Beaucoup de succès ! C’est ce que l’on souhaite à Black Mirrors qui a fait fort bonne impression ce vendredi à l’Alcatraz Festival. Sous la morgue, la formation bruxelloise a imprégné les metalheads de son empreinte Rock/Stoner bien dynamique ! Quelques heures après sa performance, nous avions donné rendez-vous à Marcella Di Troia et Pierre Lateur, respectivement chanteuse et guitariste du groupe ! 

Propos de Marcella di Troia (chant) et Pierre Lateur (guitare) recueillis par Axl Meu

Crédit photos : Moris D.C.


Je sais que Black Mirrors est un groupe bruxellois de Rock/Stoner formé en 2013, mais encore ? 

Marcella di Troia (chant) : Au départ, je voulais lancer un groupe de Rock féminin. Je m’étais donc entourée de la section rythmique du groupe Moaning City, formation de Psyché/Stoner, la batteuse étant une très vieille amie à moi. Nous étions donc trois. On avait la basse, la batterie, ainsi que moi, au chant. Je jouais un peu de guitare, mais il nous fallait vraiment une personne qui puisse jouer de la guitare. C’est à ce moment-là que Pierre (Lateur, NDLR) est arrivé. En fin de compte, la section rythmique avait d’autres projets en tête. Les deux filles ne voulaient pas prendre la même direction que Pierre et moi. Du coup, on a demandé à d’autres amis de nous rejoindre, et Black Mirrors est né de là. À partir des premières sessions de jams, nous avons commencé à développer des morceaux dans le but d’enregistrer un EP pour ensuite démarcher des salles et se retrouver sur scène. 

La musique de Black Mirrors est donc un combiné d’inspirations Psyché, Grunge, Rock alternatif… Comment ce mélange d’esthétiques s’est-il amorcé ?

Marcella : Pour moi, je n’ai jamais voulu lancer un groupe de Rock Psyché. On est plus dans le Stoner, mais c’est vrai que j’ai toujours eu des influences typées Pyché, comme les Doors. Aujourd’hui, Black Mirrors se retrouve dans des influences un peu plus 90’s, un peu plus « grunge »…

Pierre Lateur (guitare) : Nous ne sommes ni du genre à se poser des questions au moment d’écrire les morceaux, ni du genre à définir ce que nous faisons. Après, il y a certaines parties qui peuvent évoquer le Rock Psyché, mais à l’époque, nous étions plus dans le Stoner, plutôt inspirés par Kyuss, à la Queen Of The Stone Age, le Desert Rock en quelque sorte. D’ailleurs, nous nous sommes déjà produits au Desert Fest !

En 2018, vous sortez votre premier opus, Look Into The Black Mirror. Au début de l’année 2020, vous avez adapté certaines de vos chansons au format « unplugged ». Comment le passage de la guitare « fuzz » à la guitare acoustique s’est-il fait ? 

Pierre : Ce n’est pas toujours évident. J’aime beaucoup avoir un son très « fuzz », comme tu viens de le dire, avec des gros « octavers ». Et quand tu te retrouves à devoir faire sonner ça avec une guitare folk, il faut un peu se creuser la tête, retravailler le tout et trouver l’accompagnement qui ira bien avec l’ensemble. L’enjeu était ici que la guitare ait la pêche et – en même temps – qu’elle soit au service de la voix. On voulait vraiment s’inscrire dans la continuité des albums live « Unplugged » que MTV a faits dans les années 90. 

Alice In Chains, Nirvana… 

Oui, ce sont également de grosses influences en ce qui nous concerne. 

Marcella : Nous voulions également, par le biais de ce live, montrer une autre facette du groupe. Black Mirrors, ce n’est pas forcément que du gros son. Parfois, le groupe peut se montrer sous un jour plus « soft ». Le live a été enregistré en autoproduction. 

« On peut très bien se produire dans un festival de Metal comme aujourd’hui et se produire dans le cadre d’événements plus ‘mainstream’. »

Sur votre premier album, on a vraiment l’impression que tous vos morceaux ont tous été construits à la manière d’un hymne. Ils se retiennent très facilement ! Comment travaillez-vous un morceau ? 

