Les deux têtes pensantes de Welcome-X, projet monté en 2018 par Philippe Bussonnet (ex-bassiste de Magma) et Sam Kün (le chanteur des groupes Nekral et Flesh & Dust), étaient de passage à Paris, au Black Dog, ce lundi pour échanger au sujet de leur deuxième album, tout simplement intitulé Vol. 2, un opus qui, selon toute vraisemblance, a fait l’unanimité sur la toile. Sam, à toi ! 

Propos de Sam Kün (chant) recueillis par Axl Meu


Salut ! Welcome-X vient d’accoucher de son deuxième opus. Il s’intitule naturellement Vol. 2. Pour commencer, je vais tout simplement te demander de me présenter cet album…

Vol. 2 s’inscrit dans la continuité de notre premier opus. Ses morceaux ont été composés en 2019, bien avant le confinement, puis il a été enregistré en six jours l’année dernière en plein été en conditions presque « live » au Triton qui est aussi notre label. On y a apporté très peu de retouches !

Entretemps, vous avez changé de batteur. Pourquoi ? 

Oui. Yoann (Serra, NDLR) est parti après la parution du premier opus. Il faut savoir que c’est un batteur qui est très demandé, donc, à la fin, ça ne le faisait plus trop, son planning étant trop chargé. Donc, un de nos amis, Julien Charlet, est venu nous épauler et dépanner le temps de quelques dates. Ce faisant, il s’est naturellement retrouvé sur l’album et a intégré le groupe par la suite. C’est lui qui est derrière les futs désormais. On est très contents de son arrivée à Julien.

Sur ce deuxième volume, on reconnaît bien la marque de fabrique de Welcome-X, à savoir son goût de l’expérimentation. Si je ne m’abuse, Vol. 2 est scindé en trois parties distinctes. Il commence par des parties plutôt « rentre-dedans », puis on y trouve des morceaux plus atmosphériques, et enfin, ces morceaux plutôt « Doom » dans l’âme. Est-ce ainsi que l’album a été pensé ? 

C’est exact. Il y a, en effet, un côté « triptyque » sur l’album. On peut vraiment le découper en trois parties. Cette partie « rentre-dedans » à laquelle tu fais allusion, la deuxième avec ses passages plus « aérées », puis il y a ce morceau « Scent of Sakura », très lancinant, plus lourd, avec ce côté Black Sabbath, plus brut, plus « rentre-dedans », en effet. 

Il me semble que c’est Phillipe qui compose tout. Il compose tout, tout seul, chez lui, puis tu interviens ? C’est ainsi que vous procédez ?

On a gardé le même système que pour le premier album. Philippe va composer à partir d’un riff. Il part d’un riff, d’une idée. Il va construire une sorte de squelette qu’il va étirer au maximum. Ensuite, il m’envoie la piste, qui ressemble déjà plus ou moins à un morceau fini. Et moi, je vais composer le texte dessus, des mélodies, des chants, des idées. On va s’asseoir tous les deux, retravailler l’ensemble et voir le reste avec les autres membres. Seule exception. Dans cet album, on y retrouve un instrumental qui a été composé par notre deuxième guitariste, Thomas. C’est « 32GE ». Sinon, oui, dans l’ensemble, on a gardé le même mode de fonctionnement qui avait déjà très bien fonctionné sur le premier album. 

Concernant ce mélange de styles, comment faites-vous pour vous y retrouver ? Il y a, en effet, un côté très « Paradise Lost » sur certains de vos morceaux. Mais au niveau des vocalises, tu sembles avoir élargi tes possibilités et évolues un peu à la manière de Mike Patton. On imagine qu’il t’a influencé. 

