Wizardthrone n’a rien d’une formation comme les autres. En effet, constituée de membres d’Alestorm, Gloryhammer, Deathcode Society, Aether Realm, elle condense les esthétiques des groupes cités à savoir le Power Metal et le Black Metal Symphonique. En marge de la sortie de son premier album, Hypercube Necrodimensions, nous avons taillé le bout de gras avec Mike Barber, alias M. Archistrategos Barber, le guitariste du groupe.

Propos de Mike Barber recueillis par Axl Meu


Salut ! Comment te portes-tu malgré la crise actuelle ? Ça va ici chez vous en Angleterre ? 

Je vais bien ! Tout commence à venir… Le seul problème, en ce moment, c’est la météo ! Mais bon, rien de nouveau ici ! (rires) La situation évolue, les Britanniques commencent à être immunisés contre le virus. Donc, on pourra sans doute se produire très prochainement. J’espère que tout reviendra à la normale, le plus vite possible ! 

Te revoilà avec ce nouveau projet : Wizardthrone. Il rassemble des membres d’Alestorm, Gloryhammer, Deathcode Society et Aether Realm… Quel était le projet de base ?

Chris (Bowes, claviers, ndlr) et moi avions juste évoqué l’idée de lancer un nouveau projet ensemble il y a quelques années. Je connaissais déjà Eric (Brown, ndlr), notre batteur, je savais qu’il était bon dans son domaine, donc je l’ai approché et lui ai proposé de nous joindre après la fin de la tournée de Nekrogoblikon. Je suis rentré chez moi, j’ai commencé à écrire des morceaux que j’ai par la suite envoyés à Chris. Lui, de son côté, il s’est occupé des paroles. Et quand il nous a fallu réfléchir au nom du groupe, on a vite pensé à Wizardthrone, un nom qui déjà était revenu lors d’une de nos discussions, il y a très longtemps ! Ensuite, nous avons contacté Matt et Jake pour compléter le line-up, et nous voilà.

Musicalement parlant, Wizardthrone n’a rien à voir avec Gloryhammer. Vous proposez ici un Black Metal Symphonique. Vu le registre dans lequel Chris et toi évoluez au sein de Gloryhammer, était-ce difficile pour vous de changer votre état d’esprit ? 

En fait, bien avant de lancer Gloryhammer avec Chris, j’ai toujours été fans de groupes de Black Metal. À côté, il faut savoir que j’évolue au sein d’un groupe de Black Symphonique français, Deathcode Society. J’ai grandi en écoutant des groupes comme Emperor, Hypocrisy… C’est vraiment en moi ! Après, je joue dans Gloryhammer… Quand j’étais jeune, j’aimais beaucoup le Power Metal également. Donc, ça a été facile pour moi de m’y retrouver.

Est-ce que tu peux me présenter ce premier album, Hypercube Necrodimensions ? Quel est son concept ? 

Ce n’est pas vraiment un concept album dans le sens où les morceaux ne sont pas vraiment liés. Cependant, nous ne voulions pas écrire un album de Black Metal traditionnel avec des paroles qui ne traitent que satanisme ou d’occultisme. Ça a été fait tant de fois qu’on a vite pensé que ce serait une perte de temps. Il nous fallait une autre approche ! Chris a un « background » en mathématiques. Il a étudié les maths dans sa jeunesse, donc il a voulu appliquer ça aux paroles. À titre personnel, je viens d’un univers un peu plus traditionnel, donc on a essayé de mélanger l’ensemble et trouver un bon équilibre. 

Musicalement parlant, Hypercube Necrodimensions regroupe des morceaux qui peuvent faire penser à du Children Of Bodom, Dissection et Emperor… Quel type de sonorités visiez-vous avec cet opus ? 

Quand j’ai composé « Black Hole Quantum Thermodynamics », je me suis vite rendu compte qu’il était sombre, brutal… Cela dit, j’ai fait en sorte de ne pas me répéter. Aujourd’hui, beaucoup de groupes n’innovent pas d’un morceau à l’autre.

