Période actuelle oblige, beaucoup de formations se sont mis à l’heure du « live-stream » pour maintenir leurs liens avec leurs fans, un jeu auquel s’est prêté Destruction le 1er janvier dernier. En a résulté quelques mois plus tard ce Live Attack, un nouveau Blu-ray, attendu pour le 13 août prochain via Napalm Records. Nous avons donc programmé notre réunion « Zoom » et nous sommes rencardés avec Schmier, leader de la formation et parrain de la scène thrash teutonne, pour prendre quelques nouvelles…

Propos de Schmier (chant, basse) recueillis par Axl Meu  

Crédit photo : Gorka Photography


Salut Schmier ! Avant d’évoquer le nouvel album « live » de Destruction, j’aimerais tout simplement savoir comment tu vas. Je sais que vous allez vous produire à l’Alcatraz Festival cet été…

J’ai hâte de retrouver la scène. Ça fait maintenant plusieurs mois qu’on attend de reprendre la route. Je pense qu’il est enfin temps qu’on y retourne ! Destruction se produira dans le cadre de plusieurs festivals cet été, dans plusieurs pays, et ça va nous faire du bien de retrouver nos fans. Les derniers mois ont été quand même été difficiles pour le groupe. 

Cela dit, Destruction fait quand même partie des chanceux qui ont donné des concerts en septembre 2020… Le public était assis et masqué, il me semble. C’était quoi de se produire devant un public assis lorsque l’on s’appelle Destruction ? 

C’était à la fois amusant et bizarre, je dois dire. Il n’y avait rien, donc, c’était la seule solution pour se produire. Après, on s’y est fait. Certes, l’énergie n’était pas la même, mais le public était vraiment à fond. À la place de ‘’headbeaguer’’, il suivait tous nos faits et gestes. Et malgré tout, on pouvait voir nos fans sourire derrière leur masque. C’était bien, mais ça reste une expérience que je ne voudrais pas trop reproduire à l’avenir. On va dire que c’était bien pour essayer. 

Parlons à présent de ce nouvel album « live », Live Attack, attendu pour le 13 août via Napalm Records. Ce concert était bien particulier lui aussi. Aucun public. Il a fait l’objet d’un ‘’stream’’ en direct le 1er janvier dernier… 

Ouais. La pandémie nous a empêchés de défendre notre dernier opus, Born To Perish, comme il se doit. Nous étions bloqués chez nous, et comme beaucoup d’artistes, nous nous avons pensé qu’il serait intéressant d’organiser un événement en ligne, de lancer une requête auprès des fans, de demander quels morceaux ils voudraient que l’on joue. Parmi les requêtes, ils avaient des vieux titres que nous n’avions pas joués depuis un moment. Tout ça, ça nous a vraiment aidés à rester proches de nos fans. Après, comme tu dis, la salle était vide, mais ça ne nous a pas dérangés, on a l’habitude quand on répète ! Donc, on va dire que ce concert au Z7 de Pratteln, c’était un peu une répétition, mais en mieux. 

Après la pandémie, beaucoup nous ont demandés si nous pouvions immortaliser le concert et en faire un DVD ou un Blu-ray. Pareil, c’était une bonne idée. On a vite pensé que ça nous ferait un bon souvenir, en mémoire de la période difficile que nous traversons actuellement. 

La fameuse setlist a été construite en fonction des requêtes des fans. Elle comprend beaucoup de classiques du groupe, comme « Nailed To The Cross », « Mad Butcher », « Tormentor », « Thrash Til’ Death » et bien d’autres. J’imagine que vous aviez dû réapprendre certains des morceaux… 

Oui. Nous avons dû réapprendre « Sign Of Fear », « Reject Emotions », mais aussi « Under Attack » que nous n’avions pas joué depuis une éternité ! Il me semble que la dernière fois que Destruction a joué « Sign Of Fear », dans son intégralité, c’était en 1989, donc… 

Vous avez pu vous voir régulièrement pour répéter ? 

Oui, oui. Tout s’est préparé à la maison, puis nous nous sommes rassemblés 2/3 jours avant le concert pour tout préparer. En fait, on a vite retrouvé nos automatismes. Tout s’est fait naturellement, même pour les plus vieux morceaux ! 

Ce qui m’a également surpris, c’est le nombre de morceaux que vous aviez joués le soir du 1er janvier. 22. C’est énorme ! Techniquement parlant, ce n’était pas trop éprouvant ? 

Non. Aujourd’hui, nous jouons maximum 1h30… Mais pour un concert aussi particulier que celui-là, nous avons fait une exception. Après, je t’avoue ne pas pouvoir assurer ce genre de concerts tous les soirs. Pas évident pour la voix ! Là, pour ce concert, ça a été. Nous étions tellement impatients de refouler la scène. 

