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Impossible de passer à côté de Sorcières, jeune formation de Folk Metal des Hauts-de-France formée d’acteurs locaux bien connus des environs. Le groupe s’étant dernièrement fait remarquer avec la parution de son premier album, Empoisonné, nous sommes allés à la rencontre de l’homme par qui tout a commencé : Thibaut Marlard.

Propos de Thibaut Marlard (guitare) recueillis par Fred.


Bonjour Thibaut, peux-tu en quelques mots nous présenter Sorcières ?

Il s’agit du projet Black/Folk Metal que j’ai lancé après Lappalaïnen. J’ai composé pendant un an, puis trouvé d’autres musiciens par la suite. Nous avons fait paraître un EP en 2019 et donné plusieurs concerts dans la région. En 2020, le line-up a changé et je me suis retrouvé à nouveau seul à la guitare, Tritt nous a rejoints à la batterie, mais on a été stoppés net par le confinement après une belle soirée à Bruxelles.

Avant Empoisonné, vous aviez fait paraître une première démo, Grim, en 2017, ainsi qu’un premier EP, Sombres Danses, en 2019. On imagine que l’album suit leurs traces. 

La démo, je l’ai composée et enregistrée tout seul. Il n’y avait ni chant, ni violon et une batterie pas terrible. L’album suit plutôt les traces du premier EP, Sombres Danses, surtout au niveau de l’ambiance. Mais les compositions sont plus variées, la batterie plus extrême, et nous avons laissé davantage de place au violon. Le mixage est meilleur aussi grâce à notre ingénieur-son Hadrien chez qui le chant, la basse, la guitare folk et le violon ont été enregistrés. À noter que nous avons également invité la flûtiste de Dusk & Darkness, Johanne (Gea, ndlr), sur un morceau.

Que se cache-t-il derrière le titre de l’album, Empoisonné ?

C’est aussi le titre le plus court de l’album, un de ceux qu’on aime le plus, il résume bien l’histoire de l’album. On peut aussi y lire une description du siècle dans lequel on vit, que ce soit sur le plan de la santé, de l’écologie, de la société ou des médias… Et de manière plus triviale, c’est un peu l’effet qu’a eu sur nous l’enregistrement interminable de cet album. Mais ça en valait la peine !

Comment avez-vous appréhendé la conception et la composition de l’album ? 

Certains morceaux étaient déjà composés depuis longtemps… On les jouait sur scène avant la crise sanitaire et d’autres sont arrivés juste avant l’enregistrement. Nous avons donc mélangé les deux : nouveaux titres et d’autres qui ont été dépoussiérés comme « Défloraison » et « À Feu et à Sang ». Comme notre nouveau batteur a un jeu différent, on a dû adapter les guitares/basse pour l’occasion.

Aussi, certaines parties mélodiques ont été composées par Marie (Derancourt, violon) et David (Hubert, basse), ce qui n’était pas le cas jusque-là. Sur cet album Pierre-Alain (Stigand, chant, NDLR) a également écrit les paroles de plusieurs morceaux. On peut dire d’Empoisonné qu’il est un album plus collectif : plus Black et plus Folk à la fois.

« Empoisonné résume (…) le siècle dans lequel on vit, que ce soit sur le plan de la santé, de l’écologie, de la société ou des médias »

Le Folk est une musique extrêmement organique, viscérale où l’humain a une grande place. Comment vivez-vous ce rapport en 2021 ou l’humanité s’écroule de partout ?

C’est d’autant plus important de continuer à faire vivre ce style de musique. Dans le groupe, on aime effectivement les bals folk, les petits concerts dans les bars, tout ce qui met en avant les instruments et place les musiciens au contact du public. Je pense que ce besoin de musique organique, authentique et populaire, dans le bon sens du terme, qui sent la bière et la sueur, est un point commun qu’on peut trouver entre les amateurs de Metal et de musiques traditionnelles. C’est ce qui fait qu’on aime le mélange des deux en tout cas.

Quels thèmes sont abordés sur les textes d’Empoisonné ? Y a-t-il un concept qui lie tous ces morceaux ?

L’album n’a pas vraiment de concept, mais une trame principale, celle de la rédemption d’un village, dont on fait allusion sur « L’Auberge des Corps Perdus », après qu’il a exécuté arbitrairement une femme (« Ordalie») pour sorcellerie suite à une affaire d’empoisonnement. Les sorcières, « Les Yeux Verts » et « Cavalière des Ronces », sont présentes, mais on ne sait jamais si elles sont réelles ou simplement symboliques. Plus l’album avance plus l’histoire devient sombre et onirique. Comme les textes sont assez sibyllins et travaillés pour faire des rimes, on n’y retrouve pas vraiment de narration précise, mais c’est aussi le but afin de laisser place à une libre interprétation de chacun.

Vous êtes en quête d’un second guitariste. C’est indispensable à votre évolution ?

Oui, ça serait l’idéal, surtout pour pouvoir gérer des parties guitare électrique plus guitare folk et avoir plus de puissance rythmique. Actuellement, on peut jouer, mais il est difficile de proposer le même rendu que sur album. Si quelqu’un nous lit et est intéressé pour rejoindre le groupe qu’il/elle n’hésite pas à nous contacter ! 

Quels sont les projets pour Sorcières au niveau de la promo, clips, live en prévision ?

On avait prévu de sortir un clip, mais comme on devait tourner en extérieur, c’est un peu resté en suspens avec les restrictions de cette année… On va probablement s’y remettre dès qu’on aura le temps. Et pour les concerts, on verra en fonction de la situation. Plusieurs concerts nous sont passés sous le nez en 2020, donc on préfère ne pas s’enthousiasmer à l’avance, mais on a de belles dates au programme que l’on communiquera très bientôt ! 


Sorcières, c’est :

David Hubert : Basse 

Thibaut Marlard : Guitare 

Marie Derancourt : Violon 

Pierre-Alain Stigand : Chant  

Tritt : Batterie 

Discographie :

Grim (démo – 2017)

Sombres Danses (EP – 2019)

Empoisonné (2021)

A propos de l'auteur

Rédacteur en chef d'Heretik Magazine

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