Des cendres d’Asphodèle naquit Jours Pâles. Il faut croire que les Acteurs De L’Ombre Productions sont sensibles à l’approche musicale de Spellbound, car le rognacais s’est à nouveau associé avec le label français. Mais comment Spellbound a-t-il orchestré la renaissance de ce groupe ? Comment a-t-il apporté sa vision singulière du monde à travers ses écrits ? Entre l’enregistrement du prochain Aorlhac et la casting du line-up « live » de Jours Pales, l’artiste nous a accordé un peu de son temps. 

Propos de Spellbound (chant) recueillis par Thomas Deffrasnes.


Quel(s) lien(s) unissent Jours Pâles et Asphodèle ? 

Asphodèle avait été lancé lors de ma rencontre avec Audrey Sylvain en 2019. Cette rencontre a donné naissance à un seul et unique album, et l’arrêt lié à ce projet n’a pas réellement été un choix, me concernant. Lorsque tout cela a pris fin, j’ai décidé, en quelque sorte, de poursuivre l’aventure, du moins d’y apporter une continuité avec les circonstances et les problématiques du moment. Le résultat s’est concrétisé sous Jours Pâles, et c’est donc sous ce nouveau nom que les choses vont désormais évoluer et se pérenniser. 

Comment as-tu pensé Eclosion ? Comment interpréter ce titre et la pochette de l’album ? 

Je pense qu’Eclosion est un mélange entre l’envie d’aller vers des jours meilleurs et le constat d’une réalité qui me rattrape. L’envie de jours meilleurs, car l’espoir subsiste, mais une réalité qui amoindrit et ternit le quotidien. C’est donc une sorte de combat permanent entre voir le mal s’immiscer et se battre pour le contrer. 

Dans la chanson « Ma Dysthymie, sa vastitude », on retrouve un extrait du reportage Nils Tavernier, « Drogue, dis-leur »…

J’étais tombé sur ce reportage à l’époque d’Asphodèle. Les images et la voix de cet individu parlant de manière crue à propos de ses addictions, faisaient sens avec le propos global que nous évoquions et exprimions alors dans certaines thématiques abordées. J’ai pensé, probablement de manière assez inconsciente, qu’utiliser à nouveau la suite de son témoignage faisait le pont entre les deux albums. 

Sur Eclosion, on y retrouve de nombreux « guests » tels que le guitariste d’Uada, Graf de Psychonaut, Lilas Ondine Dupont de Silhouette… Comment ces collaborations se sont-elles amorcées ? 

De manière assez spontanée et naturelle. J’ai simplement contacté les personnes avec qui j’avais l’envie de travailler et par chance, cela s’est avéré être un succès à chaque fois. Je remercie bien entendu une nouvelle fois tous les participants pour leur implication sans failles. 

Le propos de Jours Pâles résulte d’une vision intime du monde, d’un constat que tu exprimes en musique. Comment le traduirais-tu avec des mots ? 

Je pense que le constat exprimé en musique est très lié aux textes de l’album, et même si je considère que les écrits sur cet opus sont assez évasifs, le tout relate une expérience personnelle. Je dirais donc, que pour celles et ceux qui y prêteront vraiment attention, les thèmes musicaux et les textes sont intimement liés. 

« Eclosion est un mélange entre l’envie d’aller vers des jours meilleurs et le constat d’une réalité qui me rattrape »

D’un point de vue technique, comment l’album a-t-il été construit ? Comment a-t-il été mis en boite ? Comment les « guests » ont-ils apporté leur pierre à l’édifice ? 

L’album a été écrit, pensé et composé dans les mêmes conditions que l’a été Asphodèle : dans les mêmes lieux, avec les mêmes instruments, les mêmes programmes… Je pense que seul l’état d’esprit a différé. Les « guests » ont bien sûr tous apporté leurs idées au projet, à différents niveaux, et tous les intervenants ont réellement apporté un gros supplément, même si je donne toujours une direction bien établie en termes de composition. Parfois, il est nécessaire de la suivre, et parfois, les initiatives sont plus que bienvenu, moi-même n’étant fermé à aucune proposition ! 

Comptes-tu donner des concerts avec Jours Pâles un jour ? 

Oui, c’est prévu. Même si le line-up « studio » est malheureusement impossible à rassembler pour des concerts vu les disparités (le line-up est éclaté entre l’Amérique du Sud, la Suède, la Géorgie et la France, NDLR), nous travaillons actuellement à une version géographiquement viable et qui va donc nous permettre de faire vivre Jours Pâles sur scène… Et nous avons hâte. 

Profitons de cette interview pour revenir sur ta carrière musicale. Raconte-nous ton parcours à travers la musique et tous les projets dans lesquels tu es et as été impliqué…

Je te remercie de me laisser faire état de cette aventure qu’est mon parcours musical… Mais je crois qu’il est impossible de résumer le tout en quelques lignes. La musique est simplement le fil conducteur de ma vie. C’est assez fou, car toute la démarche est si spontanée… Je veux dire, la musique, sous différents aspects, me suit depuis que j’ai cinq piges. Aorlhac est arrivé en 2007, de manière assez bancale et assez folle, et cela a vraiment changé quelque chose en moi, en tant qu’individu. À l’heure actuelle, je ne peux qu’être reconnaissant et satisfait du chemin emprunté, que je considère comme semé d’embûches, de doutes, mais surtout d’intensité. Je ne pourrais résumer cela autrement, dans l’immédiat. 

Quid du prochain Aorlhac ? 

Le prochain Aorlhac est en bonne voie et à l’heure où je t’écris les parties de batterie viennent tout juste d’être enregistrées. Prochaine étape : basse et voix, puis mixage et enfin mastering de l’album. Bien entendu, nous avons hâte de proposer ce nouveau méfait et sommes particulièrement satisfaits de ne pas avoir attendu aussi longtemps qu’entre nos deux précédents albums pour enchaîner sur une suite discographique. 


Jours Pâles, c’est : 

Christian Larsson : Basse

Phalène : Batterie

James Sloan : Guitars

Spellbound : Chant, Lyrics, Songwriting, Keyboards 

Discographie : 

Éclosion (2021)

A propos de l'auteur

Axl

Rédacteur en chef d'Heretik Magazine

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