« Il est enfin temps qu’on y retourne ! Destruction se produira dans le cadre de plusieurs festivals cet été, dans plusieurs pays, et ça va nous faire du bien de retrouver nos fans ! »

Ça fait désormais deux ans que Destruction évolue en quatuor. Damir Eskić a fait vraisemblablement beaucoup de bien au groupe… 

Oui, le groupe est désormais bien plus fort ! Beaucoup de fans nous ont remerciés d’avoir recruté un deuxième guitariste. À la fin des 80’s, Destruction comptait aussi deux guitares, et déjà, ça faisait la différence. Ça apporte une dose d’énergie dont il est difficile aujourd’hui de se passer ! Beaucoup de fans nous ont suppliés de le garder ! (Rires) Les réactions ont été géniales ! 

(N’a pas été évoqué le départ supposé de Mike, guitariste emblématique, membre-fondateur, de la formation. Nouvelle qui est tombée à la fin du mois de juillet via la page Facebook de Schmier. L’interview a été passée à la fin du mois de juin, NDLR).

Qu’en est-il du prochain album ? Avez-vous commencé à travailler dessus ? 

Il est déjà fini ! Le premier single devrait sortir à la fin du mois d’août. L’album, quant à lui, devait sortir au début de l’année prochaine. Étant donné que c’est un album que nous avons composé durant la pandémie, une agressivité supplémentaire s’en dégage ! Beaucoup de guitares, beaucoup d’énergie ! Nous avons également profité d’avoir deux guitares pour expérimenter et inclure plus de solos qu’à l’accoutumée. 

Pendant le confinement, je ne savais pas trop où aller, quoi faire. J’y refoulais tellement de négativité… Mais finalement, quand je me suis mis à écrire, tout est venu naturellement et je dirais que la période actuelle m’a poussé à écrire les meilleures paroles qui soient. Bien sûr, elles traitent de la période actuelle. La plupart de mes amis sont également musiciens et beaucoup m’ont expliqué avoir le syndrome de la page blanche… Pas moi.   

(À noter que Mike n’a ni participé à l’écriture de l’album, ni même à l’enregistrement, selon le communiqué du leader, publié sur son compte Facebook)

Tu as profité de la pandémie pour écrire le meilleur album qui soit…. 

Oui. Je pense que ce nouvel album va surprendre beaucoup de monde ! C’est un peu un retour aux sources ! Très « old-school » dans l’âme ! Par moments, tu écris des morceaux dont tu es satisfait au moment présent, mais quelques mois après, tu regrettes… Là, ce n’est pas le cas. Je suis vraiment très confiant ! Les morceaux de ce nouvel album sont les meilleurs que j’ai écrits depuis un moment. 

Dernièrement, Destruction a également surpris ses fans en annonçant sa nouvelle collaboration avec Napalm Records. 

Nous voulions tout simplement amorcer une nouvelle ère pour le groupe. Ça faisait 21 ans que nous étions chez Nuclear Blast. Depuis, son staff a beaucoup changé. Ça faisait un moment que je suivais le travail de Napalm Records. Il a vraiment bien évolué ces dernières années… Je me suis donc rentré en contact avec Sebastian Muench l’un des labels-manager. Et il était vraiment très enthousiaste de travailler avec Destruction ! 

Quid de ce superbe nouveau coffret « Tales Of Morbid Brains » regroupant vos meilleurs albums en format Picture disc à paraître via High Roller Records ? 

Il est vraiment magnifique ! On y retrouve comme tu dis un paquet de Picture Disc, mais aussi un superbe livre, réunissant un tas d’archives, des articles de magazine, des images… Ce coffret, limité à 666 exemplaires, est réservé aux fans ultimes ! 

Comme je te disais en début d’interview, Destruction se produira à l’Alcatraz le 14 août prochain. Que devons-nous attendre de votre part ? 

Quand on sera arrivé à l’Alcatraz, on se sera déjà bien échauffés. On jouera une sorte de best-of de tous nos morceaux… Nous voulons toujours donner à nos fans le meilleur de nous-mêmes. Après, tout dépendra du temps de jeu qu’on nous accordera. 

Vous serez également au Hellfest en 2022 ! Quelle affiche ! 

Oui, c’est la plus belle affiche que j’ai jamais vue ! C’est vraiment historique… Le plus gros rassemblement « Metal » jamais organisé ! 

Donc, on peut dire que le Hellfest est plus gros que le Wacken Open Air ? 

En ce qui concerne les infrastructures, oui. Après, je ne sais pas combien de personnes le festival pourra accueillir l’année prochaine, donc… Mais oui, le line-up est définitivement plus gros que celui du Wacken Open Air.


Destruction, c’est : 

Schmier : Bass, Chant 

Randy Black : Batterie 

Damir Eskić : Guitares 

(Mike : Guitares)

Discographie :

Sentence Of Death (EP-1984)

Infernal Overkill (1985) 

Eternal Devastation (1986)  

Release from Agony (1987) 

Cracked Brain (1990) 

The Least Successful Human Cannonball (1998) 

All Hell Breaks Loose (2000) 

The Antichrist (2001) 

Metal Discharge (2003) 

Inventor of Evil (2005) 

D.E.V.O.L.U.T.I.O.N. (2008) 

Day of Reckoning (2011) 

Spiritual Genocide (2012

Under Attack (2016) 

Born to Perish (2019) 

Live Attack (Live-2021)

A propos de l'auteur

Rédacteur en chef d'Heretik Magazine

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