Et si Sumo Cyco était la nouvelle sensation « live » que les festivals européens s’arracheront après la fin de la pandémie ? C’est fort possible. Il faut dire que la démarche des Canadiens – même si elle fera grincer certaines dents – est particulièrement intrigante. On parle ici d’une musique ouverte qui se place entre le Rock, le Neo Metal et le Reggae (et autres) vouée à secouer les plus grosses mainstages ! À l’occasion de la sortie de son troisième album, Initiation, nous avons contacté sa chanteuse, Skye “Sever” Sweetnam.

Propos de Skye “Sever” Sweetnam (chant) recueillis par Axl Meu


Salut ! C’est cool de t’avoir la veille de la sortie du nouvel album de Sumo Cyco, Initiation ! Comment te portes-tu en cette période de disette culturelle ?

Je me sens particulièrement bien. En fait, Sumo Cyco est le genre de groupe qui s’occupe lui-même de ses réseaux, de son site Internet, de ses clips-video, et ainsi de suite, donc, ça a été, nous avons réussi à nous occuper !

Sumo Cyco arrive avec Initiation. Ce nouvel album va bénéficier d’une promo’ conséquente du fait de votre signature chez Napalm Records. Qu’attendez-vous de ce label ? 

Depuis que nous avons signé sur ce label, Sumo Cyco a clairement gagné en visibilité, c’est vrai. Nos clips touchent désormais beaucoup plus de personnes qu’auparavant ! Napalm Records est une grosse structure, et nous y avons rencontré du beau monde en signant dessus. Aujourd’hui, ça fait dix ans que le groupe existe, que nous faisons tout par nous-mêmes, mais il nous fallait tout simplement trouver un moyen de toucher encore plus de monde. Ce qui est chose faite !

Sumo Cyco, c’est surtout un gros « mash-up » de plusieurs plusieurs esthétiques. On y retrouve de la Pop, du Reggae, du Metal… Toi-même, en tant que chanteuse, comment la qualifierais-tu ? Comment vouliez-vous sonner il y a dix ans quand vous avez lancé le groupe ? 

Oui, notre musique, comme tu le dis, est un mix’ de plusieurs esthétiques, de tout ce que nous aimons Matt (« MD13” Drake, guitare, NDLR) et moi-même. Nous venons certes de backgrounds très différents, mais cela ne nous empêche pas de nous entendre. Cette diversité joue en notre faveur, ça enrichit notre musique !

Concernant notre style, je dirais qu’elle « déglingue des têtes », tout simplement. Je ne suis pas du genre à classer les groupes, à leur coller des étiquettes, selon le style. Il y a un peu de tout dans notre musique, du Ska, du Musical, du Punk, du Metal, du Reggae, tellement de sources d’inspiration différentes que je ne saurais toutes les énumérer…

Toi-même, en tant que chanteuse, comment as-tu été amenée à évoluer dans un groupe aussi éclectique ? 

En fait, j’ai intégré le milieu du show-business à l’âge de 12 ans, en chantant sur des chansons assez codifiées, assez « Pop », puis la machine s’est emballée… Néanmoins, plus les années passaient, plus je me rendais compte que ça me freinait. Il m’était tout simplement impossible de forger ma propre identité ! C’est une des raisons qui a fait que j’ai tout plaqué pour lancer Sumo Cyco. Je savais que ce groupe me permettrait de m’exprimer comme bon me semble. Avant de prendre cette décision, je m’étais quand même posé les bonnes questions : « Dois-je tout de même reprendre le chemin de l’école ? », « Ne serait-il pas plus judicieux de continuer à évoluer dans le milieu de la ‘Pop’ ? ». Finalement, je suis très fière de tout donner pour ce projet. Cela dit, la Pop Music fera toujours partie de mon A.D.N.. 

Le nouvel album de Sumo Cyco, c’est initiation. Pourquoi avez-vous décidé de le nommer ainsi ? Il symbolise un nouveau début à vos yeux ? 

Oui, plus ou moins. Ce n’est pas un tout nouveau départ pour le groupe, loin de là, mais plutôt un nouveau départ pour tous ceux qui nous vont nous découvrir. On voulait tout simplement les inclure à notre communauté. On voulait tout simplement les « initier » à notre style de musique !

Est-ce que tu peux m’en dire plus à ce sujet ? 

En fait, j’ai toujours adoré le théâtre, le cinéma et l’univers des comics. Donc, quand nous avons lancé le groupe, j’ai tout de suite voulu que le visuel du groupe soit le plus mis en avant possible, notamment par le biais de clips vidéos. Au départ, nous ne savions pas vraiment comment nous y prendre. Donc, nous avons tout simplement réalisé des vidéos dans lesquelles nous nous sommes mis en scène, et ainsi de suite. Chacune de nos vidéos participe à la construction d’un univers animé par des personnages qui évoluent dans une ville nommée « Cyco City », une ville gangrenée par les vilains, les « Terronauts » pour « astronautes terrifiants ». Autant dire que nous avons pris beaucoup de plaisir à présenter cet univers à nos fans au fil des sorties d’album ! 