Alors, non. Pas du tout ! Je sais que tout le monde le pense, mais ce n’est pas vrai. Directement, quand tu abordes de textures différentes de chant, on te compare à Mike Patton. J’adore Faith No More, mais ce n’est pas forcément un groupe qui m’a nourri. Moi qui viens des 90’s, j’ai vraiment été bercé par d’autres groupes, comme Alice In Chains et Soundgarden. Thomas, l’autre guitariste, lui, il est vraiment dans la scène « Death Metal », et ses groupes de chevet sont Suffocation, Death et Immolation. Quant à Jo (Champ, guitare), lui, il vient du Blues. Tu vois, c’est un style radicalement opposé. Donc, il y a un peu tout ça à gérer. En fait, on ne réfléchit pas vraiment à comment ça sonne. On explore, c’est tout. Mais il arrive que certaines de nos sonorités fassent penser à Faith No More ou à d’autres groupes de Metal Alternatif de ces années-là.  

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« Mes paroles ne sont pas engagées, elles dressent juste un constat du monde dans lequel on vit. »

De quoi parlent les textes que tu écris ? C’est en lien avec l’expérimental ? La métaphysique ? Dis-m’en plus ! 

On peut toujours établir plusieurs degrés lectures dans mes textes. Mais dans l’absolu, c’est toujours les mêmes thématiques qui sont abordées. On parle beaucoup de l’humain, de l’universalité, de la planète, de là où on va. Bref, en écrivant mes paroles, je dresse tout simplement un constat de là où vit, de notre existence sur Terre. Quand tu regardes attentivement la pochette, tu te rends compte que l’on peut séparer l’urbain et le côté très contemplatif de la nature. Les textes parlent profondément de ça. Il arrive également que mes textes fassent allusion à quelques faits divers comme certaines bavures policières ou bien à la religion, qui fait reculer les choses. Mais attention, mes paroles ne sont pas engagées, elles dressent juste un constat du monde dans lequel on vit. 

Est-ce que Philippe a son mot à dire sur tes paroles ou bien tu as carte banche ? 

J’ai carte blanche. Il ne me dit rien. Il m’envoie ses morceaux que je conçois comme des tableaux, et je les complète avec mes paroles. Quand je les reçois, je sais déjà plus ou moins de quoi je vais parler. J’ai la totale liberté là-dessus. 

Vol. 2 a été enregistré au Triton qui est à la fois votre résidence, votre studio et votre label…

Oui, voilà. C’est une salle de concert, un endroit réservé aux projets expérimentaux, plus « Jazz », proches du mouvement ‘bruitiste’. C’est vraiment la maison de Magma, la nôtre aussi maintenant. Il y a une salle de répétition, mais aussi un studio d’enregistrement. C’est assez incroyant quand on y repense. C’est un luxe… On a donc eu tout le temps qu’il fallait pour enregistrer, même si on s’est forcé de tout enregistrer en six jours. 

Welcome-X est intiment lié à Magma du fait de Philippe, ancien bassiste du groupe. 

Oui, Phil ne fait plus partie de Magma. Il faut quand même séparer les deux projets. 

Vous avez tout de même dédié votre album à James Mac Gaw, ancien guitariste de Magma, décédé dernièrement…

Oui. C’est un guitariste exceptionnel. Il a partagé beaucoup de projets avec Phil. Ils se connaissent depuis qu’ils sont gamins. S’il n’était pas tombé malade, il aurait participé à cet album, mais le destin en a voulu autrement. Il nous suit depuis les débuts du groupe, il venait nous voir en répète. Donc voilà, cet album, il est pour James

Sam, toi qui es à la tête d’autres projets, que t’apporte concrètement Welcome-X ? 

(Rires) J’ai commencé à chanter, il y a très longtemps. Au départ, je faisais des reprises d’Elvis Presley, dans un registre très « Blues Rock », puis, je suis passé au Metal extrême et ses variant comme le Sludge, le Stoner, ce qui m’a permis d’aborder des textures de chant différentes. On va dire que pour le cas Welcome-X, il n’y a pas vraiment de codes particuliers à respecter. Je fais vraiment ce que je veux : je peux passer des vocalises claires aux growls, en passant par des « spoken words » ou des passages plus « rappés ».


Welcome-X, c’est : 

Sam Kün : Chant

Philippe Bussonnet : Basse

Thomas Coeuriot : Guitare

Jo Champ : Guitare

Julien Charlet : Batterie

Discographie : 

Welcome-X (2019)

Vol. 2 (2021)

A propos de l'auteur

Rédacteur en chef d'Heretik Magazine

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