Voici presque deux années que les murs des salles de concerts ne vibrent plus sous l’onde du son. Il n’est pas impossible que vous-même, vous esquissez le souvenir sensationnel du kick de grosse caisse qui se heurte à votre poitrine. C’est pourquoi aujourd’hui, tous les arguments sont bons pour assister, mais surtout vivre et ressentir un concert. Ce mot qui porte désormais un relent d’interdit, a pourtant pris place au centre Arc-en-Ciel de Liévin le 9 Juillet dernier.

Par Thomas Deffrasnes

Crédit photos : Remy Barbe


Après une semaine de résidence artistique en vue de la préparation des dates à venir, mais aussi d’une vidéo (réalisée en collaboration avec Merci Satan !, agence montée par Remy Barbe ayant pour vocations d’accompagner les artistes… Pour plus d’informations : ici), les Parisiens de Mur ont ouvert au public les portes de leur bunker, érigé de Post-Black et de hardcore. Mais il n’est pas chose aisée de restreindre Mur à ces deux branches de l’arbre buissonnant de la musique extrême. En effet, le titre éponyme du dernier EP, Truth, nous avait surpris par son approche Synthwave et Ambiant. Cela étant dit, nous pouvons comprendre que malgré sa qualité musicale et ses ambitions scéniques, le groupe dénote dans le catalogue des Acteurs de L’Ombre Productions. Le premier méfait Brutalism, paru chez le label français, laissait entendre une volonté Black Metal. Mais la musique de Mur est un électron libre – chargé d’une énergie telle que tourner autour de l’atome Black ne leur suffit plus.

C’est avec quelques lourdes et mystérieuses notes de clavier, dans une scène au filtre bleuté, que la musique de Mur s’éveille ; un grondement laissant présager la tempête à venir. « Inner Hole » ouvre le set. Un titre mid-tempo, mais plein de technique qui permet à l’auditeur de rentrer petit à petit dans l’esprit du spectacle. Puis, les morceaux s’accélèrent et gagnent en violence. Julien Granger, derrière ses fûts ne laisse transparaître aucune faille, et s’octroie même quelques libertés dans son jeu. Et bien que les musiciens restent statiques, si l’énergie se décuple, c’est sans doute grâce à la puissance vocale et scénique de Jay Moulin. Le triangle que forment les membres met le chanteur en perspective ; une figure de proue hargneuse et vociférant. Le jeu de lumière quant à lui est riche en stroboscopes, et confère une scénographie explosive et agressive. De quoi mettre en relief ce Blackcore singulier. Après trente minutes de show, on en demanderait encore, et pourtant Mur s’évanouit dans la pénombre et le silence : quel concert !

La promotion très timide de l’événement n’a pas ramené une foule immense, mais le caractère dantesque et expérimental de ce show-case se prêtait bien à un petit public. Si Mur cherchait à mettre en exergue son travail de résidence, le moins qu’on puisse dire c’est que le résultat est prometteur, et surtout convaincant. On ne remerciera pas seulement Mur pour sa prestation irréprochable, mais aussi pour nous avoir offert un peu du monde d’avant, en préparation de ce que l’on appelle déjà le monde d’après. Et pour cause, Mur sera de retour en concert à Liévin en Novembre prochain. Une date qu’on vous recommande grandement, dont on vous donnera plus d’informations à l’avenir ! 

Peut être une image de 8 personnes, dont Axl Meu, Thomas Delannoy et Thomas Deffrasnes

A propos de l'auteur

Rédacteur en chef d'Heretik Magazine

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