Difficile de reprendre le rythme, n’est-ce pas ? La rédaction n’a cumulé que six heures de sommeil ces deux dernières journées. Il faut dire que, pour rien au monde, nous n’aurions manqué la moindre animation qu’elle ait lieu soit sur le site du festival, soit au camping, lieu des mille et une rencontres improbables. 

Tout ça pour vous expliquer que c’est particulièrement exténués que nous rejoignons les abords du festival Alcatraz pour cette journée qui s’annonce déjà bien prometteuse avec à l’affiche Heilung, Emperor, Dirkschneider, Hypocrisy, et j’en passe. Mais pour commencer, nous avons rendez-vous avec Dyscordia sur la Prison Stage. 

Par Axl Meu

Crédit photos : Moris DC. 


Dyscordia est un habitué du festival et de la ville de Courtrai ! Souvenez-vous, en octobre dernier, la formation s’était produite dans le cadre du Sound Of Noise, un festival un peu particulier en compagnie d’Evil Invaders et de Spoil Engine, également programmés à l’Alcatraz Festival. Après tout, pourquoi pas, la formation de Heavy Metal rameute le public et a son fan-club rien qu’à lui. Parfait pour défendre son dernier album en date, Delete / Rewrite paru en janvier dernier via Road Mark Productions. La jeune formation sait tirer profit des atouts qu’offre la Prison Stage pour faire rayonner son art, et ça marche. Sinon, pour ceux qui préfèrent faire passer leurs corn-flakes (ou leur fricadelle) par leurs voies nasales, il y avait Necrotted de l’autre côté : pas de pitié. Leur vision du Brutal Deathcore se résume à ça : gros riffs plaqués, une gueulante bien significative et surtout de la violence, beaucoup de violence. D’ailleurs, ce n’est pas pour rien que son dernier album s’intitule Operation: Mental Castration

Direction à la Morgue à l’heure du déjeuner pour la performance de la nouvelle référence belge en matière de Post-Metal, Psychonaut, venue présenter sa conception de la musique. Celle-ci se veut compliquée, mais promet une immersion dans un univers dont seuls ses protagonistes ont les clefs. Une chose est claire, sa performance, envoutante, nous aura encouragés à poser une oreille attentive sur leur premier opus, Unfold the God Man, paru en 2018. Le temps de remettre notre ceinture à balle et d’enfiler notre denim, nous rejoignons les nanas de Burning Witches qui ont non pas un seul, mais bien deux albums à défendre : Dance with the Devil et The Witch of the North. Un seul homme d’ordre : « Heavy Metal ». Et même si la performance peut s’avérer bancale de temps à autre, les protégées de Schmier (oui, le leader de Destruction les manage) font fort bonne impression. Un retour aux sources à base de riffs ne fait pas trop de mal, n’est-ce pas ? 

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Funeral Dress… Nous pensions au départ nous retrouver nez-à-nez avec une formation de Doom bien déprimante… Et pourtant, derrière ce patronyme bien funeste se cache une formation de Punk dansant qui n’a eu aucun mal à remplir la Swamp. Ça pue la vie, et ça fait plaisir. Ils n’est donc pas très surprenant que ses morceaux aient donné naissance à des scènes de vie diverses et variées. Ça fait du bien ! Après ce moment de convivialité, nous retrouvons Fleddy Melculy (qui, on vous assure, n’a rien à voir avec l’emblématique chanteur de Queen). La formation bien connue en Belgique (oui, oui !) évolue dans un Hardcore assez classique en partie joué en néerlandais. Cela ne nous empêchera pas d’y remarquer l’énorme potentiel du groupe masqué (qui n’hésitera pas à prendre une pause pour s’assurer que tout va bien dans le pit) sous ce soleil de plomb. Bref, tout roule comme sur des roulettes pour Fleddy Melculy qui aura pu défendre son nouvel opus Sabbath Fleddy Sabbath devant un paquet de Français. Peut-être commenceront-ils à se produire en France à l’avenir ? 

Trêve de plaisanterie : nous retournons nous engloutir sous la Swamp devant le superbe concert d’Omnium Gatherum rythmé par les classiques « God Go First », « Be The Sky » et Skyline ». Pas grand-chose à ajouter si ce n’est que la formation n’a pas perdu l’habitude de filer les belles mélodies sur fond de puissance sonore. Les formations américaines n’ont pas pu se rendre en terre d’Alcatraz cette année, à l’exception d’une : Seven Witches ! D’ailleurs, on imagine qu’elle a fait le nécessaire pour ne pas annuler sa prestation… Il faut dire que James Rivera aime l’Alcatraz Festival qu’il a déjà visité avec son autre groupe, Helstar, en 2019. Ici, Seven Witches se contente du strict-minimum sur scène. D’ailleurs, à quoi lui servirait de décorer sa scène, franchement ? Ces gourous du Heavy Metal ne rassembleront peut-être pas autant de monde qu’espéré, mais n’oublieront pas de partager leur passion pour le Heavy Metal à coup de classiques : « Dance With The Dead », « Mental Messiah », « Fields Of Fire », et s’offriront même un feat. avec Wade Black (Crimson Glory) et une reprise du classique d’U.F.O.,« Lights Out » en fin de gig. Simple, mais efficace. 

