S’il y a bien une chose que la pandémie a épargnée, c’est l’enthousiasme débordant de JB Le Bail, dont l’actualité est – mine de rien – bien chargée en ce moment. À côté de Svart Crown, il a – en plus d’avoir lancé son propre label, Nova Lux Production – formé un tout nouveau groupe avec des amis à lui. C’est Dirty Black Summer, auteur d’un tout premier EP, Great Deception, objet de notre nouvelle conversation. JB, la parole est à toi.

Propos de JB Le Bail (guitare) recueillis par Axl Meu


Est-ce que tu peux me présenter Dirty Black Summer ?  

Dirty Black Summer, c’est un groupe de Rock typé année 90 avec une petite touche Black Metal. Le groupe existe depuis un an maintenant… Et on sort notre premier EP officiellement le 21 mai prochain. Que dire d’autre ? Dirty Black Summer, c’est la rencontre de plein de supers humains qui ont une passion commune pour le Rock des années 90, le Grunge. 

Beaucoup de connaissent surtout pour ton implication au sein de Svart Crown. Désormais, on te retrouve dans une musique plus accessible, pas très loin du style d’Alice In Chains, justement… On découvre une nouvelle facette de ta personnalité.

Oui et non. Je n’ai jamais caché mon amour pour la scène Grunge, notamment Alice In Chains, qui a toujours fait partie des influences de Svart Crown, déjà sur Witnessing In Fall et Profane. Dans ces albums, il y a des « tracks » qui suivent cette scène-là, mais remis à la sauce « Svart Crown », Black Metal. Ce n’est pas une nouveauté pour moi. 

Contrairement à Svart Crown, tu ne chantes pas dans Dirty Black Summer… C’est toi qui composes quand même ? 

Je suis arrivé avec quelques ossatures de morceaux. Après, Cyril (Zaborski, guitare, NDLR) a quand même composé pas mal de riffs, de mélodies. Michael (Khettabi, chant, NDLR) a écrit la moitié des textes… On s’est vraiment réparti le travail à trois, sous l’œil avisé des deux autres membres. On travaille vraiment comme un vrai groupe, contrairement à Svart Crown où j’arrive directement avec la musique. Là, pour Dirty Black Summer, j’arrive avec des idées, on les travaille, on en débat, et on bosse tous ensemble. 

Peut-on considérer Dirty Black Summer comme un « side-project » que tu as monté pour te faire plaisir ? 

Pas vraiment, en fait. Je ne considère pas ce projet comme un « side-project », sinon, je ne l’aurais pas fait. Je ne suis pas du genre à faire les choses à moitié. J’ai juste attendu le bon moment pour lancer ce projet. Avec le confinement, il y a tout simplement eu une sorte d’alignement des planètes. Avec l’arrêt des concerts, on s’est tous les cinq retrouvés à un moment de nos vies où on avait envie de faire. J’ai vraiment envie de défendre Dirty Black Summer comme un vrai groupe. Et je veux m’y consacrer pleinement, autant que pour Svart Crown. J’y mets beaucoup d’énergie. On a beaucoup travaillé dessus, et j’espère qu’on fera beaucoup de choses avec ce groupe. 

« Dirty Black Summer, c’est la rencontre de plein de supers humains qui ont une passion commune pour le Rock des années 90 »

Vous avez un premier EP, Great Deception : six morceaux, dont une reprise. Est-ce que tu pourrais me le présenter ? Quel est son fil conducteur ? 

Cet EP, c’est comme si c’était notre journal intime de ces deux dernières années. Ça parle de nos failles, de nos déceptions amoureuses ou sentimentales, de relations toxiques, de dépendance, de soirées interminables, de ce sentiment de toucher le fond. Bref, les sujets sont vraiment personnels. Comme si, le simple fait de les aborder nous avait permis de voir la lumière au bout du tunnel. 

Malgré les thématiques abordées sur l’album, une certaine légèreté se dégage de cet EP. Que veux-tu faire ressentir chez l’auditeur ?

Oui, voilà, étant donné que l’on vient tous les cinq d’un milieu beaucoup plus extrême, on avait envie de faire une musique plus accessible, plus lumineuse, plus légère, sans pour autant trahir nos origines. C’est une espèce de melting-pot de tout ça. Après, pour ce qui est du côté léger, je pense qu’il vient du fait qu’on vient tous les cinq de la côte d’Azur. Notre univers, notre cadre de vie nous définit, donc, forcément, on passe notre temps dans un univers où il y a des palmiers. Il fallait que notre projet musical qui puisse représenter cette « vibe » là aussi ! Ce projet nous ressemble vraiment. 

Quid de l’enregistrement ? Comment s’est-il déroulé ? Vous l’avez enregistré quand ? 

En août ! En fait, je suis arrivé au mois de mai dernier avec des morceaux. Mais pour moi, il fallait qu’on les enregistre en août, car nous avions tous prévu de retourner dans nos projets respectifs en septembre 2020. Août, c’était le moment ou jamais. Finalement, personne n’est reparti en tournée, donc on a pris plus de temps pour faire le mix’. L’idée de base, c’était de faire quelque chose de très spontanée, de très direct, en mode « tête brûlée », comme pour les premiers Svart Crown ! Le but aussi, c’était de se faire plaisir, mais ensemble, avec le groupe, et de retrouver des sensations qu’on avait tous plus ou moins perdu. Sans être forcément blasés, ça fait longtemps qu’on tourne avec nos groupes, et jouer un autre projet, c’est tout. 

