Il y a comme un air de renouveau dans l’air ! C’est vrai que simple fait de rédiger un compte-rendu de festival est un exercice auquel la rédaction ne s’est pas prêtée depuis… la dernière édition du In Theatrum Denonium de mars 2020 à une époque bourrée d’incertitudes. 

Donc, quand il nous a fallu faire nos paquets et prendre la route, c’est tout un tas d’habitudes qu’il nous a fallu reprendre, tout en se faisant à l’idée que plus rien ne sera comme avant (du moins, pour le moment), et ça, le Rockelingen, festival intimiste Belge, presque secret (situé quelque part dans une ferme d’Enghien), l’a bien compris. En effet, la circulation du virus étant encore active, les organisateurs ont tout mis en œuvre pour que les mesures sanitaires soient respectées et appliquées (à savoir, port du masque obligatoire quand on est debout, et ainsi de suite…). Mais il en a fallu plus pour décourager les ardeurs de la troicentaine de fans venus s’éclater ‘’à l’ancienne’’… Et ils auraient eu tort de s’en priver, surtout que l’affiche, exclusivement belge à une exception près, valait le détour : Carnation, Reject The Sickness, Sons Of A Wanted Man, Hold The Crown pour le vendredi, Black Mirrors, ¡Pendejo!, Tangled Horns, Arson, Bark, Haester et Short Fuse pour le samedi. 

Texte : Axl Meu

Crédit photo : Moris DC


La tente posée, nous sommes installés, direction l’enceinte du « festival » où les tables disposées un peu partout peuvent réunir jusqu’à huit personnes chacune. Hold The Crown lance les hostilités à 18 heures pétantes avec la promesse de réveiller les ardeurs des quelques festivaliers attablés. Grâce à un Hardcore efficace, ‘’old-school’’ à souhait, respectant les codes du genre à la lettre (grosses basses, batterie qui tabasse, gueulante assez significative), l’entrée en matière se veut rassurante grâce à des morceaux comme « Wasted Dreams », « Involved », même si le public ne semble pas trop vouloir se fouler pour aller à la rencontre des musiciens (il faudra attendre la deuxième partie de la scène pour voir une grosse partie du public oser s’approcher de la scène et « headbanger »). En ce qui concerne Hold The Crown, la formation peut se vanter d’avoir repris la scène plus que correctement. 

Particulièrement séduits par le premier album de Sons Of A Wanted ManKenoma, paru l’année dernière via Les Acteurs de l’Ombre Productions, nous avions dû prendre notre mal en patience et attendre le bon moment avant de voir la formation de Post-Black Metal belge se produire sur scène. Et nous n’avons pas été déçus. Bénéficiant de l’apport rythmique d’un nouveau batteur, Sons Of A Wanted Man, dans la sobriété, a fait honneur à son premier album et sa démo en y interprétant leurs titres phares « Kenoma », « Serpentine » et « Under A Lightless Sky » remarqués pour leurs côtés tortueux, atmosphérique (amplifié dans la fosse grâce à la fumée et l’encens) sans sur-jouer l’ensemble. Bref, rigoureux dans l’exécution de leurs parties du début jusqu’à la fin, ces quatre gars de la province de Limburg ont fait fort bonne impression et ont prouvé qu’ils étaient sur la bonne voie ! Prochaine étape, Lille ? On espère ! 

Paf ! Une patate de forain dans la g**** ! Paf ! Une deuxième ! C’est un peu ça Reject The Sickness sur scène ! Découverte scénique pour nous, la formation Belge, qui a à son compteur trois albums (Chains In SolitudeThe Wight Of SilenceWhile our World Dissolves, le dernier en date), n’a pas laissé d’autre choix que de pousser les énervés de pit à se rentrer dans le lard (toujours avec le masque et en respectant les gestes-barrière, bien sûr). Il faut dire que si l’arsenal Reject The Sickness n’a pas enrayé l’épidémie, mais il nous l’a fait oublier, du moins, le temps de quelques instants, grâce une formule qui sent certes le réchauffé, mais qui reste efficace (gros riffs plaqués, grosse gueulante). Mais ça va, l’ensemble est de franche-bonne qualité et nous a encouragés à nous plonger dans la discographie du groupe. 

Doit-encore présenter Carnation? Remplaçant de The Monolith Deathcult, la formation anversoise a commencé se faire une bonne réputation dans le paysage des musiques extrêmes (jusqu’à être testée et approuvée par les pointures du genre, comme Max Cavalera !). Un succès bien justifié lorsque l’on pose une oreille attentive aux deux premiers albums du groupe, Chapel of Abhorrence (2018) et Where Death Lies (2020) tous deux parus via Season Of Mist ! Il faut dire que Carnation a la tradition pure du Death Metal dans la chair et qu’il n’a pas peur d’y proposer sa propre interprétation de la chose, une interprétation qui n’a pas laissé indifférents les fans ! Plongés dans la fumée, ils ont préféré profiter de l’instant présent dès les premières mesures d’« Iron Discipline », franchir le quatrième mur en montant sur scène, à plusieurs reprises et s’essayer au stage-diving (jusqu’à endommager le stage-matériel du groupe). En bref, une belle sensation de « bordel organisé » orchestré par le maître de cérémonie Simon Duson, que nous n’avions pas expérimentée depuis des lustres ! Bref, Carnation a fait le job ! Excellent, tout simplement !

Pour une première journée de festival, la rédaction a été servie. Quatre formations belges d’excellente facture, une ambiance que seuls les Belges savent mettre et déjà beaucoup de très bons souvenirs !

A propos de l'auteur

Axl

Rédacteur en chef d'Heretik Magazine

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