font, le plus souvent, par les auditeurs… Pour la composition, nous suivons simplement nos envies, nos émotions et sentiments, sans chercher à copier. Bien entendu, nous gardons néanmoins un œil sur l’actualité de la scène et des groupes.

Sur le point de vue purement scénique, à quoi vos concerts ressemblent-ils ?

Je dirais qu’ils sont intimistes, avec des ‘’lights’’ au sol, du rouge, des bougies, de l’encens… L’idée est plus d’imposer une ambiance en adéquation avec la musique pour transporter l’audience, plutôt que de nous mettre en avant.

Comptez-vous engager des musiciens « à temps-plein » pour vos prestations futures ? 

Oui. Nous avons recruté un bassiste et un batteur « session » pour les concerts. Nous avons fait quelques tentatives à deux avec une boîte à rythmes, mais il manquait quelque chose d’organique au son. Procéder ainsi ne mettait pas notre musique en valeur. Anna jouait la basse pendant quelque temps, mais elle a finalement préféré se consacrer au chant. Il nous importe de proposer des prestations qui soient à la hauteur.

Quels sont vos futurs projets ? 

Reprendre les concerts, publier un clip très certainement… Et bien entendu préparer le troisième album ! 


Blóð, c’est :

Ulrich W. : tous les instruments 

Anna W. : Vocals

Discographie :

Blóð (2020)

Serpent (2021)

A propos de l'auteur

Axl

Rédacteur en chef d'Heretik Magazine

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