C’est vrai que Great Deception a un côté « live ». Si vous aviez pris plus de temps, vous seriez sans doute passés à côté de votre propos… 

Oui, complètement. Après, c’était assez difficile de revenir dans un esprit assez « vintage », car nous n’avons pas le matériel d’époque à notre disposition. Il a fallu faire certains compromis : celui de sonner « propre » et de sonner « direct », tout en gardant une espèce de touche vivante. 

Quid de la reprise de Britney Spears, « Womanizer » ? Pourquoi ? 

Pourquoi pas ? (regard amusé) Disons que j’aime bien faire des connexions avec d’autres sons, d’autres choses qui vont paraître évidentes. Et ce morceau-là, disons qu’il m’a toujours fait penser à quelque chose de très sulfureux. Je me suis toujours dit qu’il y avait une espèce de sens caché sur ce morceau. J’avais juste envie de le décrypter, de le transposer. Finalement, j’ai pris beaucoup de plaisir à me mettre dans ce morceau, à le faire tourner. Quand j’ai compris toutes ses subtilités, l’idée de le reprendre a germé dans mon esprit. Je l’ai tout simplement soumise, et les autres ont adhéré ! 

« On a besoin d’aimer quelqu’un pour se rassurer et pour se dire qu’on ne finira pas sa vie seul. Et finalement, à cause de ça, tu te créés des mécanismes qui vont être biaisés. (…) Et tout ça, ça va forcément te renvoyer à certaines failles personnelles.« 

Le morceau « The Great Deception » a fait l’objet d’un clip. Quel était le projet derrière ce style sur le plan esthétique ? Pourquoi le « rouge » ?

Utiliser ces couleurs « néons », rouge, bleu… Ça peut représenter une sorte de purgation, de purgatoire. Sur « The Great Deception », nous avons évoqué l’idée que les choses ne sont pas forcément telles qu’elles nous paraissent. En général, dans vos vies, on se projette beaucoup, en amour, en spiritualité. On a besoin d’aimer quelqu’un pour se rassurer et pour se dire qu’on ne finira pas sa vie seul. Et finalement, à cause de ça, tu te crées des mécanismes qui vont être biaisés. Tu vas mettre des gens sur des piédestaux, alors que ce ne sont que des êtres humains. Et tout ça, ça va forcément te renvoyer à certaines failles personnelles. Voilà, derrière ce morceau, il y a toujours cette idée de ne pas être à la hauteur de la tâche qu’on nous propose. La vie est un cirque… Autant s’amuser et prendre du plaisir là où c’est possible et essayer de faire au mieux. 

Quelques commentaires sur la pochette de l’album ? Beaucoup de couleurs, aucune mention du nom du groupe…  

On s’est juste dit que la pochette de l’album se suffisait à elle-même. On n’avait pas envie de le dénaturer avec un quelconque logo… C’était un pari audacieux, mais c’était notre idée. Nous avons eu la chance de tomber sur un artiste new-yorkais très talentueux : Alex Eckman-Lawn, que nous avaient déjà suggéré nos amis d’Imperial Triumphant. On devait au départ collaborer avec un artiste français, mais finalement, il nous a fait faux bond, finalement, nous nous estimons quand même chanceux. 

Désormais, tu es à 100% indépendant : l’annonce du premier EP de Dirty Black Summer a été accompagnée de celle de ton label : Nova Lux Production. Comptes-tu signer d’autres projets en plus des tiens ? 

Je ne sais pas encore. C’est encore trop tôt pour le déterminer. Cette sortie de Dirty Black Summer, c’est un peu un test « grandeur nature ». Monter ce label était un projet qui tenait à cœur depuis un bon bout de temps maintenant, avant même que Svart Crown ne signe sur Century Media, c’est dire. C’est mon ami, Mika Bleu, qui m’avait suggéré cette possibilité. Finalement, entre temps, il s’est passé beaucoup de choses. Le contrat avec Century Media, la disparition de Mika… Quand je l’ai lancé, j’ai senti une espèce de force qui m’accompagnais, et je suis sûr que c’était lui. 

J’imagine que Dirty Black Summer compte donner des concerts… 

Oui, c’est en projet ! On a encore pas mal de morceaux sous le coude. On est très inspirés, donc ça devrait le faire… Mais là, pour le moment, nous nous concentrons sur la promotion de l’EP. On se prépare ! 

Enfin, pour Svart Crown, quelle actualité ? 

Pour le moment, on est en train de plancher sur de nouveaux morceaux ! Je pense que le successeur de Wolves Among The Ashes sera différent. C’est assez excitant… Je pense qu’on dévoilera tout ça dans quelques mois. On compte bien prendre notre temps ! 


Dirty Black Summer, c’est : 

Michael Khettabi : chant

JB Le Bail : guitare

Cyril Zaborski : guitare

Jimbo Goncalves : basse

Tom Valstar : batterie

Discographie : 

Great Deception (EP-2021)

A propos de l'auteur

Rédacteur en chef d'Heretik Magazine

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