Les groupes que tu viens de mentionner sont nos groupes préférés : Children Of Bodom et Emperor. Nos principaux sources d’inspiration ! Chris, lui, te citera sans doute Bal-Sagoth… ! Concernant Children Of Bodom, je ne dirais pas que je me suis forcément inspiré de leur musique, mais plutôt de l’attitude en général. En tout cas, oui, l’idée était de mélanger plusieurs couleurs ensemble. 

Nous ne voulions pas écrire un album de Black Metal traditionnel qui ne traite que de satanisme ou d’occultisme

Le dernier morceau de l’album, « Beyond the Wizardthrone (Cryptopharmalogical Revelations of the Riemann Zeta Function) » est le plus long. Esthétiquement parlant, il m’a fait pensé à ce groupe, Lost Horizon, auteur de ce superbe album A Flame To The Ground Beneath. Est-ce que ça te parle ?  

J’adore cet opus ! Merci pour le compliment ! Plus grand monde ne parle de ce groupe aujourd’hui… C’est dommage, car cet album est sans l’un des meilleurs ! Et dans les mélodies, je voulais qu’il y ait un peu de Lost Horizon, en effet !

Tu écoutes encore ce groupe aujourd’hui ? 

Oui ! Ça m’arrive encore régulièrement ! Surtout, quand je suis éméché, en soirée !

Comment as-tu travaillé sur ce morceau pour qu’il soit aussi long ? Comment l’as-tu agencé ? 

Chris a composé une petite section de ce moment… On l’a écrit à plusieurs, Jake, Matt, et moi-même. Sur ce morceau, nous avons également profité de l’apport d’Every Berry du groupe Wilderun. Il en a aussi composé une partie. Il me semble que nous avons eu besoin de 5 à 6 semaines pour en arriver à bout. D’ailleurs, nous avions écrit une première version du morceau, que nous avons par la suite supprimée, car nous n’étions pas satisfait du résultat. Nous avons donc recommencé… C’est pour ça que ça a pris autant de temps ! En tout cas, la version actuelle me satisfait, et il semblerait que les fans l’aiment aussi ! 

Les titres des morceaux sont à rallonge. Ont-ils un sens caché ? À quoi penses-tu quand tu créées une chanson ? 

Je réfléchis tout simplement aux choses les plus dingues qui pourraient se produire à des milliers de galaxies de chez nous… Pour le morceau The « Coalescence of Nine Stars in the System Once Known as Markarian-23 », j’étais tout simplement en train d’imaginer des phénomènes incroyables comme l’alignement de neuf étoiles s’articulant ensemble. 

Quid de l’enregistrement de l’album ? La crise sanitaire a-t-elle mis à mal vos plans ? 

Avec la COVID-19, nous avons dû enregistrer nos parties séparément. À titre personnel, j’ai fait mes prises de guitare chez moi, et mes parties de chant chez un ami de Londres. Chris, Jake, Erik aux États-Unis, Matt en Suède… Chacun a enregistré leurs parties et je me suis assuré de collecter et envoyer l’ensemble à Helsinki pour la production. Au départ, nous devions nous rassembler là-bas pour enregistrer là-bas, mais à la place, nous avons dû communiquer via WhatsApp pour le mixage. Donc, tout s’est fait à distance, même pour le mixage. La situation est assez atypique, mais bon, l’ensemble tient la route.

Qu’en est-il de la tournée ? Je sais qu’Alestorm a également un nouvel album à défendre… Qu’allez-vous faire ? 

Nous travaillons actuellement avec un booker. Bien sûr, il ne faut pas marcher sur les plates-bandes des autres groupes dans lesquels nous sommes impliqués. Mais aussi, c’est assez difficile car tous les festivals et les tournées sont déjà programmés depuis un an et demi maintenant, donc ce n’est pas évident de s’y greffer…


Wizardthrone, c’est : 

V. Morbistopheles Jones // Vincent « Jake » Jones : Basse/Chant

M. Archistrategos Barber // Mike Barber – Guitare/Chant

M. Xaviculus Bell // Matthew Bell : Guitare

C. Hyperiax Bowes // Chris Bowes – Claviers

E. Wizardthrone Brown // Eric Brown – Batterie 

Discographie : 

Hypercube Necrodimension (2021)

A propos de l'auteur

Rédacteur en chef d'Heretik Magazine

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