« Un mélomane qui n’écoute que du Metal ne se retrouvera peut-être pas dans notre musique, parce que nous essayons de faire évoluer un genre, sans nous soumettre aux attentes des uns et des autres. »

Comment procédez-vous pour composer vos morceaux au sein du groupe ? Y a-t-il une tête pensante qui gère l’ensemble ou bien composez-vous ensemble touche après touche ? 

Matt, notre guitariste, est un visionnaire. Il compose beaucoup de riffs qu’il assemble progressivement par la suite comme s’il assemblerait les pièces d’un puzzle… Pour les idées « purement » instrumentales, il a tout simplement « le truc » pour naviguer à travers les styles. Une fois que ses idées sont en place, il m’envoie tout ça et je me penche sur les lignes de chant et les paroles, ce que je fais à hauteur de 80%. Par moments, il m’arrive également de le guider, de donner mon avis sur certaines de ses idées… Nous trouvons toujours un juste milieu entre nos idées, le bon compromis. Ce qui rend la chose particulièrement excitante, je dois dire ! 

Vous avez travaillé avec Kane Churko pour la production de l’album…

Oui, Kane est un producteur d’origine canadienne, installé à Las Vegas, propriétaire du the Hideout Recording Studio, et, nous avons adoré rester le temps de deux semaines à ses côtés à travailler, entre autres, sur « Vertigo » et « Overdrive ». Kane est vraiment un chouette type, très inspiré, très terre-à-terre. Il nous a vraiment aidés à concevoir notre musique autrement, à la rendre peut-être plus intelligible pour ceux qui nous écouteront pour la première fois.

Pour apprécier un groupe comme le vôtre, il faut être particulièrement ouvert d’esprit. Et je dois avouer que la communauté « Metal » s’avère parfois difficile avec ces nouvelles formations qui allient à la fois Pop et Metal. Pensez-vous que tous les « metalleux » sont prêts à vous laisser une chance ? 

Je suis tout à fait d’accord avec toi. On a eu différents retours depuis que nous sommes chez Napalm Records. Parfois, ils peuvent être assez difficiles à encaisser, c’est vrai, mais nous ne sommes jamais considérés comme un groupe de Metal à proprement parler. Un mélomane qui n’écoute que du Metal ne se retrouvera peut-être pas dans notre musique, parce que nous essayons de faire évoluer un genre, sans nous soumettre aux attentes des uns et des autres. Et d’ailleurs, cela justifie le nom du groupe. Nous avons toujours voulu sortir de la norme et paraître « bizarre » aux yeux des autres. En ce qui me concerne, j’ai toujours pensé qu’il fallait aller de l’avant et ne pas avoir peur d’innover.

Quand on s’attarde sur la pochette de votre album, on peut voir que le nom du groupe n’est pas clairement mentionné… Quelqu’un qui ne vous connait pas forcément aura peut-être du mal à vous retrouver…

En fait, le nom est du groupe est mentionné, mais en tout petit, sur l’un des bâtiments. Bosser sur l’artwork d’un opus est toujours un sacré casse-tête. Il faut à la fois prévoir une pochette assez petite pour les plateformes numériques, puis une autre, plus grande, pour les formats CD et vinyle.

De mon côté, je me sers régulièrement des plateformes d’écoute, donc, je sais que je n’ai qu’à taper le nom du groupe sur la barre de recherche pour les retrouver. Puis, si j’aime, j’achète le CD ou le vinyle. En général, les gens savent ce qu’ils achètent !

Qui l’a conçue ? 

À l’âge de 14 ans, je me suis rapprochée d’une superbe artiste, Francesca Ludikar, qui s’est occupée de mon premier MySpace puis, par la suite, de tous les albums de Sumo Cyco. C’est elle aussi qui a conçu notre logo, qui s’est occupée des photographies du groupe… Inutile de te dire que nous lui avons une nouvelle fois fait confiance !

Allez-vous sortir d’autres clips pour promouvoir l’album ? 

Eh bien, nous avons déjà publié six vidéos clips, mais ce n’est pas encore terminé, crois-moi. Après la sortie de l’album, nous allons prendre une petite pause, puis nous pencher sur d’autres idées de vidéo. Mais oui, les gens peuvent s’attendre à ce que nous sortions de nouvelles vidéos à l’avenir.


Sumo Cyco, c’est :

Ken « Thor » Corke : basse 

Matt « MD13” Drake : guitare 

Skye “Sever” Sweetnam : chant 

Matt “Trozzi” : batterie 

Discographie : 

Lost in Cyco City (2014)

Opus Mar (2017)

Initiation (2021)

A propos de l'auteur

Rédacteur en chef d'Heretik Magazine

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.