Écouter, Primal Age, c’est s’assurer de se prendre une bonne patate dans la gu*** ! D’ailleurs, la rédaction en avait déjà fait les frais lors de son passage au Dreamer Fest en 2018. Alors, quand la formation sort un nouvel album, il n’y a pas trop de questions à se poser. On décroche le cabinet et on prend des nouvelles de la formation.

Propos de Dimitri (basse) recueillis par Axl Meu


Salut ! Comment vous portez-vous en ce moment ? 

Eh bien, comme beaucoup, nous souffrons. Certes, moins que les autres dans le sens où nous étions principalement occupés… Mais là, ça commence à faire long ! Heureusement, nous avons réussi à nous occuper, à travailler à distance et ce que l’on avait à faire. On s’est tout simplement adapté à la situation… Mais là, le fait de ne pas jouer, ça devient dur et insupportable, je dois dire. 

Le 12 juin, vous revenez avec votre nouvel album, Masked Enemy. C’est votre premier album en 10 ans, même si vous avez sorti en EP, A Silent Wound, entretemps. Pourquoi a-t-il fallu attendre autant de temps pour avoir le successeur de The Gearwheels of Time ? 

On nous a souvent fait la remarque de ne pas être très productif. On a tout simplement fait ce choix d’enregistrer quand on estime avoir la matière pour le faire. On veut tout simplement être satisfait. Puis, il faut compter avec les aléas de la vie, les changements de line-up. Nous restons un groupe amateur, nous avons tous une vie à côté du groupe, un job… C’est aussi un job de notre part. Nous voulons rester indépendants, ne pas être touché par une structure qui nous pousserait à sortir un album tous les deux ans. 

Tu me parlais des aléas de groupe, comme les changements de line-up. Vous avez eu du mal à trouver votre batteur…

Oui. On va dire qu’il n’y a plus que deux membres d’origine au sein au groupe, à savoir Didier et moi à la basse. On vient de recruter un nouveau batteur, avec qui on n’a pas encore trop eu le temps de jouer. On a aussi recruté deux guitaristes en 2015, il y a cinq ans, à savoir Ben et Flo, qui ont remplacé Yohann, parti pour des raisons familiales. Ça aussi, ça nous a pris du temps. 

Que s’est-il passé avec Medhi, votre ancien batteur ? 

Mehdi a joué treize ans avec nous… Les phases de composition étaient toujours assez laborieuses. C’était toujours une énorme source de stress pour lui. Donc, quand on a évoqué le projet de ce nouvel album, il a préféré partir. Entretemps, Stéphane, le batteur d’origine du groupe est revenu. On a fait quelques dates avec lui, mais quand il a été question d’aborder l’album, c’était pareil. Il savait qu’il savait que ça serait trop pour lui. On a décidé donc de contacter Toki, l’ex-batteur de The Arrs, pour nous accompagner, c’était très bien avec lui. Mais pendant la phase de composition, il n’arrivait pas à obtenir ce qu’on attendait, donc on a préféré arrêter là. C’est vraiment lorsque nous avons fait appel à Rudy d’Explicit Silence que la situation s’est décantée. Il a écouté nos compositions et ensuite il a collé une batterie par-dessus. Cependant, il n’était pas question pour lui qu’il intègre le groupe. C’était tout simplement impossible pour lui pour des questions logistiques et de distance. Donc, là, on repart avec Miguel avec qui on a fait quelques répètes. On a vraiment hâte ! 

Primal Age revient donc avec son nouvel album, c’est Masked Enemy. Est-ce que tu pourrais me présenter l’album ? Quelles sont les thématiques qu’il aborde ? Qu’as-tu apporté à l’album ? 

La basse, les paroles, que j’ai par la suite envoyées à Didier, notre chanteur… J’ai composé une partie des morceaux, mais vu qu’on a intégré deux nouveaux guitaristes, on ne savait pas du tout comment ça allait sonner. Aussi, je savais que j’aurais été incapable de composer un album dans son intégralité. J’avais déjà de la matière pour une première partie d’album, mais pas la deuxième. Par chance, un des guitaristes, Flo, a écouté les démos, et vu qu’il sait comment orienter son style par rapport aux idées déjà existantes, il a amené des nouveaux morceaux qui se fondaient super bien par rapport aux autres. On s’est vraiment complémenté. 