Marcella : On ne se dit jamais : « On va faire quelque chose de ‘catchy’ ou je ne sais quoi… » C’est seulement une fois que la partie est composée qu’on se rend compte qu’elle est ‘’catchy’’. Donc, une fois qu’on a l’idée, on va faire en faire de l’exploiter un maximum et en faire un morceau qui tient la route. 

Pierre : Ce sont des choses qu’on affine à fur et à mesure. On n’a pas de démarche particulière. On travaille toujours plusieurs possibilités, les mélodies de voix… On essaie également d’améliorer l’ensemble et de rendre l’ensemble mémorable. Sans même penser au public, à la place, on se dit : « Tiens, ce morceau là que j’ai composé il y a trois jours, est-ce que l’on s’en souvient toujours ? ». 

Marcella : Si c’est le cas, c’est que c’est bon signe ! 

Avant que l’on commence l’interview, Marcella m’a confié que le nouvel album serait plus « grunge », plus « rentre-dedans ». D’ailleurs, ce n’est pas pour rien que vous reprenez « Territorial Pissings » de Nirvana sur scène ! Vous vous inspirez directement de Nirvana ? 

Marcella : Alice In Chains également, qu’on écoute beaucoup !

Pierre : Soundgarden, également. Vraiment le haut de panier de la scène Grunge. 

Marcella : Pour ma part, je rajouterais également le groupe Hole, que j’ai beaucoup écouté lors de mon adolescence. 

Pierre : Après, il y a un groupe que l’on a beaucoup écouté dernièrement, c’est Eleven, formé par notre producteur Alain Johannes. Malheureusement, c’est un peu moins connu, mais ce gars a un C.V. long comme le bras ! Il a notamment travaillé avec les Red Hot Chili Peppers… Après, pour ce qui est de nos sources d’inspiration, on a toujours essayé de faire les choses le plus naturellement possible, on ne se dit jamais : « Il faut composer quelque chose dans le style des années 90… ». Naturellement, tu régurgites un peu ce que tu écoutes et as écouté à une certaine période.

Marcella : On se pose et on s’amuse quoi ! À l’époque de mes premières démos, jamais je n’aurais pensé qu’on allait les utiliser pour Black Mirrors. On se conseille mutuellement, Pierre m’accompagne et me donne de nouvelles idées. Tout ça se retrouve sur l’album. 

En ce moment, Black Mirrors joue dans des festivals plus « Metal ». Je pensais notamment au Rockelingen d’il y a deux semaines. Là, vous venez de vous produire à l’Alcatraz. Vous êtes quand même, il faut le dire, le groupe le plus « mainstream » du week-end. Est-ce que c’est un gros mot pour vous cette appellation de « mainstream » ? 

Pierre : Absolument pas ! On peut cracher dessus… On peut remettre en cause le système de fonctionnement de certains festivals ‘’mainstream’’, mais ça serait assez compliqué pour nous si on commençait à refuser à se produire dans un festival, soi-disant parce que son affiche est tout public. 

Marcella : Après, il faut quand même voir le festival. Je pense notamment aux festivals de Liège, Les Ardentes. On aurait peut-être pu s’y produire il y a quelques années, mais aujourd’hui, c’est totalement impossible, sa programmation étant principalement axée sur l’Electro et le Rap. Donc, il faut trouver un festival où ça ferait sens, tout simplement. Au Rock Werchter, ça ferait sens. C’est ça qui est bien avec Black Mirrors. On peut très bien se produire dans un festival de Metal comme aujourd’hui et se produire dans le cadre d’événements plus ‘mainstream’.


Black Mirrors, c’est : 

Marcella Di Troia : Voix

Pierre Lateur : Guitare

Pierre Guillaume : Guitare

Yannick Carpentier : Batterie

André Six : Basse

Discographie : 

Funky Queen (EP-2017)

Look Into The Black Mirror (2018) 

A propos de l'auteur

Rédacteur en chef d'Heretik Magazine

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