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Après avoir fait l’impasse sur Bizkit Park, nous nous remettons vite en selle et nous rapprochons de la Prison Stage pour le concert de Destruction, groupe culte, qui, hélas, doit composer sans son emblématique guitariste Mike (qui, d’après un communiqué de son leader, Schmier, n’a pas donné de nouvelles depuis un moment). Bon, ça nous embête, mais nous sommes tout de même rassurés de voir qu’il est remplacé par Martin Furia (!). Ainsi, Damir Eskic et ce dernier, accompagnés par la grâce de Schmier, peuvent exécuter leurs classiques comme bon leur semble : « Death Trap », « Nailed to the Cross », « Mad Butcher », « Total Desaster » et « Bestial Invasion ». Une courte performance, certes, mais terriblement efficace : la formule à quatre tient ses promesses, et autant dire que nous suivrons Destruction jusqu’à ce que mort s’ensuive. Vous voilà prévenus !

C’est également devant Dark Tranquillity que nous nous rendons compte que la formation suédoise s’est séparée d’une partie de ses membres. Anders Jivarp et Anders Iwers, respectivement batteur et bassiste, ne sont plus de la partie. Aussitôt partis, aussitôt remplacés, et cela n’a pas gâché l’ambiance du concert assez dynamique dans l’ensemble (même si, Christopher Amott, l’un des derniers arrivants, reste particulièrement concentré et statique). Bref, cette nouvelle performance belge leur a permis de défendre Moment, qu’ils ont fait paraître en novembre dernier via Century Media, et une partie de leur répertoire, le temps de 12 morceaux de Death Metal mélodique soigneusement exécutés. Un vrai moment de communion entre le groupe et ses fans. On a adoré ! 

Après la performance hypnotisante d’Alkerdeel, nous nous acheminons vers une Morgue plein à craquer. Il faut dire que Peter Tägtgren est dans les parages ! Et que ses performances, que ce soit avec Pain ou bien Hypocrisy, sont synonymes de rigueur et flirtent régulièrement avec la perfection. C’était une nouvelle fois le cas cette année. Hypocrisy a tout simplement gâté ses fans avec ce genre de setlist balayant une partie de sa carrière. Il y avait du The Final Chapter (« Adjusting the Sun », « The Final Chapter »), Abducted (« Roswell 47 »), du End Of Disclosure (« End of Disclosure »), Into The Abyss (« Fire in the Sky”)… Du caviar en boîte ! Mais ne comptez-pas sur nous pour vous ce qu’il s’est passé à la fin du concert, le Heavy Metal et l’un de ses dignes représentants nous appelaient de l’autre côté. 

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Udo Dirkschneider est un habitué de l’Alcatraz Festival. Et jamais on ne priverait d’aller le saluer, qu’il se produise sous le blase d’U.D.O. ou celui de Dirkschneider (son deuxième projet dont il se sert pour reprendre le répertoire d’Accept, son Accept à lui). Aujourd’hui, c’est Dirkschneider qui est à l’affiche, donc, on tire sur la corde de la nostalgie encore et toujours (pour notre plus grand plaisir). Naturellement, le chanteur, épaulé par son fils Sven à la batterie, est revenu sur les succès de la formation allemande, le temps de dix morceaux (« Starlight », « Living For Tonite », « Midnite Mover », « Princess of the Dawn », « Screaming for a Love-Bite », « Metal Heart », « Fast As A Shark », « Balls To The Walls »…). Un véritable concert aux allures de best-of au cours duquel chacun a donné de la voix (surtout sur « Balls To The Wall » et « Metal Heart »…). C’est simple, même si Udo Dirkschneider, a minimisé les prises de parole (Il était tout de même très heureux de retrouver ses fans), il a prouvé le temps d’un court concert qu’on a rarement fait mieux en termes de Heavy Metal. 

Pas le temps de nous remettre de nos émotions qu’il est déjà l’heure du concert d’Emperor, toujours orchestré par son incontestable maître de cérémonie, Ihsahn. Consciente de l’engouement que suscitent toujours In the Nightside Eclipse, Anthems to the Welkin at DuskIX Equilibrium et Prometheus: The Discipline of Fire & Demise, la formation a décidé, plutôt que de se focaliser sur un album (comme ce fut le cas au Hellfest en 2019), d’offrir un set constitué de classiques tirés de chaque album (« The Loss and Curse of Reverence », « The Majesté of the Nightsky », « I Am The Black Wizards »…), tous superbement agencés et superbement reproduits. Aucune fioriture, une simplicité d’exécution et d’immersion bluffante forçant le respect, Ihsahn et son équipe, après sa tempête sonore, sont repartis comme ils sont arrivés : avec classe et sobriété. On a adoré. 

On a pu se questionner quant à la pertinence de la programmation de Heilung en tête d’affiche, surtout que l’Alcatraz Festival est surtout reconnu pour ses têtes d’affiche Thrash, Hard, Heavy… Cependant, nous devons avouer que cette « petite » pause « Folk » nous a fait du bien. C’est donc posés sur notre séant que nous nous sommes laissé bercer par les incantations expérimentales celtiques de ses performers. Reposant, hypnotisant et visuellement fouillé, ce spectacle a reposé les ardeurs des festivaliers. Parfait pour recharger ses batteries en attendant la troisième et dernière journée de festival. 

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Courir, ne rien manquer, profiter… Voilà les mots d’ordre que nous sommes fixés pour ce court week-end. Autant dire que nous sommes en passe de remplir notre contrat. 

A propos de l'auteur

Axl

Rédacteur en chef d'Heretik Magazine

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