En ce qui concerne les thématiques, on va toujours trouver deux/trois textes qui vont parler de la protection animale et l’environnement. Ce sont des thématiques qui vont revenir sur tous les albums. On n’a tout simplement pas envie que ça tourne en rond. On s’ouvre également à d’autres sujets, comme la politique. Alors, je fais toujours en sorte que Didier soit d’accord avec les propos abordés, car c’est lui qui va les incarner sur scène. Je dirais que Masked Enemya été l’album le plus difficile à mettre en boîte. 

Peut être une image de 5 personnes et barbe

« On va toujours trouver deux/trois textes qui vont parler de la protection animale et de l’environnement. Ce sont des thématiques qui vont revenir sur tous les albums »

L’album a été composé il y a quatre ans. Ça n’a pas été trop difficile de garder la ligne directrice que vous vous étiez fixés ? 

Non, je ne pense pas. Comme on compose assez peu souvent, l’idée, c’était d’avoir des morceaux qui tiennent la route, des morceaux dont on sera encore fier dans une dizaine d’années. J’espère que ces morceaux sont faits pour durer un minimum, et que le contexte actuel ne fera pas changer les choses. 

Musicalement parlant, on retrouve bien votre style : cet alliage entre Hardcore/Thrash… Comment abordez-vous ce style de musique ? Vous pensez directement à la scène ? Au confort auditif des fans ? 

Les deux se complètent. Je ne peux pas répondre pour Nico… Mais pour ma part, je ne calcule, je ne réfléchis pas vraiment. Ça vient comme ça vient ! Je ne me dis pas « Ça sera plus pour la scène »… En tout cas, il est vrai que, en phase de composition, nous avons eu la sensation qu’une partie des morceaux se prêtaient à la scène. D’ailleurs, c’est la première fois qu’on incorpore autant de nouveaux morceaux à notre prochaine setlist. On va jouer un maximum de ces nouveaux sur scène. En tout cas, ça va envoyer du lourd ! C’est pour ça qu’on trépigne d’impatience ! 

Quelles sont vos références en matière de style ? 

Slayer pour le côté Metal. Après, pour ce qui est du Hardcore, on aime également des groupes comme Madball. Si tu prends ces deux groupes-là, on est vraiment à la crise des chemins. Après, évidemment, nous écoutons beaucoup d’autres groupes, mais j’aime bien cette idée de puissance au niveau des riffs de guitare !

Il y a un message dans le premier morceau. C’est quoi ? 

C’est un message d’une jeune brésilienne qui date de 1992, un message qu’elle avait fait passer dans le cadre d’une convention sur le climat. Cette idée ne vient pas de nous, mais d’un de nos amis batteurs. On lui avait envoyé nos morceaux qu’il avait adorés, puis il avait ajouté ce petit entrait au début du morceau « Wise Old Man ». On a trouvé l’idée carrément bonne, donc on a tout simplement décidé de la garder ! 

Quid de l’enregistrement du studio ? J’imagine que vous l’avez enregistré après le début du premier confinement ? 

Oui. En fait, on a eu la chance d’avoir pu enregistrer l’album après le premier confinement. On est allé Swan Sound Studio en Normandie. Rudy, le batteur avec qui on a enregistré l’idée l’album, connait bien les lieux, donc on savait que ça lui conviendrait. Ce qui nous a vraiment fait l’effet déclencheur, c’est lorsqu’on a appris que Guillaume Doussaud du Swan Sound travaillait avec Alan Douches, producteur avec qui on aime travailler. Tous les éléments étaient donc réunis pour obtenir le son qu’on voulait. On n’a pas été déçus ! 

Enfin, quelques mots sur la pochette de l’album ? Qui l’a conçue ? 

Greg, de Visual Injuries. On travaille avec lui depuis un bon nombre d’années maintenant. Il s’occupe également des visuels de nos t-shirts, et il connaît parfaitement l’univers dans lequel on évolue. On a échangé des idées par rapport à ce nouvel album, et dès le premier jet, c’était bon. Primal Age n’est pas le genre de groupe à laisser passer le moindre détail. On veut que tout soit parfait du début jusqu’à la fin, et ce, dans tous les domaines.


Primal Age, c’est : 

Dimitri : Basse 

Johann : Guitare 

Didier : Chant 

Thomas : Guitare 

Miguel : Batterie 

Discographie :

A Hell Romance (2007)

The Gearwheels Of Time (2010)

A Silent Wound (EP-2017)

Masked Enemy (2021)

A propos de l'auteur

Rédacteur en chef d'Heretik Magazine

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